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peuple ; nous croyons que Cest un titre indiquant un office habituel. C’est dans la bouche des lévites, un peu plus loin, qu'est placée la confession qui précède le renouvellement de l'alliance avec Dieu (IX). Suivant les résolutions prises par l'assemblée les lévites devaient recevoir les dîimes ; 1ls sont chargés, sous l'inspection d'un prêtre, de procéder eux-mêmes au prélèvement de ce tribut (X 38 s.). Dans la nouvelle commission instituée par Néhémie pour l'administration des dépôts et magasins du temple, nous voyons deux lévites à côté d'un prêtre et d’un sopher (XIII 13).
Lors du retour d’'Esdras, les lévites sont chargés en même temps que les prêtres, du soin des trésors apportés par les nouveaux colons (Æsdr. VIII 30). Deux lévites faisaient encore partie de la commission de quatre membres préposée à l'administration des dépôts (v. 30).
On voit que jusquà l'époque d'Esdras dont nous rapportons la mission, faisant suite à l’œuvre de Néhémie, à la 7°'année d'Artaxerxès IL (398), les lévites jouent toujours un rôle impor-tant et qui rappelle ça et là celui que nous leur avons entendu attribuer dans les Paralipomènes pour lépoque préexilienne. Cependant nous le répétons, la position qu'ils occupent dans les livres d'Esdras et de Néhémie est manifestement momdre que dans ce dernier ouvrage. Nous n'insistons plus-sur les points déjà signalés plus haut. Rappelons seulement que la catégorie des lévites « magistrats et juges » DODEt D0Ÿ disparait pour ainsi dire complètement dans les documents qui se rapportent à la période du second temple ; ces titres ne sont Jamais rappelés. Lorsque, 2 XX XIV 13, l'auteur des Chroniques parle des lévites O0 OYEC, l'emploi du terme Sopherim en cette occasion pourrait paraître suggéré par les circonstances de l'époque où il vivait (1), mais en aucun cas ces circonstances ne sauraient lui avoir inspiré l’idée des Sopherim-lévites. L'ordre des docteurs de la Loi, tel qu'il existait à la fin du IV° siècle, n'entre pour rien dans l'histoire préexilienne du livre des Chro-
(1) Voir plus loin p. 65.
niques ; ce sont les lévites, ici, qui sont chargés d'enseigner partout la Loi au peuple. — Néh. IT 16, les lévites ne sont pas nommés parmi les catégories de personnages auxquels appartient la direction de la communauté. Les prêtres seuls sont mentionnés Néh. V 12 de même que IX 34. Il en est encore de même Æsdr. IX 7. L'auteur du récit de la reconstruction du temple connaît les insignes sacrés que portaient les prêtres ; quant aux lévites, ils n'avaient point d'uniforme spécial (ÆEsdr. IIT 10). Dans les Chroniques, non seulement les lévites sont appelés les frères des prêtres (2 XXIX 34) ; les prêtres sont les frères des lévites (1 XXIIT 32) ; les lévites, comme nous l'avons entendu, sont même nommés prêtres et présentés comme exerçant un ministère sacerdotal. Le fait de la distinction entre lévites, chantres et portiers, parfaitement reçu dans les livres d'Esdras et de Néhémie, prouve à sa manière, étant donné les égards accordés aux lévites par l'auteur des Chroniques, que les lévites ne tiennent point dans ceux-là un rang aussi élevé que chez ce dernier. Il est évident que là où les portiers et les chantres sont séparés des prêtres par les lévites, ils n’en sont pas aussi rapprochés que dans les endroits où tous les lévites réunis en un même corps, sont associés aux fils d'Aaron comme leurs coopérateurs et compris avec eux sous la dénomination commune de « prêtres ». Au reste le paragraphe suivant nous permettra de mieux nous expliquer à ce sujêt.
Nous ne sommes pas les premiers à signaler la différence, au point de vue indiqué, entre les Chroniques d'un côté et Esdras et Néhémie de l'autre. Dans la Chronique, dit entre autres Baudissin, « la distinction entre prêtres et lévites, sans être supprimée, est cependant adoucie. Chez le Chroniste la sphère d'action des lévites s'étend au-delà des limites fixées par P et paraît se rapprocher de celle des prêtres ; la dénomination deutéronomique de « prêtres lévitiques » pour les Aaronides y est reçue » (1). Ce jugement est loin d'être exagéré et s'impose à quiconque fait une lecture attentive des documents,
(D'ALTCND ASE