ARELLI, OpUSC. Cit , p
(3) Mgr Pie, t. 6, p. 609.
(4) Le P. Ventura, liaison philosoph. et raison cathol., 2. conf., n. 7.
— Le P. Félix, 2. conf, sur le Progrès, p. 142.
(5) Bossuet, Connaissance de Dieu et de soi même, c. 5, n. 3.
— Mgr Gay, Vie et vertus chrét., 1 vol., p. 88.
cœur est navré; mon cœur est accaUé de tristesse, dévoré par le chagrin, torturé par le remords ; mon cœur est contrit, déchiré, meurtri. Que signifient ces formules et mille autres employées dans toutes les langues et sous tous les climats, sinon l'intime persuasion que le cœur a toujours passé comme le siège de l'amour (1).
A cette autorité, qui a bien sa valeur, nous pouvons ajouter celle de nos Livres saints. En les parcourant avec attention, on peut se convaincre qu'il n'y a pas une affection qu'ils n'attribuent au cœur. Qu'on lise les livres de Moïse et des Rois, les psaumes de David et les Prophètes, l'Ancien et le Nouveau Testament, en un mot, on sera vite convaincu de cette vérité. Que signifient ces paroles: «Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur. Mon cœur tressaille de joie; il est repentant et humilié; il s'enflamme; l'amour le consume, ou bien il devient froid, pervers, endurci; il s'agite dans Y angoisse ou le chagrin, dans la haine ou l'émotion; dans la crainte ou Y espérance, etc. » (2).
Ces paroles signifient que le cœur est considéré comme l'organe, Y instrument des affections sensibles. Non, répond-on; « ces expressions sont figurées. Le Cœur ici est pris pour l'àme (3). » Si, dans tous ces textes, le cœur est pris pour l'àme, d'où vient donc, par exemple, que Dieu fait à tout homme une obligation de l'aimer, non-seulement de toute son âme, ex tota anima tua, mais aussi de tout son cœur, ex toto corde tuo ? Il y a donc une différence? « Oui, s'écrie saint Augustin. Par là, Dieu veut nous
(1) S'agit-il d'exprimer l'amour, la joie, la haine, le dégoût, c'est sur la région du cœur que nous dirigeons la main. L'observation rigoureuse de ces faits prouve la justesse des instincts qui ont donné naissance à ces locutions, (fern. Papillon, Physiologie des passions; revue des deux Mondes, 15 déc. 1873, p. 830).
(2) Diliges Dominum Deum tuum ex toto corde tuo. {Dent. , VI, 5).
— Induratum est cor Pharaonis. (Exod., VII, 13).
— Concaluit cor meum intra me. (Ps. XXXVIII, 4).
— Exultabit cor meum in salutari tuo. (Id., XII, 6).
— Factum est cor meum tanquam cera liquescens. (Ps. XXI, 15).
— Cor ejus indurabitur tanquam lapis. (Job., XLI, 15).
— Depravatum est cor ejus per mulieres. (III Reg., XI, 4).
— Conturbatum est cor meum. - Inflammatum est cor meum. - Déficit cor meum. - Aruit cor meum. - Cor meum moerens. - Cor tuum ne formidèt. - Non oderis fratrem tuum in corde tuo. (Levit., XIX, 17).
— Mitis sum et humilis Corde. (S. Matth., XT, 29).
(3) Les fonctions de l'organe cardiaque, par M. l'abbé Riche, p. 113.
« faire comprendre que tout en nous Lui appartient, et que nous « devons Lui consacrer toutes les affections de notre cœur aussi « bien que toutes les pensées de notre esprit et toutes les actions « de notre vie (1). »
Écoutons maintenant Notre-Seigneur lui-même: «Apprenez de Moi que je suis doux et humble de CŒUR. »
Pourquoi parle-t-il de son Cœur? Ce n'est pas tant pour nous dire que ce divin Cœur est comme le siège de la douceur et de l'humilité, répond saint Bernard, que pour nous engager à pratiquer cette double vertu dans toute la sincérité et l'affection de notre cœur, comme II le dit Lui-même (2).
Dans le XVIIe siècle, Jésus-Christ apparaissant à la Bienheureuse Marguerite-Marie lui dit : « Mon divin Cœur est si pas- « sionné d'ar.wur pour les hommes, que, ne pouvant plus con- « tenir en lui-même les flammes de son ardente Charité, il faut « qu'il les répande par ton moyen (3). » Et dans une autre circonstance, Il ajouta : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hom- « mes, qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consommer «pour leur témoigner son amour {A). »
Puis il assure à la sainte « qu'il prend un plaisir singulier « à être honoré sous la figure de ce Cœur de chair, dont II veut « que l'image soit exposée en public (5). »
Point de figure ici, point de poésie. « Il est évident qu'il s'agit «du Cœur de Jésus-Christ, dans sa signification propre et natu- « relie, et nullement dans un sens métaphorique. Jésus parle de « son Cœur réellement pris, cela est manifeste, par l'action qu'il « fait de découvrir son Cœur et de le montrer.... me découvrant «son divin Cœur.... Voilà ce Cœur.... Il parle de ce Cœur qu'il « découvre et qu'il montre » (6). C'est ce Cœur qui a tant aimé!
(1) Cum ait: Diliges ex toto corde, nullam vitae nostrae partem reliquit, quae vacare debeat, etc. (S. Aug., de Doc.tr. christ., lib. 1, c. 22, n. 21).
— Diliges ex toto corde tuo: Quasi dicat: Dilige Dominum Deura tuura toto et pleno cordis affectu. (S. Rern., serm. 20, in Cant., n. 4).
— Per cor accipit S Greo. Nyssenus (lib. de hominis opificio, c. 30), animae partem sentientem. (Corn, a Lap., in. Dent, VI, 5).
(2) Discite a Me quia mitis sum et humilis corde, id est cordis affectu...» multi enim sunt humiles ore, sed pauci corde. (S. Bern., serm. XI. II, in Cant. n. 7).
(3) Vie et Œuvres de la B. Marg. M., t. 1, p. 105, éd. 2.
(4) Id., ibid., p. 123.
(5) Id., ibid, p. 118.
(6) De l'Excellence de la Dévotion au S. C. par le P. de Galt.ifet, p. 45- 16.
Impossible d'être plus net, plus afErmatif ! Si le Cœur est organe de l'amour, Jésus lui-même ne pouvait pas mieux exprimer cette vérité (l).
L'authenticité de ces révélations nous est garantie par le Saint-Siège Apostolique, lorsqu'il procéda à la Béatification solennelle de la Vierge de Paray-le-Monial. Nous pourrions les reproduire par centaines, si c'était nécessaire. Eh bien ! que disentelles? Que le Cœur de Jésus aime, qu'il est plein d'amour et qu'il brûle des flammes de la Charité divine. Ces expressions sont claires, nettes, sans obscurité. Donc, ce Cœur sacré peut être considéré comme le centre, la source des diverses affections du Verbe incarné? Non, s'écrie-t-on, « le Cœur en lui-même est insensible (2). » « C'est le cerveau qui est l'organe des affections (3); et Jésus-Christ en prononçant ces paroles: Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes! a voulu dire: Voilà le Cœur de Celui qui nous a aimés jusqu'à se faire homme pour nous (4). »
Il est fâcheux que Notre-Seigneur ne se soit pas exprimé avec plus de clarté et d'exactitude. Pour se conformer aux exigences de la science moderne, Il aurait dû dire, sans doute, en montrant sa tête ou une autre partie de son corps (car les physiologistes ne sont pas encore d'accord sur ce point) : « Voilà ce cerveau ou ce nerf sensiiif qui a tant aimé- les hommes ! »
D'après une règle d'herméneutique, non-seulement on peut, mais on doit prendre les paroles des saintes Écritures et de Notre- Seigneur Jésus-Christ dans le sens littéral, obvi, toutes les fois que le sens ne comporte rien d'absurde ou d'impossible, rien de contraire aux bonnes mœurs, rien d'opposé à ce qui a été atlirmé plus clairement dans les autres livres ou chapitres du Nouveau ou de l'Ancien Testament. Or, c'est la ligne de conduite que nous avons suivie pour établir la doctrine que nous développons.
« Vous devez l'abandonner, à l'exemple de Benoît XIV, répondent nos adversaires; car ce grand Pape n'hésita pas à reconnaître que, « suivant la science moderne, ni l'amour, ni la haine,
(1) Soient nomina, sapienter imposita, rei dignitatem vel naturam, conditionem in qua fundantur, indicare. (Suarez, in 3 p., disp. S, sect. 1, n. 3. t. 19, p. 122, éd. Vives). Ce principe qui est vrai doit s'appliquer au cœur que tout désigne comme étant l'organe de l'amour.
(2) Les merveilles du Cœur, par M. Riche, p. 230, 1 vol. in -12, chez Pion.
(3) Les fonctions de l'organe cardiaque, id., p. 11.
(4) Id., p. 117.
« ni les autres affections de l'àme n'avaient leur siège dans le « cœur, mais bien dans le cerveau (1). »
Le Pontife, dont il est ici question, n'était alors que Évêque d'Ancône et Promoteur de la foi. Il fut chargé par Benoît XIII de soutenir la contre-partie de la requête que le roi de Pologne et les Évêques de Cracovie et de Marseille adressaient au Saint- Siège pour obtenir la concession d'un office et d'une messe propres en l'honneur du Sacré Cœur de Jésus. Le Postulateur de cette cause s'appuyait principalement sur ce motif, qu'il donnait comme certain, à savoir: que le Cœur corporel du Sauveur était le siège naturel, le véritable coprincipe de toutes ses vertus ej. de ses affections intérieures (2). Le savant Lambertini fit remarquer que la question était controversée; il proposa donc de ne pas donner suite à une demande qui s'appuyait de préférence sur des conclusions de la philosophie ancienne, contredites par les sciences modernes. Il pria alors humblement l'Église de s'abstenir de porter un jugement (3); et la supplique fut écartée. Mais sous le Pontificat de Clément XIII, la même demande fut renouvelée par les mêmes suppliants en 1765. Le mémoire s'appuie bien sur les mêmes motifs, puisqu'il dit que « tout le monde s'accorde « à regarder le cœur comme la source de toutes les affections, » mais il n'en garantit pas la certitude. Il ajoute « que l'explica- « tion de ces motifs, sur laquelle les philosophes ne sont pas d'acte cord, est un mystère de la nature, vraiment inaccessible à l'esprit « humain; car qui pourra jamais savoir, dit-il, comment le cœur, « tout matériel qu'il est, peut déterminer une âme spirituelle à « ses affections spirituelles, et comment l'àme, toute spirituelle « qu'elle est, peut, de son côté, au moyen de ses affections spi-
(1) Les fonctions de l'organe cardiaque, p. 14.
(2) Addidi, ore tenus, statui tanquam certum a postulatoribus, cor esse, ut vocant, comprincipium sensibile omnium virtutum et aflfectionum, quasi centrum voluptatum et dolorum omnium interiorum. (Benedict. XIV, de Serv. Dei beat., lib. 4, p. 2, c. 31, n. 25).
(3) Sed id quaestionem philosophicam involvere, quum recentiores philosophi amorem, odium et reliquat animi affectiones non in corde, tanquam in sede sua, sed in cerebro collocent; ita ut affectus in animae et spirituum commotione maxime positi, in cerebro formentur, poslea ad cor ipsum per nervos diffundantur. Quamobrem, quum nullum adhuc prodierit Ecclesiae judicium de veritate unius aut alterius ex his opinionibus, prudenter ab hujusmodi definieiulis sententiis Kcclesia abstinuerit atque abstineat, reverenter insinuavi, non esse petitioni anuuendum, innixae potissimum antiquorum philosophorum sententiae, cui recentiores adversantur. (Id., ibid.).
< rituelles, déterminer le cœur à des impressions et à des affec- « tions matérielles, qui s'y produisent comme leurs conséquen- « ces, et si la Sacrée Congrégation accueille favorablement notre « supplique, on ne pourra pas en conclure qu'elle ait rien défini « dans le conflit de ces opinions (1). »
Bien que l'Église ne se soit pas encore prononcée sur cette question, dans la pratique elle nous fait assez comprendre qu'elle regarde le Cœur de Jésus-Christ comme Y organe de sa sensibilité affective, le siège de ses vertus, le foyer de son amour.
Ne met-elle pas sur les lèvres de ses enfants cette prière? « Faites, Seigneur Jésus, que nous possédions les vertus de votre « Cœur et que nous soyons embrasés de ses divines affections (2). » « 0 Cœur de Jésus, brûlant d'amour pour nous, enflammez nos « cœurs de votre charité (3). »
« 0 Dieu très clément, Vous avez bien voulu rendre, pour le « salut des pécheurs, le Cœur immaculé de Marie tout à fait sem- « blable au divin Cœur de Jésus-Christ votre Fils, par la charité « et la miséricorde dont il est rempli, faites que nous soyons « toujours selon le Cœur de Jésus (4). » « Ne dit-elle pas que ce divin Cœur est une fournaise d'amour (5), un abîme de douceur et d'humilité (6), » « la source de toutes les vertus (7), » « le siège très digne de la Charité éternelle et incréée (8), » « et la seule victime agréable à la Justice divine (9)?» «0 mon cher Sau- « veur, s'écrie saint Liguori, j'unis toutes mes affections aux af- « fections de votre Cœur si amoureux (10). »
Il est inutile de multiplier davantage les citations. Celles qui
(1) Kili.es, de Rat. fest. SS. Cordis Jesu, p. 1G0 et 161.
(2) Fac nos, Domine Jesu, SS. Cordis tui virtutibus indui, et affectibus inflanmiari. (Orat. ex Breviar. Rom..).
(3) Cor Jesu, flagrans amore mei, inflamma cor meum amore tui. (ind. ex parv. off. SS. Cordis Jesu).
(4) Clementissime Deus, qui ad peccatorum salutem... Cor imniaculatum B. Mariae V. divino cordi Filii tui J. C. charitate et, misericordia siniillimum voluisti; concède ut secundum Cor Jesu inveniri inereamur. (Missa SS. Cordis Jesu: Venite ad me onvnes, commémorât. SS. Cordis B. M. V.).
(5) Fornai amoris ignea. (Id., seq.).
(6) Ad Cor Jesu mitissimum. (Id.) vide Nilles.
(7) IUud Cor, omnium virtutum fontem, pie veneramur. (Id., praef.).
(8) 0 Cor ineffabile! tu aeternae et increatae caritatis dignissima sedes. (Exerc. approb. a judic. rom).
(9) Tu sola victima divinae justitiae digna. (Id.).
(10) Unio, mi care Salvator, omnes affectus meos cum affectibus amorissimi tui cordis. (Orat. S. Liguor. pro visit. SS. Sacrament. indulg.).
Tiennent de passer sous nos yeux nous font assez comprendre que l'Église ne regarde pas le cœur comme « un viscère, faisant l'office de pompe aspirante et foulante pour le sang, » mais bien comme l'organe des affections. Comment expliquer autrement les phénomènes étranges dont le cœur de certains hommes et, en particulier, de plusieurs saints a été l'objet. Demandez à saint Philippe de Néri pourquoi il se découvre la poitrine? Il vous répondra que c'est pour tempérer les ardeurs dont son cœur est embrasé (1). Le cœur de sainte Gertrude est tellement sous l'empire de l'amour divin que Jésus-Christ y imprime les stigmates de sa Passion (2). Voyez-vous sainte Catherine de Gênes! elle porte sur sa poitrine une plaie brûlante qui semble jeter la flamme! Quelle en est la cause? Ah! c'est qu'un immense incendie d'amour consume son cœur (3). Celui de sainte Thérèse est tellement pénétré par la Charité divine qu'un Ange vient du ciel le lui transpercer avec une flèche enflammée (4). Quant à sainte Madeleine de Pazzi, c'est Notre-Seigneur lui-même qui fit graver dans son cœur, tout brûlant d'amour pour Lui, ces paroles en caractères brillants: Le Verbe s'est fait chair. Ce prodige fut remarqué après sa mort et inséré dans la Bulle de sa canonisation (5).
Je pourrais citer encore saint Pierre d'Alcantara et saint Stanislas de Kostka, sainte Catherine de Sienne, le Bienheureux Suzo, sainte Rose de Lima, sainte Marguerite de Cortone et tant d'autres qui ont éprouvé dans leur cœur les effets merveilleux de l'amour divin (6).
(1) Ille nos igné Spiritus Sancti inflammet, quo B. I'hilippi cor mirabiliter penetravit. (Miss. S. Philtp. Ner., secr.).
— Vide L. Leroy, de SS. Corde Jesit ejiisque cultu, c. 1, q. 3, n. 10 et 17, p. 19 et n. 40, p. 40-41. - Thèses de cultu SS. Cordis Jesu a PP. Martorell et Jos. Castella, pars 2, de natura, thesis 2, de motivo, n. 82, p. 92-93.
(2) In corde S. Gertrudis, suae stigmàta passionis Jésus impressit, uti legitur in ejus vita, lib. 2, c. 4.
(3) S. Catharinae Genuensis cor tanto amoris incendio jugiter ardebat, ut partes, tum pectoris, tum dorsi, Cordi respondentes, sensibili vulnere quasi sauciatae, apparerent. ( Vita S. Catharinae c. 37).
(4) Tanto divini amoris incendio cor ejus conflagravit, ut merito viderit Angelum ignito jaculo sibi praecordia transverberantem. (Breviar. rom.).
(5) Sponsus coelestis, cam divino suo Corde muneratus, illius cordi Verbum aureis, Caro factum est sanguineis notis, per mamis S. Augustini, inscripsit. (Mag. Bullar. rom., édit. I.uxem, t. 1, p. 3. IIoc prodigium refertur in Bulla canonnic, anno 1670, Clem. Papa X).
(6) S. Petrus de Alcant., Stanislaus Kostka aliique ejusmodi bene niulti, affec-
Je termine cette énumé ration par la scène de la grotte de Gethsémani. Jésus-Christ, au soir de sa Passion, se prépare à la mort. Les instruments de son supplice, les tourments qu'on Lui réserve, les outrages qui L'attendent font une telle impression sur son âme que son Cœur, sous le coup d'une vive émotion, précipite avec force ses mouvements, et lance le sang avec une si grande violence qu'il brise les parois du corps et se répand avec abondance sur la terre (1).
D'après toutes les raisons qui précèdent et les exemples que nous venons d'apporter, il est donc permis de croire que le cœur ne reste pas insensible aux affections. Aussi ne soyons pas étonnés, si Pie IX, dans un document célèbre, nous dit « que le Cœur « de Jésus est rempli d'une immense charité.... Qu'il est tout hrii- « lant d'amour pour le genre humain.... et qu'enfin on doit le « vénérer comme le siège de la charité divine (2). »
C'est en vain que ceux qui font du cerveau l'organe de la sensibilité cherchent à affaiblir ces précieux témoignages. S'il est avéré que toutes les opérations intellectuelles ont leur répercussion dans le cerveau, il n'est pas moins certain que toutes les affections de l'ànr.e ont aussi leur retentissement dans le cœur (3). Ainsi, après un travail d'intelligence soutenu avec contention, pendant plusieurs heures, la tète est fatiguée, tandis que, par suite d'une émotion ou de la possession d'un objet qui nous plaît, le cœur seul éprouve de la douleur ou de l'agitation. Ces phénomènes divers prouvent, ce me semble, que les affections et
tus divmi amoris adeo véhémentes in cordibus senserunt, ut ardores pectoris, ex amoris flammis e corde prodeuntibus concepti, aère frigido captando aut aqua ingesta temperare necesse fuerit. (ex Vita eorum).
(1) Factus est sudor ejus, sicut guttae sanguinis. (S. Luc, XXH, 44).
(2) Jésus nihil potius habuit quam ut flammam charitatis, qua Cor ejus ureretur, in hominum animis modis omnibus excitaret. (Plus IX, Décret. Beat. Marg. Mar., ann 18G4).
— Dt Cor illud sanctissimnm divinae charitatis sedem omni honoris signi- -niificatione colerent ac venerarentur. (Id., ibid.).
— Cor.... omnium affectionum sanctarum, quibus ipsa animae sanctitas perficitnr, cooperator suo modo est, ac propria sedes. {De excel. Cordis Jesu, Bern. Mentrrive, ord. praed., consultor S. Rit. Cong.).
(3) Motus delectabilium et tristium bine incipien-tes videntur: scilicet in corde, et ad hoc terminari.... Non enim affectiones animae causantur ab alterationibns cordis, sed potius eas causant; unde in passionibus animae, formale est, quod est ex parte afTectionis; materiale autem, quod pertinet ad motum cordis. (S. Tiiom.. opusc. 35, de motu cordis).
les opérations intellectuelles ne se rapportent pas au même organe.
Soit, nous dira-t-on! Mais comment concilier cette doctrine avec la science contemporaine qui affirme le contraire?
Nous allons essayer de le faire.