‹ Le sacerdoce lévitique dans la loi et dans l'histoire des HébreuxChapitre 25 sur 60 · RE · texte numérisé non relu

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Dans les versets suivants la description de la théophanie, empruntée au livre des Rois, est rattachée à l'explosion simultanée et puissante des sons de la musique sacrée ; ce passage doit être supprimé avec la notice touchant le nuage qui remplit le temple. C’est aussitôt après la mise en scène des léviteschantres et des prêtres munis des trompettes, que le narrateur faisait prendre la parole à Salomon. Certains critiques, les mêmes qui vantent la fraicheur et la liberté d’allure du récit que nous offre 2 Sam. VI du transport de l'arche par David, raillent le Chroniste au sujet de « l'indispensable musique » qu'il croit devoir méler aux fêtes de la dédicace du temple ; ils oublient que le récit de 2 Sam. VI 5, 15 fait lui aussi honneur à l'indispensable musique. Si le récit de la dédicace du temple, tel que nous l'offre 1 R. VIII n'en a pas gardé de trace, cela ne prouve point en faveur de l’état du texte. Nous savons à présent comment il faut expliquer cette anomalie vraiment assez remarquable.

Après les considérations, peut-être trop longues, auxquelles nous nous sommes livré, il sera facile de se former un jugement équitable sur les prêtres et les lévites mentionnés au début de la description des fêtes inaugurales, 1 R. VIII 4. Nous ne sommes point ici en présence d’une interpolation. La solennité exceptionnelle de la circonstance, peut-être aussi la complication résultant du fait que le tabernacle et les ustensiles du culte devaient être amenés de Gibéon, alors que l’arche résidait déja depuis quelque temps à Jérusalem, expliquent suffisamment les détails dont la relation paraît surchargée en cet endroit. Que l’on veuille bien encore une fois ne pas perdre de vue les termes dans lesquels est rédigée la notice du hivre des Chroniques. Les redites, ici surtout, sont beaucoup plus apparentes que réelles et l'accord avec les données historiques qui nous sont transmises par ailleurs, est d'autant plus significatif qu'il est moins recherché. Tout Israël, lisons-nous d'abord” (2 Chron. V 2), se réunit à Jérusalem en assemblée

solennelle au 7° mois (1), « et tous les anciens d'Israël s’en

(1) Ethanim. Le nom est omis dans le texte des Chron.

vinrent et les lévites se chargèrent de l'arche et on transporta l'arche ; — et le tabernacle de l’alliance et tous les ustensiles du sanctuaire qui se trouvaient dans le tabernacle, les prêtres lévitiques les transportèrent ; et le roi Salomon et toute l'assemblée d'Israël réunie autour de lui devant l'arche offraient des brebis et des bœufs sans nombre, et les prêtres introduisirent l'arche de l'alliance de Jéhova en son lieu ». Dans le texte des Chroniques au v. 4, on lit la seconde fois non pas >", comme au livre des Rois, mais 351, ce qui nous oblige à considérer comme compléments de ce verbe les accusatifs qui précèdent sauf le premier, l'arche, qui est régime de 23". La construction de la phrase semble ainsi répondre à la double démarche que comportait la cérémonie. Lorsqu'il est dit la première fois que les lévites se chargèrent de l'arche, c'est la fonction que le droit leur assignait qui est mise en relief par ces mots ; le {ransport solennel de l'arche de Jéhova n’est formellement rapporté que dans le membre suivant. Ce transport est distingué de celui du tabernacle et des instruments du culte; pourquoi? L'explication suggérée par la situation elle-même, c’est que le tabernacle et tout son mobilier se trouvaient toujours à Gibéon tandis que l’arche en était séparée et attendait depuis longtemps à Jérusalem sa nouvelle demeure.

Nous concluons que les renseignements relatifs aux lévites 1 R. VIII 4 et 2 Chron. V-VI doivent être considérés comme remontant à une source préexilienne. |

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