ANNONCES PROPHÉTIQUES DE NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR
L'homme vient de consommer son crime. Convaincu par le Seigneur de sa désobéissance, il entend fulminer contre lui une sentence de mort; morte morieris (1).
Mais le plan divin ne sera pas renversé par cette sentence. La miséricorde et la justice s'embrassent (2). Dieu annonce aux coupables un Sauveur qui naîtra d'une Femme de leur race (3). Et cette Femme écrasera la tête du serpent qui vient de les séduire (4). Cette Femme prédite ici, c'est Vous, ô Marie! que votre rôle et vos prérogatives ont fait nommer Notre-Dame du Sacré- Cœur.
Cette prophétie est transmise par Adam à sa postérité. Ses descendants la lèguent à leurs fils, comme un héritage d'un prix infini. Noé, qui l'avait reçue de ses ancêtres, l'emporta dans l'arche, et la redit à Sem, l'homme de la foi et de l'espérance; et Sem vécut assez pour la redire à Abraham, le Père des croyants. D'Abraham, elle parvient à David par Jacob et la tribu de Juda. dont le fils de Jessé était le rejeton.
Il était réservé à ce royal ancêtre de Marie de déchirer les voiles de l'avenir. Il nous La dépeint, cette auguste Vierge, avec une précision admirable; il en parle comme s'il l'avait sous les
(1) Oen., II. 17.
(2) Justitia et pas osculatae sunl. (Ps. LXXXIV, 11).
(3) Misit Deus Filium suum faetum ex muliere. (Gai., IV, 4).
(4) Ipsa conteret caput tuum. (Gen., m, 15).
yeux. Son regard inspiré pénètre jusqu'au plus intime de son àme et nous en découvre les ravissantes beautés, qui captivent le Cœur du souverain Roi (1). Le Seigneur, dit-il, l'invite à quitter le monde et sa famille pour venir converser avec lui dans la solitude (2). Puis, entrevoyant, à dix siècles de distance, la Maternité divine et toutes ses prérogatives, il s'écrie dans un saint enthousiasme : « 0 Cité merveilleuse de Dieu, quelles glorieuses destinées vous sont réservées! Que de grandes choses publieront de vous les générations à venir (3)! L'éclat de vos mérites dépasse la splendeur du soleil; et l'Éternel, qui habite les hauteurs inaccessibles, doit fixer en vous sa demeure (4). Sur sa lyre, il chante les grandeurs de cette Épouse divine, de cette Mère Immaculée, et de cette Reine du ciel, qu'il voit assise à la droite du Roi des deux, enveloppée dans les longs plis d'une robe, rehaussée de franges d'or, brillante des reflets variés de l'arcen-ciel (5). C'est la même Femme que saint Jean, dans l'Apocalypse, nous dit être revêtue du soleil, c'est-à-dire, du manteau de la Divinité (G), et posséder toutes les richesses du Tout-Puissant; aussi David annonce-t-il que tous les peuples de la terre viendront la prier, et solliciteront de sa bonté tous les trésors dont. Elle sera la dépositaire (7). Dans ce portrait sublime, tracé sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, qui ne reconnaîtrait Notre-Dame du Sacré-Cœur avec tous ses privilèges? C'est bien Elle qui est dépeinte dans cette Vierge par excellence, dans cette Fille du Roi du ciel, dont parle le Prophète. Par ses vertus, Elle ravit le Cœur de Jésus, qui L'a revêtue de sa puissance comme d'un
(1) Omnis gloria Ejus Filiae Régis ab intus. (Ps. XLIV, 14). — Et concupiscit Rex decorem tuum. (Id., 12).
Possunt haec omnia accommodari potissimum B. Virgini Mariae. (Cornel. A La P. in Ps. I.IV, 10).
(2) Audi, Filia, et vide, et inclina aurem tuam; et obliviscere populum tuum el domum Patris tui. (Ps., id. 11).
(3) Gloriosa dicta sunt de Te, civitas Dei. (Ps. LXXXVI, 3).
(4) In sole posuit tabernaculum suura.... tanquam sponsus procedens de thalamo suo. (Ps. XVIII, 6).
(5) Astitit Regina a dextris tuis in vestitu deaurato, circumdata varietate. (Ps. XLIV, 10).
(6) In Te manet sol (Christus) et Tu in Eo; et vestis Eura, et vestieris ab Eo. (s. Bern., serm. de B. Vtrg.).
(7) Vultum tuum deprecabuntur omnes divites plebis. (Ps. XLIV, 13). - T)enominavit Propheta omnes gentiles. (Corn, a Lap., in Ps. XLIV, 13).
vêtement de gloire, et établie Trésorière de toutes ses grâces et Dispensatrice de tous ses biens; Vultum tuum deprecabuntur (1).
Le fils et le successeur de David, Salomon, à qui Dieu dévoile les secrets de l'avenir, prédit, lui aussi, les grandeurs de Marie. Il parle de sa Prédestination, de toute éternité (2), de son incomparable Pureté, qui dépasse celle des Anges (3), de la Prédilection que Dieu eut pour Elle (4), du choix qu'il en fit pour être la Mère de son Fils, Sagesse incréée (5), de son alliance avec le Verbe, qu'Elle captiva par sa beauté. Dans ses Proverbes, il La peint sous les mêmes traits dont il peint la divine sagesse, qui préside à tout, qui jouit de tout, qui possède toutes les richesses et les distribue, avec générosité, à quiconque en a besoin (6) et, en dernier lieu, il la salue comme la Femme forte, opulente entre toutes, et les surpassant par l'abondance de ses biens, l'éclat de son prestige et la tendresse compatissante de son cœur (7).
Pourquoi tant de prestige et de gloire, tant de distinction et d'éclat, tant de grandeur et de puissance, tant de trésors, en un mot, accumulés sur une simple créature? Pourquoi cette créature privilégié0 invite-t-elle tous les peuples à venir à elle pour trouver la vie, chercher le salut et puiser le bonheur? Répondez-nous, Fils de David, vous à qui le ciel livre ses secrets! « Ah ! c'est que cette Vierge unique, chef d'œuvre incomparable de l'auguste Trinité, ravit, par ses charmes, le Cœur du Verbe, lui fit une blessure d'amour, et l'attira à elle, pour le renfermer
(1) Ce n'est pas sans une raison profonde, dit Cornélius de Lapierre, que l'Eglise, dans la sainte Liturgie, applique tous ces textes à la Bienheureuse Vierge Marie. (Itaque non sine ratione, hic Psalmus canitur in festis B. Virginis. In Ps. XLIV. 11).
(2) Ab aeterno ordinata sum. (Prov., VIII, 23).
(3) Tota pulchra es, arnica mea, et macula non est in Te. (Cant., IV, 17).
(4) Ego in Altissimis habitavi. (Eccli., XXIV, 7).
(5) Sapientia aedificavit sibi domum. (Prov., IX, 1). — Ego Mater pulchrat dilectionis. (Eccli., XXIV, 24).
(6) Ego Sapientia habito in concilie... Mecum sunt divitiae et gloria.... Qui Me Lnvenerit, inveniet Vitam, et hauriet salutem a Domino. (Prov., VIII).
(7) Mulierem fortem quis inveniet? etc. (Prov., XXXI, 10 et sequent.).
dans son propre cœur (1). Et puisque ce Cœur sacré du Fils de Dieu a déposé entre ses mains ses richesses infinies, pour qu'elles soient distribuées au monde, il faut que toutes les nations aient recours à sa puissante intercession. »
Nous trouvons donc, dans cette coopération anticipée de Marie, l'explication et la justification de son nouveau nom.
Entendez-vous Jérémie s'écrier : « Le Seigneur a créé sur la terre un nouveau prodige. Une femme enceindra un homme (2). » « Quelle est cette femme? Quel est cet Homme? » se demande saint Bernard? C'est l'homme dont parle saint Paul, l'homme fait de la femme, dans la plénitude des temps (3), de la femme seule, c'est-à-dire, d'une Vierge; et cette femme est Marie (4).
Voilà le double prodige dont parle le Prophète. C'est d'abord le nouvel Adam, c'est-à-dire, un Homme-Dieu qui sera conçu d'une Vierge, par la seule opération du Saint-Esprit, en vertu d'une nouvelle génération....
C'est ensuite la nouvelle Eve, prédite dès l'origine des temps, qui est montrée à la terre dans un état de Maternité et de Virginité tout à la fois. Elle porte dans son sein immaculé, non pas un enfant ordinaire, engendré comme les autres, mais un homme complet, parfait en sagesse, en grâce et en gloire, dès le premier instant de sa conception miraculeuse, bien qu'il apparaisse à la vie sous la forme d'un nouveau-né, et qu'on voie son corps se développer selon les lois de la nature. C'est, d'après le texte hébreu, un Homme fort et puissant, un Héros, ou pour mieux dire, c'est la Force même de Dieu, c'est le Dieu fort. C'est le Christ, c'est le Messie, le Prince de la paix, le Père du siècle futur qui
(1) Vulnerasti cor raeura, soror mea, sponsa; vulnerasti cor meum (<7awt.IV, 9). Pro vulnerasti; hebraice est excordasti, idest, cor mihi abstuLsti, cor meum mihi eripuisti, et in corde tuo conclusisti et captivasti. (Cornel. a Lai\ tn Ccmt., cont. c. IV, 9).
(2) Creavit Dominus novum super terram: femina circumdabit virum. (Jereh. XXXI. 22). Femina, idest, B. Virgo. (Cornel. a Lap. in Jerem. XXXI, 22).
(3) Ut ubi venit plenitudo temporis, misit Deus Filium suum, factum ex muliere, factum sub lege. (Gai., IV, 4).
(4) Mystice, haec omnia adoptes B. Virgini. Ipsa enim ab aeterno ordinata fuit, quia Ipsa est opus magnincum, etc. (Cornel. a Lap. in Prov. VII, 23 et sequent.).
donnera à un monde nouveau une loi nouvelle, une alliance nouvelle, et. toutes choses nouvelles (1). »
Écoutons saint Augustin sur ce sujet: « La grande merveille « dont parle Jérémie, dit-il, c'est que le Créateur de l'homme se « fasse homme lui-même, que le Régulateur de toutes choses se « laisse conduire, que le Pain de vie qui rassasie toutes les faims « ait besoin de se nourrir, que la Source qui étanche toutes les « soifs demande à boire, que la Lumière éternelle se livre au « sommeil, que Celui qui est la vraie Voie se fatigue à la mar- « che, que la Vérité par essence soit obscurcie par de faux té- « moignages, que le Juge des vivants et des morts soit jugé lui- « même, que la Justice personnifiée soit condamnée, que Vlnno- « cence soit flagellép, que la Grandeur soit couronnée d'épines, « que le Soutien de tous les mondes soit suspendu à un gibet, « que la Force devienne faiblesse, que le Salut reçoive des bles- « sures, et que la Vie connaisse la mort (2). »
(1) 1. Dico ergo plane et genuine: « Novum, » hoc est novus homo, scilicet homo Deus, ex nova Virgine Matre, nova generatione, scilicet absque viri semine, sola Spiritus Sancti creatione productus, ut hic dicitur, q. d. femina, id est B. Virgo. circumdabit, et utero suo claudet virum, hebraice geber, id est illum fortem et potentem Virum, sive heroem (unde aliqui pro geber legunt gibbor, id est fortis) quem Gabriel enim ex geber et el componitur, significatque fortitudinem Dei, vel fortem Deum. «Circumdabit ergo virum, » id est Chris tu m, qui, cum Deus sit, nullis locis aut terminis concludi potest.
2. Quia licet Christus, qua homo conceptus et nascens, statura et aetate sit infans, est tamen a primo suae conceptionis instanti vir, sapientia, gratia, gloriosa perfectus.
3. Quia Christus puer est vit- fortis, qui jam tum daemonem etomnes hostes prostravit, Isaiae, VII, 4; hic enim infans erit Deus, fortis, Princeps pacis, Pater futuri saeculi: qni novo orbi novam legem, novum foedus, et nova omnia dabit. S. Hieronymus, Robanus, Hugo, D. Thomas, Iyranus, S. Augustinus, serm. 9 de Tempore, S. Cyprianus, serm. de Nativitate Domini: estque communis haec Patrum, Interpretum et Doctorum orthodoxorum explicatio.
— S. Hieronymus, cui adhaeret constans SS. l'atrum et Interpretum Catholicorum traditio, per haec verba: Femina, circumdabit virum, statuit designari Virginem illam quae Messiam sit paritura (Isai., cap. VII, vers. 14). Quae anibire dicatur, id est concipere et ventris ambitu cingere virum, id est Messiam, cuius haec verba sunt: < Novam rem creavit Dominus super terram: absque viri semine, absque illo coitu et conceptu, femina circuindabit virum gremio uteri sui, qui juxta incrementum quidem aetatis, per vagitus atque infantiam, proficere videbitur sapientia et aetate, sed perfectus vir in ventre femineo, solitis mensibus continebitnr. >< (Haceados, et alii Rabbini citati a Castro, lib. 7, cap. 14. - (ornel. a Lap., in Jerem., XXXI, 22).
(2) Audi S. Augustinum, serm. de A'atali Domini: «Homo, ait, factus hominis Factor; ut sugeret ubera Regens sidéra; ut esuriret Panis; ut sitiret Fons; dormiret Lux; ab itinere Via fatigaretur; l'alsis testibus Veritas occultaretur; Judex vivorum et mortuorum a judice mortali judicaretur; ab injustis Justitia damna-
« Voilà autant de merveilles renfermées dans cette parole du « Prophète: Une femme enceindra un homme. Mais il en est d'au- « très non moins merveilleuses: cette Femme destinée à être Mère « sera Vierge, et cette Vierge ne perdra rien de son intégrité dans « la conception divine qui est annoncée. La terre restera étran- « gère à ce prodige. C'est la vertu du Très-Haut qui, sans autre « concours que celui de l'Esprit-Saint, opérera cette nouveauté « merveilleuse. Le Verbe divin, venu du ciel, se renfermera dans « le chaste sein de Marie, comme dans un cercle mystérieux qui « l'environnera de toute part, ou comme dans un sanctuaire in- « violable que Salomon appelle un Jardin fermé, une fontaine « scellée. La Vierge deviendra une circonférence dont le Christ « sera le centre (1). »
Et le Christ qu'est-il? La lumière éternelle, la splendeur de Dieu. Et voilà que ce vrai soleil de justice sera circonscrit dans un astre radieux, qui est Marie (2). Et du point central de ce divin Soleil s'échappera une infinité de rayons, qui passeront tous par la Circonférence pour se communiquer à l'extérieur.
Ce point central, qu'est-il? Le Cœur de Jésus (3), ce foyer d'amour, ce trône de la miséricorde, cet océan de toutes bénédictions. Ces rayons, ce sont les grâces dont il est la source ; ce cercle mystérieux qui enserre tout, et par qui tout doit passer pour se répandre au dehors, c'est Notre-Dame (4).
retur; flagellis Disciplina caederetur ; spinis Botrus coronaretur; in ligno Fundamentum suspenderetur; Virtus inflrmaretur, Salus vulneraretur; Vita moreretur. »
(1) Haec sunt nova et potentia inclusa in hac sententia: Femina circumclabit virum. Nota primo: Verbum circumdabit apprime Virginitatem B. Mariae in conceptu explicat, q. d. Haec Femina ioetum, non a viro accipiet (erit enim Virgo), sed intra se coelitus datum, claudet in modum circuli, undequaque integri et perfecti, nulla vel minima scissione violati: hac de causa Cant., IV, 12, vocatur ipsa « hortus conclusus, fons signatus. » Centrum ergo est Christus, circulus Virgo. (Cornel. a Lap. in Jerem., XXXI, 22).
(2) In sole posuit tabernaculum suum. (Ps. XVIII, 6).
(3) Cor situm in raedio hominis. (S. Thom., de motu cordis).
— Sol est Verbum, Filius tuus. (Blosius, in Ps. LXXXVII).
— (Virgo) circumscriptio Eius, qui circumscribi non potest.... Complexio Eius, qui caetera complectitur. (S. Method., orat de hypap.).
— (Maria) Stella Solem procreans.... Aurora de qua nascitur sol justitiae. (S. Petr. Dam., serm. 1 et 3 de Nativ. Virg. et serm. de Assumpt.).
(4) B. Maria.... inter beata viscera clausit et portavit (Eum), ut Ispa sit jam facta quasi orbis cuius centrum est Filius Dei, Jésus Christus, quoniam Ipse est sicut centrum in circulo a quo exeunt omnes lineae. (S. Bern. Sen., t. 4, p. 93).
Elie veut annoncer au peuble de Dieu la fin des maux qui l'affligent. Il lui promet que des années d'une extrême abondance feront place à une stérilité désolante, engendrant de tous côtés la famine et la moi t. Il se recueille sur la montagne du Carmel. Qu'aperçoit-il dans sa vision? Un petit nuage, gros comme le pied d'un homme, qui s'élève de la mer (1). Ce nuage se développe et devient considérable. Puis, de son sein, s'échappe une pluie abondante, qui porte partout la fécondité.
Ce petit nuage, qui s'élève au-dessus de la mer, et qui répand sur toute la terre une pluie bienfaisante, nous représente Marie, disent les saints Docteurs. De son sein virginal est sorti le Christ dont le Cœur adorable, fontaine mystérieuse qui s'alimente au ciel (2), a versé sur le monde stérile des âmes la rosée céleste, cause de leur divine fécondité (3).
Puisque c'est par Marie qu'a pris naissance cette fontaine sacrée, c'est encore par elle que ses eaux salutaires viendront jusqu'à nous (4).
(1) Ecce nubecula parva, quasi vestigium hominis, ascendebat de mari. (III Reg., XVIII, 44).
(2) la die illa erit Fous patens domui David. (Zach., XIII, 1).
— Ilaurietis aquas ia gaudio de foatibus Salvatoris. (Isai., XII, 3).
(3) Stupendam illam nubeculam, quarn levandae trienoali auooaae vidit olim Elias e pelago prodeuateoi: Ecce nubecula parva, iaquit sacer textus, quasi vestigium hominis ascendebat de mari. (III Reg.. XVIII, 44). Istam, aio, nubeculam voluit Joannes Hierosolymitanus antistes Matrem esse admirabilem, cum dixit: « Deus sub figurata visioae revelavit tune Eliae, quod quaedam iafantula nasceretur, scilicet H. Maria, per illam nubeculam signifleata. » Optime omnino, siquidem quemadmodum nubes aqua gravidatur necessitati ac solatio humano depluenda, ita Virgo beo fit plena, cui humaoa acclamant egestas atque solitudo: Rorate, Coeli, desuper, et nubes pluant Justum. (Isai., XLV, S). Nubecula e mari levata, quia caeterarum nubium instar salsas Oceaai aquas attrahentium, easque in dulcedinem prius colliquantium, quam desuper effundentium, exacerbatum peccatis Deum visceribus suis hausit, totumque nobis indulcoravit, priusquam féliciter enixa est. (Summa aurea, t. XIII, p. 264).
(4) O Mater, Mater sanctissima! Tu es optatissima illa nubes de qua Joannes Hieronym. : « Nubecula parva, dulcis et pura. » (Id., p. 156).
— Per eam exivit de Coelis, quidquid gratiae venit io mundum. (S. Anton., p. 4, t. 15, c. 20, S 12).
— Ecoutons Isaïe: Le Roi de Juda est menacé par ses ennemis, qui veulent détruire son empire et anéantir son peuple. Achaz est saisi de frayeur et perd confiance. Le Prophète le vient trouver par l'ordre de. Dieu, et lui dit: «Non, vos ennemis ne « triompheront pas, et votre peuple ne sera pas détruit, car c'est « de lui que doit naître le Messie. Écoutez : Voici qu'une Vierge « concevra et enfantera un Fils, qui sera appelé Emmanuel, « c'est-à-dire Dieu avec nous (1) ».
L'Evangéliste, huit siècles plus tard, invoquera cette célèbre prophétie, lorsqu'il racontera la naissance du Sauveur du monde. Il mettra en regard la figure anticipée et l'original, la promesse et sa réalisation (2). Cet Enfant libérateur, poursuit Isaïe, « por- « tera sur son épaule le signe de sa domination. Il sera appelé « l'Admirable, le Conseiller, Dieu, le Fort, le Père de l'éternité, « le Prince de la paix. Il s'assiéra sur le trône de David; Il « fondera et affermira à jamais son règne; son empire s'éten- « dra de plus en plus, et la paix qu'il établira n'aura point de « fin (3). » « 77 sortira d'un rejeton de Jessé, comme une fleur « sort de sa tige. L'Esprit du Seigneur se reposera sur Lui, « l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de « force, l'Esprit de science et de piété (4). » C'est ce rejeton de Jessé, c'est la Vierge par excellence qui nous donnera l'Emmanuel, ou Dieu lui-même; Elle s'appellera Marie (5). Mais ce Dieu, incarné dans son chaste sein (6), pour Lui témoigner sa reconnaissance, La rendra participante de ses grandeurs et de ses divins trésors; Il L'établira Dispensatrice de tous ses dons....
(1) Ecce Virgo concipiet, et pariet Filium, et vocabitur nomen eius Emmanuel. (Isai., VII, 14).
(2) V. Matth., I, 23).
(3) Isai., IX, 6, 7).
(4) Ici., XI, 2.
(5) De flde est sic vertendum esse, Ecce Virgo concipiet; et haec verba intelligenda esse de B. Virgine Deipara, intégra et intacta Virginitate christum Dominum concipiente et pariente. Id patet Matth., I, 20 et 23. ^Cornel. a Lap. in Isai., VII, 14).
(6) Emmanuel, est nobiscum Deus; est Fortis, puta Deus; est Admirabilis, Consiliarius, Deus, Fortis, etc. - Est Jésus nostra redemptio, est Verbum infans. Puer sapiens, Deus lactens, ait S. Bernardus. (Cornel. a Lap. in Isai., VII, 14).
Ne paraît-il pas naturel, en effet, que la tige mystique, qui s'épanouira sous la rosée du Ciel, se glorifie de la fleur merveilleuse qu'Elle aura seule produite, qu'EUe participe à la suavité de ses parfums, et qu'Elle revendique, en quelque sorte, la richesse de ses brillantes couleurs?
Cette Tige sacrée, c'est Marie; cette Fleur divine, c'est le Christ; ces couleurs et ces parfums varié < sont les grâces qui sortent de son Cœur adorable, comme d'une corolle mystérieuse ; et ces grâces, pour venir jusqu'à nous, passent toutes par vos mains bénies, ô divine Vierge.
En remontant le fleuve des âges jusqu'à sa source, et de là, nous élevant jusqu'à Dieu, nous avons vu Marie prédestinée, figurée et annoncée, non-seulement, comme Mère du Verbe incarné, mais aussi, comme Dispensatrice de toutes les richesses que renferme son Cœur Sacré ; c'est pour cela que nous l'appelons, Notre- Dame du Sacré-Cœur.
Descendons maintenant le cours des siècles, qui contourne son berceau et s'étend jusqu'à nous, nous trouverons encore, d'une manière plus frappante, la raison d'être de ce nouveau Titre.