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CHAPITRE IV

Obligation pour le Prêtre de tendre a la [Sainteté

^\H5?^ous avons jusqu'ici considéré le sacer- "^-^tV doce comme le plus grand pouvoir que r^3G^$ Dieu ait jamais conféré aux hommes. Ce point de vue seul suffirait pour montrer que cette dignité exige du prêtre — non pas une consécration

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proportionnée de toutes les puissances de son être, car c'est impossible — mais une oblation complète de lui-même. Il montre aussi que, avec le sacerdoce, est accordée au prêtre une grâce proportionnée, suffisante pour l'accomplissement de tous ses devoirs. Ce seul point de vue démontre que l'état du sacerdoce est le plus élevé par les pouvoirs, les obligations et la grâce qui l'accompagnent ; et que c'est l'état de perfection institué par notre divin Sauveur pour être la lumière du monde et le sel de la terre.

Nous avons vu aussi que le sacerdoce est un ; que chaque prêtre y a part , parce qu'il participe au sacerdoce du Fils Incarné; qu'il est par là-même rendu conforme à son divin Maître, et que cette conformité ou ressemblance est imprimée dans son âme par un caractère indélébile.

Quels motifs plus rigoureux de tendre à la perfection que ceux qui découlent de ces divines participations ?

Nous avons vu de plus qu'un prêtre est lié par trois rapports, dont chacun exige la perfection de la pureté, delà charité et de l'humilité. De nombreux devoirs le mettent en relation, d'abord, avec son divin Maître ; secondement, avec sa Présence sacramentelle; et enfin, avec les membres de son Corps mystique sur lesquels il exerce une juridiction de vie ou de mort.

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Peut-on concevoir une sainteté proportionnée à des relations si intimes, si pleines de confiance et de responsabilité, entre le prêtre et son divin Maître ?

I. Théologiquement il est incontestable que la perfection intérieure est une condition nécessaire pour la réception des Ordres sacrés. S. Alphonse déclare que tel est le sentiment unanime de tous les Pères et de tous les Docteurs ( i ).

i i i Nous pouvons prendre comme exemple S. Grégoire de Nazianze. Il décrit dans les termes suivants la perfection spirituelle requise avant l'ordination au sacerdoce : « Pour moi, connaissant bien ces choses et sachant que nul n'est digne du grand Dieu, du sacrifice et du Grand-Prêtre, s'il ne s'est pas d'abord offert lui-même à Dieu comme une vivante et sainte victime, s'il n'a pas rendu à Dieu un service selon l'équité et la raison, s'il ne lui a pas offert le sacrifice de louanges, et un cœur contrit, le seul sacrifice exigé de nous par Celui de qui nous tenons toutes choses — comment oserais-je (sans aucun de ces titres) offrir au Seigneur ma personne qui est l'antithèse de ces grands mystères? Ou comment accepter le nom et l'habit de prêtre avant que de saintes actions n'aient consacré mes mains, avant que mes yeux ne se soient accoutumés à contempler sans danger la créature et à ne servir que le Créateur ; avant que mes pieds n'aient pris le roc pourbase inébranlable, avec la pureté parfaite du cerf, et que toutes mes voies n'aient été dirigées selon les vues de Dieu, sans jamais me permettre le moindre écart ni le moindre éloignement de lui; avant que chacun de mes membres ne soit devenu une arme de justice, que toutes les œuvres de mort n'aient été rejetées, entièrement effacées de ma vie et n'aient fait place à i'Esprit-Saint ? » — Orat. n, c. xcv. tom. i. pp. 56, 57.

S. Grégoire exige donc du candidat au sacerdoce, et avant son ordination , l'oblation de lui-même , l'hommage de sa raison

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Deux espèces d'hommes sont appelés par Notre- Seigneur à participer à son sacerdoce. Les premiers sont ceux qui ont conservé leur innocence et qui, comme S. Jean, S. Philippe et S. Charles, ont grandi , depuis l'âge de raison , dans la grâce sanctifiante et dans la perfection intérieure. Les seconds sont les pénitents, comme S. Paul, qui avait persécuté le nom de Jésus ; S. Augustin, qui s'était écarté de bonne heure de la loi divine ; S. Thomas de Cantorbéry, qui avait été plongé dans le monde sans s'éloigner entièrement de Dieu, mais y avait contracté de nombreuses imperfections. Les antécédents de ces deux sortes d'hommes appelés à la prêtrise sont loin d'être semblables ; mais leur fin est unique et absolument la même. Ils arrivent à l'autel par des sentiers différents, mais ils s'y rencontrent dans un seul et même cœur, dans un seul et même esprit, tous conformes à la perfection du

et de sa volonté, l'esprit de prière et de pénitence, la sainteté de la vie, le renoncement aux créatures, l'adoration du Créateur, la stabilité dans la grâce, la sanctification de tous ses membres, la mortification de ses passions et le règne de l'Esprit-Saint dans son âme.

Il dit encore : « Je sais également que, sous la Loi, il était interdit au prêtre qui avait des souillures dans son corps, ou pendant qu'il était éloigné des sacrifices, d'offrir des oblations parfaites, mais que le pouvait faire seul le prêtre parfait -ceXeioç — marque évidente, à mon avis, de la perfection de l'âme requise des prêtres de Jésus- Christ. — Orat. 11. c. xciv. t. 1. p. 56.

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Grand-Prêtre. Cette perfection spirituelle ne consiste pas dans l'absence de toute faute — car qui est sans péché?" — mais d'abord, dans un tel affranchissement de la tyrannie du péché que le prêtre serait prêt à mourir plutôt que de commettre un seul péché mortel. Elle consiste, en second lieu, dans une crainte et une aversion de tout péché telles que le prêtre subirait volontiers quelle épreuve ou quel malheur que ce soit, plutôt que d'offenser Dieu volontairement par un seul péché véniel. Une troisième qualité de cette perfection est d'embrasser, en esprit, avec joie et avec résolution, une vie de pauvreté, d'humilité, de travail ; puis, la Croix — c'est-à-dire le genre de vie du divin Maître. Et cela, à ce point que si le prêtre pouvait se livrer aux jouissances du monde et néamoins faire son salut, il préférerait se conformer aux douleurs de l'âme de son Sauveur, et s'attacher à lui en suivant les détours du chemin de sa Croix. Ces dispositions, jointes au règne de l'amour de Dieu et des âmes, lors même que le cœur resterait encore sujet aux attaques violentes de la faiblesse humaine, aux mouvements soudains et aux fautes involontaires de la nature, constituent la perfection spirituelle que les Pères et les Docteurs requièrent de ceux qui se présentent à l'ordination de la prêtrise. S. Alphonse dit que tous les auteurs enseignent que la grâce sanctifiante ne suffit pas pour l'ordination. Cependant tous ceux qui sont en état de grâce sont

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unis avec Dieu. L'union avec Dieu — je veux dire l'exemption de tout péché mortel — est suffisante il est vrai, pour être admis à la Communion. Une Communion faite dans cet état n'est pas mauvaise; mais il ne s'en suit pas qu'une telle Communion soit pieuse : il se peut bien qu'elle ne soit pas loin d'être dangereuse. Si telles peuvent être, sans qu'il y ait péché pour eux, les dispositions des fidèles, elles ne sauraient suffire pour le prêtre qui consacre et consomme le Corps et le Sang de Jésus-Christ, et qui distribue le Pain de vie aux autres. Les personnes du monde sont tombées si bas que, selon l'avis d'un certain nombre, une justice un peu au-dessus de l'ordinaire est suffisante au prêtre : on prétend que celui qui est revêtu du sacerdoce et du caractère du Fils de Dieu, qui est enchaîné par tous ces rapports surnaturels dont nous avons parlé, doit, il est vrai, avoir une justice plus que vulgaire; mais peut bien aussi n'être pas au-dessus des autres hommes auxquels n'incombe aucun de ces divins et sublimes devoirs. Cette justice professionnelle et purement extérieure est à peine la marque d'un disciple du Maître qui a été crucifié.

L'Episcopat se définit : ?. l'ordre quia le pouvoir spirituel de gouverner et de propager l'Eglise de Dieu par la perpétuité de l'ordination sainte (1). » Le

(1) Ferrante, Elementa Juris Can. p. 39.

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devoir le plus important de l'Evêque est donc de choisir, d'éprouver, de former, et par là-même de rendre parfaits les jeunes gens qui doivent être admis au sacerdoce. Dès l'âge de douze ans, selon les prescriptions du Concile de Trente, ils devraient être élevés dans le séminaire, et déjà désignés par la tonsure pour l'état sacerdotal. De douze à vingt quatre ans. ils sont sous le regard et sous la main de l'Evêque ; car, bien que d'autres travaillent en son nom, il est tellement le chef et la source de leur éducation qu'un Concile de Tolède appelle le séminaire Episcopaïis prœsentia. Autant que la faiblesse humaine en est capable, ces jeunes gens croissent en grâce et travaillent à leur perfection spirituelle. Les autres, qui ne viennent qu'à la neuvième ou à la onzième heure, doivent aussi gravir les sept degrés qui conduisent à l'autel. Si le temps de leur formation n'est pas si long, on ne leur demande pas moins qu'aux premiers — on leur demande même davantage. Et jusqu'à ce qu'ils aient atteint la même perfection spirituelle, ils ne s'avancent que lentement vers le Saint Sacrifice. La sincérité de leur conversion et les réparations de leur pénitence les font arriver plus vite au point qu'atteignent plus lentement peut-être ceux qui n'ont pas eu à pleurer sur leurs péchés. La ferveur de S. Paul et de S. Augustin venait de leur sœvitia in seipsum — de cette lutte acharnée contre eux-mêmes

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qui est la perfection de la pénitence; S. Grégoire dit qu'un soldat qui a lâché pied au commencement de la bataille, reviendra souvent sur ses pas et combattra plus héroïquement que ceux qui n'ont jamais hésité. Mais les innocents et les pénitents doivent arriver à la perfection intérieure avant de s'agenouiller pour l'imposition des mains qui leur imprime le caractère du Sacerdoce Eternel.

De plus, il faut constamment avoir présente à l'esprit cette pensée, qu'un prêtre est ordonné ad exercendam perfectionem ; c'est-à-dire que non seulement il doit être parfait lui-même; mais, par sa propre vie, par les actes et l'influence de sa vie, dans ses paroles et dans ses actions à l'égard des autres, il doit leur montrer et leur inspirer la perfection de notre divin Sauveur. Le sacerdoce a été institué pour perpétuer trois choses : le témoignage des vérités de la foi, l'administration des sacrements de la grâce, et l'esprit de Jésus-Christ. Ce n'est pas en paroles seulement qu'il faut manifester l'esprit de Jésus-Christ mais par les puissances vivantes d'une âme conforme à la sienne. « Vous êtes la lumière du monde, » veut dire que, comme la lumière se manifeste par son propre rayonnement, ainsi le prêtre doit briller par la lumière d'une sainte vie révélant une âme sainte. « Vous êtes le sel de la terre, » signifie la possession personnelle de la sainteté qui résiste à la corruption, et la communication aux autres de ce même pouvoir

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de résistance par le contact et l'influence. Exercer la perfection, c'est donc agir selon la loi et l'esprit de perfection : agir, parler, juger, penser comme ferait un homme parfait. Exercer la perfection, c'est être et faire tout ce que conseillent de parfait, dans une vie personnelle et sacerdotale, la piété, l'humilité, la charité, l'abnégation de soi-même. Exercer veut dire recherche, effort, accomplissement. C'est un mot qui comprend puissance et énergie, empire sur soi-même et force intérieure se produisant au dehors par des résultats évidents.

Des savants se sont demandé si un prêtre, sans être parfait lui-même, pouvait exercer la perfection. Il y a, en effet, un axiome : Extra stat u m perfection is perfecti multi , intra statum perfection/s tnulti imperfecti. Mais S. Augustin dit: Nemo potest dare quod non habet.

On dit que Judas prêcha le royaume de Dieu ; que la vérité a une puissance vitale qui lui est propre ; que même le péché mortel dans le prêtre n'empêche pas Vopus opération, — c'est-à-dire la grâce des sacrements; que tout prêtre peut enseigner aux autres à être humbles, charitables, purs et pieux ; que si la terre est bonne et la semence de bonne qualité, peu importe la main qui la confie au sol — tout cela peut être vrai. — L'amour et la miséricorde de Notre-Seigneur pour les âmes ne permettront pas que des torts soient causés aux fidèles par les mauvais

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prêtres, ou même par les prêtres imparfaits qui ont reçu le sacerdoce sans la perfection intérieure requise pour l'ordination, ou qui, l'ayant reçue dans de bonnes dispositions, l'ont perdue dans la suite. Tout cela encore peut-être vrai. Mais ce n'est pas là exercere perfectionem. Un prêtre, dans cet état, n'exerce pas ou ne manifeste pas au dehors ce qu'il ne possède point : la grâce et la vérité, qui viennent de Jésus- Christ, opèrent leurs propres effets par son intermédiaire, mais pour sa condamnation. Elles opèrent comme les grâces gratis datée, qui sont données pour la sanctification des autres, mais qui ne sanctifient point ceux qui les dispensent. Telle n'est point la doctrine de l'Eglise ; et le sacerdoce de notre divin Maître n'est pas une grâce gratis data. C'est un sacrement qui sanctifie ceux qui le reçoivent, et leur confère une grâce sacramentelle , permanente et inépuisable pour qu'ils en remplissent les devoirs avec fidélité et avec fruit.

Cette doctrine est clairement exprimée dans le Pontifical. Dans la première préface, pour l'ordination des prêtres, l'Evêque avertit les candidats qu'ils ne doivent . s'élever qu'avec une grande crainte à une dignité aussi sublime que le sacerdoce; et qu'ils doivent apporter tous leur soins à posséder « une sagesse céleste, l'intégrité morale et une mûre observance delà justice. » Plus loin, nous lisons que Notre-Seigneur, quand il choisit les soixante-douze

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disciples et les envoie prêcher devant lui, nous enseigne et par ses paroles et par ses actions, que les ministres de son Eglise doivent être parfaits dans le double amour de Dieu et des hommes, et qu'ils doivent être fondés en vertu. L'Evêque leur rappelle l'obligation de conserver dans leurs mœurs l'intégrité d'une vie chaste et sainte. Puis enfin, il termine par ces recommandations : « Réalisez ce que vous faites en cet instant ; imitez la sainteté qui vous est imposée, afin qu'en célébrant le mystère de la mort du Sauveur, vous puissiez mortifier tous les vices et toutes les convoitises de vos membres. Que votre doctrine soit la médecine spirituelle du peuple de Dieu. Soyez, par la bonne odeur de votre vie, les délices de l'Eglise du Christ, afin que, par vos prédications et vos exemples, vous puissiez édifier la maison qui est la famille de Dieu. »

Dans la seconde préface l'Evêque prie encore: «Renouvelez en eux l'esprit de sainteté, afin qu'ils puissent recevoir de vous la charge de la seconde dignité, et qu'ils puissent, par l'exemple de leur conversation, imposer une règle de vie morale. Qu'ils soient avec nous de prudents collaborateurs ; qu'en eux brille éclatant le modèle de toute justice (i). »

De même le Concile de Trente ordonne que tous les clercs manifestent dans leur vie, par

(i) Pontif. Rom. in Ordinatione Presbyteri.

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leur costume, leur maintien, leurtenue, leurs paroles, et en toutes choses, la gravité, la modestie et la piété, et qu'ils évitent même les moindres fautes qui, en eux, seraient grandes ; de telle sorte que « leurs actions inspirent à tous le respect (1). » Ces paroles expriment l'exercice de la perfection dans son sens le plus complet, sens qui signifie : — d'abord que le prêtre doit montrer dans sa propre vie la pratique d'une parfaite charité ; puis, qu'il doit répandre cette pratique en inspirant aux autres cette même loi de charité.

Enfin, sans nous étendre plus longuement, il est d'une évidence manifeste que la perfection intérieure requise pour l'ordination, est aussi requise, comme une condition essentielle, pour exercer la perfection à l'égard des autres. Elle impose au prêtre, après son ordination, l'obligation la plus rigoureuse de persévérer par tous les moyens nécessaires, dans cette vie parfaite.

Heureux le prêtre qui persévère dans cette oblation delui-même qu'il fit au jour de son ordination! Malheureux entre tous les hommes le prêtre qui s'en écarte ! A celui-ci peuvent s'appliquer ces divines et terribles paroles : «J'ai contre toi, que tu as délaissé, ta charité première (2);» ou celles-ci : «Plût àDieuquetufusses

(1) Sess. xxii. De Réf. cap. 1.

(2) Apoc. 11, 4.

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froid ou chaud. Mais parce que tu es tiède et ni froid ni chaud Je commencerai à te vomir de ma bouche (i) ;» ou bien encore : « Tu as le renom d'être vivant et tu es mort (2). w Si le sacerdoce était l'état perfectionis acqiiirandœ.Mu tel prêtre pourrait facilement recouvrer sa ferveur. Mais il est 1' 'état perfectionis exercendœ, conservandœ, et amplius augmentandœ. Le prêtre a déjà reçu la plus sublime vocation dont l'homme ait été l'objet, après la maternité divine de Marie et la paternité adoptive de Joseph : en même temps il a reçu la plus grande des grâces, puisqu'elle était proportionnée à cette vocation. C'est à chacun de nous que S. Paul dit: <t Sois l'exemple des fidèles dans les discours, dans la manière d'agir, dans la charité, dans la foi, dans la chasteté. Ne néglige pas la grâce qui est en toi, qui t'a été donnée en vertu d'une prophétie, avec l'imposition des mains des prêtres. Médite ces choses, sois-y tout entier — hœc meditare. in his esto: afin que ton progrès (c'est-à-dire, ton avancement dans la sainteté), soit connu de tous. Veille sur toi-même et sur la doctrine, avec une constante application. Car, en agissant ainsi, tu sauveras et toi-même et ceux qui t'écoutent(3). »Dans ces paroles, nous voyons Yexercitium perfectionis

( 1 1 Id. m, 15, 16.

(2) Ibid. m, 1.

(3) I Tl.M. IV, 12-16.

<5)£H'icjafton à t'a Sainteté 55

in se, et in alios, l'exercice de la perfection personnelle et pastorale, dans la propre vie du prêtre d'abord, puis dans son action sur son troupeau. Ut perfectus sit homo Dei (i),

Les trois chapitres précédents et celui-ci n'ont eu qu'un seul but, à savoir : montrer combien nombreuses et combien strictes sont les obligations qui imposent au prêtre une vie de perfection. La notion d'obligation s'est tellement identifiée avec les lois, les canons, les vœux et les contrats que, si l'on n'en pouvait pas démontrer l'existence, cette obligation n'existerait pas non plus. Il est vrai que lois, canons, vœux et contrats imposent des obligations à ceux qui y sont soumis. Mais tous les devoirs ne naissent pas de lois, canons, vœux ou contrats. Il en est qui sont distincts de ces liens et qui leur sont antérieurs. La foi, l'espérance, la charité, la contrition, la piété enchaînent l'âme par les devoirs les plus certains et les plus rigoureux. La loi de liberté nous enchaîne par les liens de l'amour, delà reconnaissance et delà générosité. Comparés à ceux-ci, tous les autres liens sont ce que la lettre qui tue est à l'esprit qui vivifie. Ces liens de Jésus-Christ obligent tous ses disciples, et à bien plus forte raison ses prêtres. Sur eux pèsent tous les devoirs qui naissent de leur participation à sa charge éternelle, de leur caractère sacerdotal, de

(1) II TlM. m, 17.

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leur ressemblance toute spéciale avec leur divin Maître, de leurs pouvoirs divins de consacrer et d'absoudre, devoirs imposés encore par leurs relations personnelles avec Jésus, avec sa Présence sacramentelle et avec son Corps mystique. Si tout cela n'exige pas la perfection intérieure des hommes qui aspirent au sacerdoce , avant que leurs mains aient été sacrées pour le saint sacrifice et que le joug du Seigneur ait été placé sur leurs épaules, qu'est-ce que Dieu a jamais ordonné, ou qu'est-ce que le cœur humain a jamais pu concevoir, pour astreindre les hommes à la perfection ?

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