Philip., il
Le Sacerdoce Éternel. *°
chotent et murmurent contre lui,ceux qui le calomnient, ceux qui rôdent autour de sa maison pour voir ce qui s'y passe et ont toujours l'œil ouvert pour noter, observer, saisir au passage et colporter tout sujet de mécontentement, tout grief et toute rancune qui s'élève contre lui. Ces hommes-là sont d'ordinaire prodigues en démonstrations de respect, d'attachement personnel et de loyal dévouement, ils sont obséquieux jusqu'à la servilité et multiplient au delà de toute mesure leurs démonstrations de bienveillance. Oui peut suspecter de tels hommes sans jugement téméraire et sans faire preuve d'un cœur étroit ? Plus le prêtre est bon, plus facilement il se confie. Il croit les autres semblables à lui-même; il a en horreur la dissimulation et il estime que les autres en sont incapables. Il répond donc simplement et sans soupçon aux questions qu'on lui adresse et son franc-parler a vite appris au questionneur tout ce qu'il a intérêt de connaître. Mais bientôt un nuage grossi de malentendus, de faux rapports et de faux bruits s'abat comme un essaim d'insectes taquins sur la tête du malheureux prêtre. D'où ? pourquoi ? à pro-" pos de quoi ? qui peut le dire ? Les liens de l'amitié se brisent, les ressentiments s'allument, la paroisse est divisée, les dissensions désunissent les familles. A la fin le prêtre en vient à se rappeler que, tel jour, tel homme lui a parlé et l'a questionné. C'est une leçon pour toute sa vie ; ce n'est pas la première peut-être, et ce ne sera pas la dernière. Et entretemps le peuple le blâme de sa réserve et de son silence, comme s'il ignorait combien a coûté au pasteur la cautérisation de la plaie que la malignité a ouverte dans son cœur. Si les faux frères sont mauvais, les fausses sœurs sont pires
encore et ce d'autant qu'elles écoutent avec moins d'attention et qu'elles sont infatigables dans leur babil.
Ce sont là certes des motifs d'affliction, mais il y a pire encore. Ce sont les faux frères qui s'attaquent à tous les actes de l'autorité et en critiquent toutes les paroles. Ils sont en entier désaccord avec tous ceux qui ont autorité sur eux. Le prêtre qui dirige la paroisse ne fait rien comme il faut et ne peut rien faire comme il faut. Et ces murmures ont de l'écho et provoquent des mécontentements. Cela paraît en soi peu digne d'attention et cela suffit pourtant pour ameuter toute une paroisse contre le pasteur. Dès qu'une fois l'esprit de critique s'est élevé, il est tenace et implacable. La paix et la charité sont détruites, le mauvais*vouloir remplace les liens d'affection qui doivent unir le troupeau au pasteur, dont les mains dispensent l'absolution, le précieux Sang de JéSUS-Christ et le Pain de la vie éternelle. A première v*ue on pourrait s'étonner que saint Paul, après avoir fait la triste énumération des péchés de la chair, ajoute « les inimitiés, les contestations, les jalousies,les colères, les rixes, les dissensions, les sectes » et close la liste en ajoutant encore « les homicides, les ivrogneries, les débauches de table et autres choses semblables (*). » En fait, les péchés de l'esprit, comme « les inimitiés et les dissensions », sont plus sataniques que les péchés de la chair, car Satan n'a pas de corps, et ils sont plus en opposition à Dieu parce que ce sont des péchés de l'esprit et que Dieu est charité.
V. Enfin une des grandes afflictions d'un prêtre, dont nous parlerons ici pour terminer, c'est la chute d'un de