GAY LA D'LA LIRS
abordant la narration, l'auteur rappelle que Samuël prenait son repos la nuit dans un appartement de l'enceinte du sanctuaire, où l'arche d'alliance avait sa résidence. [Il ne faut pas conclure de là que Samuël dormait à côté de l'arche ! Le contraire est supposé au v. 10 où il est raconté, avant le troisième appel, que Jéhova « vint et se présenta », à savoir devant la couche de Samuël. Celui-ci ne se trouvait donc pas dans le voisinage immédiat de l'arche les deux premières fois, alors que, se méprenant aussi sur là voix qui prononçait son nom, il se croyait appelé par Eli et ’accourait à lui.
Il est inutile de rappeler encore que les données des premiers chapitres du 1% livre de Samuël, sans faire de l'arche un fétiche ou l’écrin d'un fétiche, la présentent cependant, à raison de son caractère de sainteté exceptionnelle, comme un objet de culte religieux qui ne souffrait aucun contact profane. Les Philistins s'en aperçurent pendant les sept mois qu’elle passa dans leurs villes. Ils la renvoyèrent aux frontières sur un char neuf, construit exprès pour elle. Les Bethsémites éprouvèrent à leur tour quon ne pouvait pas impunément jeter sur l’auguste symbole des regards indiscrets (1). À Qiriath- Jearîm « on sancülia > les fils d'Eléazar (2) pour garder l'arche (VII 1); ici elle se trouva entourée de prêtres comme elle l'avait été à Silo. Lorsque plus tard David lui donna une résidence nouvelle dans sa cité de Sion, c’est encore à la garde des prêtres, notamment d’Abjathar, qu'il la confia.
Nous lisons 2 Sam. VI 10 s. qu'avant d'arriver chez David, l'arche eut pendant trois mois un séjour provisoire chez Obededom ; mais ce n’est point l'intention du narrateur de faire entendre que le meuble sacré fut déposé dans un appartement quelconque de la demeure de ce personnage ; tout le récit tend à inculquer le respect et la crainte dont l'arche devait être entourée. Si la maison d'Obededom fut bénie, c'est que l'arche y fut traitée comme il convenait à son caractère. Uzza avait
(1) Cfr. Wellh. Zext der BB. Sam., in 1 Sam. VI 19. Voir plus haut p. 76. (2) Comme les prêtres eurent toujours à se « sanctifier » avant d'exercer leurs fonctions (1 Chron. XV 14, 2 Chron. XXX 15, XXXV 6).
été frappé de mort pour lui avoir manqué ; David n'osa pas l'introduire dans sa ville de peur qu'il ne lui arrivât malheur à lui aussi ; il serait contraire à toutes les circonstances décrites en ce passage d’interprêter le v. 10 dans le sens d’un traitement familier dont l'arche aurait été l’objet. Nous ne sommes pas renseignés sur les conditions dans lesquelles elle se trouva installée dans les propriétés d'Obededom. Mais rien ne nous défend de supposer qu'ici, comme dans le domaine d'Abinadab, on eut soin de la mettre à couvert de tout regard sacrilège ; qu'on la tint cachée, comme il convenait à sa signification pleine de religieux mystère, dans l'ombre d’un sanctuaire improvisé (1) ; rien ne nous défend de supposer que durant ces trois mois, comme avant et après, elle n’eut d'autre entourage immédiat que celui des prêtres consacrés à son service, qui pouvaient l’'approcher impunément. Le narrateur, rapportant la mort de Uzza, ne veut pas dire évidemment que pour bien faire on eût dû laisser tomber l'arche ; ce n'est pas le fait que l'arche fut maintenue sur le char qui constituait l'irrévérence ; mais la main qui la toucha n'avait pas mission pour le faire ; si les prêtres eussent été à leur poste, le malheur ne serait pas arrivé, Aussi voit-on que pour faire le trajet de chez Obededom à la cité de David, l'arche n'est plus conduite sur un char, mais portée; non pas, naturellement, par des personnes du genre de Uzza, mais par ceux qui étaient spécialement appelés à cette fonction. Ce qui fut fait pour l'arche pendant ce second trajet et lors de son installation dans la ville de David, avait été fait sans aucun doute pendant son séjour de trois mois chez celui qui fut béni avec toute sa maison.
1 Chron. XV 18, 21, 24 le nom d'Obededom est cité parmi les familles lévitiques. Dans le récit de la translation de l'arche
{) Cfr. Wellhausen /. supra cit. Notons que d’après Lucien les LXX auraient rapporté aussi ces paroles de David (v. 12) : xal eimev Aaui Eriorpédu env edhoylay els rdv olxdv pou Vet. Lat. : [bo et reducam arcam cum benedictione in domum meam. — C’est bien le sens de la narration, efr. v. 10. Cependant David ne songeait pas à introduire l'arche sous son propre toit, puisqu'il lui avait préparé un tabernacle à part (v. 17). Elle avait été chez Obededom dans le même sens qu’elle fut chez David.
le personnage n'est pas appelé lévite, mais géthéen "nan, et cela à plus d’une reprise ; son origine géthéenne semble avoir été un fait bien connu et particulièrement digne d’être relevé. L’épithète fait corps en quelque sorte avec le nom luimême. Wellhausen écrit qu'Obededom était un capitaine de David, un Philistin de Geth. Klostermann de même est d'avis que c'était manifestement un étranger faisant partie de la garde de David et dont les quartiers étaient situés dans le voisinage de la cité davidique (1). La qualité attribuée au personnage dans ces commentaires n'est pas explicitement garantie, elle non plus, par le texte. Le nom. d'Obed-Edom ne fournit pas de lumière. Les LXX l'écrivent Afedtaoë, une forme répondant peut-être à 715)%27 ou 7(5)723 et que Klostermann rapproche de 5372; peut-être aussi, comme le même auteur l’ajoute, la forme authentique du nom était elle IN7725, Josèphe appelle le personnage Qfedauos (2) = 97725 (?) (3). Quant à l'épithète de "NN, 1l y a d’autres localités que la ville philistine qui s'appellent Geth, au moins comme élément partel de leur nom ; 1l n'est pas impossible p. e. que nous ayons à songer à Geth-Rimmon, une ville lévitique de la tribu de Dan (Jos. XXI 24). Cela est cependant peu probable. Si Obed-Edom était philistin, comme la constante répétition de l'épithète l’insinue en effet, sa présence ou plutôt son établissement dans les états de David, s'expliquera le mieux par la supposition qu'il occupait un rang dans l’armée, comme chef d'une troupe
(1) In 2 Sam. VI 10. Cfr. Renan Hist. du peuple d'Israël I p. 25 et d’autres en grand nombre.
(2) "Ant. VIT, 4, 2.
(3) L'orthographe constante des Massorètes semble bien garantir, malgré tout, l'authenticité de leur lecture. Baethgen signale la présence du même nom dans les inscriptions de Carthage (Beïtraege zur semit. Religionsgeschichte p. 10). Plusieurs auteurs voient dans le second élément du nom d’Obed-Edom un nom divin (Stade Geschichte des V. Israël 1 p. 121 ; Robertson Smith Rel. of the Semites p. 428, ; Sayce Early history of the Hebrerws 1897 p. 413; G. A. Barton Native israelitish deities (in Oriental studies, Boston 1894) p. 108, etc. D’autres rejettent cette interprétation, comme Baethgen, 1. c., Klostermann Die BB. Sam. und d. Kôün., in 2 Sam. VI 10 (an Edom als Volks- oder Gottesnamen ist nicht zu denken (?)).
de ces mercenaires appelés Xereti et Peleti (1). Il n’y aurait là qu'une recommandation de plus à la conjecture que l'arche ne fut pas constituée directement au pouvoir et dans la maison de l'hôte en question, mais qu'elle fut déposée, dans son domaine, à l'abri d'une tente sacrée. On ne conçoit pas que le nationalisme religieux de l'Israël préexilien eût pu se faire à l'idée de l'arche sainte se plaisant dans les appartements privés d’un incirconcis, et encore une fois, les données mêmes du récit de 2 Sam. VI protestent contre cette supposition. L'auteur du livre des Chroniques n'aflirme point l'origine lévitique d'Obed-Edom à l'occasion du séjour que l'arche fit chez lui. Il est même des auteurs qui doutent de l'identité d'Obed-Edom le Géthéen avec l’homonyme chef d’une famille lévitique (2) ; on pourrait supposer aussi bien que l’épithète de (Géthéen fut donnée au favori de David, non pas à raison de son origine étrangère ou de l’origine de ses ascendants paternels, mais de quelque autre circonstance. Ces explications et ces hypothèses ne sont pas plausibles. Mais il est dans tous les cas à noter que si Obed- Edom le lévite avait été une création de l’auteur des Chroniques, il serait très étrange que celui-ci n'aurait pas songé à mettre en relief ou à rappeler l’origine lévitique du personnage, précisément à l’occasion du fait dont elle aurait été appelée, dans son intention, à rendre compte ! Ailleurs Obed-Edom le lévite et sa famille sont mentionnés plusieurs fois dans les Paralipomènes ; outre les endroits cités plus haut, vr. 1 Chron XVI 38, XXVI 4-8. Ce qui est particulièrement remarquable, 2 Chron. XXV 24 la même famille est encore citée, dune manière purement occasionnelle, comme chargée, à l'époque du roi Amasias, de l'administration du trésor. Il est parfaitement admissible que nous soyons ici en présence d'un phénomène analogue à celui que nous avons signalé plus haut à propos des deux divisions de lévites-chantres Ethan et Heman ; à savoir que le nom d'un personnage fameux eût été adopté
} Renan op. cit. p. 29.
(] (2) Cfr. Riehm Handw. p. 1102.
par une classe ou famille lévitique dont les diverses branches sy seraient rattachées sous forme de généalogie. Il se peut également que la maison d'Obed-Edom ait été incorporée dans les rangs de l’ordre lévitique (1).
Tout ce que nous apprenons sur l’arche est de nature à prouver, non seulement d’une manière générale que le concept de « l'inaccessibilité du saint » était parfaitement familier aux Israélites dont l'état religieux est dépeint dans les récits du premier livre de Samuël, mais en particulier que le seul objet sensible du culte public, dans le sanctuaire national, devait avoir et avait à son service un personnel spécialement consacré à ce ministère. Les profanes ne pouvaient pas regarder l'arche n1 la toucher. Les prêtres que nous trouvons associés à l'arche, soit à Silo, soit à Qiriäh-Jearim, soit dans la cité de David, sont les membres d’une race sacerdotale dans laquelle les fonctions sacrées se transmettent par hérédité.
S 2. Les sacrifices offerts par des laïques.
A. Etat de la question.
Malgré le principe, attesté par des faits certains, de la transmission héréditaire du sacerdoce depuis les premiers siècles de l’histoire des Hébreux, l’exercice de certaines fonctions sacerdotales semble assez souvent attribué, contrairement à la règle, à des personnages étrangers à la race des prêtres. Ici cependant il faut se garder de confondre des choses essentiellement distinctes. Il est évident, par exemple, que la conduite de Saül faisant immoler par ses soldats, sur une grande pierre, les animaux pris comme butin, 1 Sam. XIV 33-35, n'a aucun rapport avec les privilèges ni avec les fonctions de la caste sacerdotale. Comme nous l'avons exposé ailleurs, 1l n'est pas question ici de sacrifices proprement dits (2) ; le passage
(1) …. in early times guildgs are hereditary bodies modified by a nant of adoption... (Rob. Smith O4 Test. p. 359).
(2) Le lieu du culte, p.31 s., et plus haut, p. 9, 127, 227.
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nous décrit la manière dont limmolation du bétail devait se pratiquer chez les anciens Hébreux, même en vue de la consommation ordinaire ; l’action religieuse qui accompagnait toujours l’abatage, était de la compétence des laïques ; l’effusion sur l'autel rudimentaire de terre ou de pierres non taillées, du sang des victimes, la combustion en l'honneur de Jéhova, des parties grasses (1), n'étaient nullement réservées aux prêtres dont la mission avait pour objet le culte public à célébrer dans le sanctuaire, Pour la même raison le récit, 1 Sam. IX, du festin populaire qui se célébrait à Rama sous la présidence de Samuël, au moment où Saül vint y consulter le prophète, n'avait pas à mettre les prêtres en scène. Il y avait ce Jour-là, sur la bâma, immolation de victimes pour les habitants de la ville ; mais c’est évidemment le côté humain qui dominait dans cette fête. Ce n'était pas pour offrir à Jéhova des offrandes à la consommation desquelles les fidèles n'auraient participé qu’en seconde ligne, ce n’était pas, disons-nous, dans ce but-là qu'on s'était réuni. La consommation des victimes par les invités était la chose principale, la seule dont le narrateur fasse mention ; on s'était réuni, à une trentaine, pour un grand repas où les viandes seraient abondamment servies, ce qui apparemment n’arrivait pas tous les jours ; et, comme d'habitude, les mets devaient être bénis avant que le festin commençât. Il est certain aus$i, bien que la chose ne soit pas, à cette occasion, rapportée par le texte, que le sang des victimes avait été répandu sur l'autel de terre, et les parties grasses brûlées. Ces réunions avaient lieu sur les bdmôth situées dans le voisinage des villes, où les autels indispensables étaient élevés. La notice de 1 Sam. VIT 17 sur l'autel élevé à Rama par Samuël, se rapporte sans doute à un autel de ce genre (2). Seulement la relation du festin célébré à Rama montre clairement que l'on n'avait pas même attendu l'arrivée de Samuël pour faire l’effusion du sang et la
(1) Ex: XX. 248ss., Lev III 16-17, VII 22-27.
(2) A moins que le mot 7272 ne soit employé ici au sens dérivé de monument. Cfr. Delitzsch, ap. Riehm, ÆZandrw. art. Altar p. 49 à. — Vr. 1R. XVIIL 30, XIX 10.
combustion de la graisse. Encore une fois, tout le monde était apte à poser ces actes ; ici la part donnée à Jéhova était la chose secondaire bien qu'obligatoire ; tandis que dans le sacrifice proprement dit, la participation de l’homme n'était que le complément de loffrande faite à Dieu (1). A Rama, d'après 1 Sam. IX, tout était prêt avant l'arrivée de Samuël ; les convives étaient déjà réunis ; les portions étaient distribuées, car Saül ne recevra que le reste ; on n’attendait, pour commencer le banquet, que la bénédiction du prophète. Les données recueillies plus haut sur la mission et le rôle du prêtre n'étaient point de nature, évidemment, à nous faire attendre ou prévoir une intervention nécessaire de sa part en des occasions de cette nature (2).
Il est d’autres cas, où il s’agit de sacrifices proprement dits sans que, néanmoins, le prêtre dût apporter à l'offrande le concours de son ministère. Le narrateur biblique ne pouvait se douter assurément que des sacrifices comme ceux de Gédéon Jug. VI 18 ss. 26, 28 et de Manué Jug. XIII 19 ; celui de David sur l'aire d'Ornan 2 Sam. XXIV 18-25; celui d'Elie 1 R. XVIII 30 ss. (3), réclamassent la présence des ministres . du culte. Ceux-ci n'avaient régulièrement à s'acquitter de leur office que là où se célébrait le culte public ordinaire. Tous les règlements concernant l'exercice des fonctions sacerdotales, ainsi que les données de l'histoire qui nous montrent les prêtres établis dans leur rôle de sacrificateurs sans que leur conduite soit blâmée, se rapportent généralement aux cérémonies dont le sanctuaire ou la maison de Jéhova était le théâtre ; c'est directement au service de l'arche d'alliance que les prêtres étaient attachés. La seule question qui pourrait se poser au sujet des sacrifices dont nous venons de parler, est celle de
(1) 1 Sam. I 3,4 s. IH 135s. VII 9 l'agneau offert par Samuël n'était pas destiné à être distribué à tout le peuple assémblé ; 2 Sam. VI, 18 ss. etc.
(2) La prétendue fête à Bethléem qui devait servir de prétexte à l’absence de David, 1 Sam. XX 6, présente un caractère analogue.
(3) L'acte d’Elisée 1 R. XIX 21 n'avait rien de commun avec le sacrifice ; du cas de Naaman 2 KR, V 17 il est inutile de parler.
savoir si des actes de cette nature étaient permis en dehors du lieu consacré au culte national. À cet égard, comme nous l'avons fait voir ailleurs, la loi ne se prononce pas d’une manière formelle ; ce qu’elle demande, c'est qu'il n'y ail qu'un seul lieu affecté au culle public, à savoir la maison de Jéhova, le sanctuaire où résidait l'arche d'alliance (1). La loi touchant l'unité de sanctuaire n'a pas pour objet de défendre d'une manière absolue tout sacrifice en dehors du sanctuaire ; nous trouvons au contraire, dans le Hleutéronome lui-même, des dispositions touchant un cas dans lequel le sacrifice devra s'offrir ailleurs (2). Mais il était entendu, il résultait de la nature même des choses, qu'un sacrifice extra-rituel ne pouvait jamais être qu'une exception. Dans le sacrifice proprement dit, la chose principale est l'hommage, l’offrande faite à Jéhova ; et cette offrande, dans les conditions ordinaires, ne peut naturellement lui être appliquée que là où il a fixé sa résidence ; c’est là que les fidèies doivent se rendre pour lui porter leurs dons et se présenter devant lui 5" "25. Les actes attribués à Grédéon, à Manué, à David aux endroits cités tout à l'heure, se justifient d'autant mieux qu'ils s’adressaient à Jéhova manifestant sa présence d'une manière sensible et extraordinaire. L'arche d'alliance était le siège habituel de Jéhova ; c'est pourquoi le peuple devait venir au sanctuaire de l'arche pour l’adorer et lui rendre le culte solennel ; mais Jéhova se manifestant ailleurs avait droit aux mêmes hommages. Or, nous le répétons, du moment qu’un acte quelconque du culte, et notamment le sacrifice, était à accomplir en dehors de la maison de Dieu, il n’y avait nulle raison pour que le prêtre seul eût qualité pour le poser ; le rituel du sanctuaire n'avait pas d'application en ce cas. Au ch. XXI v. 1ss. du Deutéronome, ce ne sont pas les prêtres qui offrent la victime, bien que leur présence et le rôle qu’ils ont à remplir ne laissent pas de doute quant au caractère de l’immolation. L'auteur du
(1) Le lieu du culte p. 575, (2) Deut. XXI 1 ss. Cfr. 1. c. p. 58. Sur Lév. XVII voir ibid. pp. 47-56.
livre des Chroniques 1, XXI 18 ss. raconte avec les mêmes détails, bien que pas tout à fait dans les mêmes termes, que 2 Sam. XXIV 165s., l'histoire de l'autel élevé et des sacrifices offerts par David sur l'aire d'Ornan (1), sans éprouver le moindre besoin d'y mêler un prêtre. C'est s’abuser sans aucun doute, de croire que le Chroniste, aux vv. 28-30, qui d’ailleurs ne contiennent aucune allusion à l'absence du prêtre, cherche à excuser l'acte de David (2). Ceux qui interprètent en ce sens le passage en question, ne le comprennent pas bien. Le récit du sacrifice par lequel David obtient la cessation de fléau, se termine au v. 27. Les vv. 28 ss. renferment une notice sur la conduite ultérieure du roi. « En ce temps-là, David, voyant que Jéhova l'avait exaucé sur l'aire d'Ornan le Jébuséen (3), offrit en cet endroit. (Cependant) la tente de Jéhova que Moïse avait faite au désert et l'autel de lholocauste se trouvaient alors sur la bâma à Gibéon. Mais David ne pouvait pas agir selon son habitude (4) pour honorer Dieu, parce que le glaive de l'ange de Jéhova l’effrayait. Et David dit : Ceci est la maison de Jéhova, de Dieu ; et ceci est l’autel de l'holocauste pour Israël. » Ainsi donc, David voyant que son sacrifice avait été agréable à Dieu, continua à pratiquer le culte en ce lieu saint ; il nalla plus à Gibéon, parce que l'aire d'Ornan lui avait été indiquée par l'ange dont il redoutait le glaive exterminateur. Il marqua l'endroit où il avait vu l'ange comme l'emplacement du futur sanctuaire de Jéhova et de l'autel des holo- caustes (5). — [l n’y à pas ici une explication ou une excuse du fait raconté au 2° livre de Samuël ; c'est un épilogue qui manque au récit de ce dernier.
(1) Ou Orena ou Arauna. Orthographe incertaine.
(2) Kuenen 4 C O, I p. 196.
(3) Il est à remarquer que le v. 28 lui-même suppose déjà accompli le sacrifice propitiatoire qui arrêta le chätiment.
(4) Litt. non poterat procedere coram seipso…
(5) Gibéon ne fut pas définitivement désaffecté ; car plus tard Salomon va y offrir des sacrifices solennels.
B, La place accordée au roi dans la célébration du culte.
Les termes dans lesquels 1l est fait mention, 1 Chron. XXI 28-30, du culte que David pratiqua par continuation sur l'aire d'Ornan, nous amènent à une autre catégorie de témoignages, attribuant à des laïques l’offrande de sacrifices, même au sanctuaire. C'est surtout à David et à Salomon que les textes, plus étendus pour ces deux règnes, semblent décerner l'honneur en question. 2 Sam. VI 17, 18, David offre des holocaustes et des victimes pacifiques devant l'arche introduite dans sa ville, comme 1l l'avait fait déjà pendant qu'on l'y transportait v. 13. À Gibéon Salomon offre des holocaustes à Jéhova 1 KR. III 4 ; il le fait encore à l'occasion de la dédicace du nouveau temple à Jérusalem VIII 62-64. Il est intéressant de constater une fois de plus que l’auteur des Chroniques. lui aussi, décrit le rôle rempli par les rois dans la célébration du culte, en termes d'uné vive sympathie ; il n y voyait pas, évidemment, une infraction aux privilèges des prêtres lévitiques. Dire que le livre des Chroniques ne mentionne les sacrifices de David que comme des « exceptions » (1), c'est se contenter vraiment à trop peu de frais. Nous venons de voir que 1 Chron. XXI 28-30 renchérit sur le récit de 2 Samuël en nous montrant le grand roi, lé réformateur du culte, le premier auteur du nouveau temple, l'organisateur de l’ordre sacerdotal et lévitique, consacrer aussi par les sacrifices qu'il continua à y offrir, l'aire d'Ornan comme emplacement de la future maison de Jéhova. En bien d’autres circonstances le livre des Chroniques complète en cette matière les renseignements contenus dans les livres historiques plus anciens. Qu'on lise la description de la Pâque solennelle célébrée à Jérusalem par le roi Josias 2 Chron. XXXV 1 ss4 18 ; l’histoire de la réforme célébrée par Ezéchias XXIX 20 ss., 23. Au ch. XXX v. 18 s. c'est Ezéchias qui intercède pour ceux qui célèbrent la Pâque d'une manière irrégulière. Pour ce qui regarde David et Salomon, le livre des Chroniques,
(1) Kuenen, I. c.
aussi bien que ceux de Samuëél, nous montre le premier revêtu de l'ornement sacerdotal (2 Sam. VI 14, 1 Chron. XV 27), revêtu même du 2? que le passage en question de 2 Sam. ne mentionne pas, et bénissant le peuple (2 Sam. VI 18, 1 Chron. XVI 2); il nous montre Salomon, devant l'autel, bénissant pareillement le peuple, implorant les faveurs de Jéhova pour le nouveau sanctuaire (1 R. VIII 22 ss., 2 Chron. VI 12 ss.). Ceux qui estiment que suivant le Chroniste l’intervention de David n’a lieu qu'à titre d'exception accidentelle, que pensent-ils de la manière dont ce même auteur raconte la dédicace du temple par le fils de David ? Le roi et toute la foule immolent des victimes sans nombre 2 Chron. VIT 4 s. ; Salomon bénit le peuple VI 3, il sanctüifie le parvis VII 7; c'est lui qui, en somme, préside à toute la cérémonie et célèbre l'inauguration de la maison de Dieu v. 8-10. Impossible de découvrir en tout cela l’ombre d’une tentative d’excuser Salomon ; la description tout entière, ici comme au 1° livre des Rois, tend à sa louange. Lire encore 2 Chron. I 1-6. Chez Ezéchiël le prince est très bien traité également XLIV 3, XLV 7, 16, 17 ; ici, au v. 22 il est question du taureau que le prince doit offrir pour son péché et pour celui de tout le peuple ; vv. 23, 24 des holocaustes qu'il doit offrir tous les jours durant la fête des azymes ; au v. 25 ces prescriptions sont appliquées à la fête des tabernacles ; voyez en outre XLVI vv.25s., vv.4ss., 12 ss., où il est question de sacrifices à offrir Journellement par le prince etc. |
De toutes ces données il faut conclure que les auteurs bibliques, ceux qui écrivent après l'exil comme ceux d'avant, ceux qui écrivent dans un esprit sacerdotal comme ceux qui reflètent plutôt les idées des milieux populaires ou laïques, s'accordent à reconnaître au roi un rang tout spécial, une autorité réelle même dans les cérémonies sacrées. Le prince temporel, par làmême qu'il est le chef suprême de la nation, est aussi chargé de l'administration souveraine des choses du culte ; il est, à titre universel, le représentant de Jéhova dans le gouvernement de tous les intérêts publics ; d'autant plus que, marqué
par l'onction, il a lui aussi un caractère de sainteté. Cependant, en dépit du rôle étendu qui lui est attribué, non seulement dans l’organisation et l'administration, mais même dans la célébration du culte, le roi n'est pas prêtre ; 1l régit l’ordre sacerdotal sans en faire partie ; quand 1l en porte les insignes c'est à titre de privilège d'honneur. Nous verrons plus loin dans quel rapport se trouve à son égard le pontife suprême L'auteur du livre des Chroniques admet dans une très large mesure la participation active des rois issus de David aux performances de la religion officielle. Mais 1l connaît aussi la limite que les rois ne pouvaient franchir ; 1l est des actes relevant formellement et exclusivement de la fonction du prêtre : le roi Uzzia est châtié pour avoir prétendu offrir l’encens de sa main 2 Chron. XXVI 16ss. L'offrande de l’encens est un office sacerdotal. |;
Ce principe ne se trouve certes pas méconnu dans le passage de Jér. XLI v. 5 qui parle des hommes de Sichem, de Silo et de Samarie qui venaient, portant dans la main des dons et de l'encens qu'ils voulaient offrir à la maison de Jéhova. Ils se proposaient de l'offrir par l'entremise du ministre du culte.
Bien des passages où l'offrande des sacrifices est attribuée aux rois, doivent pareillement de toute nécessité, de par les circonstances mentionnées dans le texte, s'entendre de la même manière. Ezéchiël, nous l'avons vu, met en termes aussi explicites et aussi nets que n'importe quel autre écrivain biblique, le prince lui-même en scène, personnellement, comme appelé à offrir des sacrifices ; cependant 1l ne l'entend pas en ce sens que le prince devrait accomplir ces actes sacrés de sa propre main ; nous apprenons incidemment XLVI 2 que les prêtres interviennent. Lorsqu'il est raconté que le roi Salomon et toute la foule immolaient des victimes sans nombre (1 R. VIII 5, 62), 1l ne faut naturellement pas se représenter tous ceux qui prenaient part à la manifestation, se livrant à ces égorgements. Il serait puéril, pour la même raison, de citer l'exemple « des Bethsémiles » qui offrirent des victimes devant l'arche (1)
(1) Vr. encore Jug. XX 26 etc.
1 Sam. VI 14-15, pour prouver que le rôle de sacrificateurs n'était pas réservé aux prêtres. « Salomon immola comme victimes pacifiques vingt deux mulle bœufs et cent et vingt mille brebis » (1 R. VIII v. 63) ; croira-t-on que le narrateur ait songé à mettre tout cela au compte personnel du roi, à l’exclusion de toute intervention des ministres du culte mentionnés vv. 3, 6, 10? Les mille holocaustes offerts à Gibéon par le même roi (1 R. [IT 4), ne l'ont certainement pas été de sa main, Wellhausen émet l'avis que lors de la dédicace du temple, Salomon aura sans aucun doute offert de sa propre main le premier sacrifice (1). On peut croire cela, si l'on y trouve plaisir ; on peut aussi n’en rien croire. Si les vingt et un mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf bœufs qui restaient après l'offrande du premier, ont pu se dire offerts par Salomon alors qu'en réalité ils l'avaient été par d'autres en son nom, le premier pourra l'avoir été aussi ; le texte n'en sait rien. Il n'y à nulle ombre de raison d'interprêter en un sens aveuglément littéral la notice de 1 R. IX 25 sur les offrandes faites annuellement par Salomon aux trois grandes fêtes. Nous ne croyons pas davantage que David ait distribué de sa propre main, à tout Israël, hommes et femmes, les menues portions qui mettaient tout le monde en communication avec les sacrifices offerts et nous ne croyons pas non plus que David ait offert de sa propre main les nombreuses victimes pouvant suflire à une pareille distribution (2 Sam. VI 18 s.). Les critiques qui appellent notre attention sur les sacrifices célébrés par David au cours du passage de l'arche de la maison d'Obed-Edom au Sion, devraient nous expliquer comment ces cérémonies, entendues suivant leur interprétation, étaient compatibles avec certains autres détails rapportés dans le même récit. Les victimes étaient offertes de six en six pas (2 Sam. VI 13); il est raconté en même temps que David dansait devant l'arche de toutes ses forces aux sons de la musique v. 14. Le narrateur s'est-il représenté la scène sous ces traits inconcevables, qu'à
(1) Prolegomena p. 134.
chaque fois que les porteurs avaient fait six pas, David interrompait sa danse pour immoler un bœuf et une autre pièce de bétail ? Non, le récit du livre de Samuël doit être compris selon les termes employés 1 Chron. XVI 1, 2, où les sacrifices que « l’on offrit » Sont en même temps attribués à David, le représentant du peuple entier en sa qualité de roi. Sans doute la narration doit être interprêtée en ce sens que sur tout le parcours du cortège les victimes étaient disposées, prêtes à être offertes ; on les immolait au fur et à mesure du passage de l'arche sans que le roi et la procession eussent à interrompre leur marche. Les sacrifices sont atribués à David, parce que David avait pris ces mesures, que c'était sur ses ordres et avant tout en son nom qu'elles s'accomplissaient.
En toutes ces occasions, auxquelles on pourrait joindre encore les sacrifices offerts par Saül au Gilgal (1 Sam. XIII 9 ss. Coll. X 8), il n'est pas plus nécéssaire de concevoir le rôle du roi comme exclusif de l'intervention des prêtres, qu'il ne l'est en d’autres passages où la consultation des Urim et Tummim lui est personnellement attribuée, sans que personne songe à mettre en doute le caractère sacerdotal de cette fonction 1 Sam. XIV 37: X XIII 2; 2 Sam: IP 1; V19/# 285008 1. Dans le Lévitique I 2 etc. les sacrifices sont simplement attribués à ceux qui les font offrir, et cela avec d'autant plus de raison que ces derniers avaient également à intervenir dans les cérémonies. Nous convenons volontiers que les textes reconnaissent, en ces choses, une action plus considérable aux rois quaux autres laïques. Comme nous l'avons dit, cette participation spéciale aux cérémonies du culte dont les relations bibliques font honneur aux rois, ne leur revient pas seulement à raison du fait qu'ils ont p. e. à pourvoir aux besoins du service du temple, à fournir les victimes pour les sacrifices habituels (Ezech. XLV 17), mais à raison des privilèges d'honneur que leur assure leur caractère sacré de chefs de la nation et de représentants de Jéhova, à raison de l'autorité dont ils sont revêtus même dans l’ordre religieux. Certes les Hébreux ne connaissaient pas la séparation des pouvoirs ; la société ecclé-
siastique chez eux se confondait avec la société civile. Il ne s’ensuivait pas que le prince pût usurper les /onctions que la constitution théocratique réservait aux membres d'une caste déterminée. Les rois pouvaient abuser de leur autorité et de leurs privilèces, soit en les exerçant d’une manière contraire à l'esprit du Jahvisme, comme Achaz faisant établir dans le temple un autel faconné sur le modèle de l'autel 1idolâtrique qu'il avait vu à Damas (2 R. XVI 10 s.) ; soit en outrepassant positivement les limites que la Tora divine leur défendait de franchir, comme Uzzia prétendant offrir de sa main l'encens sur l'autel des parfums. :
Quant à la conduite de Jéroboam I à Bétbel (1 R. XIT 33, XII 1), il n'y aurait rien d'étonnant à ce que le récit biblique eût porté contre le persécuteur des prêtres lévitiques l'accusation qu'il usurpa personnellement leur office ; mais, comme Klostermann le fait observer (1), le texte actuel ne peut être en cette occasion suivi sans réserve. Nous croyons pour notre part que le v. 33 du ch. XII tout entier a été inséré pour servir de préparation à la scène décrite XIII 1, mal comprise d'ailleurs par l’auteur de l’interpolation. En ce dernier endroit Jéroboam était présenté comme "DT NATAN2Y TA); ces mots ne signifient point que le roi était debout à l'autel, mais prés de l'autel, pour offrir, c’est à dire pour s'associer au sacrifice que les prêtres offraient de sa part et en son nom ; le contexte montre qu'au moment où l’homme de Dieu fit entendre ses menaces contre l'autel de Béthel, c'étaient les prêtres qui y faisaient l'office (v. 2). Au ch. XII v. 32 il avait été rapporté que « Jéroboam fixa au huitième mois, au quinzième jour du mois, la célébration du hag, à l'instar du hag de Juda ; ef qu'il offrit des sacrifices sur l'autel (nouveau). C'est ainsi, continue le récit, qu'il fit à Béthel pour offrir des victimes aux taureaux qu'il avait installés ; et il établit à Béthel les prêtres des bâmôth constitués par lui. » Cette notice se rapporte aux institutions permanentes introduites par Jéroboam. Au v. 33 nous
U) BB. Sam. u Kôn.in 1 R. XII 35.
trouvons une transition artificielle à la scène concrète exposée XIII 1. Les termes de la transition sont empruntés en grande partie au v. 32, mais les mots 727 23 55" y sont repris dans un autre sens, le verbe 55" étant cette fois entendu à la forme kal (), et non à la forme hiphil comme au v. 32. L'expression finale Hp XII 33 vient du ch. XIII v. 1. Le roi étant supposé debout sur les marches de l'autel pour offrir, d’après XIII 1, on a cru devoir l’y faire monter d’abord au verset précédent, intercalé ; la méprise était d'autant plus facile qu'il s'agissait en tout état de cause d’un acte sacrilège condamné par le récit. En réalité, comme le contexte l'indique, le roi ne faisait qu'assister au sacrifice. Au v. 4 du ch. XITT, nous lisons dans le texte actuel qu'ayant entendu l’imprécation par laquelle l'homme de Dieu proclamait la destruction imminente de l'autel sacrilège, le roi étendit la main « de l'autel » F2T25 55, en criant :.. — Klostermann remarque très justement, croyonsnous, que primitivement le texte doit avoir porté 21 53 « vers l'autel » ; au lieu de traduire les paroles suivantes prononcées par le roi : « emparez-vous de lui » à savoir du prophète, il faudrait les entendre autrement : « tenez-le ! » à savoir l'autel, pour conjurer la réalisation de la menace. Le geste du roi avait en effet pour but de désigner un objet, comme la suite immédiate le montre ; or 1l est incroyable que le narrateur n'aurait pas exprimé dès l'abord cet élément essentiel de son idée. Il n'inportait pas de dire d’où le roi fit le signe en question, mais de quel côté il le dirigea. — Quoi qu'il faille penser du cas de Jéroboam I, il semble certain que dans la notice 2 R. XVI 125. relative à Achaz, les verbes 275", 55", doivent être compris à la forme hiphil. Il s’agit en ce passage de la consécration au Culte, par l'autorité et l'initiative du roi, de l'autel nouveau élevé dans la cour du temple. Le v. 15 rapporte d'ailleurs que les sacrifices royaux devaient être comme les autres offerts par l'entremise des prêtres (2).
(1) Du moins à la fin du v. 33.
(2) Le v.3 du même chap. ne nous oblige pas à croire p. e. qu’Achaz livra de ses propres mains son fils au feu, en l'honneur du Ba‘al-Melek.
ro.
En somme l'argument que l’on tire, contre la compétence exclusive des prêtres en matière de sacrifices, des passages où les rois sont mis en scène comme faisant des offrandes ou immolant des victimes à l'autel du sanctuaire, pourrait aussi bien servir, suivant la remarque de Movers, à prouver que, d'après Gen. XL 22, les Pharaons étaient en Egypte les bourreaux en chef ; et que d’après Jo. XIX 1, les proconsuls romains avaient le privilège de pouvoir appliquer de leur main le supplice de la flagellation au délinquant (1). Le fait que les textes parlent des sacrifices offerts par Achaz, dans les mêmes termes où ils le font de Saül, David, Salomon, enlève du reste toute importance à ces observations, pour le point en question ; il est trop évident en effet qu'à l'époque d’Achaz l’ordre sacerdotal était parfaitement constitué et ses fonctions et prérogatives héréditaires définitivement fixées. Ce n’est pas notre intention de soutenir qu'en Israël, plus qu'ailleurs, la pratique ait toujours été l'exact reflet et l'application pure des principes. Malgré ce que nous venons de dire sur la nécessité de compléter en bien des cas les renseignements sommaires fournis par les récits bibliques, nous sommes convaincu que sous l'Ancien Testament comme sous le Nouveau, chez les Hébreux comme chez tous les peuples, la rigidité des institutions n'était bien souvent que relative, surtout quand l'intérêt ou les prétentions des souverains étaient en cause.