‹ Le sacerdoce lévitique dans la loi et dans l'histoire des HébreuxChapitre 28 sur 60 · AB · texte numérisé non relu

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bien compte. Zx. IV 14 Aaron, en regard de son frère Moïse, est appelé /e évite, un titre équivalent, dans les circonstances où 1l se présente, à celui de chef de l'ordre ou de la tribu Zévihque. Certes Aaron ne se distingue pas toujours par une conduite également glorieuse. Au ch. XXXII de l’'Exode dont nous venons de parler, c'est lui qui avait présidé à l'érection et au culte du veau d'or (vv. 1 ss.). On à cru reconnaître en cet épisode, non seulement la condamnation de la taurolâtrie qui se pratiquait dans le royaume du Nord, mais l'attestation du fait que les prêtres de Samarie rattachaient leur origine à Aaron. C’est comme ancêtre prétendu de ce clergé 1idolâtre, que le frère aîné de Moïse serait ici exposé au blâme du chef de la nation et à la manifestation de la colère divine (1). Que les prêtres de Samarie fissent remonter leur généalogie à Aaron, ce serait là un témoignage important rendu à la tradition biblique. Aaron comme souche de l’ordre sacerdotal ne serait donc point une invention d'une époque récente ; il aurait été reconnu en cette qualité depuis des temps reculés. On comprendrait que les prêtres de Samarie se fussent prévalus d’une origine constituant, à l'époque où ils se l’attribuèrent, un titre de légitimité. On ne comprendrait point que plus tard les prêtres de Jérusalem eussent adopté comme ancêtre un personnage que la tradition judéenne elle-même leur aurait simplement appris à considérer comme le type et le père d'une race schismatique et réprouvée. Les théories où l'on prétend expliquer comment cette transition se serait accomplie (2), se condamnent suffisamment elles-mêmes par leur caractère chimérique et par les contradictions auxquelles elles amènent leurs auteurs. Au reste le récit du ch. XX XII, s’il nous montre Aaron dans son rôle de prêtre, abusant de l'influence que sa dignité lui confère, est loin de le traiter comme représentant attitré du clergé de Samarie. C’est le peuple et non pas Aaron qui s'attire le courroux de Jéhova (vv. 7 ss.):; dans les reproches mêmes

(1) Kuenen A. C. O:I p. 238 — Cet auteur considère l'épisode du veau “es

comme une addition judéenne faite à E, lequel serait d'origine israélite. (2) Qu'on lise Oort De Aaronteden (Theol. Tijdsch. XVIII p. 289 ss.).

qu'il lui adresse, Moïse semble ménager son frère coupable, il attend de lui une justification ou une explication de sa conduite (v. 21); Aaron présente des excuses qui impliquent un désaveu de l'acte qui vient d'être commis (v. 22 ss.). Ceux qui prêtent à notre récit l'intention de viser la corporation sacerdotale de Samarie, devraient l’interprêter en ce sens que, d’après Ex. XX XII, les prêtres du royaume du Nord furent d'avance reniés au désert par celui-là même dont ils prétendaient descendre. Ils devraient reconnaître dans l’histoire du veau d’or une critique, n’admettant la faute du premier prêtre que pour mieux faire ressortir, par l’aveu même qu'il en fit, la conduite criminelle des prêtres idolâtres. Aaron resterait le prêtre, mais non pas le patron du culte et du clergé de Samarie. Michée VI 4, pour ne point parler de 1 Sam. XIT 6, 8 ou des autres éléments prédeutéronomiques de l'Hexateuque, montre bien d’ailleurs qu'aux yeux de la tradition Judéenne Aaron était autre chose que l'ancêtre des prêtres du royaume du Nord.

En tels endroits du Jéhoviste, dit Wellhausen, Aaron (Ex. [IV 14, XXXII 1 ss.) et Moïse (Ex. XXXIII 7-11, Deut. XXXIII 8) sont tenus pour les pères du clergé (1). Moïse ne figure sans doute 1ci que pour empêcher Aaron d'occuper la place à lui seul. Deut. XX XIII 8 les Urfm et Tummin ne sont point attribués à Moïse (2) ; ailleurs Wellhausen exprime l'avis que dans le passage en question les instruments de loracle « sont encore le véritable et universel insigne de l'ordre sacerdotal » (3) ; l'une de ces deux interprétations est aussi gratuite que l’autre. Quant à Ex. XX XIII 7-11, le rôle rempli par Moïse comme confident de Jéhova, comme organe des volontés divines vis-à-vis du peuple, est sans doute, de sa nature, d'ordre sacerdotal. Mais chez le Jéhoviste, pas plus que dans le code sacerdotal où Moïse est investi de la même prérogative, il n’est permis d'en conclure que celui-ci réalise

(1) Protegomena p. 142.

BRCriOOr1C:D:319.

DAC EID 412;

le type du prêtre. Cette prérogative lui est attribuée à titre extraordinaire en sa qualité de fondateur des institutions nationales (1).

Dans les récits touchant la mission de Moïse à la cour de Pharaon et les plaies d'Egypte, il est souvent fait mention d’Aaron. On admet généralement que même dans les parties jéhovistes ou élohistes de ces relations, Moïse se présente accompagné de son frère. Nous ne nous attarderons pas à un examen inutile de la composition et de l'origine des ch. [IV ss. de l’Exode. Contentons-nous de rappeler que dans les passages attribués au code sacerdotal, aussi bien que dans les autres, Aaron figure comme le porte-voix de Moïse (VIT 1 ss., coll. IV 14 ss., 16) (2). Aaron fut choisi en vue de son ministère futur, quand Jéhova l’associa à Moïse pour lui servir d’organe devant le peuple et devant Pharaon.

Nous avons entendu tout à l'heure que, Ex. IV#4, XXXII 1 ss., Aaron est désigné et figure comme prêtre. Ces passages sont attribués par la critique tantôt au Jéhoviste, tantôt à l'Elohiste (3). À côté du nom d'Aaron nous lisons ceux de ses deux fils Nadab et Abihu dans un passage, Ex. XXIV 1,9, que Kuenen attribue en partie à l’Elohiste (4) de même que Wellhausen (5), et Dillmann-Ryssel au Jéhoviste (6). Nous lisons ici que Jéhova convoqua sur le Sinaï Moïse, Aaron avec ses deux fils Nadab et Abihu, et les soixante-dix Anciens. Ce sont les représentants de la nation. A côté de Moïse et des Anciens, Aaron et ses fils représentent le peuple en leur qualité de prêtres. On se demande en vain à quel titre Nadab et Abihu se trouveraient ici associés à leur père, si l’auteur ne les avait considérés comme partageant ses fonctions et sa

(1) Sur le rôle de Moïse comme prêtre, voir Ex. XXIX 10-28, Lev. VIII 14- 29 : coll. Ps. 99,6.

(2) Cfr. Baudissin Gesch. des Altt. Priest. p. 62.

(3) W. les attribue à l’Eloh. dans Die Composition des Hex. p. 1985.

(4) E:C. p. 139, cfr. p. 150,322.

(5) Ou plutôt, Ex. XXIV 1, 2. 9-11 sont d’après W. une addition à l’Elohiste 1 c:-p. 91. |

(6) Ex.-Leév. p. 285.

dignité. Il est vrai que suivant la tradition, comme nous l’apprendrons aussitôt, Aaron avait d’autres fils ; mais les relations sacerdotales, dans l’'énumération qu'elles en font, nomment elles aussi Nadab et Abihu en première ligne, comme les aînés (Ex. VI 23, Num. XXVI 60. III 2). Le privilège dont ils jouissent Ex. XXIV s'explique donc sans aucune peine. — Jos. XXIV 33 nous donne la succession Aaron-Eléazar-(Pinehas). Le passage est attribué à l'Elohiste : « chez l'Elohiste aussi Aharon le lévite figure comme le prêtre aux côtés de Moïse (Ex. IV 14, XXXII), et Eléazar ben Aharôn comme le prêtre aux côtés de Josua (Jos. XXIV 33) » (1). Comment se fait-il qu Eléazar se trouve en cet endroit rattaché immédiatement à Aaron, comme son fils et successeur, et que de Nadab et d’Abihu il ne soit tenu aucun compte ? Le code sacerdotal présente le même phénomène. Nadab et Abihu sont les fils aînés d'Aaron ; mais les prérogatives conférées au père se transmettent dans la double lignée de ses deux autres fils Eléazar et Ithamar. La raison 1c1 en est très simple. Au ch. X v.1s. du Lévitique nous apprenons que Nadab et Abihu ayant transgressé, en offrant l'encens, les règles prescrites, furent punis de mort. Les données d’Ex. XXIV rapprochées de Jos. XXIV 33 (Deut. X 6), ne supposent-ils pas une explication analogue ? Nous entendrons un peu plus loin qu'au commencement de l'époque des rois les membres de l’ordre sacerdotal étaient partagés en deux races ou deux maisons. L'une comprenait les fils d'Eléazar (1 Sam. VIT 1) et était représentée par Sadoq sous David et Salomon ; de l’autre nous retrouvons dans le premier livre de Samuël les noms connus de Eli, Achimelek ou Achija (2) et Abjathar. Dans la tradition ancienne Eléazar nous est présenté comme l'héritier privilégié d'Aaron ; suivant cette même tradition, la lignée d’où Eli et ses descendants étaient issus ne pouvait donc, selon toute vraisemblance, se ramener à la souche commune, élue en Egypte (1 Sam. IT 27), par le moyen d’Eléazar lui-même ou d'un frère aîné d'Eléazar.

, 4) Wellh. Compostitiôn p. 1985.

(2) Voir plus loin.

L'enseignement du code sacerdotal qui divise la descendance d'Aaron en deux lignées, celle d’'Eléazar et celle d'Ithamar, ne saurait être d'origine très récente et il ny a pas lieu de reprocher à l’auteur des Chroniques de l'avoir arbitrairement appliqué à l'histoire préexilienne.

Au ch. XVIII v. 12 de l'Exode, Aaron en compagnie des Anciens, prend part aux sacrifices de Jéthro.

Ex. XXIV 5 il est raconté que Moïse, à l'occasion de la lecture solennelle du « livre de l'alliance », fit célébrer des sacrifices sur un autel élevé au pied de la montagne. Il députa pour remplir les fonctions sacrées les DNTD* "32 92, Déjà les anciennes versions voient dans ces « ne‘ärîm des enfants d'Israël » les jeunes gens, roùs veavisxous roy vioy ‘IsoanÀ (LXX), Juvenes de filiis Israel (Vulg.). Les commentateurs et les historiens modernes suivent encore la même exégèse (1). Baudissin rapproche de ce passage la parole d'Ex. XXII 28 où Jéhova ordonne au peuple d'Israël de « lui donner les premiers-nés de ses fils » (2). Nulle part, dit-il, dans le livre de l'Alliance il n'est question du rachat du premier-né de l’homme. Mais nulle part non plus dans la Bible on ne trouve la trace du sacerdoce exercé par le fils aîné. Il est bien vrai que d'après la Loi les lévites sont consacrés à Jéhova à la place de tous les premiersnés ; mais 1l n'est pas dit ni insinué que c'est comme remplaçants des premiers-nés qu'ils reçoivent pour mission l’exercice des fonctions sacrées. Au reste le contexte montre suffisamment que dans Ex. XXII 28 il s’agit de tout autre chose que de l'investiture des prêtres. D'autre part les termes de la notice d'Ex. XXIV 5 ne permettent pas de croire, nous semble-t-il, qu'il s'agisse en cet endroit des fils aînés des familles, ou en général des « jeunes gens ». Les ne‘trîm visés sont des fonctionnaires dont la mission répond à une institution établie ;

(4) So hatte damals (vor Mose) jedes Haus gern seinen eignen Priester. … J'üungere unschuldige Knaben (!) scheint man für die tauglichsten gehalten zu haben (Ewald Die Alterthümer des V.I Zw. Ausg. 1854 p. 301). L'auteur cite Ex. XXIV 5, coll. Jud. XVII 7-13, XVIII 5.

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ce sont « les » ne'@rîm (DAMD* 9122 95: DK) qui sont chargés d'offrir les sacrifices. La description de la scène défend de supposer qu'ils fussent en grand nombre. Les victimes sont immolées sur un seul et même autel, à l’occasion d’une cérémonie déterminée. Moïse reçoit la moitié du sang dans un vase, afin d'en asperger le peuple, 1l répand le reste par terre. Peut-on s’imaginer que l’auteur ait songé en l'occurrence à un office rempli par les jeunes gens du peuple, sans distinction ? La manière dont 1l les désigne nous obligerait à lui prêter l'avis que tous les jeunes gens avaient été convoqués pour prêter leur concours à la solennité, en qualité de sacrificateurs. Une pareille supposition ne cadre en aucune façon avec les circonstances de la scène décrite, ni avec le contexte. Les NT" “32 232 sont simplement les ministres des fils d'Israël. Ce sont les prêtres, les sacrificateurs d'office, qui sont nommés ainsi. Et ils pouvaient l'être, soit en un sens absolu comme ministres du culte constitués parmi les enfants d'Israël, soit comme serviteurs du peuple dans la célébration du culte divin. C’est ainsi à notre avis, que dans 1 Sam. IT 13, 15 la construction ÿ1211 732 nous offre le second de ces deux termes en apposition au premier. Il ne s'agit pas ici du servifeur du prêtre, mais du prêtre lui-même ; c'est manifestement en son propre nom et à son propre profit que le 57257 52 agit ; c'est le même sujet aux vv. 13, 14 qui est appelé tantôt 27 932 tantôt fin (1). Au v. 17 les 852 sont les fils de Eli et ce nom leur est donné non pas à raison de leur âge, mais à raison de leur ministère, conformément à la terminologie des vv. 13, 15, où l'expression signalée ne peut signifier autre chose que le ministre-prêtre. I] n’est pas nécessaire, en ces deux derniers versets, de considérer 7727 comme étant au génitif; ce terme peut avoir ici la valeur d’un attribut ; l'absence d'article devant

(1) Lorsque le 1772 "95 demande, au v. 15, « de la viande crue à cuire pour le prêtre » ce dernier ne représente pas un sujet distinct, comme le membre suivant et le v. 16 le montrent. Le prêtre à l'endroit en question n’est qu'un terme abstrait. Le principe du droit du prétre en général est impliqué dans la demande, comme justification.

le nom principal est un phénomène qui se présente encore ailleurs dans des conditions analogues (1).

Nous croyons qu'Ex. XXIV 5, aussi bien que IV 14, XXXII, XXIV 1,9, etc., il est supposé que dès avant la vocation de la tribu de Lévi, le culte de Jéhova avait ses ministres attitrés.

Cette manière de voir ne serait que plus plausible si l’on pouvait affirmer, à la suite de Wellhausen (2), que le passage Ex. XXIV 3-8 appartient à la même source (J), que XIX 20- 25. Ici il est à deux reprises question des prêtres, des prêtres qui s’approchent de Jéhova (vv. 20, 24). Sous la plume d'un auteur qui met expressément en scène « les prêtres », 11 ne saurait être douteux que {es ND" “22 72 mentionnés XXIV 5 soient en réalité à identifier avec ces derniers. Rien n'indique du reste que les prêtres d'£x. XIX 22, 24 soient en général les lévites. L'état fragmentaire de la notice en question, à laquelle on ne trouve pas de suite dans les récits environnants, nous empêche de reconnaître avec certitude le caractère du sacerdoce dont l'institution y est supposée. Au v. 24 Aaron est appelé sur la montagne avec Moïse, tandis que les prêtres et le peuple devront se temir à distance. Bien que pour la circonstance Aaron Soit mis en opposition avec les prêtres, il y à cependant dans ce rapprochement même une donnée digne d'attention. La mesure formulée en cet endroit nous rappelle Ex. XXIV 1, 2 où Jéhova dit à Moïse : « Monte vers Jéhova, toi et Aaron, Nadab et Abihu et soixante-dix des Anciens et vous adorerez de loin ; Moïse seul s’approchera de Jéhova et eux ne s’approcheront pas, et le peuple non plus ne s'approchera point avec lui ». Il y à un parallélisme réel entre XIX 22 ss.,et XXIV 1,2, malgré la différence de version touchant Aaron. La comparaison des deux passages est de nature à confirmer l'identification des prêtres mis en scène dans le premier, avec les fils d'Aaron. Notons à ce propos que

(4) Wynkoop-van den Biesen, Hebrew Syntax 1897 p. 20. (2) Composition des Hexat. p. 90.

Kuenen (1) et Dillmann-Ryssel (2) entre autres, rapportent en effet à la même source les passages Ex. XIX 20-25 et XXIV 1,:2,19-11. |

Au reste les documents prophétiques de l’'Hexateuque connaissent si bien un sacerdoce organisé, qu'Ex. XIX 6 le peuple d'Israël est appelé par métaphore un royaume de prêtres ; cette expression équivaut dans le contexte à celle de peuple saint, d'héritage divin pris d'entre tous les peuples (vv. 5, 6).

Nous avons dit plus haut que dans la relation sacerdotale aussi, Aaron paraît aux côtés de Moïse, déjà avant l’Exode, comme préludant tout au moins à ses fonctions sacerdotales. Sans doute Ex. XXVIII 1 et ailleurs dans la suite, nous apprenons qu'Aaron et ses fils durent être solennellement consacrés au ministère du tabernacle. Mais cette investiture nouvelle, motivée par l'institution du sanctuaire et l'organisation du culte qui devait s'y célébrer désormais, ne saurait servir à prouver quaux yeux de l’auteur Aaron n'était point attaché au service de Jéhova avant sa consécration. Sa lutte avec les devins et les sages de l'Egypte, la victoire qu'il remporta sur eux, sont la glorification du sacerdoce israélite.

Les considérations auxquelles nous ont amené les textes examinés dans les pages qui précèdent, montrent que les parties antédeutéronomiques de l'Hexateuque connaissent un clergé chargé au sanctuaire national, de l'administration des choses du culte (Ex. XXIIT 14 ss.) ; elles connaissent la prérogative accordée à la tribu de Lévi (XXXII 26 ss.), et le rang spécial qui, au sein de la tribu, revient à Aaron et ses fils.

Le lecteur aura remarqué que nous ne sommes entré dans aucune discussion au sujet de la distinction et de l’âge relatif des sources dont nous avons tâché, dans le présent paragraphe, de recueillir et d'interpréter les témoignages. C'est à dessein

(1) Aist. Crit. Ond. p. 150, 322 (JE).

(2) Ex.-Levit. p. 217, 285, 287 (nach J). — Sur Ex. XXIV 1 le commentaire de Dillm.-Ryssel dit : Aaron mit Nadab und Abihu... stellen die Priester dar. (Sam. fügt hier und v. 9 Eleazar und Ithamar hinzu).

que nous nous en sommes aäbstenu, tout d'abord parce que l'examen du problème nous avait donné la conviction qu'il nous aurait été au moins aussi difficile qu'à d’autres d'arriver à un résultat satisfaisant ; ensuite et surtout parce que, pour l’objet que nous avions en vue, la chose était entièrement inutile. Certains critiques, tels que Baudissin, ont essayé de faire une répartition des textes suivant l'attitude qui y est observée à l'égard de linstitution du sacerdoce. Le système le plus simple, d'après cet auteur, serait d'attribuer à J : Zx. IV 14 ; XIX 22,24; XXXITL 26 ss., coll. XXIV 1,9; — à E : Ex. XX 24, XXII 28, XXIV 5, XXXIII 11 ; dans ces conditions, ajoute-t-1l, J supposerait un sacerdoce établi, d'origine lévitique, tandis que E n'aurait point Connaissance d'un ordre sacerdotal (1). Le procédé est sans doute d'une simplicité extrême ; mais cest ce qui en fait le défaut. Nous rappelons tout d'abord, pour ce qui est des passages mis sur le compte de J, qu'Aaron et ses fils ne seraient point ici à confondre avec les lévites en général. D'après Ex. IV#4{ Aaron est le chef de l’ordre lévitique ; Ex. XXIV 1, 9 lui associe d'une manière spéciale ses fils (aussi bien que Jos. XXTIV 33) (2); les prêtres mentionnés XIX 22, 24 seront à identifier avec ces derniers. Le sacerdoce est établi et existe au sein du peuple avant que la tribu de Lévi ait reçu la promesse de sa vocation XXXIT 26 ss.

Quant aux notices dont Baudissin fait honneur à E, £x. XX 24 n'a aucun rapport avec la question, puisquil y est parlé, non pas du culte officiel et national à célébrer par l'entremise des prêtres, mais du culte populaire qui était de la compétence de tout le monde et qui, dans le code sacerdotal lui-même, est parfaitement distingué du premier (3). £æ. XXII 28, il s'agit de l’offrande, de la consécration que l’on doit faire à Jéhova de tous les premiers-nés ; c'est une opinion sans aucun fondement que ces premiers-nés seraient 1ci appelés au

(1) Attt. Priesterthum p. 60.

(2) Voir plus haut.

(3) Voir notre étude sur Le lieu du culle dans la législ. rit. des Hébreux.

sacerdoce. Nous avons vu pour X XIV 5, où il n’est d’ailleurs pas dit un mot des premiers-nés, que les Eng 32 7732 y sont manifestement des fonctionnaires, des ministres ou desservants supposés connus, et que rien n'empêche que les prêtres fussent désignés de cette manière. 1 Chron. XIT 28 Sadoq est appelé "32, non pas, semble-t-il, à raison de son âge, puisqu'il reçoit en même temps le titre de 21 23 homme puissant, et qu'il figure à la tête de sa famille ou de sa race qui comprend vingt deux princes. — Dans Ex. XXXIII 7-11, Josué nous est présenté comme accompagnant Moïse au tabernacle et même comme y montant la garde. Mais dans cette notice, encore une fois, il est impossible de découvrir un argument sérieux à l'appui de l'opinion de Baudissin. Le rôle attribué à Moïse en cet endroit, nous le répétons, est le même qu'il remplit dans l'Ohel-Moed du code sacerdotal, en parfaite harmonie avec les fonctions qu'Aaron et ses fils sont appelés à y exercer (1). Quant à Josué, il accompagne Moïse et reste dans la tente, non pas en qualité de prêtre ou à l'effet de s’y livrer à des actions quelconques ayant un caractère sacré, mais simplement comme aide et serviteur de Moïse (2).

(1) Ex. XX V 22, XXIX 42, XXX 6, Lév. passim, Num. VII 89 etc.

(2) Certains récits du Pentateuque nous donnent du éabernacle de l'alliance une représentation qui semble bien différente de celle des documents sacerdotaux. Les notices en vue, qui sont attribuées par la critique à l'Elohiste, sont Ex. XXXIII 7-11, Num. XI 16, 24-30, XII. Le problème soulevé par ces passages est très complexe. Il n'est pas à nier qu’ils présentent certains caractères communs parfaitement reconnaissables. Peut-être, toutefois, n’a-t-on pas suffisamment tenu compte, pour une exacte détermination de l’état de la question, de certaines autres données qui peuvent iei avoir leur prix. a) On sait qu'Ex. XVI 32-34, faisant partie du récit sur la pluie de la manne et des cailles, se trouve en dehors de sa place naturelle ; le tabernacle du code sacerdotal y est déjà supposé ; b) de même Num. XI 1-32 où est racontée Za seconde pluie des cailles et l'institution du conseil de 10 Anciens, devrait figurer avant Ex. XVIII, 12 XXIV, 1, où ces 70 Anciens sont déjà supposés connus, puisqu'ils y sont associés tantôt à Aaron, tantôt à Moïse et à Aaron avec ses fils, comme représentants du peuple. c) Ajoutons à cela que Deut. IX 22. le fait raconté Num. XI 1-3 se trouve rappelé avant celui qui est raconté Ex. XVII 7. — Il n'est pas supposé Ex. XXXIII 7-11 que le tabernacle mentionné en cet endroit serve déjà d'abri à l'arche ; non

S 8. Les livres historiques.

Nous allons, dans ce paragraphe, ajouter quelques observa-

seulement l'arche n’y fait pas l’objet de la moindre allusion ; mais, tandis que d’après cette relation, comme d’après les passages Num. XI, XII, le tabernacle est situé hors du camp, l’Elohiste dit ailleurs que l'arche se trouve au milieu du camp Num. XIV 44; c’est une tournure familière à l’Elohiste de présenter Jéhova comme se tenant « au milieu d'Israël + (Kuenen, H. C. O. p. 151). Ne pourrait-on inférer de ces rapprochements, en présence des interversions signalées tout-à-l’heure, que les passages relatifs au tabernacle situé hors du camp, sont antérieurs à ceux qui supposent la présence de

Ex. XV, XX XIII 7-11, XVI 1, Num. XI 1-32 XII, Ex. XVII... ; — (Num. X), Ex. X VI 2-36, Num. XI 33-34, XIII... Au ch. XI des Nombres les vv. 6b-9, concernant la manne, proviennent de la Réd. comme Dillm. l’admet à partir du v. 7. Cette addition à été occasionnée par Ex. XVI. L'usage de la manne étant déjà reçu, suivant la disposition actuelle des documents, il ne fallait pas que le peuple eût l’air de n'en tenir aucun compte. La substitution de Num. XI 1-32 à Ex. X VI 2-36 et vice-versa se justifie par l’analogie que présentent l'objet et les circonstances des deux narrations ; on s'explique ainsi que dans Ex. XXIV 1 (Elohiste) les 70 Anciens sont supposés connus, alors que Num. XI (Elohiste) en raconte l'institution ; on comprend de même que Ex. XVI 32 ss., le tabernacle sacerdotal est supposé, etc. Notons encore, à l'appui de notre hypothèse, que dans Ex. XXXIII 7 ss., il semble que l'on ait à faire au tabernacle ou à la tente de Moïse lui-même. Dans le texte masorétique ilest dit v. 7 que Moïse ayant pris la tente La dressa pour lui hors du camp : V9") ; l'expression Y> ne peut se rapporter qu’à Moïse. Pour ce qui regarde le membre précédent du même verset, les LXX nous offrent la version que voici : Kat AaSov Mouorns Tv cxfvñy aûrod……. : ils auront lu SSTINTDN. Tous ceux qui avaient une affaire à régler venaient à la tente, pour recevoir le jugement de Moïse qui siégeait à part (Ex. X VIII 14) et dont la sentence avait une autorité divine (Ex. XX XIII 7. XVIII 15). Ex. XVIIT 12 ss. suppose XXXIIT 7 ss. Jéhova descendait, sous le voile du nuage, à l'entrée de la tente, pour y communiquer ses volontés à Moïse. En somme l’Ohel Moëd d’Ex., XXXIII 7 ss. n’est pas encore l’habitation de Jéhova, c’est la tente de Moïse et Jéhova vient y trouver Moïse quand celui-ci y est entré. D’après les récits du code sacerdotal, Jéhova lui-même eut sa demeure parmi les fils d'Israël à partir de la seconde année de l’Exode (*) L'Ohel Moëd du code sacerdotal, tout en servant d'habitation à Jéhova et de sanctuaire, était du reste affecté au même service que celui de l’Elohiste. Sur l’'Ohel Moëd sacerdotal aussi, le nuage descend et la gloire de Jéhova y fait son apparition pour communiquer avec le chef du peuple. Vr. p.e. Ex. XXIX

(*) Cp. Num. XVIII 22. Il Semble y avoir ici une allusion à un autre oke/ moëd auquel le peuple lui-même avait accès.

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tions à celles qui ont déjà été faites plus haut (1), touchant les données que fournissent sur le sujet qui nous occupe les livres historiques proprement dits.

Pour ce qui regarde les actes de Salomon, nous renvoyons le lecteur à l'examen de la relation de la dédicace du temple, au $ 5 du ch. Ï de la présente section de notre étude (2), où nous avons comparé entre eux les récits parallèles des livres des Rois et des Chroniques. Nous avons été amené à conclure que la mention des prêtres et des lévites 1 R. VIII 4, n'était point due à une interpolation récente. -

Dans l'histoire antérieure les lévites sont nommés 1 Sam. VI 15, 2 Sam. XV 24. On pourrait se demander au sujet de ces passages, si les lévites mis en scène y sont envisagés comme faisant partie d'un corps distinct des prêtres ? Même à une époque et dans des documents où la ligne de démarcation entre les deux classes est nettement tracée, nous trouvons cependant les prêtres nommés lévites en leur qualité de membres de la tribu de Lévi. Ne pourrait-on reconnaître dans les « lévites » dont il est parlé aux deux endroits en question, des prêtres désignés sous le titre qui signifiait leur origine ou le lien quelconque qui les unissait en face des autres éléments du peuple d'Israël ? Nous croyons que non. Il est à remarquer en effet que 1 Sam. VI 15, 2 Sam. XV 24, il n'est point question des Zéviles en termes abstraits ; les ministres du culte nous y sont présentés sous ce nom, non point comme formant un corps établi au sein de la nation, non point comme appartenant à une caste ou

42 ; Num. XVII 7, XX, 6 etc. — Deut. XXXI 15 la terminologie du code sacerdotal (K7°1) se mêle à celle de l’Elohiste (337 7725). On voit qu'ici Josué ne reste plus dans lOhel-Moëd : il y est convoqué ensemble avec Moïse.

Contrairement à l'interprétation que nous avons donnée autrefois à Num. XIX 15s.(Le Lieu du culte p. 81) il n'est pas supposé en cet endroit que l'Ohel Moëd est situé hors du camp. Pour faire l’aspersion dans [a direction du sanctuaire, il n’était pas nécessaire qu’Eléazar se trouvât dans son voisinage immédiat.

une tribu distincte en Israël, comme membres du clergé en opposition avec les laïques ; mais simplement comme un groupe d'acteurs occupés à l'exercice d’une fonction sacrée déterminée. Il est tout naturel de supposer que c'est à raison même de leur ministère qu'ils sont appelés lévites ; et dès lors on ne comprendrait point que l'auteur des passages ne les eût pas nommés prêtres, s’il n'avait eu à les distinguer de la classe des ministres auxquels ce dernier titre était plus spécialement réservé. Au reste la fonction que nos lévites remplissent dans les deux occasions auxquelles se rapportent les textes indiqués, était celle de porter l'arche. C’est précisément le rôle attribué aux simples lévites, distincts des prêtres d'un ordre supérieur, dans les documents où les attributions des deux grandes divisions du clergé sont expressément réglées et décrites.

Ceci ne touche que le sens du témoignage renfermé aux deux endroits cités des livres de Samuël. Il nous les faut étudier de plus près au point de vue de leur autorité.

2 Sam. XV 24, dans l'histoire de David, les lévites, sous la conduite de Sadoq, s'apprêtent à accompagner le roi dans sa fuite. « .…. Et voilà que Sadogq aussi (s'en vint) et {ous les lévites avec lui portant l'arche d'alliance de Dieu » etc. L'importance du passage saute aux yeux. La circonstance même que des lévites 1l n'est plus question dans la suite (v. 29) est de nature à en augmenter la signification ; elle montre que les lévites ne sont ici qu'un élément dont la présence et le ministère peuvent être sous-entendus ; qu'ils ne faisaient, en portant l'arche, que remplir une fonction qui leur était propre et dont l'exercice est supposé là où 1l est question du transport du meuble sacré. S'ils sont mentionnés v. 24, c'est que le narrateur avait en cet endroit à relever la solennité, le caractère imposant de la scène.

Cependant Wellhausen est d'avis que nous sommes ici en présence d'une glose (1); il considère notre verset comme

(1) Prol. p. 147.

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