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sente la mention de l’éphod Jud. XVII 5, loin qu'il soit favorable à l'interprétation de Kônig, il y fait simplement obstacle aux yeux du lecteur impartial, par l'association de l'éphod aux teraphim (1). Les textes ne nous apprennent rien sur la forme de l'idole à laquelle le nom d'éplod était appliqué et l'opinion dés critiques, assez nombreux, qui ont prétendu y voir l'image du taureau, est purement arbitraire. Par contre, il n’est pas impossible de se renseigner sur la nature de la superstition qui s’y attachait. Il est remarquable en effet que l’éphod-idole se trouve mis étroitement en rapport avec les eraphim. Il en est ainsi Jud. XVII 5, XVIII 14, 17, 18 (ro ÿAuntoy xat ro Evouwô al To Oeoaviu LXX), 20 ; dans ces derniers endroits l'éphod et les teraphim se tiennent constamment, malgré les variations de l’énumération. Il en est encore ainsi Osée [IT 4. Les deux objets doivent avoir été reliés entre eux par une affinité bien accusée. Or il résulte de passages très précis que les teraphim remplissaient un rôle important dans l'art de la divination ; on en‘trouve la preuve Ezech. XXI 26, Zach. X 2 ; le parallélisme de OÈP et D"2n 1 Sam. XV 23 l’atteste également. Nous concluons de ces données que l'éphod-idole était lui aussi appelé à rendre service dans l’investigation superstitieuse des choses futures ou cachées.
À présent se pose la question de savoir d'où l'éphod-idole tirait son nom ? quelle est l’analogie qui le rattache à l’éphod dont étaient revêtus les prêtres de Nob, Samuël, David ? On à dit que le nom pourrait avoir été donné à l'image à raison du revétément où du placage en métal dont elle était ornée. Cela ne se conçoit guère. Le nom MEN signifie l’action de ceindre où d'envelopper, ou encore l'enveloppe elle-même, notamment le revêtement en métal donné à une image; le nom TEN à son tour signifie un vêtement ; mais on ne donne
(1) C’est à tort que le card. Meignan caractérise la conduite dé Mikha en ces tel‘mes : « ..... Mika voulut en tirer profit : il fabriquà un éphod et se mit à donner des consultations lucratives par l’'urim et tummim » (L'Ancien Testament … De Moïse à David ; p. 442). De l’urim et tummim il n'est pas duéstion dans cette histoire.
point le nom de placage ou de vêtement à l'objet revêtu. Le passage /s. XXX 22 prouve qe lidole couverte d'une 53%2N continuait à s'appeler p. e. 20% ; ici comme ailleurs les idoles en général sont désignées par Fe formule 7302 505, Il n'y aurait donc pas eu lieu de distinguer du 202 et de la 5322, le MEN en tant quenrichi d’un revêtement quelconque, comme la chose se fait constamment Jud. XVII-XVIIT. Ce nest point par sa fabrication que l’éphod-idole se distinguait des images laillées et fondues ; sa mention distincte et son nom doivent lui être venus d'un caractère notoire d’un autre genre. La réponse à la question que nous venons de formuler doit donc se trouver ailleurs. Elle est fournie, croyons-nous, de la façon la plus satisfaisante, par l'institution du code sacerdotal, dont nous avons reproduit les termes plus haut. L'éphod que portait le grand prêtre était muni de l'instrument de l’oracle divin; l'idée de l'oracle, de la consultation de la divinité, s'y était donc naturellement attachée. Ici se trouve le joint entre l'évhodvêtement et l'éphod-idole divinatoire. L'éphod du grand prêtre réunissait les deux caractères ; il était à la fois ornement ponüfical et instrument de consultation divine. C’est à raison de cette dernière notion que l’usage en fit transporter le nom sur l'instrument idolâtrique et superstitieux de la divination : un teraphim d'une richesse exceptionnelle s’appela un éphod par analogie avec l'oracle du grand prêtre.
Outre l'éphod de lin des prêtres ordinaires et l’'éphod- idole qui est condamné comme objet d'un culte illégitime, l'histoire ancienne d'Israël connaît en effet un troisième éphod, d’un caractère tout à fait spécial. Il est souvent déterminé par l'article MEN. C'est l'insigne du grand prêtre : « Et Achija fils d’Achitob, frère d’'Ikhabod fils de Pinehas fils de Eli, le prêtre de Silo, portait l'éphod » (1 Sam. XIV 4); « et Saül dit à Ach1ja : approche l'éphod ! car c'était lui qui portait l’éphod en ce temps-là devant [Israël » (ibid. v. 18, LXX). Lorsque Abjathar échappe au massacre de Nob, il a soin d’emporter : l'éphod avec lui 1 Sam. XXIII 6 ; c’est par l’éphod dont Abjathar est porteur, que David AE désormais Jéhov, L c. vv. 2, 4; XXX 7, etc:
Il résulte déjà des passages que nous venons d'indiquer, que l'éphod en question était unique, ou seul de son espèce. Sans doute, celui qui le porte « devant Israël » est appelé Achija 1 Sam. XIV 4, 18, à l'époque même, semble-t-il, où le prêtre Achimelek en était dépositaire au sanctuaire de Nob. Mais Achïja fils d'Achitob, dont la généalogie nous est communiquée 1 Sam. XIV 4, nous est présenté ici et au v. 18 comme seul porteur de l'insigne « devant Israël ». Achimelek fils d’Achitob nous apparaît également comme le chef de l'ordre sacerdotal. Selon toute vraisemblance les deux noms ne désignent pas deux frères, deux personnages distincts. Achimelek est le même que Achïja ; le second élément du nom, melek, a été remplacé par le nom divin Ja dans le document auquel nous devons le récit du chap. XIV. Il y a, comme on le sait, d’autres exemples du même phénomène ; le fils de David Be‘eljada (1 Chron. XIV 7) a son nom changé en Eljada 2 Sam. V 16; le fils de Josias, Eliaqgim, eut de son vivant le sien changé en Joïaqîm ; le Tobja de Néh. IIT 25 etc. est sans doute le même personnage que le Tab’el d'Esdr. [IV 7; Abï'albon (?) de 2 Sam. X XIII 31 répond à Abel de 1 Chron. XI 32 ) ; le nom du roi Abijam (?) 1 R. XIV 31 ss., est Abijahu 2 Chron. XIII 1 ss. etc. L'élément ba'‘al dans les noms propres anciens a été généralement supprimé dans les livres de Samuël comme une cause de scandale ; on a remarqué à ce propos que le "Ë” de 1 Sam. XIV 49 doit être lu TN, substitué à DY2TN (2) qui dans Samuël se présente généralement sous la forme PE2È"N, Ischjo pour Ischba‘al répondrait exactement à Achija pour Achimelek. Les noms composés avec melek, et dans lesquels melek pouvait être considéré comme élément-sujet ou remplissait réellement cette fonction, purent aussi, à certaines époques, paraître offensants. Déjà avant l'exil 1ls étaient tombés hors d'usage (3). Il n’y à donc rien d'étonnant à ce que des
(1) D’après Wellh. le nom primitif aurait été Abiba‘al.
(2) Buchanan Gray Studies in hebrew proper names. 1896 p. 121. Comp. le nom Achjo. AUS
(8) id. I. c. p. 119. non TA
noms comme Achimelek aient été soumis, dans l’un ou l’autre cas, à un traitement analogue à celui qu'essuyèrent les noms composés avec ba'al.
Ce qui prouve d’ailleurs l'unité de l’éphod-oracle légitime, même abstraction faite de la manière dont il est attribué à Achija-Achimelek, c'est son caractère en quelque sorte national. De même que l'arche était le centre religieux de toutes les tribus, de même l’éphod était l'organe suprême de la manifestation des volontés de Jéhova envers son peuple. Nous avons entendu tout à l'heure que c’est « devant Israël » qu'Achija portait l'éphod. Les récits anciens témoignent que le recours à l’éphod était le privilège exclusif du chef de la nation. Saül et David se le font présenter pour en apprendre les oracles de Jéhova. Jamais 1l n'est question de son usage au service de simples particuliers (1) Cette observation fournit la clef pour l'intelligence d'un passage intéressant du 1% livre de Samuël. Doëg avait accusé Achimelek, à tort ou à raison, d’avoir consulté Jéhova pour David. Saül fait comparaître devant lui les prêtres de Nob; il reproche à Achimelek la faveur qu'il a témoignée à son rival, notamment en interrogeant l'oracle à sa demande. Le prêtre ne proteste que contre ce dernier grief, qui, comme sa réponse le montre, renfermait une accusation de lèse-majesté. Il x#e qu'il ait consulté l'éphod pour David, et fait valoir pour sa justification qu'à ses yeux David ne pouvait avoir aucun titre à ce privilège, puisqu'il était l'ami et le confident du roi : « Qui donc parmi tous vos serviteurs est pareil à David, lui le confident fidèle, le gendre du roi, le chef de vos subordonnés (2), comblé d'honneurs dans votre maison ? Aujourd’hui j'aurais commencé à consulter Dieu pour lui (3) ? Loin de moi (un pareil crime)! Que le roi ne me charge point, moi et toute la maison de mon père, de cette accusation ! Car votre serviteur ne sait rien de tout cela, ni de léger ni de grave ! »
(1) Le lieu du culle p. 125.
(2) Klostermann : Oberste aller deiner Unterthanerschaft
(3) L’ interrogation n'est pas indiquée par la par Ébre mais par le ton. Cf. Wijnkoop-van den Biesen Hebrew Syntax 1897. p. 7
Il est évident qu'Achimelek, par sa question « Aurais-je commencé aujourd'hui à consulter Dieu pour David », ne veut pas donner à entendre qu'il le faisait depuis longtemps ; outre que ce n'eût été là qu'une étrange excuse devant le courroux du roi, la suite montre de la façon la plus manifeste que c’est sur le fond même que le prêtre se défend. Il n'aurait pu protester avec tant d'énergie contre l'idée, qu'il n'aurait commencé que d'aujourd'hui à tenir la conduite qui lui est reprochée ; son discours eût ressemblé à une bravade. Encore une fois, il née qu'il ait produit l’'éphod devant David. Et la raison qu'il allègue pour montrer le manque de fondement de l'accusation, prouve que la consultation de l'éphod était réservée au prince : Achimelek n'a pu interroger Dieu pour David, puisque aux yeux de tous David était l'ami, le favori du roi ! [1 n'aurait donc pu le faire que s’il lui avait été possible de reconnaître en David le prétendant au trône.
Après le massacre des prêtres de Nob, c'est auprès de David qu Abjathar cherche un refuge avec l’éphod ; celui-c1 se trouve transporté désormais au service de l'adversaire de Saül. Il est vrai que, L Sam. XX VIII v. 6, d'après le texte actuel, 1l est dit que Saül consulta Jéhova et que Jéhova ne lui répondit point, « ni par les songes, #2 par le Urîm, ui par les prophètes ». Il est des auteurs, tels que Klostermann, qui croient ici à une interpolation. Nous partageons plutôt l'avis, que le narrateur a voulu simplement en ce passage énumérer les différents moyens de consultation qui se présentaient à son esprit, pour insister sur l'idée que le roi réprouvé n'obtenait de réponse d'aucune façon. Au v. 15, Saül, expliquant à l'ombre de Samuël le motif de son recours à un moyen d'information 1lheaite, exprime en termes plus exacts : « Dieu m'a abandonné et ne m'écoute plus, ni par les prophètes ni par les songes ». Ici il n’est plus question de l'Urim, qu'il n'était plus au pouvoir de Saül d'interroger
Deut. XX XIII 8, « l’homme pieux de Jéhova >» qui reçoit en partage les Urôm et Tummêîm, n'est pas Moïse ; ce n'est d’ailleurs pas davantage Aaron. Cest, ainsi que le contexte. ke
montre au v. 9, le collectif Lévi, traité dans le style figuré de la Bénédiction comme un personnage (1). Il serait absurde d'en conclure que les instruments de l'oracle divin se présentent 1ci cornme un insigne appartenant à tous les mnembres de la tribu de Lévi. Au v. 8 même il est rappelé que Lévi fut tenté à Massa, à savoir dans la personne de Moïse ; que Jéhova se disputa avec Lévi à Meriba, bien entendu avec Lévi dans la personne de Moïse et d’Aaron. Rien n'empêchait assurément que l’insigne du chef suprême de l’ordre sacerdotal et lévitique fût envisagé de même comme l'apanage de Lévi. Il est inutile d'insister sur des principes d’exégèse aussi élémentaires, que seul le parti-pris peut méconnaître.
Sur la manière dont se faisait la consultation de l’éphod, l'histoire nous donne des renseignements un peu plus amples que la Loi, sans nous permettre toutefois de nous en faire une idée très précise. À prendre au pied de la lettre les passages 1 Sam. XXIII 2, 4 (coll. 6), XXX 8, on dirait que l'oracle répondait par des phrases entières. Mais, comme il résulte de la comparaison avec d’autres endroits, c’est plutôt le commentaire des réponses, ou le résumé de plusieurs réponses successives, que le récit nous y rapporte. Dans le contexte même du ch. XXITI,vv. 11, 12, on voit que l'oracle se bornait à répondre par une affirmation ou une négation à des questions déterminées qu'on lui posait. Le ch. XIV vv.37 ss. nous l’apprend plus clairement encore. Les LXX représentent ici une leçon plus complète que le texte massorétique (2). Saül demande à Jéhova s'il doit poursuivre les Philistins ; l'oracle ne répond pas. Le roi en conclut que Jéhova est irrité. Pour découvrir la cause de la colère divine, il commence par établir une séparation entre le peuple d’un côté et lui et son fils Jonathan de l'autre. « Et Saül dit : Jéhova Dieu d'Israël, pourquoi n'as-tu point voulu répondre aujourd’hui à ton serviteur ? Si la faute en est à moi ou à mon fils Jonathan, Jéhova Dieu d'Israël,
(1) Voir plus haut, p. 1325. | (2) Cependant Klosterm. préfère ce dernier Ma voyez Driver Hebr. eat Of Sam... à Ta: FOR PC |
donne Uriîm (os ônhoue) ; si la faute en est dans ton peuple Israël (1), donne Tummim (56: ôn éouérnta, D'AN 25). Et Jonathan et Saül furent pris ; le peuple sortit (absous). Et Saül dit : décidez entre moi et Jonathan mon fils... ; et on décida entre lui et son fils Jonathan et Jonathan fut pris ». De ce récit 1l faut conclure que l'oracle répondait aux questions posées à la manière d’un sort sacré, c’est-à-dire que le « oui » ou le « non » étaient signifiés, suivant une convention préalable, par Urim ou par Tummim. Nous disons à la manière d'un sort ; c'est à la même idée que se rattache l'expression : DE « jetez entre moi et mon fils... » Cependant la formule peut s'entendre au sens moral, dérivé de la notion du sort : faites tomber (le jugement) sur moi ou mon fils, décidez entre moi et mon fils (2).
Nous hésitons beaucoup à admettre qu'il s'agisse en réalité d'un sort proprement dit. L’explication d'Ewald, par exemple, qui suppose que la Consultation se faisait au moyen de deux petites pierres de couleur différente (Urim et Tummim), dont l'une ou l'autre était sortie de la poche où elles étaient renfermées, ne nous satisfait point. Car on ne comprend pas, dans ces conditions, comment l'oracle pouvait s'abstenir de répondre ; c'était là une troisième alternative également possible. La consultation pouvait donner Urim, elle pouvait donner Tummîim, ou bien n1 l'un ni l'autre ; ceci toutefois ne pouvait arriver souvent. Il est plus que probable que par sa nature ou sa forme même, l'instrument était adapté au rôle qu'il avait à remplir. On ne peut donc non plus songer à un dé, dont l'un des côtés aurait représenté Urôn, un autre Tummêm ; en ce cas, 1l serait toujours resté, de soi, quatre chances sur six pour le silence. S'il y avait eu trois objets les descriptions ne se seraient pas bornées à en mentionner tout au plus deux. Un
(1) Ieï le texte grec lui aussi est en défaut. Cfr. Driver L. c.
(2) I n’est pas certain d’ailleurs qu’au v. 42 il soit encore question de la consultation de l'oracle. Le pluriel "Er, BaXdete …, xat BaXhouoty ……, semble indiquer que le roi veut confier sa propre cause à une ordalie instituée par le peuple lui-méme. De là la protestation du peuple (LXX)., .
peu plus haut dans le même chapitre, au v. 19, nous lisons une parole de Saül à Achija, qui semble supposer que l'apparèil
sacré devait être soumis à une action continue de la main du prêtre pendant l'opération ; pour méttre fin à la consultation le
roi dit au prêtre : « Retire ta main ! ». On pourrait se figurer
que Urim et Tummim étaient les deux faces d'un objet, où deux objets, dont le prêtre faisait apparaître l’un ou l’autre par le moyen d’un mécanisme quelconque ; quand aucun des deux ne se montrait, c’est que Jéhova refusait de répondre. Il n’ést pas impossiblé non plus que la tradition rapportée par Josèphe, et d'après laquelle la volonté de Dieu se manifestait par l'éclat qui se produisait dans des pierres précieuses, fût un écho dé l'histoire (1). En ce cas Urim et Tummim devraient sé con-
cevoir comme deux pierres précieuses fixées à l'intérieur du
pectoral attaché à l’éphod. Le prêtre dévait approcher l'éphod, et tenir le pectoral ouvert devant le prince qui posait les quéstions auxquelles l’oracle répondait par un phénomène se produisant dans Urim où däns Tummîm. Il suffisait que le prêtre retirât la main pour que le pectoral se refermât.
Il résulte des données du 1° livre de Samuël que Ze prince
formulait les questions dévant l’'Ephod qu'il se faisait présenter. Cependant la consultation est attribuée au prêtre ; parce que c'était sur l’intércession du prêtre que Jéhova manifestait ses réponses. 1 Sam. XIV 42 Saül dit au pluriel : décidez entre moi et mon fils... S'il est encore question ici du jugement par l’oracle, ce qui ne paraît pas bien sûr, il faudra expliquer le pluriel comme se rapportant moralement au peuple dont le prêtre était le représéntant.
L'éphod consulté par Saül et David était un insigne sacerdotal, auquel l’'Urim et Tummim était étroitement rattaché. Il n'est rien de plus manifeste que cela. Outre les passages allégués plus haut, on trouve la même notion supposée 1-R. II 26, où selon toute probabilité il faut lire MEN au lieu de na)
(1) Cfr. Lenormant La divination et la science des présages chez les
Chaldéens; p: 81 s
iébalil
« Je ne te mettrai point à mort aujourd'hui, dit Salomon à Abjathar, parce que tu as porté l’éphod de Dieu devant David mon père... » (1). Quant à 1 Sam. XXI 10, si TEN est ici la vraie leçon (2), la parole d'Achimelek se comprendra aisément en ce sens que l'épée de Goliath était déposée derrière (l'endroit ou le meuble réservé à) l’éphod. Ceux qui proclament, sur le ton tranchant qui leur est habituel, mais qui est parfois de nature à produire un effet contraire à celui qu'ils en attendent, que le code sacerdotal « ne sait plus ce que signifie l'éphod et qu'il confond l’éphod zahab avec léphod bad, lidole plaquée avec le vêtement sacerdotal », s'en imposent à eux-mêmes et confondent l'éphod connu dans l'histoire comme insigne du grand prêtre, avec l’éphod-idole condamné par les récits bibliques comme objet d’un culte illicite et superstitieux. Lorsqu'il est dit 1 Sam. II 28, que Jéhova a choisi le père de la maison de Eli « pour monter à son autel.., et pour porter l’'éphod devant lui », il faudrait être aveuglé par le préjugé pour prétendre qu'il s'agit là d’une idole plaquée. Les données du 1* livre de Samuël, où nous lisons qu'Achija portait l’éphod en ces temps-là, quil portait l'éphod devant Israël, qu’Abjathar se rendit auprès de David en prenant l’'éphod avec lui, n’ont rien de commun avec le récit concernant l'éphod de (xédéon. Kuenen n’hésitait pas à affirmer que « l’'éphod n'est pas une image ni un symbole, mais le scapulaire sacerdotal » (3) ; sous l'influence des textes de 1 Sam., il allait Jusqu'à expliquer dans le mêne sens l'éphod de Gédéon lui-même et celui de Mikha, qui sont pourtant manifestement des idoles (4). Nous avons vu, plus haut, à la faveur de quelle analogie, l’'éphodidole emprunta son nom à l’éphod du grand prêtre.
Nous croyons qu'il est inutile, après l'exposé qui précède, de montrer l'accord entre la description du code sacerdotal et les données du 1° livre de Samuël. L'histoire suppose ce que
(1) Klostermann, in 1.
(2) Vr. notre étude sur Le lieu du culte … p. 34. (3) De stam Levi Theol. tijdschr. VI p. 663.
(4) Godsd. van Israël I p. 9 ss.
IR
la Loi formule, à savoir que l’'Urim et Tummîm, l'instrument de l’oracle divin, était enfermé dans un appareil attaché à l'éphod que portait le grand prêtre. D'après Num. XX VIT 21 c'est pour Josué, qui se tient devant lui, qu Eléazar consulte Jéhova par l’'Urim ; de même que d’après 1 Sam. c'est pour Saül ou David, qui se font présenter l'éphod, que Achija-Achimelek et Abjathar le consultent.
L’archéologie égyptienne, comme Hommel l’a fait remarquer, confirme la conclusion qui se dégage d’un examen attenüf des données bibliques (1).
Après l'exil l'Urim et Tummim n'existait plus ; l'enveloppe en était restée comme un simple ornement de parade, l'oracle avait disparu comme l'arche d'alliance, l'autel d’airain, l’onction du grand prêtre, etc. Ce que Josèphe raconte à son sujet (2), peut passer, comme nous le disions plus haut, pour un écho de l'histoire ; mais c'est, dans tous les cas, un écho bien affaibli, absolument déformé et très lointain.
(1) Altisraëlitische Ueberlieferung pp. 281 ss. (2) Arch. 3, VUL. 9. OU