I Cor., ni
gneur (') », dit le prophète, et, de par les liens qui nous unissent à « l'héritier de toutes choses », nous sommes en réalité héritiers, nous aussi, de toutes choses. La terre, la mer, le ciel existaient avant les lois humaines qui régissent la propriété. Un prêtre qui ne possède que ce qui est rigoureusement nécessaire à sa subsistance, jouit sans charge et sans responsabilité de toutes les œuvres que la nature étale sous ses yeux; il en perçoit l'incomparable beauté et l'ineffable suavité à un degré plus élevé peut-être que le maître du sol lui-même. La splendide création de Dieu est l'héritage de tous et personne n'en apprécie aussi vivement les charmes que ceux qui, par le don de science, donum scientiœ, voient Dieu en toutes choses et toutes choses en Dieu (2). La création tout entière est pour eux ce qu'était pour Moïse le buisson qui brûlait au sommet de l'Horeb. La présence et la gloire de Dieu s'y manifestent de toutes parts. <( Toutes choses sont leurs», ce mot sublime de l'Apôtre implique toute l'économie de la révélation divine et de l'œuvre de la régénération de l'humanité. Un prêtre commence sa journée au saint autel dont il n'aperçoit les mystères qu'à travers un voile sans doute, mais il s'y trouve dans le rayonnement de la divine présence et entouré de la cour des cieux. L'habitude d'avoir l'œil de la foi ouvert sur ces mystères adorables crée dans le prêtre, qu'il en ait conscience ou non, comme une seconde nature et une seconde vue. Le monde invisible est sans cesse devant ses yeux. Sa beauté, sa suavité, ses par-