Ibid., Xiii
Saint Jean dit : « Quiconque est né de Dieu ne commet point le péché, parce que la semence divine demeure en lui, et il ne peut pécher parce qu'il est né de Dieu (x) » ; c'est-à-dire que le Saint-Esprit, le sanctificateur, habite et règne en lui, et que la nouvelle nature spirituelle et surnaturelle, créée en lui par l'Esprit- Saint, se révolte comme d'elle-même contre le péché sous toutes les formes qu'il revêt et sous tous les attraits dont il se pare. Il ne peut plus pécher sans se faire violence et sans rompre en quelque sorte avec luimême. En péchant, il ne s'insurgerait pas seulement contre Dieu, mais contre sa propre volonté. Si une volonté telle avait à opter entre commettre un péché mortel ou mourir, elle préférerait la mort sans délibérer. Si elle avait à choisir entre commettre un seul péché véniel volontaire ou mourir, elle préférerait la mort; et si on lui offrait le choix, les chances de salut restant parfaitement égaies d'ailleurs, entre vivre sans la croix du Sauveur et vivre en portant cette croix, elle choisirait la croix sans hésiter par le désir de se conformer plus étroitement à notre Divin Maître, par reconnaissance pour les souffrances qu'il a endurées pour nous et par un sentiment de générosité et d'amour envers lui.
La loi de liberté est donc la loi qui a poussé Dieu liberrimo consilio, par le conseil le plus libre de sa sagesse, comme dit le concile du Vatican, à nous créer (2) et à nous donner son Fils pour notre rédemption. Elle a poussé le Fils à se revêtir des livrées de notre humanité et à s'offrir lui-même pour nous de sa