LA PREDESTINATION DE MARIE
Dieu est l'Être par excellence, nécessaire, absolu, éternel, infini, souverainement parfait, existant par lui-même: Ego swn qui sum (1). Il n'a jamais eu de commencement, Il n'aura jamais de fin. Il est le principe de toutes choses et le centre où tout aboutit (2). Esprit, comme l'appelle saint Jean (3), sa vie est une vie d'intelligence et d'amour (4); elle est nécessairement féconde (5). Or, nous savons ce qu'elle produit dans les profondeurs de l'essence divine. Dieu se connaît, et par la contemplation de son être infini, Il engendre de toute éternité son Verbe (6), qui est sa pensée, sa parole intérieure (7), son image fidèle (8), la splendeur de sa gloire (9), la figure de sa substance (10), son Fils unique (11) en un mot, égal à Lui-même, subsistant et infini comme Lui; et c'est de son Cœur, nous disent les SS. Pères (12), que sort
(1) Eœod., III, 14.
(2) Principium et finis. (Apoc, I, 8).
(3) Spiritus est Deus. (Joan\, IV, 24). ^4) Deus charitas est. (I. Joan., IV, 16).
(5) Pater habet vitam in semetipso. (S. Joan., V, 26). - Apud Te est fons vitae. (Ps., XXXV, 10).
(6) In principio erat Verbura et Deus erat Verbuni. (JOAN., I, 1). - Filius a Pâtre genitus. (Symb. S. athan.).
(7) Eructavit Cor meum verbum bonum. (PsaL).
(8) Qui est imago Dei. (II. Cor., IV. 14).
(9) Qui cum sit splendor gloriae. (Raebr., I, 3).
(10) Et figura substantiae eius. (Ici).
(11) Kilium unigenitum suum misit Deus. (I. Joan., IV, 4).
(12) Verbum semper existens, et in Corde Dei insitum. (S. Théophile d'Antioche, liv. 2, à Antolyqve, n. 22).
— Ego ex ore Altissimi prodivi; id est: Ego ex Corde Patris prodii et l'a-
ce Fils unique, expression vivante et substantielle de sa vertu, de sa sagesse, de sa puissance, de sa bonté, de sa charité, de sa miséricorde et de son amour.
Dieu et son Verbe, en s'aimant réciproquement, produisent le Saint-Esprit comme le terme vivant et personnel de leur amour ; c'est Lui qui relie incessamment le Père au Fils, et le Fils au Père; Il est comme le flux et le reflux de cet Océan infini de vie.
Ces trois Personnes divines, quoique essentiellement dictiuctes entre Elles, ne sont cependant qu'un seul et même Dieu, ayant la même nature et la même divinité. Puisqu'Elles n'ont qu'une seule et même essence, il s'en suit qu'Elles existent d'une manière intime, les unes dans les autres (1), et qu'Elles ont nécessairement les mêmes Perfections.
Dieu, voyant éternellement qu'il était convenable que sa bonté, essentiellement communicative, sortît d'elle-même dans le temps, et se répandit au dehors, résolut de manifester extérieurement ses grandeurs et ses richesses (2). Il agira donc au dehors comme au dedans, afin que le dehors même, calqué sur le dedans (3), lui renvoie une image glorieuse de lui-même. Or, au dedans, c'est par son Verbe que tout lui fait retour, et
ier dicit: Ernctavit Cor meum verbum bonum. (Ps. XLI, Cornel. a lap. m
ECCl. XXIV, 5).
— Vulnerasti Cor meum. (Cant. IV). Vulneravit utique Maria Cor Patris neterui, ubl Verbum divinum ab aeterno latebat, sibique Verbum avulsit, sed quia idem cum Corde Patris illud avellere non potuit, quin totum Patris Cor simul avelleret, ac proinde tametsi Verbum utero suo concepit, dicenda tamen est ex Corde Patris concepisse. Unde S. Augustinus ait: Mariam genuisse ex Corde Verbum (Lib. de S. Vîrginit.) ex verbis: Kructavit Cor meum verbum bonum (Ps. LXIV). vega, Theol. Marian. n. 1804).
— (Pater) Verbum suuni, quod erat et est in Corde suo, mihi totum infudit. (Rutkrt, lib. 1, in Cant.).
— Verbum, non principium habens ex se, sed de Corde Patris. (Id., lib. 4, ltt Cant.).
— Filins Dei, totus et intègre eructatus fuit de Corde Patris in uterum Mariae. (s. Pktiu/s Dam., serm. XLIII).
— (Maria) Verbum ex ipso Patris Corde suscepit. (S. Bern., serm. rir Xatir. tfariae) — (Maria) Filium unicum et unigenitum de Corde extraxit. (Alb. Mag,
in Mariait, cap. 194).