LUC, VI
(1) s. Matth., XV, 19.
(5) I Rerj., XVI, 7.
(G) Œuvres du Card. Pie, év. de Poit., t. (i. p. 609.
« comme le principe de ses inspirations (1), le foyer de sa cha- « rite, le centre des affections de son âme, la source d'où ont « coulé tous les mystères, tous les sacrements de l'Église, sans « laquelle on n'a pas d'accès vers cette vie qui est la vie véri- « table (2)... Le Cœur de Jésus, c'est tout Jésus (3). » Il résume donc toute la Personne adorable de ce divin Sauveur. Or, le Cœur de Jésus, étant le Cœur d'un Dieu, en vertu de l'union hypostatique, devient le centre et le point de départ de ces actes merveilleux que nous appelons théandriques, c'est-à-dire, divins et humains, qui constituent la vie même de Jésus; et puisque le cœur de l'homme représente l'homme tout entier, il est légitime de dire que le Cœur de Jésus-Christ est l'expression abrégée et vivante de sa divine Personne. Voilà pourquoi un pieux écrivain s'écriait: « 0 mon Dieu! votre Cœur, c'est Vous; et Vous n'êtes « que votre Cœur (4). » Et quand nous adorons ce divin Cœur, c'est Jésus lui-même qui reçoit nos adorations. Aussi Notre-Seigneur applique-t-il à son Cœur tout ce qui convient à sa Personne sacrée. « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, dit-il un jour à la Bienheureuse Marguerite-Marie; et parlant ensuite, non plus de son divin Cœur, mais de sa Personne adorable, il ajoute: «Je « ne reçois de la plupart que des ingratitudes (5). » Donc, son Cœur et Lui c"est tout un. Et voilà pourquoi, dans le cours des apparitions, il ne montre souvent à la Sainte que son Cœur isolé (0).
(1) Cor illud SS. divinae charitatis Sedem. (Pins IX, Decr. de Beatif. M. Alacoque).
— Idem, S. Thom., I-II. q. 17, art. 9, ad 2.
(2) Unde Sacraraenta Ecclesiae manaverunt, sine quibus ad vitam, quae vera vita est, non intratur. (S. Auc, in Joan. étang., c. 19, tract. 120, n.2, t. 3, p. 1953).
(3) Œuvres du card. Pie, év. de Poit., t. 6, p. 611.
(4) Mgr. Baudry, le Cœur de Jésus, p. 2, § 3 et 4, p. 193 et 196.
(5) Vie de la B. Marguerite-Marie , par ses contemporaine-, t. 1, p. 123 et 124, édit. 2.
(6) Tantôt sur un trône de feu et de flammes, rayonnant de tous côtés, plus brillant que le soleil et transparent comme le cristal.
— Tantôt au milieu des flammes de son pur amour, environné de séraphin-; qui l'adorent en chantant d'un concert agréable:
L'amour triomphe, l'amour jouit, L'amour du saint Co'ur réjouit.
— Tantôt comme un soleil brillant d'une éclatante lumière, dont les rayons, dit-elle, donnaient à plomb sur mon cœur.
— Plus tard, dit un de ses historiens, comme si Dieu eût voulu concentrer ses
Concluons. Le Cœur de Jésus est l'expression abrégée de sa Personne adorable, « comme le Culte de ce Cœur sacré, selon la parole du cardinal Pie, est la quintessence même du christianisme, l'abrégé et le sommaire substantiel de toute la Religion (1),» comme le Christ est l'expression vivante et sommaire de toutes les créatures qu'il récapitule, dit saint Paul (2).
« Lorsque Dieu regarde le Christ, il voit le monde tout entier (3). » Paroles profondes que sembleraient compléter celles-ci: Lorsque l'âme regarde le Christ, elle Le voit tout entier dans son Cœur sacré. Elle sent bien d'ailleurs qu'elle l'y trouve, qu'il est là avec tous ses trésors, quand elle Lui adresse cette prière que l'Église met sur ses lèvres : Cœur Sacré de Jésus, ayez pitié de nous! Cor Jesu sacratissimum, miserere nobis?
Résumant donc ce qui précède, nous disons : Si le Fils de Dieu, en se faisant homme, a voulu obéir à sa Mère: et erat subditus illis, à plus forte raison, condescend-il aux prières de Marie, rendant ainsi son intercession toute-puissante auprès de Lui. Sa prière est une sorte de commandement (41. Elle a droit à son amour, à sa condescendance. Or, ces prérogatives, que sa Maternité Lui donne sur la Personne de Jésus, s'étendent aussi sur son Cœur adorable (5), puisqu'en Jésus, comme en tout homme, le Cœur résume la Personne tout entière, nous venons de le voir.
regards sur lf Cœur même, ce Cœur commença ;'i lui apparaître seul. Spectacle adorable! au ciel et sur la terre, tout se résumait eu un Cœur. (I/abbé Bougaud, Vi 'le In B. Marguerite-Marie, p. 293).
(1) Le cardinal Pie, évéque de Poitiers, t. 3, p. 48.
(2) Euh., I, 10.
(3) Mgr. Gay, de la Vie et des Vertus chrétiennes, t. 1, p. 64.
(4) Oratio (Deipn> i ii.ib:'l>:it rationem Lmperii. (K. Antonïn., Biblioth. Virg., t. 2. p.
(5) Habes enim, habes, scio, voluntati pare m potentiam, tanquam Mater Al- , Propterea a idas factus sum. (S. Kpiir., orat. 8, ad Dei parant, graeco-lat.,
t. ". p. 7i I r» , éd. Assemani).
— Tu aul materna in Deum auctoritate polies, etiam iis qui enor-
miter peccant, eximiam temissionis gratiam concilias. Non enim potes non exattdiri, cum Deus, ut verae ac intemeratae Matri suae, quoad omnia, et per oinnia, • ; i omnibus, morem gerat. (S. Germ., arch. Const., serm. 2, in Dormit. Deip., p. 351).
Il est donc légitime, ce Titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur, en nous rappelant le pouvoir de supplication de Marie sur le Cœur de son divin Fils.
0 Vous, qu'un saint Docteur appelle « la gardienne éternelle « de l'amour du Verbe incarné (1), » pénétrez dans le mystérieux sanctuaire qui le renferme, c'est-à-dire, dans son Cœur sacré, puisque Vous en avez la clef; embrasez nos âmes, si froides et si languissantes, de ses feux divins, et répandez sur nous tous les trésors des bénédictions dont il est la source : « Car il contient, « ce Cœur adorable, s'écrie un pieux auteur, tout ce qui peut « nous être nécessaire. Aussi Vous n'avez qu'à demander pour « être exaucée, il ne peut rien Vous refuser. Et recevant de vos « mains bénies ses largesses, c'est encore par vos mains que nous « ferons monter vers Lui le tribut de notre reconnaissance (2). »
— Omuia potes, tanquam Dei Mater: omnia vales, veluti quae superas omnes creaturas: nihil Tibi, si vis, impossibile est: duntaxat ne despicias meas lacrymas. (S. Bphrem., orat. 10, ad Deiparam, graeco-lat., t. 3, p. 549, éd. Assemani).
(1) Dei Genitrix, et inde quidem Beata, quia Verbi incarnandi Ministra facta est temporalis, sed inde multo Reatior, quia ejusdein semper amandi Custos manebat aeterna. (Ven. Beda, exposit. in Luc, lib. 4, t. 3, p. 480).
(2) Glorio-am praeterea Matrem Dei et misericordiae, dulcissimam vireinem Mariam, non négliges dévote colère et invoc.are v.t Ipsa, ex dulcissimo Corde Filii sut impetrare dignetur, quidquid tibi necessarium fuerit; quod rursus per benedictas ejus nianus in for Jesu offeres; obsecrans Illius pietatem, ut ipsa, ci m Omnibus sanctis et electis Dei, adjuvet Te laudare et benedicere Dominum Deum tuiiin prp universis ejus beneficiis quae hactenus dédit et dabit in aeternum. Amen. (Don Dominicus Cartuxensis, né en Prusse, l'année 1384, et Chartreux à Trêves).