Heb. , xi
core plus que la précédente, de tristesses et d'alarmes; c'est lorsque ceux qui tombent et retombent dans le péché et sont tant de fois revenus à nous pour nous quitter ensuite, nous reviennent une fois de plus poussés par le repentir. Leur retour est pour nous une joie mêlée de crainte. Car ceux dont, selon l'expression de saint Jude, « nous avons pitié par crainte » et que nous sauvons «en les retirant du feu (') », nous sont pour longtemps et peut-être pour toujours une cause d'appréhensions constantes, et hélas! souvent trop fondées. Néanmoins, lorsque le pasteur a fait tout ce qu'il a pu pour eux, il peut se tenir en paix et espérer. Si une âme ne veut pas du salut, il ne peut la sauver malgré elle. Dieu lui-même respecte la liberté qui est son œuvre et qu'il a donnée à sa créature, et la créature peut s'en servir pour consommer sa ruine. Au déclin de sa vie, et après avoir été si souvent en contact, dans le ministère qu'il a exercé au milieu de son troupeau, avec les bons et les méchants, avec les âmes innocentes et les âmes pénitentes, le pasteur peut jeter un regard autour de lui comme l'homme qui a ensemencé un champ, et qui, à la fin de l'été, lorsque le blé est mûr, parcourt des yeux la terre qu'il se prépare à moissonner. Il y aperçoit de la nielle et de la brouissure et çà et là des tiges que la pluie et le vent ont couchées par terre et qui se dessèchent et dépérissent. Mais le champ est plein de vie et le soleil fait resplendir les épis d'or. La faux peut faire son œuvre, le succès de la récolte est certain et il peut se préparer à la fête qui clôture la moisson. Dans ses jours d'épreuve et d'affliction, comme au temps heureux de la récolte, le pasteur fidèle sait