‹ Le sacerdoce eternalChapitre 94 sur 110 · XIII. « A ces décrets, le quatrième synode juge · texte numérisé non relu

XIII. « A ces décrets, le quatrième synode juge

utile dans le Seigneur d'ajouter certaines dispositions. Nous ordonnons donc que tout prêtre portera le collet romain, non seulement dans l'exercice du sacré ministère, mais en tout temps, de manière à être reconnu par tous comme un prêtre. Nous ordonnons aussi que l'usage romain de ne porter ni favoris, ni barbe, soit observé par^tous les ecclésiastiques.

XIV. « Et si un prêtre — sauf dans des cas très rares et sous l'approbation de l'évêque — porte un habit ecclésiastique si modifié qu'il ne puisse être reconnu par tous comme un prêtre appartenant au clergé de cette province, ou tel qu'il puisse mettre les fidèles en suspicion à son sujet et les scandaliser manifestement, qu'il ne soit pas admis a dire la messe, ou à assister à l'office divin dans l'enceinte même du sanctuaire.

XV. <g Xos ancêtres assemblés dans le concile de Londres, en l'année 1248, déclarent que dépouiller l'habit ecclésiastique est un abus vraiment grave et licencieux par lequel on peut dire avec vérité que Dieu est tourné en dérision, l'honneur de l'Eglise amoindri, la dignité de l'ordre clérical avilie, le Christ trahi, puisque ses soldats prennent un uniforme qui n'est pas le leur. L'honneur et la dignité de l'Eglise sont amoindris lorsque le passant ne peut distinguer au premier coup d'œil un clerc d'un laïque, et le prêtre devient ainsi un objet de scandale et de mépris pour tous les vrais fidèles. »

XVI. « L'évêque de Chalcédoine, le second évêque de l'Angleterre et de l'Ecosse, après la ruine de la hiérarchie dans ces deux royaumes, adressait en ces

termes ses exhortations à nos prédécesseurs, les compagnons des martyrs, et eux-mêmes vrais confesseurs de la foi :

« Que les missionnaires soient contents de la nourriture qu'on leur sert. Qu'ils ne demandent pas de mets particuliers, à moins que leur santé ne l'exige. Dans leurs vêtements qu'ils ne portent rien qui respire la vanité ou le luxe ; qu'ils s'abstiennent de rire aux éclats et de tous gestes qui trahiraient la légèreté ; étant bien convaincus que, comme l'affirme l'Ecclésiastique, la mise, le rire et le maintien d'un homme indiquent ce qu'il est.

« Qu'ils évitent l'oisiveté qui est la source la plus féconde des tentations de Satan, et dans ce but, qu'ils aient toujours avec eux l'Écriture Sainte et qu'ils en fassent l'objet constant de leurs méditations.

« Qu'ils n'aient de conflits avec aucun prêtre, surtout avec leurs aînés auxquels ils doivent témoigner tout respect et tout honneur, afin que, par leur exemple, ils montrent aux laïques comment ils doivent se comporter eux-mêmes envers les prêtres.

« Qu'ils se tiennent en garde contre l'habitude de soulever des objections et de contredire ce que les autres affirment, comme on le fait dans les écoles dans un but d'exercice, habitude qui est hautement odieuse dans les rapports familiers qu'ont les hommes entre eux.

« Qu'ils ne croient pas facilement le mal qui serait mis à charge de leurs collaborateurs et de leurs frères, qu'ils ne le divulguent en aucune manière et qu'ils ne prêtent pas l'oreille à ceux qui se permettraient de le divulguer. >>

Nous n'ajouterons qu'un mot à ce sage et grave enseignement, si élevé dans ses tendances et si précis dans la conduite qu'il trace au clergé. C'est une pratique salutaire pour nous aussi d'avoir, à l'exemple de nos prédécesseurs, toujours en main l'Ecriture Sainte et d'en faire l'objet constant de nos méditations. Saint Charles appelle l'Ecriture Sainte le jardin de l'évêque. Peu d'hommes se promènent dans ce jardin et moins encore le cultivent. Et c'est pour ce motif que l'on prêche tant au peuple la parole de l'homme et si peu la parole de Dieu. Sainte Thérèse disait que la cause première des péchés de son temps était l'ignorance de l'Ecriture Sainte. « Sa/ etenim terrœ non sumus si corda audientium non condimus. Quia dum nos ab ovation is et evnditionis sanctœusn cessamusysal infatnatinn est (*). » Et qui est coupable ici, sinon le prêtre qui n'étudie pas l'Écriture Sainte, et par conséquent, n'enseigne pas au peuple la parole de Dieu ? N'avons-nous pas raison de demander : « Seigneur, est-ce moi ?»

i. S. Greg. M. in Evang. tom. i, pp. 1396-1399.

[E quatrième concile provincial a aussi indiqué avec soin, dans son douzième décret, ce que doit être la vie du prêtre. Voici ses paroles :

I. « Ceux qui ne sont pas saints ne doivent pas porter la main aux choses saintes (*). » Tous les fidèles du CHRIST sont, au témoignage de l'Apôtre, appelés à être saints (2). Mais les prêtres doivent s'élever à la perfection de la sainteté. « Car celui qui, par les nécessités de sa position, est obligé de donner aux autres le plus haut enseignement, est, de par sa position même, tenu de faire reluire en lui-même cet enseignement (3). » Cet avertissement est tout à fait effrayant : « Un homme ne peut sans témérité s'offrir aux autres comme un guide dans les vérités divines, qui, dans toute sa vie et dans toutes les habitudes de sa vie, ne ressemble pas parfaitement à Dieu (4). » — « Car ceux qui sont désignés pour des fonctions divines sont revêtus par le fait même d'une dignité royale et doivent être parfaits en vertus (5). » Et c'est ce que l'Église catholique nous enseigne dans les prières solennelles de son rituel, et au moment même où elle confère le sacerdoce. De même que Dieu commanda à Moïse € de choisirait le Pontifical romain, soixante-dix hommes d'entre tout

i. Conc. Carthag.

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