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mêler des questions disparates. On sait que la tribu de Lévi n'était une cas{e sacerdotale que dans un sens large. La loi ne défendait pas p. e. aux lévites ou aux prêtres, ni même au grand prêtre, de prendre en mariage une fille d'une autre tribu (1). Il n’est d'aucun effet pour établir la confusion des rangs parmi « l'ancien Israël >, de citer le fait que le fils de Sadoq occupait une haute fonction dans l'administration du royaume, 1 R. IV 2 (2). Cela n'était nullement contraire à la Loi ni même aux usages postexiliens. Qu'on songe à Esdras lui-même qui revient de Suse à Jérusalem comme chargé de pouvoirs d’un roi païen et qui nous est en même temps présenté comme membre de la famille des grands prêtres. Les descendants de Mattathias furent à la fois grands prêtres, commandants d'armée et rois. Au livre des Nombres XXXI 6, Pinehas, le fils d'Eléazar, apparaît lui aussi comme chef d'armée. Le livre des Chroniques n'éprouve aucune difficulté à compléter les données du livre des Rois sur Benaja, le capitaine de David, en l'appelant fils de Joïada Ze prêtre (3). Nous nous demandons à ce propos si l’'Achimaas, cité 1 R. IV 15 comme préfet du territoire de Nephtali, ne serait pas lui aussi à identifier avec son homonyme, fils de Sadog ? Ce qui nous le fait penser, c'est qu'il était gendre de Salomon, et puis que son nom n'est pas accompagné d’une indication généalogique comme ceux des personnages parmi lesquels il se trouve énuméré. L'auteur semble supposer le nom bien connu ; or l’'Achimaas bien connu, cest le fils de Sadoq. Cet Achimaas, d’après la tradition, succéda à son père dans la dignité de grand prêtre. Rappelonsnous enfin la catégorie des lévites magistrats et juges, et notamment le passage 1 Chron. XX VI 30, 32. | Les cas de situation inverse sont plus intéressants à consi-
(1) Lev. XXI 14 : et pour la portée de l’expression "4972 cfr. vv. 1, 4 — L'usage semble avoir renchéri sur la loi après l'exil. Vr. la version des LXX RONDS: Phil de Mon: 2:11; /J0s.c.Ap. 1.7?
(2) Wellhausen Proleg. p. 133.
(3) 1 R. IV 4, 1 Chron. XX VII 5 etc. Ajoutons que dans le passage I R. le texte n’énonce pas l'office de Azarjahu fils de Sadoq, à moins de lui appliquer à lui aussi en même temps qu'eux deux suivants l’attribut de DEC,
dérer. Zabud, le fils de Nathan (1 R. IV 5), Ira le Jaïrite (2 Sam. XX 26), les fils de David (2 Sam. VIIT 18), sont nommés prêtres dans le texte, sans qu'on puisse voir ce que ces prêtres avaient de commun avec la tribu de Lévi.
Pour [ra aussi bien que pour Zabud, on pourrait hésiter à affirmer qu'ils étaient étrangers à la tribu lévitique. On ne sait au juste de quel Nathan Zabud est nommé le fils 1 R, IV 5. Wellhausen suppose que le Nathan en question n'est autre que le prophète (1) ; Baudissin assure que c'est un fils de David mentionné 2 Sam. V 14 (2); ne pourrait-ce pas à la rigueur être un troisième, inconnu ? Est-il sûr, d'ailleurs, que le prophète Nathan n’appartenait pas à la tribu de Lévi? Pour Ira, on se demande s’il ne serait pas à identifier avec [ra le Jattirite nommé 2 Sam. XXIIL 38 ; certains auteurs rappellent à ce propos que Jattir en Juda était une ville lévitique (3). Ces suppositions n’avancent pas la solution du problème. [ra pour David, Zabud pour Salomon, sont nommés prêtres dans les mêmes conditions que les fils de David 2 Sam. VIII 18. Il semble que les trois cas soient absolument de même nature.
Il est remarquable que les trois fois, les prêtres en question figurent dans une énumération de dignitaires où Sadoq et Abjathar viennent d'être mentionnés comme « les prêtres », c'est-à-dire les chefs de l’ordre saccrdotal. 2 Sam. VIIT 18 les fils de David sont séparés de Sadoq et Abjathar par deux autres titulaires ; 1 R. IV 5 Zabud en est séparé également par un autre ; 2 Sam. XX 26 [ra les suit immédiatement, mais il n'est pas compris avec eux dans le même énoncé ; l’attribut est appliqué séparément aux deux chefs de l'ordre sacerdotal d'un côté et à Ira de l’autre. Pourquoi ?... (4) Dans les conditions indiquées, les fils de David, Ira le Jaïrite et Zabud fils.
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(2) Alttest. Priest. p.191.
(3) Baud. p. 192.
(4) D'autre part il est à remarquer que la piuticule 031 avant la mention de Ira, introduit ce personnage comme prêtre au sens propre du mot (Dillmann-Ryssel £x. Levw p. 503) : « Sadoq et Abjathaï étaient prêtres ; et Ira le Jaiïrite aussi était prêtre de David ».
de Nathan font assez étrange figure à côté de Sadoq et d'Ab- Jathar. Bien plus,tandis que ces derniers paraissent souvent sur la scène dans l'exercice de leurs fonctions sacrées, jamais on ne trouve la moindre mention des fils de David p. e., dans une description ou un récit se rapportant à une cérémonie du culte. Ni comme ministres de l'autel, ni comme gardiens de l'arche, ni comme consulteurs de l’oracle, ni comme administrateurs ou serviteurs d’un sanctuaire quelconque, les fils de David ne se font connaître ; leur père, à ce point de vue même, se signale beaucoup plus qu'eux. Cependant les princes de la famille royale ne peuvent pas avoir manqué d'occasions de se produire. Notons que Ira est nommé prêtre de David ; Zabud de même, prêtre ami du roi; les fils de David sont nommés prêtres en termes absolus (1).
nest pas étonnant que les auteurs soient assez partagés dans les explications qu’ils proposent de ces notices embarrassantes. [l en est, comme nous l'avons dit, qui en concluent simplement à l'absence de distinction généalogique, en ces temps reculés, entre laïques et clergé. La conclusion n'est pas fondée ; il est clair que les textes en question eux-mêmes mettent les prêtres de l'espèce de Sadoq et d’Abjathar sur une autre ligne que ceux de l'espèce des fils de David, et les récits qui se rapportent aux règnes de David et de Salomon sont incompatbles avec cette théorie.
Ewald (2) pensait que les rois avaient la faculté de s’adjoindre, outre le pontife suprême, un prêtre domestique, comme « ami », lequel remplissait les fonctions de ministre des intérêts spirituels. Il ajoute que c'était là certainement le rôle de Zabud auprès de Salomon ; et probablement aussi celui de [ra auprès de David. — Et les fils de David 2 Sam. VIII 18 ? Pour que le prétendu ministre du culte, auquel cette hypothèse a recours, pût être appelé « prêtre >», Ewald suppose sans doute qu’il
(1) Klosterm. dit que pour eux aussi il faut lire 2 Sam. VII 18 - "75
Meiou, D 0e. 11 peut être vrai qu'il faille comprendre ainsi ; mais le texte n'offre aucun indice en faveur du changement proposé par K. (2) Gesch. d. V. Israël II (Zw. AUSg.) p. 355.
devait être de la tribu de Lévi ; c’est pourquoi il sépare le cas des fils de David de ceux de Ira et de Zabud. Mais de la coutume dont parle cet auteur, il n’est nulle part fait mention dans l'histoire, ou n'en retrouve aucune trace quelque peu reconnaissable. Auprès de David et de Salomon notamment, ce sont Abjathar et surtout Sadogq qui figurent toujours comme conseillers intimes. L'influence de Zabud aurait été nulle, à la cour de Salomon, à côté de celle de Sadoq ; autant comme « ami » du roi que comme ministre des intérêts religieux, son rôle eût été pour le moins superflu.
Ailleurs (i) Ewald, parlant des fils de David, estime que ceux-ci étaient prêtres « seulement quant à la dignité et à l'occasion d'assemblées solennelles, et encore quant aux insignes » ; il ajoute que les fils de Saül n'avaient pas encore été l'objet d’une distinction de ce genre ; que la chose est mentionnée comme une nouveauté pour les fils de David. Il aurait pu ajouter que la soi-disant #novation disparaît après David sans laisser de traces. Baudissin n'hésite pas à affirmer que Zabud fils de Nathan aura été prêtre dans le même sens (2) ; le sacerdoce aurait été attribué aux princes de la famille royale et à d’autres dignitaires de l'état comme un titre d'honneur. Baudissin n'admet point l'assimilation de [ra le Jaïrite aux fils de David et à Zabud le fils de Nathan, pour la raison que Ira est présenté comme prêtre dans le même sens que Sadog et Abjathar : « Sadoq et Abjathar étaient prêtres et [ra aussi était prêtre de David ». Fort bien ; mais Zabud est nommé prêtre absolument dans les mêmes conditions ; si la particule aussi fait défaut à côté de son nom, c'est grâce à la circonstance purement accidentelle que dans la liste de 1 R. IV 2 ss. Sadoq et Abjathar ne sont pas nommés immédiatement avant Zabud. Nous rappellerons tout à l'heure que la liste dans laquelle figurent les fils de David est absolument la même que celle où
(1) Atterthümer ZW. Ausg. 1854 p. 305 : Die Sôhne Davids.….. waren Priester : nâämlich bloss der Würde und bei feierliche Versammilung, also auch der Kleidung nach.
(2) Alitest. Priest. p. 192. .
[ra est mentionné et que celui-ci y prend la place de ceux-là. Que le nom de kôhen ait jamais servi de titre purement honorifique chez les Hébreux, c'est une supposition difficile à admettre ; et c'est dans nos listes qu'on s'attendrait le moins à retrouver un écho d’un usage pareil. puisque ces listes nous offrent une énumération des titulaires des principales charges publiques. Que chez les Phéniciens les membres de la famille royale remplissaient souvent les fonctions sacerdotales, c'est là une institution absolument différente de celle que l’on prétend reconnaitre dans les titres honorifiques dont-les fils de David ou d'autres dignitaires auraient été porteurs. Nous savons au reste très bien que l'institution phénicienne n'existait pas chez les Hébreux.
Pour établir que la dénomination de prêtre dans les textes qui nous occupent, doit être prise au sens propre du mot, Gesenius (1) part de la manière dont Ira est associé aux deux chefs de l’ordre sacerdotal. Il arrive ainsi pour [ra et Zabud au même résultat que Ewald. Pour les fils de David, il trouve que le cas est difficile et essaie de rendre compte de leur sacerdoce par cette considération, que peut-être 1ls étaient chargés du soin du culte privé de la maison du roi {/or{asse sacra privata facientes). I est d'abord à remarquer que par malheur c’est précisément pour les fils de David que le texte affirme le caractère sacerdotal en termes absolus. Pour [ra et Zabud il est dit qu'ils étaient prêtres du roi; on pourrait peut-être, à la rigueur, voir une restriction ou une note de spécification dans cette formule. Mais les fils de David sont appelés prêtres purement et simplement : « et les fils de David étaient prêtres ». Si l’auteur avait eu formellement en vue l'administration des “ SACrA privata », naurait-1l pas eu un mot pour marquer ce rôle tout spécial ? Ensuite [ra, qui est mis, dit-on, sur le même rang, où qui du moins est appelé prêtre au même sens que Sadoq et Abjathar, correspond absolument, pour la place qu'il occupe dans la liste où il figure, aux fils de David mentionnés,
(1) Thes. sub v. 112 (p 663).
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nous le répétons, dans un autre exemplaire de la même liste ; il ne semble donc pas permis d'établir une distinction entre le sacerdoce de [ra et celui des fils de David. Enfin, il est fâcheux pour l’hypothèse que nous puissions si difficilement nous rendre compte de ce que représentaient les « sacra privata » de la maison du roi, et surtout du rôle que les princes y pouvaient tenir. Les rois, apparemment, n'avaient pas d'autre sanctuaire que celui de l'arche qui s'élevait à proximité de leur palais ; c’est là qu'ils allaient adorer Jéhova, même pour satisfaire leur dévotion personnelle, comme David 2 Sam. VII 18, XII 20, Ezéchias 2 R. XIX 1, etc. ; et ce sanctuaire était desservi par les prêtres lévitiques ; ceux-c1 d'ailleurs étaient à la disposition du roi pour tous les services comportant l'intervention des ministres du culte.
Il est des auteurs, comme Movers (1), qui croient que le mot kôhen n'est pas à entendre au sens de « prêtre » dans les passages en question de 2 Sam. et de 1 Rois. Appuyé notamment sur la signification de l'arabe kdhin, employé au sens de chargé d’affaires de qq'un, Movers pensait que les fils de David, [ra le Jaïrite et Zabud fils de Nathan sont appelés kôhanim au sens propre et primitif de l'expression, comme serviteurs de la cour, ministres associés au roi. Klostermann de même traduit kôhen, aux trois endroits (2), par Vertreter, Stellvertreter, ce qui l'oblige à suppléer 2 Sam. VIII 18, la mention du roi qui manque dans notre texte. Gesenius se rangeailt en partie à cette opinion, pour ce qui concerne les fils de David. Ces auteurs trouvent dans 1 Chron. XVIII 17 la paraphrase plus ou moins complète et exacte de la notion qui leur semble répondre au mot kôhen dans les passages en discussion. À l'endroit cité, parallèle à 2 Sam. VIII 18, l’auteur des Chroniques ne dit pas que les fils de David étaient « prétres », mais qu'ils étaient « les premiers aux côtés du roi » 527 7 DUMONT. De même les LXX traduisent 2 Sam. VIII 18 : xat ol viol Aauiô aÿAdoyot nav, une version sur laquelle
(1) Xrit. Untersuchungen p. 303$.
(2) BB. Sam. u. Kôn. in Il
Gesenius remarque toutefois prudemment que peut-être elle dépend de 1 Chron. XVIII 17. Il se peut que la signification primitive du mot kôhen soit celle de serviteur, de ministre ; mais dans l'Ancien Testament tout entier, dans les parties reconnues les plus anciennes comme dans les autres, il est toujours employé au sens déterminé de prêtre, de ministre du culte ; 1l l'est notamment, pour Sadoq et Abjathar, dans les textes mêmes où l'on prétend découvrir une exception. L’interprétation de Movers et de Klostermann nous paraît inadmissible. -
Aucune des explications données n'est de nature à nous satisfaire ; nous avouons d'ailleurs volontiers que n'avons pas mieux à proposer que les autres. Seulement nous ne parvenons pas non plus à nous rallier aussi aisément que les auteurs dont nous avons rapporté les avis, à la supposition de la parfaite intégrité de ces bouts de liste, où, parmi les hauts fonctionnaires des cours de David et de Salomon, nous trouvons d’abord énumérés comme prêtres Sadoq et son collègue, puis les fils de David ou tel autre personnage également comme prêtres ! [Il nous semble que l’on n'a pas suffisamment pris garde à ce que ce phénomène a d'étrange et de suspect (1). La chose est particulièrement choquante 2 Sam. VIIT 17, 18 où Sadoq et son collècue d’un côté, les fils de David de l’autre, sont présentés en termes absolus comme chargés des fonctions sacerdotales. Quant à Ira, 2 Sam. XX 26, il est vrai que sa mention est rattachée à celle de Sadoq et d’Abjathar par la particule 8; mais ce détail na pas la valeur qu'on est porté à lui attribuer au premier abord. En effet les dignitaires énumérés sont les mêmes, sauf l'orthographe d'un ou deux noms, 2 Sam. VIIT 16 ss. et XX 235s. ; seulement en ce dernier endroit, Sadoq et Abjathar n'occupent pas le même rang dans la liste ; 1ls sont nommés cette fois en avant-dernier lieu ; il se peut très bien que le particule 2% doive son origine uniquement au change-
(1) Rappelons toutefois l'avis de Hitzig d'après lequel les 72573 en question
‘seraient le résultat d’une faute de copiste, pour QC (Die Psalmen I] 1865
ment amené dans l’ordre des noms. Voici l'énumération telle qu'elle se présente aux deux endroits parallèles :
2 Sam. VIII 16 ss. 2 Sam. XX 2358.
1. Joab, fils de Seruja, chef de 1. Joab chef de toute l’armée. l’armée. 2. Benaja, fils de Jehojada
2. Jehoschaphat, fils d'Achi- commandant des Kerethi et lud, mazkir. des Pelethi.
3. Sadoq fils d'Achitob et Ab- 3. Adoram directeur des trajathar fils d’'Achimelek (1), vaux; — cCfr. Adoniram prêtres. LR UNI