‹ Le sacerdoce eternalChapitre 5 sur 110 · De Abel, lib. Il, c. vi, t. i, p · texte numérisé non relu

De Abel, lib. Il, c. vi, t. i, p

LA NATURE DU SACERDOCE

du sang d'Abel (*). » Tout prêtre, chaque matin, offre au Père l'éternel sacrifice de JÉSUS-CHRIST ; mais dans cette action sublime il doit s'offrir aussi lui-même. Lorsqu'il dit : Hoc est corpus meum, il doit offrir son propre corps ; lorsqu'il dit : Hic est calix sanguinis mei, il doit offrir son propre sang- ; c'est-à-dire qu'il doit s'offrir lui-même au divin Maître comme une victime, en corps, en âme, en esprit, avec toutes ses facultés, toutes ses puissances et toutes ses affections, à la vie et à la mort.

Saint Paul écrit aux Philippiens : € S'il me fallait devenir victime pour la foi que je vous ai prêchée et que vous avez embrassée, je m'en réjouirais et vous exhorterais à vous en réjouir avec moi (2). » Il a pu, par ces paroles, faire allusion au martyre qui l'attendait, mais ce langage lui était surtout dicté par le témoignage qu'il se rendait intérieurement de s'être, depuis longtemps et chaque jour, offert lui-même au divin Maître pour avoir part à son immolation pour le salut du monde (3). Saint Jean, bien qu'il dût mourir de mort naturelle, aurait pu écrire les mêmes paroles, lui qui avait le désir constant du martyre, et ces mêmes paroles sont répétées implicitement par tout prêtre chaque jour à la messe, lorsqu'il s'offre lui-même avec la divine Victime dans le saint sacrifice de l'autel. La participation du prêtre au sacerdoce du Christ requiert qu'il se soumette pour sa part à la loi de l'oblation volontaire (self-oblation) dont le prophète a écrit: Oblatus est quia ipse volnit, et dont saint Paul a dit en

i. Heb., xii, 24.

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