‹ Le sacerdoce lévitique dans la loi et dans l'histoire des HébreuxChapitre 24 sur 60 · L1:97-0ES · texte numérisé non relu

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Jearim de porter l'arche à leur ville ; ils n'avaient rien à craindre parce qu'ils n'avaient été pour rien dans la faute commise. De même si David se fût senti complètement à l'abri de tout reproche, il n'aurait pas eu lieu de redouter des malheurs pour lui-même ou pour sa ville. Il attend trois mois. Ce n’est qu'après cet intervalle que, rassuré par le sort d'Obed-Edom et voyant que le courroux divin s'était apaisé, il se décide à recevoir l'arche sur le Sion. Mais cette fois celle-ci n’est plus trainée sur un char ; on la porte. C’est, comme le dit le récit des Chroniques, un retour à l'usage traditionnel et par le fait même une juste précaution en vue d'éviter à l'avenir des aventures comme celle que l’on avait eu à déplorer la première fois.

Nous venons de constater que le Chroniste complète les données de 2 Sam. VI en donnant l'explication d'un fait qui se trouve rapporté en ce dernier endroit aussi bien que dans son propre récit. On n’a point le droit, dès lors, de mettre en suspicion tels autres détails de sa narration, pour la seule raison qu ils lui sont propres. L'auteur de Samuël ne dit point qui étaient « les porteurs de l'arche » dont 1l parle au v. 13. Quand le Chroniste raconte que c'étaient les lévites, la comparaison avec le récit du livre de Samuël nôus autorise d'autant moins à voir là une pure invention, que dans ce dernier les prêtres non plus ne sont pas mentionnés. Il est bien certain pourtant que les ministres du culte ne restèrent pas étrangers à la solennité décrite ; que notamment Sadog et Abjathar durent y prendre une part importante. Le silence que garde sur les lévites le récit du livre de Samuël ne fournit donc pas l'ombre d'une preuve que leur mention dans la narration des Paralipomènes soit due à la fantaisie de l’auteur.

l’arche, comme W. l'entend 1. c.; ce n’est pas autant l’acte lui-même que l'objet de l’acte sur lequel la notice veut appuyer. « Et Dieu frappa les hommes de Bethsémes parce qu'ils avaient porté les yeux sur l'arche de Jéhova ». C'est l'arche elle-même, directement, l'arche à découvert, qu'ils avaient regardée. C’est plutôt la profanation subie par l’arche, que la curiosité des coupables qui doit être expiée. Cfr. Num. IV 20. |

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B. Récits de la construction et de la dédicace du temple de Salomon,

Q R. V-VII 2 Chron. II-VIP.

La relation des actes de Salomon, qui forme la première partie de notre livre des Rois (1 R. I-XI), dérive sans doute, soit directement soit indirectement d’un document cité 1 R. XI A1 sous le titre d'Annales de Salomon. De même que l'histoire des rois de Juda et d'Israël se rattache intimement dans notre livre à l’histoire de Salomon, de même celle-c1 est introduite par deux chapitres (1 R. I-IT) qui servent en même temps de clôture à l’histoire de David et font suite au ch. XX de 2 Sam. Les récits concernant Samuël, Saül, David sont reliés entre eux de la façon la plus étroite, comme 1ls se joignent aussi très naturellement à lhistoire des Juges (Jud. ITI-XVIT. Les livres des J'uges, de Samuël et des Rois forment ainsi un tout assez bien arrondi, quoique issu de la compilation d'extraits de sources diverses. Cet ouvrage historique fut composé avant l'exil de Babylone. Les chap. XVII-XXI du I. des Juges et XXI-XXIV de 2 Sam., qui y furent, semble-t-il, insérés après coup, le divisèrent en trois sections. La rédaction, qui se poursuivit Jusque après la ruine du royaume de Juda, et même après l'an 561, comme le prouve 2 R. XXV 27 ss., laissa de ses traces dans les diverses parties de l'ouvrage, comme nous pourrons le constater aussitôt en ce qui touche le récit de la construction et de la dédicace du premier temple. Rien d’ailleurs ne permet d'affirmer que l'auteur auquel remonte la composition des livres de Samuël et des Rois, ait voulu citer toutes les sources auxquelles il emprunta les éléments de son œuvre. La question de savoir s’il se contenta toujours de reproduire tels qu'il les avait sous les yeux les récits qu'il inséra dans son livre ; ou si, à l’occasion, il jugea opportun de les modifier d’une façon ou d’une autre, n’est souvent pas facile à résoudre. On devra d'autre part en examinant chaque cas particulier, tenir compte de la part qui revient aux rédactions postérieures.

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Les chapitres V 16-VI, VIT 13-51 exposent les préparatifs et l'exécution de la grande entreprise de la construction du temple de Jérusalem, ainsi que le détail de l'ameublement de l'édifice sacré ; le ch. VIIT renferme la description de la dédicace solennelle du sanctuaire. Ici, au v. 4, il est dit que l’arche, le tabernacle et tous ses ustensiles sacrés, furent portés en grande pompe à la nouvelle demeure de Jéhova par « les prêtres et les lévites ». Seulement on fait remarquer que ce verset, absolument superflu entre les vv. 3 et 6, est dû sans doute à une interpolation, aussi bien que le v. 5 où 1l est question de la Sn n7> (1).

Le 2° livre des Chroniques nous offre à son tour, aux chapitres [[-VIT, une relation des travaux de Salomon, absolument parallèle à celle de 1 R. V-VIIT (2). Certaines parties, notamment la prière de Salomon, puis le morceau qui fait suite de part et d'autre à la description de la dédicace et où nous lisons les promesses et les menaces que Jéhova fit entendre à Salomon dans une apparition nocturne (3), se répondent presque à la lettre. Cependant, même au milieu de ces éléments com-

(1) Kuenen Hist. Crit. Ond.T p. 184.

(2) D’après 1 Chron. XX VIIL les premiers préparatifs de l’œuvre remonteraient à David. Certains auteurs se livrent à ce propos à des plaisanteries qui n’ont rien de commun avec la critique. Ceux qui disent p. e. qu’au rapport de 1 Chron XXVII 19, David reçut le plan du temple, tout tracé, schwarz auf iweiss, de la main de Jéhova, n’ont pas bien considéré le texte ; sinon ils auraient reconnu que, même en l’état où il nous est parvenu, il ne saurait avoir ce sens, s’il en à un quelconque (cfr. Oettli u. Meinhold, #n .). Dans le contexte il a été question de David, depuis v. 11, à la troisième personne ; au v. 19 au lieu de LS il faut lire la préposition sans le suffixe ;

sin 5% peut signifier avec sagesse. Il est possible qu’au lieu de 7%

1111 il faille lire en conséquence 77 "A ; le passage entier v. 11 ss., dont le v. 19 forme l’épilogue, parle des instructions de David à son fils de Salomon, Au v. 12 l’auteur dit lui-méme que les plans et projets étaient conçus par David ; par où l’on voit, dans tous les cas, en quel sens ils pouvaient venir de Jéhova, — non pas schiwarzs auf weiss.

(3) 1 R. IX 1-9 ; 2 Chron. VII 11-22.

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muns, il y à des passages appartenant en propre à l’une ou l’autre des deux narrations. Ainsi 2 Chron. V 11°-13, VI 13, 40-42, VIT 1-6 manquent dans le livre des Rois ; d'autre part 1 R. VIII 50°-53, 54-61 ne se retrouvent pas dans les Chroniques.

De même que l'auteur de Rois cite comme source d’informations plus amples les Annales de Salomon, ainsi l'auteur des Chroniques renvoie le lecteur aux « paroles du prophète Nathan, la prophétie de Ahia le Silonite et à la révélation de Je‘do le Voyant sur Jeroboam fils de Nabat » (IX 30), visant par cette citation une section déterminée du Midrasch Sepher Hammelakim où il puisa en grande partie les données de son histoire.

Il n’est pas douteux que la relation du livre des Rois ne soit, au fond, d'origine préexilienne (VIII 8, 12-53, 54-61). D'autre part, comme nous le verrons, elle porte en plus d'un endroit la trace d’une rédaction postérieure à la destruction du royaume de Juda. Mais l'auteur préexilien lui-même, celui qui à écrit le passage VIIT 54-61, a-t-1l simplement reproduit, sans se permettre aucune modification, aucune interversion, le texte que lui offrait sa source ? C’est ce que nous apprendra également une comparaison attentive avec les données des Chroniques.

Nous pourrons nous convaincre, sans doute, que le récit du Chroniste, soit sous la plume même de l’auteur, soit à la faveur de remaniements plus récents, a subi l'influence de celui du livre des Rois. Mais ce que nous espérons établir en même temps, et ce qui est d'une réelle importance pour notre sujet, c'est que ce dernier ne fut point la source unique ni principale du Chroniste. Même les parties essentielles qu'il a en commun avec le livre des Rois, ce n'est pas ici que l’auteur des Chroniques les a prises. Elles lui sont arrivées par une autre voie, d’un document préexilien qui servit peut-être lui-même de source à l’auteur des Rois.

Il est à remarquer tout d'abord que l'exposé des préparatifs faits par Salomon en vue de la construction du temple, diffère assez notablement dans les deux relations ; ainsi les messages

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échangés entre le grand roi et Hiram sont rédigés autrement 1 R. V 16-23 et 2 Chron. Il 2-15. Cependant déjà ici nous trouvons des éléments qui prêtent à la comparaison. D'après le Chroniste, Salomon détermine dans sa lettre même le salaire quil paiera aux ouvriers (v. 9); l'engagement est conçu, au contraire, en termes généraux, dans le texte du livre des Rois (v. 20). Un peu plus loin v. 25 celui-ci énumère les obligations de Salomon, en matère de froment et d’huile, comme dues annuellement à Hiram pour l'entretien de « sa maison » : il ne fait en outre aucune mention du vin et de l'orge. C’est également « pour sa maison » que Hiram, d’après le texte du livre des Rois, avait demandé des aliments (v. 23). Nous devons préférer le texte des Chroniques : c'est aux ouvriers que ces envois étaient destinés (2 Chron. EUR ATCOUERIRE RTE Hiram lui-même fut payé d'une autre manière (1 R. IX 11?- 14) (1). — D'après Chron. II Salomon avait demandé (v 6) et Hiram avait promis de lui envoyer (v. 12), un homme capable de diriger les travaux. L'auteur des Rois n’en fait pas mention dans la correspondance entre les deux princes ; mais il y revient plus loin aux vv. 13-14 du ch. VIT. A cette occasion encore nous avons à constater le désordre qui règne dans la rédaction de cette partie du récit où la description des travaux du temple est interrompue par celle de la construction du palais royal (VII 1-12). Est-ce bien Hiram (vv. 14, 40, 45) qui est le sujet de la phrase au v. 21 ? — De même que le texte des Chron. fait fixer à Salomon, dans son message au roi de Tyr, le montant du salaire en nature qu'il s'engage à payer aux ouvriers, de même 1l prête à Hiram l'indication de la rade de Joppé comme lieu de destination pour les envois de bois, à charge pour Salomon de les prendre là (v. 9). D'après 1 R. V 23, au contraire, Hiram, se chargeant de faire transporter le bois du Liban au bord de la mer, aurait demandé à Salomon où les matériaux devaient être livrés ? Encore une fois, le

(1) Il y eut probablement un échange de villes d’un roi à l’autre ; 2 Chron, VIIL 2 répond à 1 R. IX 19.

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texte des Chroniques à plus de chance de nous rapporter la version primitive ; c'est, sans doute, pour se ménager l’occasion d'attribuer au roi de Tyr une marque de déférence de plus à l'égard du fils de David, qu’un rédacteur a fait ignorer à Hiram, qui pourtant savait déjà très bien que le bois devait être fourni par voie de mer, en quel endroit il devait le faire atterrir !

Pour ce qui regarde la description des travaux de construction et d'ameublement du temple, la relation du livre des Rois, dans sa forme actuelle (VI, VIT 13-51), se distingue du tableau parallèle du livre des Chroniques ([II-IV) par sa prolixité et les répétitions qui y abondent, ainsi que par le désordre qui y a été introduit. Cependant, malgré les différences accidentelles, l'affinité littéraire entre les deux morceaux est manifeste, L'ordre suivi est le même dans les grandes lignes : d’abord le temple avec le portique, puis le Saint des Saints et les chérubins qui le couvrent de leurs ailes ; ensuite les meubles d'airain, avec récapitulation et indication de l'endroit où ils furent fondus ; enfin l'autel des parfums, la table des pains de proposition, le candélabre à sept branches, et autres ustensiles en or. Dès l’abord l'exposé plus concis, plus sobre, des Chroniques semble avoir l'avantage sur celui des Rois. Ce n’est pas le Chroniste qui a abrégé, ce qui d’ailleurs, du moins en pareille matière, n'était pas dans ses habitudes ; c'est la rédaction qui a développé de l’autre côté.

Le plan de la description se dessine avec une entière simplicité 2 Chron III-IV. Après une notice préliminaire touchant le lieu et l'époque de la construction (III 1-2), nous apprenons quelles étaient les dimensions des fondements (v. 3). Puis les diverses parties de l'édifice sacré sont envisagées à commencer par le devant : le portique, avec ses dimensions (1) et les décors; le bâtiment antérieur du temple proprement dit (2)

(1) 2 Chron. II 4, au lieu de DES PNA lisez DU DYSN : la hauteur était de 20 coudées. Le portique était plus bas de 10 coudées que le bâtiment du temple (1 R. VI 2) cfr. Movers Xritische Untersuchungen, p. 252.

(2) Il est remarquable que les dimensions du hékal ne sont pas indiquées

orné pareïllement de revêtements en bois précieux, de pla: quages en or, de sculptures, etc. ; enfin le Saint des Saints, dont on expose en peu de mots les dimensions et la splendeur : l'or qui y fut prodigué s'élevait au montant de 600 talents ; dans le Saint des Saints se trouvaient debout les deux chérubins recouverts d'or et occupant toute la largeur du sanctuaire de leurs ailes étendues (8-14) (1). Après cet aperçu sur l'aménagement de la maison elle-même, arrive l'exposé des objets et meubles d’airain : les deux colonnes placées devant la façade (15-17) (2), l'autel des holocaustes (IV 1), le grand bassin etc. ; suit une récapitulation sommaire (12 ss.), et enfin l’énumération des objets en or (19 ss.). — Dans le livre des Rois les lignes de ce tableau, notamment dans la parte consacrée à l'édifice, sont presque effacées sous une surcharge

à part, comme celles du portique (longueur et hauteur) et du saint des saints (longueur et largeur). Le I. des Rois nous apprend que le portique avait une longueur de 10 coudées (V[ 3). 1 R. VI 2 la longueur de 60 coudées est donnée comme dimension d’un tout qui avait 30 coudées de hauteur. Cette dernière donnée ne convient qu'au hékal seul Or celui-ci n'avait pas 60 coudées de longueur (v. 17). Les indications touchant l'étendue des fondements, que nous retrouvons 2 Chron. III 3 pour l’ensemble des bâtiments du temple, ont été combinées 1 R. VI 2 avec la hauteur du hékal. Au reste ici les LXX diffèrent du texte massorétique : ils ont corrigé, par une corruption nouvelle, d’après v. 17, la teneur du v.2 qui était déjà résultée d’une confusion. Peut-être au v. 17 les quarante coudées que le temple mesure pour la partie qui précède le saint des saints, s’appliquent-elles au hékal et au älam réunis. En ce cas le saint des saints ayant 20 coudées de longueur, le &lam 10, il en resterait 30 pour le hékal

(1) Le v. 24 parle d’une tenture faite de tissus précieux ct destinée sans doute à mieux protéger contre tout regard profane l'intérieur du saint des saints. Le livre des Rois ne parle point ou ne parle plus dans le texte actuel de ec rideau sacré : le Chroniste sait très bien lui aussi que l'entrée du sanctuainre de l'arche était munie de portes dorées (IV 22 b) Mais encore une fois, ces portes ne rendaient pas la tenture intérieure superflue.

(2) La longueur des deux colonnes Jakhin et Boaz (35 coudées), ainsi que la hauteur des chapiteaux (5 coudées) sont indiquées par des chiffres qui donnent la somme des dimensions réunies. Chaque colonne avait 17 1/2 coudées ; chaque chapiteau 2 1/2 coudées ; une colonne surmontée du chapiteau. 20 coudées. Vr. 2 R. XX V 17, où les mesures sont rapportées sans les fractions. 1 R. VII 16, Jér. LII 21 la hauteur de 5 coudées pour chaque chapiteau est le résultat d’une confusion. Cfr. Movers I. c., p. 2525.

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de détails exposés suivant un nouveau principe de division, d’abord pour le dehors (VI 4 ss.), puis pour l'intérieur du temple (v. 15 ss.). Nous avons déjà attiré l'attention sur le fait que le morceau inséré VIT 1-12 sépare violemment .la description du temple de celle du mobilier d'airain ; le passage VI 11-13 lui aussi constitue une interruption injustifiable, due à la rédaction. Jusqu'à deux ou trois reprises et dès le début nous rencontrons la formule, trop emphatique pour être originale : et Salomon bâtit la Maison et il l'acheva (VI 3 (LXX), 9, 14). La date de la fondation (VI 1) est rappelée une seconde fois VI 37. L'insistance fatigante sur les revêtements en bois de cèdre et les plaquages en or, qui amène d'ailleurs des dérangements dans l’ordre de la description (VI 20, 22, coll. VIT 48) (1), la minutie exagérée de certains détails, font sur le lecteur l'impression de partir d'un sentiment d'enthousiasme, sexpliquant sans doute chez quelqu'un qui fut témoin oculaire de ces magnificences, mais n’en ayant pas moins le caractère d'une admiration rétrospective. L'autel d’airain a été supprimé entre VII 22 et 23, peut-être à cause de l'écart que l’on se permit à ce sujet dans le temple de Zorobabel. Le directeur des travaux envoyé par le roi de Tyr (VIT 13) sert simplement à introduire, moyennant une reprise du récit nécessitée par VII 1-12, la description des objets d'airain ; c'est pourquoi il est présenté seulement comme expert en cette matière ; à la différence de l'éloge qui en est fait Chron. IT 12, où l'artiste tyrien était recommandé en outre pour sa compétence dans l’industrie qui faisait la gloire principale de sa patrie, à savoir celle des tentures et tissus précieux.

(1) D'après VII 48, l'autel des parfums et la table des pains de proposition étaient en or ; les deux meubles précieux sont d’ailleurs énumérés en cet endroit en tête de toute une série d'objets du même métal, D’après VI 20b,

2b, au contraire, l’autel aurait été en bois de cèdre plaqué d'or ; les données de ces deux derniers versets ne sont pas conçues en termes très clairs dans l'état actuel du texte.

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Nous nous sommes arrêté assez longtemps à ce parallèle de la double description des travaux du temple. Ces considérations préliminaires n'auront pas cependant étéinutiles, Nous arrivons à la partie du récit qui nous intéresse plus directement ; c’est celle où est racontée la cérémonie de la dédicace. Ici la relation du livre des Rois (VITI-IX 1-9) ei celle des Chroniques (V-VIT) se rapprochent de beaucoup plus près ; elles sont à peu près identiques. Les différences les plus marquées consistent dans les passages 2 Chron. V 125s., VIT 1 ss., qui ne se lisent point dans le récit des Rois. Dans ces passages les lévites sont mis en scène à côté des prêtres.

Nous avons déjà rappelé plus haut qu'il se rencontre dans le morceau que nous examinons à présent des indices certains de composition préexilienne ; ces indices sont communs aux deux relations. D'autre part nous retrouvons également dans le texte que nous en offre le livre des Rois, des traces de révision postérieure à la ruine du royaume de Juda. À ce point de vue déjà la comparaison avec les passages parallèles du livre des Chroniques n’est pas dépourvue d'intérêt.

Kuenen cite comme un produit de la rédaction exilienne 1 R. IX 1-9 ; les vv. 7-9 montrent, dit-il, que l’auteur connaît déjà l’accomplissement effectif de la menace proférée ici contre les Juifs en cas d'infidélité : Israël est banni et le temple est en ruines (1). Au v. 8 nous lisons dans le texte massorétique : DOS D NT Dai; ce qui n’a pas de sens ; il faut lire sans aucun doute 735 nr « cette maison sera réduite en ruines ». Nous doutons cependant que même dans ces conditions, le passage, considéré en lui-même, trahisse d’une façon évidente l’origine que Kuenen lui attribue. Michée avait fait entendre la même menace contre la ville sainte et le temple en termes presque identiques : 17%1n 75 Du" « Jérusalem sera un monceau de ruines » (III 12)... Jérémie lui aussi avait, un peu plus tard, annoncé le châtiment qui n’épargnerait pas même la maison de Dieu profanée par le peuple prévaricateur.

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Dans tout le reste de notre morceau 1-9, il ny a rien quine soit parfaitement conforme aux termes de la sanction qui accompagne la législation deutéronomique et qui ne puisse, en conséquence, avoir été écrit avant la captivité. Il est même à remarquer que les promesses en cas de fidélité à la loi divine, sont fortement accentuées vv. 3-5. Toutefois nous croyons nousmême que le v. 8 a subi l'influence d'une main plus récente. Mais nous le concluons de la comparaison avec 2 Chron. VII 21. Ici nous lisons : ..."2y 1% SÈN 91 n27) M cer maison qui fut glorieuse, quiconque passera près d'elle sera frappé de stupeur ». Klostermann croit que ces mots ont disparu du texte du livre des Roïs et que celui-e1 comprenait à l'origine les deux membres : cette maison qui fut glorieuse, sera réduite en ruines. Comme corollaire à cette hypothèse, il faudrait admettre que dans le passage cité du livre des Chroniques le membre conservé dans le texte des Rois a été omis ou supprimé après coup. Ce serait très étrange. IL est beaucoup plus vraisemblable que nous sommes 1c1 en présence d’une double version d'un même énoncé primitif. À laquelle faut-il attribuer la priorité ? On ne voit aucune raison qui eût pu amener le changement de la version du livre des Rois, restituée suivant l'exigence du contexte, en celle offerte par le livre des Chroniques ; mais il est facile, d'autre part, de se rendre compte du motif qui aurait, après la catastrophe de 586, occasionné le changement de la formule conservée par ce dernier en celle de 1 R. IX 8. Ilse peut parfaitement d’ailleurs que la version primitive représentée par les Chroniques, ait amené le retour en ce dernier endroit, de 51”?7 à la place de et

Comparer encore à ce point de vue 1 R. VIII 34 à 2 Chron. VI 25. [n'est pas question ici de l'exil de Babylone, mais de revers accidentels ayant pour conséquence la déportation en pays étrangers, de ceux qui tombent aux mains de l'ennemi comme prisonniers de guerre. D'après le texte des Chroniques, Salomon demande à Dieu de les ramener au pays qu’il a donné « à eux et à leurs pères » ; 1 R. VIII 34 nous lisons : au pays que « tu as donné à leurs pères ». Il est probable que la

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variante est due en ce dernier endroit, à la circonstance de Ia déportation du peuple par les Babyloniens.

Un peu plus loin, encore dans la prière de Salomon, 1 KR. VIII vv. 46 ss., le roi intercède de nouveau pour ceux dont les défaites essuyées à la guerre entraîneraient la captivité. Kuenen (1) remarque en réponse à Wellhausen, qu'ici l'exil de Babylone n'est visé n1 de près n1 de loin, qu'au contraire ilest supposé que le temple de Jérusalem continue à exister (v. 48). C'est très Juste pour la première partie du passage en question. Cependant 1l est indéniable que le développement que prennent dans le livre des Rois les considérations émises au sujet de ces captifs, est de nature, à partir du v. 50, à faire une impression différente. Au v. 50* l’invocation du pardon divin semble clôturée par la formule habituelle ; et de fait dans le livre des Chroniques elle se termine 1ci (VI 39). Mais pourquoi, dans le livre des Rois, n'en est-il pas de même ? pourquoi cette insistance dans l'appel à la pitié de Dieu, se renouvelant encore et se prolongeant jusqu'au v. 53 ? « ... (50) pardonne-leur … toutes les offenses qu'ils ont commises contre toi, fais-leur trouver grâce devant ceux qui les tiennent captifs afin que ceuxc1 leur fassent miséricorde ; (51) car 1ls sont ton peuple et ton héritage que tu as sauvé de l'Egypte, de la fournaise de fer ; (52) que tes yeux soient ouverts à la supplication de ton serviteur et … de ton peuple Israël et exauce-les en tout ce qu'ils imploreront de toi ; (53) car tu les as séparés pour toi comme ton héritage d’entre tous les peuples », etc. Nous appelons spécialement l'attention sur le v. 52 comparé à Chron. VI 40. Ici, comme nous le disions tantôt, l’invocation pour les captifs se termine au v. 39. Le reste est la conclusion, parfaitement appropriée aux circonstances (2), de la prière de Salomon. Au v. 40, il dit : « Æt maintenant mon Dieu, que tes yeux soient ouverts et tes oreilles attentives à la prière qui se fait en ce lieu », etc. Ces mots ont subi dans le texte du livre des Rois

(2) Ps. 132, 8 5.

une modification profonde et significative. La prière est formulée au point de vue du peuple captif ; de ce lieu, du temple, il n'est plus fait mention. Il nous semble que la rédaction exilienne se trahit en cet endroit de la façon la plus claire. La relation du livre des Chroniques à conservé la formule primitive que lui offrait la source préexilienne.

Remarquons encore que 1 Chron. VI 13, qui manque dans le récit des Rois, doit avoir été pris d’ailleurs ; car 1l est bien sûr que ce verset n'est point dû à l’imagination du Chroniste. Qu'on rapproche de cette notice 1 R. VIII 22, 54 et qu’on juge. Nous relevons ici un phénomène analogue à celui que nous avons constaté au sujet de l'artiste Hiram envoyé à Salomon par le roi de Tyr.

Il suffit de mettre 1 Chron. VII 8-10 en regard de 1 R. VIII 65-66, pour être fixé sur la valeur et l'ancienneté relative des deux passages.

Nous avons laissé entendre plus haut que la rédaction préex1lienne elle-même du livre des Rois, avait, notamment dans la description de la dédicace du temple, apporté au récit primitif certains changements. C'est encore le livre des Chroniques qui nous aidera à le reconnaître plus sûrement, bien qu'il ait luimême ici subi l'influence de la tournure qu'a prise, dans les passages en question, le récit de, notre livre des Rois. Nous arrivons ainsi aux lévites et aux prêtres.

1 R. VIII 10 s. nous lisons que, quand les prêtres qui avaient introduit l'arche dans le Saint des Saints, en furent sortis, « un nuage remplit la maison de Jéhova et que les prêtres ne purent rester pour faire leur service à cause du nuage, parce que la gloire de Jéhova avait rempli la maison de Jéhova ». À une simple lecture on passera outre. Mais à y regarder de près, on ne peut manquer, nous semble-t-1l, de trouver la notice déplacée en cet endroit. Il ne peut s'agir au v. 11 d’un service quelconque que les prêtres auraient eu à remplir à l'intérieur du sanctuaire, dans le debir ou le hékal; car le nuage ne survient qu'après qu'ils sont sortis. Il ne peut s'agir non plus du ministère à l'autel, de l'offrande des sacrifices ;.

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car ceux-ci ne devront être offerts qu'après la longue invocation que Salomon se prépare à prononcer (VIIT 62 ss.). Il est vrai qu'au v. 12, immédiatement après la mention du nuage et de la terreur religieuse dont les prêtres furent saisis, le roi s'exprime en ces termes : « Jéhova a dit qu'il habiterait dans l'ombre... » Mais ces mots n'ont avec le nuage des vv. 10, 11, quun rapport accidentel ; ils pourraient tout au plus servir à mieux expliquer pourquoi on aurait amené le nuage en cet endroit du récit. Salomon justifie par les paroles que nous venons de rappeler l'œuvre qu'il a exécutée et qu'il va consacrer au culte : « Jéhova a dit qu'il habiterait dans l'ombre ; et moi Je tai bâti une demeure, un lieu où tu habiteras tou- Jours ». Il n'est pas besoin de voir ici la moindre allusion au nuage mystérieux (1). L'observation formulée au v. 11, touchant l'impossibilité où les prêtres se trouvèrent de faire leur service, montre que primitivement le nuage était mentionné àa l'endroit où était décrite l’offrande des sacrifices, c'est à dire après la prière de Salomon. Voyons ce que nous lisons là dans le texte actuel. Au v. 54 nous apprenons que « lorsque Salomon eut fini d'adresser à Jéhova toute cette prière et invocation, il se leva .… se tint debout (comme v. 22!) et bénit toute l'assemblée d'Israël, à haute voix, disant : Béni soit Jéhova qui donna le repos à son peuple Israël, etc... » Le passage est d'origine préexilienne, comme le montre en particulier le v. 56. Mais il est évident qu'il fait absolument double emploi avec les bénédictions et les prières que Salomon vient de prononcer (v. 15 ss.) ; après avoir dit que le roi avait fini d'adresser à Jéhova foutes ses prières et supplications,

(1) Le cod. Vat,. n’a pas les vv. 12, 13. La construction de la phrase, où le brusque passage de la 3° personne à la 2e est vraiment choquant, n’est pas faite, en effet pour les recommander. Nous soupçonnons que la théophanie pourrait avoir été placée en cet endroit du récit, avant le discours de Salomon, simplement pour donner une plus grande solennité à la Scène, pour mettre d'une manière sensible en face du roi, le Dieu dont il proclame les louanges. Les vv.12, 13, pourraient n'être aussi bien que la conséquence de cette opération. En ce cas le caractère artificiel du rapprochement entre les vv. 10 et 12, s’expliquerait encore parfaitement,

voici que le récit actuel les lui fait aussitôt recommencer ! On se serait attendu à voir introduire autre chose par les paroles du v. 54 : Et à se fit quand Salomon eut achevé sa prière. Et de fait 2 Chron. VII 1 ss. nous lisons 1c1 la description d’une scène qui répond beaucoup mieux à la formule introductoire ; Cest en ce moment que la gloire de Jéhova remplit le temple ! Les effets de cette manifestation lui sont d’ailleurs mieux proportionnés ici que L R. VII 10 ss., où Salomon, en présence de la théophanie, adresse au peuple (v. 14) un long discours sans avoir l'air de s'apercevoir du nuage, sinon tout au plus par une allusion d'un caractère embarrassé et dou- : teux. « Lorsque Salomon eut achevé sa prière, le feu descendit du ciel et dévora l’holocauste et les victimes et la gloire de Jéhova remplit le temple. Et les prêtres ne purent entrer dans la maison de Jéhova parce que la gloire de Jéhova avait rempli la maison de Jéhova. Et tous les enfants d'Israël virent descendre le feu et la gloire de Jéhova sur le temple et ils se prosternèrent la face contre terre sur le pavement, adorant et louant Jéhova, « parce qu'il est bon et que sa miséricorde est éternelle ». Et le roi et tout le peuple firent limmolation des victimes devant Jéhova..……. Et les prêtres s'acquittaient de leur office et les lévites tenaient les instruments de musique que le roi de David avait faits pour la louange de Jéhova « dont la miséricorde est éternelle », tandis qu'ils exécutaient les chants de David ; et les prêtres devant eux faisaient sonner les trompettes, et tout [Israël assistait » etc. — Nous ne doutons point que le récit des Chroniques à conservé à sa place originale la description de la théophanie. C'est d'ici qu'elle a passé, déjà lors de la rédaction préexilienne du ivre des Rois, avant la rélation de la prière de Salomon. Le rédacteur, arrivant ensuite au point où elle était racontée dans l'original, sest vu naturellement amené à l’omcettre en cet endroit et l’a remplacée par une nouvelle prière de Salomon rattachée à sa manière à la formule de transition qui devait être maintenue pour la continuation du récit.

Et {es prêtres et les lévites que nous venons de voir,sur la

scène dans la description du livre des Chroniques, nous sontils arrivés eux aussi de la source préexilienne ? Des observa: tions qui précèdent il résulte déjà tout d’abord que leur omission dans la relation du livre des Rois, ne prouve rien contre leur authenticité. [Il est à remarquer ensuite que les textes environnants, tant pour la partie qui précède la mention des ministres du culte aux vv. 1 ss., que pour celle qui suit vv. 7ss., comme nous l'avons déjà fait observer, soutiennent à leur avantage la comparaison avec les notices parallèles du livre des Rois. Les présomptions semblent donc tout en faveur des prêtres et des lévites. Mais 1l y a surtout à considérer que 1 R. VITI 10, après les observations que nous avons faites sur la teneur actuelle du passage auquel ce verset sert d'introduction dans notre texte, reste à expliquer. Nous avons dit et croyons avoir suffisamment établi, que ce n’est point la théophanie qui était racontée dans l'original, en cet endroit. Quest-ce donc qui faisait suite primitivement au récit de l'introduction de l'arche dans le Saint des Saints ? Ici, ch. V vv. 11 ss., la relation des Chroniques à été malheureusement « complétée - à l’aide des données du récit actuel du livre des Rois ; la théophanie a été également introduite 1ci; mais elle n'a pas éliminé la notice primitive ; elle a été tant bien que mal combinée avec celle-cr. L'état dans lequel le texte nous est parvenu témoigne assez de la violence de l'opération que lui a fait subir soit le Chroniste lui-même, soit un rédacteur plus récent. Le document original doit avoir porté ce qui suit : « Et voici que, quand les prêtres furent sortis du sanctuaire (1), les lévites-chantres, tous, ceux d'Asaph, de Heman, de Jeduthun et leurs enfants et leurs frères, vêtus de lin (2), avec les cymbales, les harpes et les guitares, prirent place à l’est de l’autel et auprès d'eux les prètres, au nombre de cent vingt, avec les trompettes sacrées » (3).

(1) La parenthèse qui suit est une glose.

(2) Ce vêtement de lin à lui seul plaide pour l’origine préexilienne du passage ; car après l’exil les lévites n'avaient plus d’uniforme distinctif. L’habit de lin était exclusivement réservé aux prêtres proprement dits. Voir plus haut, pp. 36, 52.

(3) Le participe barbare Q°9N£T 2 peut être impunément sacrifié,

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