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CHAPITRE XVIII

JaE pRE£BYTÈRE

e quatrième Concile provincial de Westminster a porté les décrets suivants :

1. « Que les Presbytères soient de vraies maisons de paix et de charité, de sobriété et de modestie ; en tout, un exemple manifeste pour les fidèles, « afin que nos adversaires n'aient aucun mal à dire de nous (i). » Que la simplicité soit leur

(i) Tit. h, 8.

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ornement, et qu'on n'y trouve rien, dans l'ameublement ou les décors, qui dénote le luxe ou les désirs mondains. Qu'on n'y rencontre pas des tableaux comiques ou grotesques, ni aucune autre de ces peintures qui ne sont pas convenables aux regards d'un prêtre. Mais que dans tous les appartements il y ait un crucifix, ou l'image de la Très-Sainte Mère de Dieu, ou des Saints, ou des tableaux représentant la vie de notre Sauveur ou des scènes de l'histoire sacrée. »

L'ameublement de la maison d'un prêtre doit être simple et solide : simple, c'est-à-dire, en rien semblable à l'ameublement fantastique et coûteux des maisons du monde ; — et solide, parce qu'il doit servir à plusieurs générations de prêtres qui se succéderont. Autant que possible, cet ameublement doit être semblable dans tous les appartements. L'égalité est une partie de la charité fraternelle. Saint Paul avertit les Corinthiens qui avaient: « des maisons pour boire et manger, » de ne pas « couvrir de confusion ceux qui n'en ont point (1). » Si un prêtre a de l'argent et qu'un autre n'en ait pas, c'est de la charité que le plus riche soit comme le plus pauvre dans tout ce qui est accidentel, tel que l'ameublement et choses semblables. Les contrastes sont blessants, et offrent une tentation à ceux qui n'ont pas de la fortune.

(1) I. Cor. xi, 22.

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La défense d'avoir des peintures bizarres et inconvenantes n'a pas besoin de commentaires. Il est très-salutaire qu'on voie partout le crucifix et de saintes images : c'est une école spirituelle pour nousmêmes, et un témoignage silencieux pour le monde. La maison d'un prêtre ne peut pas être comme celle d'un laïque, il semblerait tout au moins rougir de son Maître.

Le Concile de Carthage dit : « Que les Evêques aient un ameublement, une table et un ordinaire de vie modeste et peu coûteux, et qu'ils ne cherchent à faire ressortir leur dignité que par le mérite de leur foi et de leur vie (1). » Si cette prescription concerne les Evêques, elle ne s'applique pas moins aux prêtres. II.«Que la régularité soit observée en toutes choses. Que le prêtre dise la Messe à l'heure fixée. Et, bien qu'il doive être constamment prêt à entendre les confessions, qu'on le trouve exact surtout au confessionnal, ou du moins à l'église, aux jours et aux heures désignés, de crainte que le manque d'ordre et de régularité ne cause scandale ou préjudice aux âmes. Gardez l'ordre, et l'ordre vous gardera. »

Le manque d'exactitude, surtout pendant la semaine, est un défaut commun et une source de plaintes continuelles de la part des fidèles, et en particulier de la part des hommes qui exercent une profession

(1) Coxc. Cartag. See. Conc. Trid. sess. xxv, c. i. De Réf.

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ou un commerce, et que ce défaut prive de la Messe ou entraîne dans des pertes sérieuses. On ne saura jamais en ce monde les âmes qui se perdent par suite du manque de régularité au confessionnal, ou du refus d'entendre une confession en dehors des heures fixées, au moment du dîner, de la récréation ou du souper. Avec quelle terreur nous devrions refuser d'entendre une confession, quand on nous demande, à moins que nous n'ayons la certitude préalable que le besoin n'est pas pressant. Mais qui peut avoir cette certitude ?

III. « Qu'aucune femme n'habite dans la maison du prêtre sans l'autorisation de l'Ordinaire. Les maîtresses d'école et leurs auxiliaires, étant plus distinguées que les autres par leur intelligence et leur caractère, sont par là-même plus exposées aux langues des calomniateurs : il est interdit de jamais leur permettre de résider dans le presbytère avec le clergé, si ce n'est pour des raisons connues de l'Evêque et approuvées de lui par écrit. « Que les personnes qui sont au service des prêtres, soient d'un âge avancé, modestes . prudentes , d'une vie irréprochable et attestée par l'expérience, afin que les prescriptions des Canons soient observées (i). » Que les prêtres emploient donc tous les moyens possibles pour se tenir en garde contre certaines femmes qui ont un

(i) I. Conx. Westm. Dec. xxiv. 4.

Se pveofrvtèvc 27-)

air impérieux et méprisent les pauvres du Christ, qui sèment la discorde par leurs bavardages, et deviennent véritablement la plaie d'une paroisse. En outre, nous interdisons aux prêtres de permettre aux maîtresses d'école, ou à leurs auxiliaires, ou aux personnes qui sont au service de la maison, de prendre place à table avec eux. »

Tout commentaire ne pourrait que nuire à la clarté de ce paragraphe.

IV. « Qu'aucun prêtre ne réside dans des appartements loués ou dans une maison privée sans le consentement préalable de l'Evêque (1). »

V. « Quiconque a la charge d'une Eglise, qu'il soit simple missionnaire, ou missionnaire en titre et recteur, doit se considérer comme l'intendant de Dieu, à qui est confiée une partie de la vigne du Seigneur. Qu'il soit donc zélé et fidèle, laborieux en tout, se rappelant que les chances de salut ou les dangers sont les mêmes et pour le commandant du navire et pour ceux qui sont à bord. Par conséquent, lorsqu'il y a deux ou plusieurs prêtres dans une mission, qu'un seul, sans autre dépendance que celle de l'Evêque, remplisse la charge qui lui est confiée, et que tous les autres exercent la leur sous sa dépendance. Les prêtres auxiliaires reçoivent des pouvoirs de l'Evêque ; mais, dans l'intérêt de l'ordre, nous

(1) Syxod. Thurles. De Vita et Hox. Clericorum, n. 16, p. y7.

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leur enjoignons de ne faire usage de ces pouvoirs que sous la direction du recteur de l'église. Pour cette raison, que les mots suivants, ou une expression équivalente, soient insérés dans la formule des pouvoirs : « Sous la dépendance du recteur de l'église à laquelle vous êtes attaché (i). » Le prêtre supérieur d'une église en a seul le gouvernement et l'administration. Il ne dépend que de l'Evêque, et ses auxiliaires dépendent de lui. Cette dépendance est exprimée dans les pouvoirs conférés à chacun. Aux prêtres supérieurs, il appartient donc de décider dans toutes les questions ; et le Concile ordonne et prescrit (prœcipimus) aux prêtres auxiliaires de ne faire usage de leurs pouvoirs que sous sa dépendance, — c'està-dire, de lui être soumis. »

VI. " Au recteur ou supérieur sont confiés l'église et le peuple, les écoles et le presbytère, tous les biens de la mission, et enfin, même le clergé au service de la mission: de tout cela, par conséquent, lui seul, et lui exclusivement, doit rendre compte à l'Evêque. En outre, la loi ou la coutume veulent que les recteurs et leurs auxiliaires habitent ordinairement le même presbytère. Mais le presbytère est la maison du recteur tant qu'il remplit la charge de recteur et qu'il conserve ses pouvoirs diocésains. A lui seul appartient le droit de la gouverner et de

(i) I. Conc. Westm. Dec. xxv.

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l'administrer: ce n'est pas seulement un droit, c'est encore un devoir. « Mais si quelqu'un ne sait pas gouverner sa maison, quel soin aura-t-il de l'Eglise de Dieu (1)?» Qu'il sache bien quel esprit doit l'animer lui-même, et comment on doit voir constamment rayonner de l'un à l'autre, parmi ses prêtres, une charité mutuelle et une respectueuse cordialité. Qu'il soit donc comme l'aîné au milieu de ses collaborateurs, non comme un maître dominant son clergé, mais comme un père, ou mieux encore, comme leur frère aîné. Car ils doivent être instruits et formés comme les serviteurs du Bon Pasteur, qui, le moment venu, seront dignes et capables de diriger eux-mêmes des missions. De plus, du fait que la sollicitude des âmes est principalement confiée aux supérieurs des missions, il ne faut pas que leurs subordonnés se croient affranchis d'un aussi lourd fardeau : leur devoir, sous la dépendance du supérieur, est de lui prêter leur concours pour la prédication, pour l'audition des confessions, pour l'enseignement du catéchisme aux enfants, pour la visite des malades, pour l'administration des Sacrements et pour l'accomplissement des autres devoirs du missionnaire. >•

Dans ce paragraphe sont exprimés les principes suivants :

1 . Le recteur ou prêtre supérieur est l'administrateur de toute la mission : de l'église, du peuple, des

(1) I. Tim. m, 5.

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écoles, du presbytère, des biens et du clergé. Ce dernier point est le seul sur lequel nous voulons maintenant appeler l'attention. Le recteur est responsable de ses confrères, de leur conduite personnelle, sacerdotale et pastorale. Il doit rendre compte d'eux à l'Evêque, et ils sont obligés de reconnaître cette responsabilité. Leur conduite envers lui sera un jour la conduite de leurs auxiliaires à leur égard.

2. Ils doivent tous vivre ensemble sous le même toit. Un prêtre vivant seul est chose anormale, contraire à l'état ecclésiastique et sacerdotal. Il est souvent exposé à de graves dangers, et n'échappera jamais à de nombreux inconvénients. La liberté de vivre seul n'est pas salutaire ; et c'est se priver d'un grand bien que de perdre les leçons d'abnégation de soi-même que donne chaque jour la vie encommun.

3. Le recteur est tenu aux plus grands devoirs de charité et de considération à l'égard de ses subordonnés ; et eux sont tenus au devoir de l'obéissance, de l'amour fraternel, du respect mutuel les uns envers les autres, comme fils de roi, et surtout envers lui.

4. Un presbytère doit être un séminaire pastoral, pour que les prêtres y conservent intacte l'éducation de leur jeunesse, et qu'ils la perfectionnent à mesure qu'ils avancent en âge et dans le sacerdoce, afin qu'ils puissent aussi, un jour, en qualité d'aînés et de supérieurs, instruire et former les jeunes prêtres qui leur seront confiés.

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5. Bien que le recteur ait principalement charge d'âmes, ses collaborateurs sont aussi, sous sa dépendance, responsables de tout le travail, de tous les manquements et de toutes les omissions qui se produisent dans l'œuvre de la mission.

VII. « La mensa ou table commune, au presbytère, est l'indice et le gage de la charité fraternelle que diminuent les absences. Si les absences se produisent fréquemment , elles détruisent complètement la charité. Que le prêtre aille donc rarement prendre place à des tables étrangères, et surtout qu'il n'y aille pas habituellement ; ayant la nourriture et de quoi nous couvrir, contentons-nous-en (1). »

C'est l'intensité de notre charité fraternelle qui nous fera plus ou moins comprendre la signification et l'importance de la mensa communis. Selon que nous avons plus ou moins d'indifférence pour les avis qui se donnent à la table commune, nous pouvons supposer, ou même être convaincus que notre amour fraternel a perdu de sa ferveur et de sa clairvoyance. La salutaire égalité de la fraternité chrétienne s'atteste et s'affermit par ce contentement personnel et par cette abnégation de soi-même qui inspirent à ceux qui ont de la fortune, de riches relations, ou de nombreux amis, de se renoncer eux-mêmes par égard pour ceux qui n'en ont point. C'est un danger pour

(1) I. Tim. vi, 8.

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un prêtre d'avoir de nombreuses « maisons pour manger et boire, » et c'est une grâce pour les autres de n'en pas avoir.

Les maisons de mission les plus heureuses sont celles où, autant que possible, tout est en commun; où chacun se contente de son honorarium, de sa part des offrandes pascales et des oblations qui sont toutes mises en commun pour prévenir les partialités inconsidérées des fidèles, et parfois aussi les tentations des prêtres.

VTIL«ïl est à désirer que la récréation commune des prêtres se passe en compagnie les uns des autres, en règle générale, et à la maison plutôt qu'au dehors. « Qu'il est beau et qu'il est agréable que des frères habitent ensemble ! » L'assistance aux récréations en commun affermit et corrobore la charité, et fournit chaque jour des occasions de la pratiquer en paroles et en actions. /•

Il est difficile de connaître les hommes tant qu'ils ne se dévoilent pas eux-mêmes. Les relations officielles ne sont que réserve et artifice. En récréation l'homme se montre dans le prêtre. Il n'y a pas d'épreuve plus grande ou plus sûre pour l'humilité, pour la charité et pour la bienveillance réciproque. L'orgueil, les manières prétentieuses, les airs hautains, l'humeur difficile, le mépris de ce qui est inférieur, l'esprit de critique, l'habitude de dénigrer ceux que leur naissance, la culture de leur esprit ou

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leur éducation ont placés au-dessous de nous, se découvrent en récréation comme au contact d'un réactif chimique, — je veux dire dans le laisseraller des conversations qui ont lieu à la table commune ou immédiatement après. La récréation est le pilori de l'orgueil ; elle dévoile celui qui blesse ses frères, et l'affiche pour qu'il soit lui-même exécuté.

IX. « Que les prêtres évitent toute exhibition inconvenante pour des ecclésiastiques, les chasses bruyantes avec des chevaux et des chiens, les danses publiques et les jeux défendus, et les festins qui se prolongent jusqu'à des heures indues de la nuit (1). » '< En outre, nous défendons absolument à tous les ecclésiastiques qui sont dans les ordres sacrés d'assister à des représentations scéniques, dans des théâtres publics, ou dans des endroits qui servent provisoirement de théâtres publics, et cela sous peine, pour les transgresseurs, de suspense ipso facto : cette suspense a été jusqu'ici en vigueur en Angleterre, et reste réservée aux Ordinaires respectifs. »

Puisse cette sage et salutaire tradition de nos pères ne jamais tomber en décadence. Le théâtre de leur époque était digne, intelligent et pur, comparé à la dégradation morale de la scène moderne.

(1) Conc. Westm. Dec. xxiv, 1.

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Dans son épître à Donatus, Saint Cyprien parle des théâtres en ces termes : Pœnitenda contagia... Adulterium discitur dutn videtur, et lenocinante ad vitia publicce auctoritatis malo(i). Saint Jean Chrysostome appelle les pères qui conduisaient leurs enfants au théâtre towSoxtovooç (2). Mais on nous dira peut-être que ceci s'adressait au théâtre païen. En 1596, le Concile d'Aquilée décréta : Ad spectacuïa comediorum, sive ad bancas circulât or uni et bufforum in plateis, qui alias exemplum esse debent maturitatis et prudentice accedere et assistere clericos non decet (3). Le Concile de Trente porte le décret suivant : « Le Saint Synode ordonne que tout ce qui a été décrété en d'autres temps par les Pontifes et les saints Conciles touchant la vie, la dignité, l'instruction et la formation des clercs soit maintenu ; comme aussi les décrets touchant les jeux, les festins, les danses, les dés et la chasse ; et comme la défense de se mêler d'affaires séculières (4). »

X. « Ayant devant les yeux la précieuse maxime de la vie sacerdotale que nous donne l'Apôtre : « Tout m'est permis, mais tout n'est pas avantageux (5) ; » et encore : « Tout m'est permis, mais tout

(1) S. Cypr. Ep. 1, p. 4, éd. Rigalt.

(2) Homélie contre les Jeux et les Théâtres, Opp. tom. vi, p. 274.

(3) Conc. Aquil, cap. xi.

(4) Sess. xxii. c. 1.

(5) I. Cor. vi, 12.

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n'édifie pas (1); » que les prêtres aient pour but, en toutes choses, le bien des autres, et pour eux une augmentation de grâces. Qu'ils n'aillent pas trop facilement ou trop souvent dans des lieux de réunions et d'amusements publics, même lorsqu'ils sont réputés innocents, de peur que la perte de leur temps ne fasse soupçonner en eux un esprit peu sacerdotal. A moins que des devoirs de nécessité ou de charité ne les retiennent, qu'ils rentrent de bonne heure, à la tombée de la nuit, au presbytère. C'est peu de~nous abstenir des choses permises, si, animés d'un vrai zèle pour nos progrès dans la grâce, nous ne savons pas user des choses permises avec modération et pour l'édification générale (2). C'est pourquoi nous conjurons avec amour en Notre-Seigneur notre bien-aimé clergé d'observer les défenses ci-dessus mentionnées, non-seulement à la lettre, mais aussi dans leur esprit, les interprétant avec piété. »

Le moindre commentaire sur ces minora moralia ne saurait qu'en affaiblir la force pénétrante. Il n'y a qu'un point qui demande à être noté. D'après ces exhortations, nous devons observer ces défenses secundum spiritum, — comme des enfants qui seront, même en cette vie, jugés devant leur divin Maître

(1) Ibid. x, 23.

(2) « Habent sancti viri hoc proprium ut quo semper ab illicitis longe sint a se plerumque etiam licita abscindant. ^ — S. Greg. M. Dialog. lib. iv, c. xi.

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par la « loi de liberté. » Ce n'est point assez ; mais, pie interprétantes, nous devons voir le sens intime de ces défenses avec un affectueux désir d'accomplir leurs prescriptions littérales, et même d'aller plus loin, si nous le pouvons. Le serviteur paresseux et défiant, les cœurs lâches et froids, se laissent diriger par la lettre, et cherchent les opinions probables pour éluder la lettre, littera occidet. Et ainsi nous servons sans générosité notre Maître si généreux.

XI. « Un esprit sévère et chagrin ne convient pas chez un prêtre que ses occupations mêlent constamment au peuple ; une modeste gaieté, si elle ne se manifeste qu'en temps opportun, ne doit pas être blâmée, mais est digne d'éloges. Nous louons donc ces missionnaires qui, imitant les exemples des Saints, s'efforcent d'éloigner la jeunesse confiée à leur sollicitude des représentations dangereuses en lui offrant des amusements inoffensifs. En agissant ainsi, qu'ils aient soin de distraire leur esprit, mais de ne point se laisser aller au relâchement ; et tout en procurant des distractions aux autres, qu'ils ne se fassent point tort à eux-mêmes. Cette recommandation demande à être observée tout d'abord quand il s'agit de confréries de femmes. Que les prêtres, autant que possible, fassent présider les divertissements de ces confréries par des femmes, et ne les président pas en personne de peur de donner prise aux langues des détracteurs. Mais que les prêtres

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suppriment ces abus qui se sont glissés dans certains endroits d'organiser des bals en faveur des écoles et autres bonnes œuvres.

« Quant aux récréations publiques qu'on appelle excursions, nous avons appris avec peine qu'elles donnent lieu à de très-nombreux inconvénients. Nous pensons donc qu'il est mieux de les supprimer que de les encourager. Toutefois, pour ne pas paraître trop sévère sur des choses en soi légitimes, nous exhortons les pasteurs des âmes à ne point organiser de ces excursions à moins d'en avoir obtenu l'autorisation du Vicaire-Général.

XII. « Le costume des ecclésiastiques doit être tel qu'on puisse les distinguer absolument d'avec les laïques, et cependant qu'on ne les confonde pas avec les ministres hétérodoxes. Que ce costume soit donc de couleur noire ou sombre ; et que jamais, sous prétexte de voyage, les prêtres ne reviennent à la honte du costume séculier dont ils ont été affranchis. Nous prescrivons le genre de costume que le clergé séculier commença à porter, il y a quelques années. Dans leur intérieur, toutefois, il est de toute convenance que les ecclésiastiques portent la soutane, ou s'ils veulent, le vêtement appelé \imarra et la barette.

« Or, comme le signe distinctif du Clergé Catholique, dans le monde entier, est ce que nous appelons communément le collet romain, et qui, chez nous,

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est reconnu comme ce signe distinctif par les protestants, sans provoquer de leur part ni mépris, ni insulte, nous voulons que tous les prêtres le portent dans l'exercice de leur ministère sacré, à moins que, par hasard, pour un certain temps et en raison des circonstances, les Evêques n'en décident autrement.

XIII. « A ces décrets, ce quatrième Synode juge avantageux dans le Seigneur d'ajouter certaines prescriptions. C'est pourquoi nous ordonnons que tout prêtre porte le collet romain, non-seulement dans l'exercice du saint ministère, mais en tout temps, de sorte que tout le monde puisse le reconnaître comme prêtre. Nous décrétons aussi que tous les ecclésiastiques se conforment à l'usage de Rome, de ne porter ni favoris, ni barbe. »

XIV. « Et si un prêtre, — à part des cas très-rares et approuvés par l'Ordinaire, — porte le costume ecclésiastique tellement modifié qu'il ne puisse être reconnu de tous comme un prêtre appartenant au clergé de cette province, ou au point de devenir suspect aux fidèles ou de leur donner notoirement du scandale, qu'on lui refuse l'autorisation de célébrer l,a Messe, et même d'assister aux offices divins dans le sanctuaire. >/

XV. « Nos pères, réunis au Concile de Londres, en l'année 1248, déclaraient que quitter l'habit ecclésiastique était un abus très-grave et licencieux qui fait tourner Dieu en dérision, porte atteinte à

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l'honneur de l'Eglise, et rabaisse la dignité de l'ordre clérical : c'est une trahison pour le Christ, si ses soldats portent un autre uniforme ; l'honneur et la dignité de l'Eglise sont offensés, quand au premier coup d'œil on ne peut pas distinguer un ecclésiastique d'un laïque; le prêtre devient une cause de scandale et encourt le mépris de tous les vrais fidèles. »

XVI. « L'Evêque de Chalcédoine, le second Ordinaire d'Angleterre et d'Ecosse, après le renversement de la Hiérarchie dans ces royaumes, exhortait dans les termes suivants nos prédécesseurs, compagnons des martyrs et eux-mêmes de vrais confesseurs de la foi:

« Que les missionnaires sachent se contenter de la nourriture qui leur est offerte. Qu'ils ne demandent rien en dehors de l'ordinaire à moins que leur santé ne l'exige. Dans leur costume, qu'ils ne portent rien qui dénote la vanité ou les dépenses exagérées ; qu'ils s'abstiennent de rires bruyants et de toute posture indiquant de la légèreté, tenant pour certain, selon l'expression de l'Ecclésiastique, que les vêtements du corps, que le rire éclatant et le maintien d'un homme le manifestent tel qu'il est.

« Qu'ils évitent la paresse comme la source la plus certaine des mauvaises tentations; et, pour cette raison, qu'ils aient toujours avec eux au moins les Saintes Ecritures : qu'ils en fassent l'objet de leurs constantes méditations.

202 @Baptfi*c 6tx-6uittème

« Qu'ils n'aient jamais de contestations avec aucun prêtre, et surtout avec leurs aînés ; qu'ils aient pour eux déférence et respect, afin que leurs exemples montrent aux laïques comment ils doivent se comporter envers les prêtres.

« Qu'ils se défient de l'habitude de faire des objections ou de s'opposer eux-mêmes à ce que les autres disent, comme ils avaient coutume de le faire dans les écoles pour s'exercer, parce que, dans le commerce familier des hommes entre eux, cette habitude est profondément odieuse.

« Qu'ils ne croient pas facilement quel mal que ce soit de leurs collègues et de leurs frères ; et qu'ils ne répandent ce mal en aucune façon, ou ne prêtent point l'oreille à ceux qui le répandent. »

Sur ce sage et grave enseignement, si élevé dans son but et si minutieux dans son exposition, il n'est besoin d'ajouter qu'un seul mot. Nous ferons, nous aussi, preuve de bonne volonté si nous avons avec nous au moins les Ecritures sacrées, et si nous les méditons constamment. Saint Charles appelait la Sainte Ecriture le jardin de l'Evêque. Qu'ils sont peu nombreux ceux qui se promènent dans ce jardin, et moins nombreux encore ceux qui le cultivent. Et c'est cette cause qui fait qu'on prêche tant au peuple la parole de l'homme et qu'on lui prêche si peu la parole de Dieu. Sainte Thérèse disait que la cause capitale des maux de son temps était l'ignorance de la Sainte Ecriture :

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«Sa/ etenim tcrrœ non sumus si corda audientium

non condimus. Quia dum nos ab orationis et crudit ionis sanctœ usu ccssamus saî infatuatum est ( n. // A qui la faute de ce mal, si ce n'est au prêtre qui n'étudie pas la parole de Dieu, et qui, dès lors, ne l'enseigne pas au peuple ? X'avons-nous pas raison de demander : « Seigneur, est-ce moi ? »

(i) S. Greg. M. in Evangel. t. i. pp. 1396-1399.

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