I Conc. Westm. Dec. XXIV
252 CHAPITRE DTX-HUITIÈxME.
dominateur qui n'ont que du mépris pour les pauvres du Christ et dont le babil intarissable sème partout la discorde et en fait la vraie peste d'une mission. Nous défendons désormais au clergé de permettre aux institutrices ou à leurs élèves, ou aux servantes du presbytère, de s'asseoir à table avec eux. »
Tout commentaire affaiblirait la portée de ce paragraphe.
IV. « Qu'aucun prêtre ne réside dans une maison de location, ou dans une maison privée, sans le consentement préalable de l'évêque (x). »
V. « Tout prêtre qui est préposé à une église, qu'il ne soit qu'un simple missionnaire ou qu'il ait le titre de recteur, est réputé l'intendant de Dieu, et c'est à lui qu'est confiée une partie de la vigne du Seigneur. Qu'il se rende donc utile et qu'il soit fidèle, qu'il soit laborieux en tout et qu'il se rappelle que, pour le commandant du navire et pour tous ceux qui sont à bord, les chances de salut et de naufrage sont les mêmes. Lorsque la mission se compose de deux prêtres ou plus, qu'un seul exerce, dans une entière indépendance de tous, excepté de l'Ordinaire, l'office qui lui est confié, et que tous ses subordonnés exercent le leur sous sa dépendance. Les prêtres auxiliaires reçoivent leurs pouvoirs de l'évêque, mais par mesure d'ordre, nous leur enjoignons de n'user de leurs pouvoirs que sous la direction du recteur de l'église et nous voulons pour ce motif que ces mots, ou une expression équivalente soient insérés dans la formule qui détermine leurs pouvoirs : « Sous la dépendance du recteur de l'Église
i. Synod. Thurles., De vita et honestate clericorum , n. 16, p. 33.
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à laquelle vous êtes attaché (x). » Le prêtre qui est à la tête d'une église en a seul l'intendance et l'administration. Il n'est dépendant que de 1 evèque et ses auxiliaires dépendent de lui. Cela est exprimé dans les facultés remises à chacun. C'est donc au prêtre en chef qu'appartient le droit de décider dans chaque question et le concile ordonne et enjoint (prœcipimus) aux prêtres auxiliaires de n'user de leurs facultés que sous sa dépendance, — c'est-à-dire sous son obéissance.
VI. « C'est au recteur ou au prêtre en chef que sont confiés l'église et le peuple, les écoles et le presbytère, les biens de la mission, et enfin, le clergé lui-même qui dessert l'église, et par conséquent, c'est lui seul exclusivement qui doit rendre compte de tout cela à l'évêque. En outre, de par la loi ou la coutume, tous les recteurs et leurs auxiliaires sont tenus d'habiter ensemble dans le même presbytère ; mais le presbytère est la maison proprement dite du recteur aussi longtemps qu'il remplit l'office de recteur et qu'il garde ses pouvoirs diocésains. C'est à lui seul qu'appartient le droit d'administrer la maison et de la gouverner ; et ce n'est pas seulement un droit pour lui, mais un devoir : « Car si quelqu'un ne sait pas gouverner sa propre maison, comment gouvernera-t-il l'église de Dieu (2) ? » Qu'il descende au fond de sa conscience pour voir l'esprit qui l'anime lui-même et qu'il comprenne à quel degré la charité fraternelle et ce respect que le cœur inspire doivent reluire sans cesse parmi ses prêtres dans les rapports qu'ils ont les uns avec les autres. Qu'il soit donc parmi ses auxiliaires comme leur ancien et qu'il
i. I Conc. Westm., dec. XXV, 2. I Tim. , m, 5.
ne traite pas son clergé en maître, mais en père, ou mieux en frère aîné. Car ses prêtres doivent être dirigés et formés comme des serviteurs du Bon Pasteur, qui un jour, eux aussi, seront jugés dignes et capables de diriger à leur tour une mission. Mais que, du fait que la charge des âmes est commise à la direction des recteurs des missions, les prêtres auxiliaires ne tirent pas la conséquence qu'ils sont, eux, libres d'un tel fardeau, car la dépendance où ils sont à l'égard du recteur comprend le devoir de l'aider et dans la prédication, et dans les confessions, et dans les catéchismes, et dans la visite des malades, et dans l'administration des derniers sacrements, et dans l'accomplissement de toutes les autres fonctions du missionnaire. »
On peut tirer de ce paragraphe les principes suivants :
I. Que le recteur ou le prêtre en chef est l'administrateur de toute la mission : église, peuple, écoles, presbytères, biens et clergé. Clergé: c'est le seul point sur lequel nous voulons en ce moment attirer l'attention. Le recteur est responsable de tous ses frères prêtres, de leur conduite personnelle, sacerdotale et pastorale. Il a à rendre compte à l'évêque de chacun d'eux et ils sont tenus de reconnaître cette responsabilité. Et comme ils se comporteront aujourd'hui devant l'autorité de leur chef, ainsi leurs auxiliaires à eux se comporteront un jour devant leur autorité.
II. Qu'ils doivent tous vivre ensemble sous le même toit. Les prêtres qui demeurent seuls sont dans un état anormal, peu ecclésiastique, peu sacerdotal, qui offre de grands dangers et n'est jamais exempt -de
bien de désavantages. La liberté de vivre seul n'est pas saine; et la perte des leçons quotidiennes d'abnégation que l'on reçoit en vivant avec d'autres est la privation d'un grand bien.
III. Que le recteur est lié par les plus hautes obligations à entourer d'amour et d'égards ceux qui lui sont soumis; qu'eux de leur côté sont tenus au devoir de l'obéissance et de l'amour fraternel, et à la pratique du respect mutuel qu'ils se doivent les uns aux autres, en leur qualité de fils de roi,et qu'ils doivent tous à leur chef.
IV. Qu'un presbytère doit être pour les prêtres un séminaire pastoral, où se conserve dans toute sa fraîcheur la fleur de leur première éducation sacerdotale et où ils puissent perfectionner cette éducation dans la maturité de leur âge et de leur sacerdoce, afin qu'eux aussi, un jour, ils soient capables, en leur qualité d'anciens et de supérieurs, d'élever et d'instruire les jeunes prêtres qui leur seront confiés.
V. Que, bien que le Recteur ait charge d'âmes au premier titre, ses auxiliaires sont aussi responsables, quoique sous sa dépendance, et de tout le travail de la mission, et de toutes les lacunes et de toutes les négligences qui se produiraient dans le travail de la mission.
VI. « La mensa, ou table commune dans un presbytère est le gage et le sceau de la charité fraternelle, que la désertion de la table commune ne peut que refroidir. Si cette désertion est fréquente, elle ruine entièrement la charité. Que les prêtres, en conséquence, aillent rarement s'asseoir à des tables étrangères et qu'ils s'abs-
tiennent surtout d'y être assidus : « ayant la nourriture et de quoi nous vêtir, dit l'Apôtre, contentons-nousen f1). »
Selon que notre cœur sera plus ou moins pénétré de la charité fraternelle, nous comprendrons plus ou moins la signification et l'influence de la mensa communis. Si nous dédaignons les leçons de la table commune, nous pouvons soupçonner à bon droit, ou plutôt acquérir la conviction, que notre amour fraternel perd sa ferveur et s'éclipse. La saine égalité de la fraternité chrétienne se reconnaît surtout et s'affirme par la retenue qu'on sait s'imposer et par l'abnégation qu'on sait faire de soi-même alors que, comblé des dons de la fortune, engagé dans d'opulentes relations et honoré de hautes amitiés,on s'oublie soi-même par égard pour ceux qui sont privés de ces avantages. C'est un danger pour un prêtre d'avoir beaucoup «de maisons pour manger et pour boire » et c'est une grâce pour les autres d'en être dépourvus.
Les maisons de mission les plus heureuses sont celles où tout est,dans la mesure du possible,en commun, où chacun est satisfait de son honorarium et de sa part des offrandes pascales et des autres oblations, que l'on réunit en une seule somme pour couper court aux préférences irréfléchies du peuple et parfois aux tentations des prêtres.
VII. « Il est à désirer que les prêtres, dans les récréations qu'ils s'accordent, se fassent une loi de se récréer entre eux, et à la maison plutôt qu'au dehors. « Qu'il est bon et agréable pour des frères d'habiter tous ensemble! » Car rien ne fortifie la cha-