Philip
et les jouissances que procurent la religion et les pratiques de piété et qui auraient vite oublié, et religion et pratiques pieuses, s'ils n'étaient séduits par elles comme le sont les enfants par les friandises. Les âmes qui cherchent réellement les intérêts de JÉSUS-CHRIST sont les âmes innocentes et sincèrement pénitentes, les âmes qui renoncent à elles-mêmes, les vrais soldats du Christ qui embrassent les difficultés et la Croix dans leur zèle ardent pour les âmes, pour l'Église et pour l'honneur du sacerdoce. Les premiers usent de leur liberté en faveur d'eux-mêmes, les derniers en usent pour les intérêts de leur Maître. Tout prêtre sera nécessairement dans l'une ou l'autre de ces deux catégories, car il ne peut y avoir de neutralité là où la loyauté dans le service est un devoir et le refus du service une trahison, de même qu'entre le froid et le chaud il n'y a place que pour la tiédeur.
Indiquons ici cinq signes qui prouvent qu'un prêtre fait de sa liberté un consciencieux et généreux usage.
I. Le premier, c'est qu'il ne soit pas satisfait de luimême avant qu'il en soitarrivé à rendre à JÉSUS-CHRIST amour pour amour. JÉSUS nous a aimés d'un amour éternel, avant que nous fussions appelés à l'existence ; il nous a aimés d'un amour personnel depuis le jour de notre entrée dans le monde ; il nous aime d'un amour de Rédempteur depuis le jour de notre régénération baptismale ; il nous aime en ami depuis le jour où nous avons commencé à le connaître et à l'aimer. Quel autre amour pouvons-nous lui offrir en retour qu'un amour qui le préfère à toute créature et qui nous" attache à lui de toute l'énergie de notre âme ? Comment pouvonsnous être contents intérieurement de nous-mêmes
Le Sacerdoce Éternel. 14
lorsque nous lisons ces paroles de l'Apôtre : « Si quelqu'un n'aime pas Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST, qu'il soit anathème ! (*) » et que nous lisons d'autre part ces autres paroles: «Personne ne peut dire: Seigneur JÉSUS, que par l'Esprit-Saint (2) ». L'amour qu'a pour nous cet ami divin et les gages constants qu'il nous en donne sont de hautes et sérieuses réalités.
II. Le second signe qui prouve que nous faisons de notre liberté un sage et généreux usage, c'est notre zèle pour les intérêts et la gloire de JÉSUS-Christ ; c'est-àdire un désir incessant et ardent d'user de tout notre temps, de toutes nos facultés et de tous les moyens qui sont à notre disposition pour l'entier accomplissement de sa volonté, pour la propagation des vérités qu'il a révélées au monde, pour l'honneur de son nom, le service de son Église et le salut des âmes.
III. Le troisième signe, c'est de ressentir avec lui et à cause de lui une vive douleur à la vue des péchés que commettent ceux qui ne le connaissent pas et, ce qui est plus poignant encore, ceux qui le connaissent ; péchés contre la foi, péchés contre l'unité et contre l'autorité de l'Église, péchés d'ingratitude envers son amour, péchés de sacrilèges qui sont autant d'attentats directs à sa personne adorable, péchés de scandale qui le blessent dans sa sollicitude de pasteur en perdant les âmes pour lesquelles il s'est livré à la mort. Le spectacle de tant d'âmes qui périssent, et dans l'Église et hors de l'Église, est pour tous ceux qui ont au cœur de l'amour et du zèle une douleur de tous les jours et de tous les instants.
i. 1 Cor., xvi, 22.