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trine du grand prêtre, que le pectoral devait son nom de « Choschen mischpatf{ » où du jugement. L'éphod était porté au-dessus de la robe violette ; il était muni d’un appareil (une écharpe ?), composé des mêmes tissus, qui servait à l’ajuster ou serrer autour du corps. Nous avons déjà parlé plus haut d'un passage du livre des Nombres, XX VII 21, où l’usage de l'éphod se trouve décrit ; celui-ci, dans le code sacerdotal, n’est pas un simple ornement ; il a une destination pratique : « Josué se tiendra devant Eléazar et celui-ci pratiquera pour lui la consultation par le jugement du Urîm devant Jéhova ; à sa parole ils iront et viendront, lui, Josué, et tous les fils d'Israël » etc.
Quelle est la signification propre et fondamentale du mot Ephod? Nous pouvons donner à cette question une réponse précise, le verbe d'où le nom en question dérive ou avec lequel du moins il se trouve en rapport étymologique immédiat, se trouvant employé Ex. XXIX 5, Lev. VIII 7. En revêtant Aaron de ses ornements sacrés, et après lui avoir mis l'éphod, Moïse doit le ceindre de l'appareil dont l'application achève l'ajustement de l’insigne. L'action faite au moyen de l'appareil en question, probablement une écharpe, est exprimée à l'endroit indiqué du Lévitique par le v. A" ceindre, envelopper ; Ex. XXIX 5 par le verbe EN ; celui-ci a donc une signification analogue. Du reste Lev. VIII 7 l'idée exprimée au moyen du v. x est encore répétée immédiatement après au moyen du verbe TEN. L'appareil d'ajustement est appelé Ex. XX VIII 8 INSEN 27 ; le mot 51EN ici ne peut signifier autre chose que l’action par laquelle l’éphod est ajusté au corps. Ces données suffisent pour nous convaincre que le mot éphod signifie avant tout une enveloppe, un revêtement, une chose appliquée et ajustée à une autre ; puis, ultérieurement, un vêtement d’une espèce déterminée.
L'éphod du grand prêtre était donc ainsi appelé en sa qualité de vêtement. De fait, il est encore question dans l'histoire ancienne de « l’éphod de lin », qui était pareillement un habit sacerdotal, porté par les prêtres en général et même par
d’autres, dans l'exercice d'un ministère sacré. Les prêtres de Nob, dit le récit de 1 Sam. XXII v. 18, portaient l’éphod de lin (72 EN N'&2) : le Jeune Samuël était revêtu, à Silo, d’un éphod de lin (73 EN 37) (1 Sam. II 18); David dansant devant l’arche en était orné lui aussi (53 EN UM) (2 Sam. VI 14). La signification propre de la racine se trouve également vérifiée Is. XXX 22 où le mot MEN, comme le parallélisme avec EX le prouve, désigne le revêtement, le placage en or qui recouvre les images.
Seulement, et ceci introduit dans la question un élément très intéressant, la Bible parle en plusieurs autres endroits d'un éphod qui semble d'une nature absolument différente. Des bijoux et autres objets précieux qu'il avait reçus, en quantité très considérable, comme sa part du butin fait sur les Midianites, Gédéon fit un éphod et il le plaça ou l’érigea dans sa ville d’Ophra ; et tout Israël se livra à un culte de fornication en l'honneur de cet éphod qui causa la ruine de Gédéon et de sa maison (Jud. VIII 27). Mikha avait pareillement installé dans son sanctuaire un éphod qui est mis sur la même ligne que les images taillées et fondues et les teraphim (Jud. NON IS NL LION ARTS 20) ; Mikha parlant de l'ensemble de ces objets, volés par les Danites, les appelle ses dieux qu'il s'était fabriqués (v. 24). Il est des auteurs, comme Künig (1) et Poels (2), qui croient pouvoir défendre l'avis que l'éphod de Gédéon et celui de Mikha étaient des ornements sacerdotaux, que la signification propre du motse trouve donc encore vérifiée en ces passages. Cela nous paraît insoutenable. L’éphod dont il est parlé dans le livre des Juges, est une idole. La chose peut être désagréable à constater, mais il faut accepter le témoignage irrécusable des textes. On ne se représente pas un manteau ou un scapulaire sacerdotal pesant au moins 1700 sicles d'or, érigé par Gédéon dans sa ville d'Ophra, et honoré d'un culle idolätrique ! Quant au contexte où se pré-
(1) Hauptprobleme p. 62.
(2) Hist. crit, du sanctuaire de l'arche p.76 ss.