‹ Le sacerdoce eternalChapitre 88 sur 110 · I Joan., ni · texte numérisé non relu

I Joan., ni

longues années en union intime et constante avec son Divin Maître ; et JÉSUS maintenant se présente à lui pour l'appeler à son éternel repos et à la récompense qui surpasse toutes les récompenses, à la gloire et à la couronne qui seront son éternel partage.

Si avant d'atteindre à cette gloire, il doit séjourner quelque temps au lieu de l'expiation, les prières quotidiennes et les saints sacrifices de la messe ne lui manqueront pas. Ce qu'il a fait pour les autres, son troupeau le fera pour lui. Et alors viendra le passage à la gloire par essence, gloire qui lui sera mesurée en proportion des mérites qu'il aura accumulés durant toute sa vie. Mais la somme de ces mérites sera évaluée au degré même de la charité qui régnait dans son cœur. Plus il aura aimé Dieu durant cette vie, plus il le verra à découvert dans la vision béatifique ; plus son cœur aura été rempli de charité pour les hommes, plus sa félicité sera grande dans la communion des saints. Et ajoutez a cela une gloire accidentelle et une félicité et une joie toujours croissantes à cause des mérites que lui vaudront après sa mort et le repentir des pécheurs et la persévérance des justes, persévérance et repentir qui lui seront comptés parce qu'ils auront été le fruit des labeurs de sa vie. Quoique mort, il parlera encore et le fruit de ses travaux vivra après lui. La mémoire de son nom sera attachée à ses œuvres et longtemps après sa mort, lorsque déjà il aura sa place dans le royaume éternel, la première semence qu'il a jetée dans les âmes germera encore et portera à jamais ses fruits. Le mal que nous faisons nous survit et se reproduit lui-même ; il en est ainsi du bien par la miséricorde de Dieu. Les semences répandues dans le

sillon et semées au bord de toutes les eaux, produiront, matin et soir, une moisson qui sera récoltée par d'autres mains que les siennes, mais dont le bénéfice lui sera acquis dans l'éternité.

Et si les récompenses du prêtre sont telles qu'elles ont leur principe et leur accroissement dans les œuvres qu'il accomplit durant cette vie et qui montent en une moisson de mérites jusqu'aux célestes parvis, quel ne doit pas être notre amour pour notre ministère sacerdotal ? La charge pastorale doit être chère à tout prêtre sous tous les cieux et dans tous les climats, parce que, bien exercée, elle est comme un témoignage vivant et la preuve palpable de notre amour envers notre Divin Rédempteur. Elle est aussi la plus parfaite école de charité, elle exige la plus profonde abnégation de soi-même, le plus généreux sacrifice de toutes choses et de nous-mêmes en particulier, pour le salut des âmes. Elle est en outre la source la plus abondante de sanctification et, comme elle nous fait vivre dans l'exercice incessant de la charité^ chacune de nos actions produit en nous une augmentation de charité. Mais si la charge pastorale doit être aimée partout, c'est surtout en Angleterre, qu'elle doit avoir des attraits. Nous sommes en Angleterre, pasteurs des pauvres et pauvres nous-mêmes, séparés des cours et des honneurs, comptés pour peu et laissés seuls à notre liberté apostolique, indépendants dans notre foi et dans nos œuvres de toute autorité séculière, unis étroitement et énergiquement au siège de Pierre et à l'Église universelle ; héritiers des martyrs, des saints, des confesseurs de tous les siècles, depuis saint Augustin jusqu'à ce jour. Leurs noms et les souvenirs qu'ils

ont laissés planent sur toutes les cités et sur le sol tout entier de la vieille Angleterre. L'histoire moderne de notre Eglise est celle de l'Eglise des premiers siècles qui, à sa première apparition dans le monde, n'eut pour temples que les maisons des fidèles, jusqu'au jour où, délivrée des lois persécutrices, elle sortit des catacombes pour prendre pied dans le monde. Cette situation unit ensemble, en Angleterre, les pasteurs et le peuple, par un sentiment de mutuelle dépendance et par une charité qui rappelle celle des premiers chrétiens et que le monde jusqu'à présent n'a pas souillée de son souffle flétrissant. Heureux le prêtre qui aime sa charge de pasteur et s'y consacre tout entier, accomplissant jour par jour les actes de charité les plus humbles et les plus dédaignés envers tous ceux qui ont besoin de son ministère et accumulant à son insu dans le ciel, tout l'or d'une vie humble, dont le regard est uniquement fixé sur l'éternelle récompense !

E quatrième concile provincial de Westminster décrète ce qui suit :

I. « Que les presbytères soient de vraies maisons de paix et de charité, de sobriété et de réserve, et que tout y soit un exemple éclatant pour les fidèles, « afin que nos adversaires n'aient aucun mal à dire de nous (*) ». Que la simplicité soit leur ornement ; que l'on n'y trouve rien, soit dans l'ameublement, soit dans les décors, qui respire le luxe et les vanités mondaines. Qu'on n'y voie point de tableau représentant des scènes comiques et burlesques, ou toute autre peinture offrant un sujet peu digne des regards d'un prêtre ; mais que dans chaque pièce il y ait un crucifix, ou l'image de la sainte Mère de Dieu et des saints, ou des tableaux représentant soit des traits de la vie de Notre-Seigneur, soit des scènes de l'histoire sacrée. » L'ameublement d'un presbytère doit être simple et solide — simple, c'est-à-dire tout à fait différent de l'ameublement fantaisiste et coûteux des maisons bourgeoises ; et solide, parce qu'il doit servir après nous à des générations de prêtres qui occuperont le presbytère et s'y remplaceront successivement. Qu'autant que possible l'ameublement soit le même dans tous les appartements. L'égalité entre frères est une partie de la charité fraternelle. Saint Paul avertit les Corinthiens, qui avaient « des maisons pour manger et pour boire », de ne pas « faire honte à ceux d'entre

i. Tit., il, 8.

2;o CHAPITRE DIX-HUITIÈME.

eux qui n'en axaient pas (*). » Si un prêtre a de la fortune et si son confrère n'en a pas, la charité fait un devoir au plus riche de se conformer au plus pauvre dans des choses si accessoires que l'ameublement et le reste. Les contrastes sont blessants et ceux qui ont de la fortune ne sont que trop tentés de les établir.

L'exclusion que fait le concile des peintures légères et peu décentes n'a pas besoin de commentaires. La présence dans tous les appartements du crucifix et de tableaux religieux est un usage très salutaire ; c'est une prédication muette pour nous-mêmes et, devant les étrangers, un témoignage de notre foi qui pour être silencieux n'en est pas moins éloquent. La maison d'un prêtre ne peut ressembler à la maison d'un laïque si le prêtre ne veut pas s'exposer à passer tout au moins pour rougir de son Maître.

Le concile de Carthage dit : « Que l'évêque ait un ameublement, une table et une alimentation peu coûteuses et pauvres, et qu'il cherche le prestige de sa dignité dans le mérite de sa foi et de sa vie (2). » Et, s'il en est ainsi de l'évêque, il en doit être ainsi du prêtre.

II. « Que la régularité, dit le concile, soit observée en tout. Que le prêtre dise la messe à heure fixe. Et, bien qu'il doive toujours être prêt à entendre les confessions, qu'il soit spécialement ponctuel à se trouver à son confessionnal, ou tout au moins dans l'église, aux jours et aux heures des confessions, de peur que, par manque d'ordre et de régularité, il ne cause quelque scandale et ne fasse tort aux âmes. Gardez l'ordre et l'ordre vous gardera. »

x. I Cor., xi, 22.

2. Conc. Carthag. — Voir le concile de Trente, sess. XXV, c. i, de Réf.

Le défaut de ponctualité, spécialement dans les jours de la semaine, est une faute commune et un sujet de plaintes constantes de la part des fidèles et surtout de la part des hommes qui exercent une profession ou un commerce et que ce défaut de ponctualité prive de la messe, ou expose à un sérieux dommage s'ils y assistent. Ce que perdent les âmes parce que le prêtre ne se trouve pas régulièrement à son poste au confessionnal, ou parce qu'il refuse d'entendre les confessions à des heures indues, au moment du dîner, par exemple, de la récréation ou du souper, nous ne le connaîtrons jamais dans ce monde. Nous devons trembler de refuser d'entendre une confession lorsque notre ministère est réclamé, à moins que nous ne sachions d'avance avec certitude, qu'il n'y a pas péril en la demeure. Mais qui peut être certain de cela?

III. « Qu'aucune femme ne réside dans le presbytère sans la permission de l'ordinaire. Il est strictement interdit aux institutrices et à leurs élèves qui, en raison même de la culture plus distinguée de leur esprit et de leur éducation plus soignée, prêtent plus que d'autres le flanc à la calomnie, de résider dans le presbytère sous le même toit que le clergé, sauf pour des raisons connues de l'évêque et approuvées de lui par écrit : « Que les servantes attachées au service des prêtres soient d'un âge avancé, qu'elles soient modestes, prudentes et d'une conduite irréprochable attestée par l'expérience, en sorte que les prescriptions des saints Canons soient observées (I). » « Que les prêtres donc écartent par tous les moyens ces femmes à l'esprit

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