ETRE
>L n'est pas possible de nier que la vie du prêtre ne soit une vie d'austère solitude. A partir du jour où l'ordination l'a séparé du monde, on peut avec vérité lui appliquer ces paroles : « Il est sans père, sans mère, sans généalogie, n'ayant ni commencement de jours ni fin de vie ; mais, ressemblant ainsi au Fils de Dieu, il demeure prêtre
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perpétuellement (1). •/ Il quitte patrie et amis. On oublie sa naissance, son nom et sa race. Personne ne se demande où il est né, ou ne s'inquiète de savoir où il mourra. 11 est séparé du monde, et jamais il n'est plus seul que lorsqu'il se trouve dans des rues tumultueuses et dans des appartements encombrés. Il a pour compagnons, il est vrai, son troupeau, ses frères dans le sacerdoce, l'Eglise visible tout entière et tous les Saints. Mais tout cela n'est point suffisant. Nous éprouvons le besoin de quelque chose de plus proche. Les prêtres parfois cherchent ce quelque chose dans les amitiés et dans les relations innocentes d'une liaison plus intime. Comme tout le monde, ils ont besoin du solathim humanitatis. Mais en recherchant ou en acceptant ce solathim, ils tombent souvent dans un piège. « Car on est esclave de celui par qui on a été vaincu (2). » Quel que soit le vainqueur, il traîne sa victime en servitude. Il n'y a pas d'esclavage plus grand pour un prêtre qu'un attachement personnel déréglé. Au jour de son ordination il donna son âme entière à son divin Maitre, il reçut en retour la liberté qui l'affranchissait de toute amitié désordonnée et de tout coupable attachement. Cette liberté consiste dans le parfait équilibre de son âme. Cet équilibre a son contrepoids