‹ Le sacerdoce eternalChapitre 41 sur 110 · Joan., xv · texte numérisé non relu

Joan., xv

nous sauver est inébranlable, si nous ne nous trahissons pas nous-mêmes.

II. En outre, exercer l'office pastoral, c'est avoir à sa disposition la plus abondante source de grâces. Nous avons déjà vu que la grâce sacramentelle de l'ordination nous assure un secours proportionné à nos besoins, à nos devoirs et à nos dangers, et en outre la grâce spéciale attachée à l'état dans lequel nous sommes placés. Nous n'avons pas besoin de nous étendre davantage sur ce sujet, mais l'exercice de la charge pastorale renferme en lui-même un double élément de formation spirituelle qui nous aide, à un degré tout particulier, à accomplir l'œuvre de notre salut. Cet exercice produit d'abord en nous un continuel accroissement de charité ; il nous apprend en outre à produire sans cesse des actes d'abnégation de nous-mêmes.

« Dieu est charité; et qui habite dans la charité, habite en Dieu et Dieu en lui (■). » Et Dieu est la vie de l'âme. Où la vie réside la «seconde mort», dont parle l'Écriture, n'a nulle puissance, excepté par notre propre infidélité. Dieu ne révoquera jamais ses dons. Il ne veut pas la mort, pas même celle du pécheur. Il entre pour ainsi dire en débat avec lui :« Pourquoi veux-tu mourir (2) ? » « Tu ne veux pas venir à moi pour avoir la vie (3). » Celui qui aime Dieu a les arrhes et le gage de la vie éternelle.

Ainsi raisonnait saint Paul. Sa conversion, sa vocation, son apostolat, sa mission il les regardait comme autant de gages de l'amour de Dieu, gages dont la

i. Joan., iv, 16.

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