V. >/., s. 3, art. 2, c. 3, de Nomine Mariae
(3) Sum etiam Mater omnium, qui sunt in Purgatorio, quia omnes poenae, quae debentur purgaadis pro pecentis suis, in qualibet hora propter nreces meaa quodammodo mitigantur. (S. Brio., Revel., lib. 4, c. 138).
(4) Habuit, ob Filii Dei Maternitatem, dominium in omnia. (Corn, a Lap., t. 5, p. 213, col. 1, éd. Vives).
— Tmo ratione maternae dignitatis liabet singulare jus ad bona Filii. (Suarkz, in 3 part., disp. 1, sect. 2, n. 7, t. 19, p. 10, éd. Vives).
Jésus voudrait-il l'en priver? Oh! non, Il aime trop sa Mère! « Au reste, s'écrie saint Pierre Damien, n'a-t-il pas placé entre «ses mains tous les trésors de la miséricorde divine (1)?»
A Vous, ô Mère compatissante, de soigner vos enfants dans leurs souffrances, de leur venir en aide dans leur détresse, de les soulager dans leurs besoins! A Vous, de puiser pour eux dans le Cœur de Jésus, source de tout bien et dont Vous avez la clef, tous les secours qui leur sont nécessaires!
Ainsi, nous le voyons, au Purgatoire comme sur la terre, Marie est bien la souveraine Dispensatrice des trésors du Sacré- Cœur.
Maintenant, si nous élevons nos yeux vers le Ciel, la Très Sainte Vierge nous apparaît encore la Mère des vivants.
Les premiers de ces Vivants sont les Anges. Saint Bernardin de Sienne nous dit que ces Esprits bienheureux doivent à Marie, après son divin Fils, leur persévérance dans la grâce et leur élévation dans la gloire (2).
« En les créant, ajoute saint Vincent Ferrier, Dieu leur mon- « tra la Vierge prédestinée, avant toute créature, à devenir la « Mère du Christ, et leur fit voir que c'était par Elle que leur « ruine serait réparée et que toute la Cité céleste serait peu- « plée (3). »
(1) Serm. 1, in Nativ. B. M. V., p. 740, t. 1, éd. Aligne.
(2) Altiori tamen intelligentia dicere possumus, quod B. Virgo in Altissimo lumine contemplationis vidit, per mérita sua, post Filium suura, plurimum profuisse sanctis Angelis in gratificatione et glorificatione eorum. (S. Bern. Sen., Pro Fest. V. M., serm. 9, a. 2, c. 2, de Visit. B. V. A/.).
— Unde ab ipso Deo Pâtre recepit fontalem foecunditatem ad omnes generandos electos, et etiam ipsos Angelos, in aliquo gustu, et gradu, et experientia divinorum, quum etiam, ab ipso exordio creationis et glorificationis eorum, praeviderint Eam l'uturam Matrem Dei. Igitur ipsa Virgo, ex hoc habet a Pâtre rationem primitatis et sublimitatis regalis et imperialis super omnem oreatam naturam. (Id., ibid., serm. 12, a. 2, c. 1, de Assumpt. B. V.).
(3) Deus revelavit sanctis Angelis, quod eorum ordo repararetur... dicens omnibus quod ipse crearet et formaret Virginem, ex cujus fructu tota civitas ista populabitur. Cogitate quomodo sancti Angeli conceperunt illam sanctam Virginem in mentibus suis, per quam eorum ruina repararetur. (S. Vjnc. Ferr., serm. 4, de Concept. V. M., t. 2, p. 12-13, éd. 1729).
— Ruina Angelica per Eam reparata. (Rie. a S. I.aur., de Laud. B. M. V., lib. 4, c. 9, n. 7, p. 115).
C'est la pensée de Richard de Saint-Laurent, de saint Thomas, et le sentiment commun des Théologiens, dit le docte Sedlmayr (1). Aussi, Albert-le-Grand affirme-t-il que nous pouvons appeler Marie « la Mère des Anges, puisqu'Elle a engendré le Père des Anges « et leur Restaurateur (2). »
Qu'ils .sont donc bien les Vivants, ces fortunés habitants du ciel ! Tous y sont pleins de vie, et leur vie, c'est Celui-là même qui est la Vie, c'est Dieu; les Bienheureux vivent en Dieu; ils vivent de Dieu; vie parfaite, stable, éternelle, sans mélange de mortalité.
C'est-à-dire qu'en eux la grâce a fait place à la gloire. « Car, « comme dit Saint Thomas, la grâce est le commencement de la « gloire, de même que la gloire est la consommation de la grâce (3).» La vie divine a passé en eux de sa forme première et initiale, à sa forme dernière et parfaite. Jadis ils la portaient dans leur sein comme un trésor caché, caché pour les autres et pour eux-mêmes; la voilà maintenant, cette vie, coulant à pleins bords dans tout leur être, et visible, visible pour eux, visible pour tous.
Or, cette vie c'est par Marie qu'ils la recevaient dans l'épreuve, à l'état de grâce, c'est donc par Marie qu'ils la reçoivent au ciel à l'état de gloire (4).
(1) Christus et B. Virgo meruerunt Angelis gratiam habitualera et gloriam essentialem, merito dignitatis spectante ad genus causae fitialis, quatenus Angeli sunt creati, gratia et gloria dotati, propter Christum et Mariam. Haec assertio est in re communis Theologorum, spectando ea, quae dicta sunt superius, de praedestinatione. (Theologia Marian. a Virgtl. Sedlmayr, n. 1870, p. 782, etc.)-
— Ideo B. Virgo est causa gratiae sanctificantis, et gloriae essentialis in sanctis Angelis. (Id., ibid.) - Ter quam Angeli et Archangeli laetantur, per quara Daemones fugantur, per quam tentator Diabolus coelo decidit; per quam prolapsa creatura in coelum assumitur. (S. Cyrtllus, hom. habita Ephesi, p. 2, act. 1, concil- Ephesin., t. 10, p. 991, éd. Migne).
(2) Ipsa enim ante saecula praedestinata est, ut esset priucipium, ex quo recreandum fuit omne ereatum.. Angelorum quoque Mater dici potest; quia generavit Patrem Angelorum et Restauratorem eorum. (Alb. Mac, super Missus, c. 1S4).
(3) s. Tiiom., II-II, q. 24, a. 3, ad 2.
(4) Per Te, Domina... ad. aeternam gloriam quicumque sumus perventuri, pepveniemus. (K. anset.., tract, de Concept. B. .V., t. 2, p. 315, éd. Migne).
— Nec solum per Eam lux gratiae in terris, sed etiam visio T>ei animabus data est in roelis. (Rie. a S. Vict., in Cant. cant., pars 1, c. 39, p. 517, éd. Migne).
— liabet plenitudinem gloriae omnium sanctorum. (Corn, a Lap., t. 9, p. 731, col. 2. éd. Vives).
Le sang jaillit en nous du cœur, par une artère puissante, et se répand ensuite par tout notre corps; nous ne voyons rien de cette admirable circulation; mais si tout-à-coup, notre chair devenant transparente, ces mystères nous apparaissaient, y aurait-il quelque changement dans la circulation elle-même ? Nullement. C'est toujours du cœur que viendrait le sang et toujours par la même artère principale qu'il serait, au sortir du cœur, versé, distribué clans les artères secondaires. Le sang, c'est l'image de la vie divine. Cette vie, c'est du Sacré-Cœur qu'elle nous vient, et elle nous vient par cette artère unique, Marie, Mère des vivants. Nous ne voyons aujourd'hui ni le cœur, ni l'artère; ni la source, ni le canal premier; le sang lui-même, nous ne le voyons pas: nous verrons au ciel toutes ces merveilles; mais en devenant visibles, elles ne changeront pas. La source sera toujours la même, le canal toujours le même, seulement nous verrons: et cette vision sera notre éternel bonheur.
Dieu alors, et Jésus et Marie nous apparaîtront dans toute leur gloire. Dieu, source de vie, sans fond et sans rivage ; source jaillissant tout entière en Jésus, et de Jésus se communiquant à tous ses élus par Marie (1).
Immense et merveilleuse société, merveilleuse par le nombre de ses membres, par la beauté de chacun, plus merveilleuse par son unité parfaite! Une seule vie, un seul corps, une seule tête et un seul cœur. Et ce tout, d'une variété merveilleuse, dans une merveilleuse unité, ce sera le Christ.
Et Marie apparaîtra Mère de ce Christ, Mère des Anges, Mère de tous les élus et de chacun : il n'y aura de vie que la vie donnée par Elle; on La verra comme Elle est: Mère de la vie (2).
— Est in coelis sanctorum hilaritas. (fd., t. 4, p. 568, col. 2).
— Habuit, ob Filii Dei niaternitatem, dominium in omnia (argo in gloriam). (Id., t. 5, p. 213, col. 1).
— ' Per Te resurrectionis nostrae tesseram certissimam tenemus. (S. Ephrem., orat. 4, ad Deiparam, graeco-lat., t. 3, p. 532, éd. Assemani).
— Meae animae, corporisque restauratio. (Id., Ibid., p. 530).
(1) Omnia per Mariam. (S. Bern.).
— Omnis gratia, quae huic saeculo communicatur, triplicera habet processum. Nam a Deo ;n Christum, a Christo in Virginem, a Virgïne in nos ordinatissime dispensatur. (S. Bern. Sen., Pro Fest. V. M., s. 6, art. 1, c. 2, de Annunt. B. V.).
(2) Maria, Mater Vitae, sciliret Christi, qua vivunt universi. (Rie. a S. Laur., de Laud. B. M. V., lib. 6, c. 1, p. 186).
— Quia, ut dicitur Jac, I, omne donum perfectum desuvsum est, descendais
Et parce que cette vie, Elle l'aura donnée après l'avoir demandée et obtenue, et obtenue en vertu de sa Maternité divine et de son intercession toute-puissante sur le Cœur de son Fils, source de toute vie; en même temps que Mère des vivants, Elle apparaîtra dans toute sa splendeur, dans tout l'éclat de sa gloire et de son triomphe, Not)"e-Dame du Sacré-Cœur.
n Pâtre luminum, Deinde defluat in animam Virginis, inde in Seraphim, deinde in Cherubim, et sic successive in alios ordines Angelorum, atque Sanctorum, démuni in Ecclesiam militantem, et maxime in amicos Dei et Virginis gloriosae. (S. Rern. Sknfns., Pro Fest. V. M., s. 3, art. 3, c. 2, de glorloso Nomine Mariae).
— Deus, quidquid boni dat creaturis suis, per manus Matris Virginis vult transire. (Rie. a S. Laur., de Laud. B. M., lib. 2, c. 3, n. 4, p. 60).
— guid dicam, quid proloquar? quo pacto Beat? m praedicabo gloriae radicemf (S. Epipiian , de Laud. Delp., homil. 5).
— Vi-l primo per Eam repl^bimur animae gloriftcatione; secundo replebimur corporis immortalitate. (Rie. a S. Laur., de Laud. B. M. Virg., lib. 9, c. 30, p. 283).
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