‹ Le sacerdoce eternalChapitre 60 sur 110 · I Thess., iv · texte numérisé non relu

I Thess., iv

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ardeur divine qui surpasse dans sa vivacité toutes nos affections les plus passionnées. Le premier désir du cœur de l'homme, celui qui sert de mobile à tous ses actes, c'est le désir d'être heureux. Tous ses efforts ont pour but le bonheur, ou plutôt ce qu'il prend erronément pour le bonheur en s'imaginant le trouver là où il n'est pas. Mais la plupart des hommes manquent le but parce qu'ils ne savent pas distinguer la vérité du mensonge. Le bonheur c'est la sainteté; la sainteté c'est l'unique voie qui conduit à ce but unique: tous les autres désirs du cœur de l'homme ne font que l'écarter de cette voie dont le bonheur est le terme. JÉSUS veut notre bonheur et il veut que nous le trouvions là où il est réellement et par l'unique chemin qui y conduit. Si c'est là aussi notre désir, nous n'aurons en cela encore qu'une même volonté avec lui, et cette union fondée sur une divine réalité est éternelle.

II. L'amitié ne consiste pas seulement dans l'union de deux volontés, mais dans une mutuelle bienveillance qui doit régner entre l'ami et l'ami. Amiens alter eço. Sacerdos alter Christus. La bienveillance d'un ami n'est pas seulement une bienveillance austère, strictement équitable : c'est une bienveillance pleine d'épanchements et de tendresse. L'ami véritable est parfois trop élevé au-dessus de nous et sa circonspection le rend parfois trop exigeant dans son amitié et ses rapports. Il a toute notre confiance mais nous sentons que nous sommes à distance. Il n'en est pas ainsi de notre Ami divin. Il est généreux et il est sensible à nos peines ; il connaît nos infirmités et il leur vient en aide avec toute la tendresse d'un cœur compatissant. Nous savons que nous sommes dans ses mains et que toute

notre vie est réglée par lui. S'il nous châtie, c'est parce qu'il nous aime. Il ne nous afflige pas pour son plaisir, mais c'est seulement parce que l'affliction nous est nécessaire qu'il la veut pour notre avantage. S'il ne la jugeait pas nécessaire, elle nous serait épargnée. Toute peine qui n'a pas sa raison d'être ne nous vient que de nous-mêmes et ne nous est infligée que par nous-mêmes. Lorsqu'elle nous frappe, il s'en afflige. Il ne peut nous défendre contre nous-mêmes sans nous enlever notre liberté, sans nous ravir par là même notre qualité d'homme et nous réduire à l'état d'automates. Mais l'enseignement qu'il veut que nous puisions à l'école de la douleur et de l'affliction, il ne nous l'impose que dans la mesure et la proportion de nos besoins. Si l'épreuve était moindre, elle ne nous sanctifierait et ne nous sauverait pas ; mais l'épreuve ne sera jamais supérieure à ce qu'exige la perfection de notre âme. Nous n'apercevons pas jusqu'à présent le mobile de son action divine et le but qu'il veut atteindre ; mais les paroles qu'il adressait à Pierre il les prononçait aussi à notre intention : « Ce que je fais, tu ne le comprends pas maintenant, mais tu le comprendras plus tard (*). »

Nous savons aussi qu'il veut pour nous tout le bien qui nous est nécessaire, que sa providence et sa grâce ne nous feront jamais défaut pour le combat de la vie et pour notre salut éternel. Nous avons tort d'exiger toujours de lui des signes sensibles de sa divine bienveillance avant de nous abandonner entièrement à luimême. Lorsque cette bienveillance nous est rendue en quelque sorte palpable, notre confiance est sans objet et sans mérite. C'est lorsque nous sommes dans la

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détresse et dans les angoisses, et que tout appui humain nous abandonne, que l'heure de la confiance a sonné pour nous. Nous lisons dans l'Ancien Testament que des hommes pressés par la faim vinrent un jour frapper à la porte du tabernacle pour demander du pain. Un prêtre, lui, a toujours libre accès auprès de son Maître, en tout temps et en toute nécessité. Il est, nous l'avons dit, le gardien de son Seigneur ; il habite sous le même toit que lui, ou à deux pas de son sanctuaire ; et c'est à lui qu'il rend le compte quoditien de ses inquiétudes et de ses préoccupations personnelles et pastorales. Tout ce qui lui arrive, toutes ses perplexités, tous ses dangers, tous ses besoins c'est dans le sein de son Hôte divin qu'il en décharge le fardeau. Son sacerdoce lui donne la certitude qu'il est prédestiné à reproduire en lui-même l'image vivante du Fils de Dieu et que, par conséquent, tous les événements de la vie concourent sûrement à son avantage,sous la direction d'une volonté divine et pleine de tendresse.

III. Nous trouvons de plus dans la vraie amitié un échange de services réciproques, non de services mercenaires, convenus et égoïstes, mais de services généreux rendus avec joie et reconnaissance : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et rappportiez du fruit (*). /> C'est JÉSUS qui parle. Il a été notre Maître avant que nous fussions ses serviteurs, et il a connu d'avance ce qu'il ferait avec nous et par nous. Nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, car, comme dit l'Apôtre, « nous avons été achetés à un grand prix ».

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