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entière, expressément affirmée, envers le corps sacerdotal. Nous ne retrouvons 11 aucun signe de cette tendance, constatée plus haut dans les Chroniques, à rapprocher les lévites des prêtres, à les associer pratiquement à ces derniers comme des coopérateurs plutôt que comme des serviteurs. Le ministère des lévites n'est point conçu ou proposé dans Æsdras et Néhémie comme un ministère sacerdotal ; bien moins la dénomination de prêtres leur est-elle attribuée en commun avec les Aaronides.
Le seul passage qui rappelle, à certains égards, le prestige dont les lévites sont entourés dans l’histoire préexilienne du Chroniste, est la description de la Pâque qui fut célébrée après l'inauguration du second temple (1). [l s'en faut cependant qu'il y ait parité entière. Rappelons-nous que dans la Loi également il arrive que les lévites sont appelés les frères des prêtres (2). Esdr. VI 20 l'appellation de frères est donnée aux prêtres relativement aux prêtres et lévites réunis qui forment le sujet de la phrase. Le sens est que les prêtres et les lévites qui immolaient les victimes pascales, le faisaient pour tout le peuple, pour les prêtres qui ne prenaient pas part à l’accomplissement des cérémonies et enfin pour les officiants euxmêmes. On peut, d'après le texte de la relation, se représenter les lévites comme tous employés au service des prêtres et de la multitude en cette circonstance ; ce qui se comprendrait alors même qu ils seraient revenus de la captivité en beaucoup plus grand nombre que ne l'indique, dans la forme où elle nous est parvenue, la liste des rapatriés. Les prêtres au contraire, qui figurent dans la liste au nombre de plus de quatre mille, ne pouvaient être tous engagés.
Il reste toujours certain, d'après le passage dont nous venons de parler comme d’après toutes les autres données des documents, que durant les deux premiers siècles de la restauration, les lévites occupent une position beaucoup plus élevée et plus importante que celle à laquelle nous les avons trouvés réduits dans la suite.
(1) Esdr. VI 1958.
(2) Num. X VIII 2.
Un point qui mérite avant tout de fixer notre attention, c’est la distinction qui est faite, dans les récits relatifs aux premiers temps du second temple, entre lévites, chantres et portiers. La chose est remarquable surtout en des passages comme Æsdras II 40 ss. (Néh. VIT 43 ss.) où les trois groupes sont accompagnés du chiffre de leurs membres respectifs. Voir encore Æsdr. X 23 s. ; puis Zsdr. IT 70 où les lévites sont séparés, dans l’énumération, des chantres et des portiers, par le peuple (1). La distinction devait répondre à une institution bien arrêtée. Il convient cependant de remarquer qu'elle n'est pas toujours observée avec le même soin. Esdyr. I 2, III 8, 12 ; — Né. D 10036 38 8. XP XIL lietc 2 Psdr. VIT 13, VIII 29, X 5 etc., les « lévites +» comprennent sans aucun doute dans leurs rangs les chantres et les portiers. I ne semble pas que l’on puisse porter ceci simplement au compte du rédacteur ; car dans les mêmes passages 1l arrive aussi que la distinction estorappelée, pe. Véh. X 29, 40; XI 18; Esdr. VIT 7. Au reste, de même que les chantres sont expressément mentionnés sous le nom de lévites Zsdr. III 10, ainsi dans les Mémoires authentiques de Néhémie, XIIT 10, les lévites comprennent aussi manifestement les chantres. Nous trouvons d'autre part les portiers et les chantres distingués des lévites 2 Chron. XX XV 15, dans un récit relatif au règne de Josias. — Le phénomène signalé dans les textes qui nous retracent l'histoire de la restauration, n’en reste pas moins significatif. Dans l'histoire préexilienne du Chroniste les chantres et les portiers sont comptés généralement parmi les lévites. Dans Esdras et Néhémie la distinction est un fait accompli, non pas qu'à l'époque du second temple les chantres et les portiers ne fussent point considérés comme étant lévites eux aussi; mais parce que, sans aucun doute, au-dessus de ces deux divisions 1] y avait une catégorie de lévites supérieurs en dignité et auxquels le titre de lévites était habituellement réservé d’une manière plus spéciale (2).
(1) Il en est autrement à l’endroit parallèle Neh. VII. Cfr. MNeh. VII. 1.
(2) Au ch. IX de 1 Chron. v. 14 la distinction est énoncée dans les mêmes
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Nous apprenons Néh. XI 15 que les membres de la tribu plus spécialement appelés lévites en regard des chantres et des portiers, avaient dans leur charge « la besogne extérieure de la maison de Dieu », ce qui rappelle, par une analogie assez confuse, les fonctions de « magistrats et juges » attribuées à une catégorie de lévites dans les Chroniques (1). 1 Chron. IX 3-18 est un tableau identique, quant à son objet, à Néh. XI 3-19 et se rapportant probablement à l'époque postexilienne (2). Dans le même chapitre des Chroniques il est rapporté que des lévites s'occupaient du soin des vases sacrés et des instruments du culte, de la garde des matières destinées aux offrandes, des pains de proposition (v. 28-32). Tout le passage 19-32, qui ne se trouve point Néh. XI, n'appartient pas, selon toute apparence, au même document primitif que la partie précédente. À partir du v. 19 jusquau v. 23 nous avons un dispositif rapporté à David et adapté au tabernacle.
Voici quelques données plus distinctes sur les offices auxquels nous trouvons les lévites employés, soit d'occasion soit d'une manière habituelle, en dehors de la musique sacrée et de la garde des entrées et des parvis du temple, dans les livres d'Esdras et de Néhémie.
Esdr. TIT 8-9 les lévites, à partir de 20 ans, sont chargés de la surveillance des travaux de construction du nouveau temple.
Dans la grande assemblée tenue à Jérusalem sous la direction de Néhémie, les lévites entourent Esdras, le prêtre et sopher, pendant la lecture de la Loi (Néh. VIIT 4). Au v. 9, dans un membre de phrase probablement interpolé (3), 1ls sont nommés : 0377 PN O2", (les lévites) qui instruisaient le
termes, et accompagnée d’ailleurs à la fois du même groupement sous la dénomination commune, que Néh. XI 15 ss. Comme nous le rappelons aussitôt dans le texte, le tableau de la population qui nous est offert en ces deux fragments et qui est au fond le même de part et d'autre, est de l'époque de Néhémie.
(1) Cfr. 1 Chron. XX VI 29.
(2) Nouvelles études sur la restauration juive p. 263 ss.
(3) Le texte primitif ne mettait que Néhémie seul en scène en cet endroit (cir. v. 10),