Joan., iv
comme l'Apôtre : « Je n'ai pas de plus grande joie que d'apprendre que mes enfants marchent dans la vérité (*). » Au degré même où l'amour des âmes régnera dans le cœur d'un prêtre, il comprendra cette joie, et cette joie sera d'autant plus vive que son amour sera plus grand. Mais pour apprécier cet amour des âmes et s'en éprendre, il faut un sixième sens, un sens spirituel que tous ne possèdent pas. Chez certains cet amour se montre si peu qu'ils semblent en être privés absolument, et chez d'autres il se montre si ardent qu'il gouverne toute leur vie. Il y a des prêtres qui aiment vraiment les âmes, mais d'un amour si effacé et si peu agissant que leur ministère auprès d'elles ne leur rapporte que peu de joie et de récompense. Mais à ceux dont le cœur est enflammé de cet amour sont réservées trois joies distinctes, tellement diverses dans leur objet qu'on ne peut établir entre elles aucune comparaison, et cependant si semblables qu'elles partent toutes trois d'un motif unique et ont toutes trois la même raison d'être.
La première est la joie que causent au pasteur les âmes innocentes, l'âme des enfants, par exemple, dans lesquels la grâce du baptême est encore dans toute sa fraîcheur, et surtout ces âmes privilégiées qui sont arrivées à l'adolescence et à la virilité sans perdre l'innocence de la première enfance. Il n'y a pas de spectacle plus beau à contempler dans ce monde que celui d'une âme sans souillures. Dans le royaume de leur Père céleste, dit le Sauveur, elles brilleront comme le soleil (2) ; et déjà dans ce monde, sous les regards de
i. III Joan., 4.