‹ Le Sacré Cœur de Jésus dans ses rapports avec MarieChapitre 43 sur 176 · Au servilisme envers l'Etat le Cœur .de Jésus oppose · texte numérisé non relu

Au servilisme envers l'Etat le Cœur .de Jésus oppose

(1) Mgr Baudry, le Cœur de Jésus, p. 4, § 3, p. 336). Ps. XXXIX, 8.

(3) s. I.rc, il, 51.

(4) Sic obediens erat, ut cura loseph casu diceret ei: fac hoc, vel illud, statim ipse faciebat. (s. Ukig., lievel., lib. 6, c. 58).

1jhilip., n, 8.

Le Sarre Cœur de Jésus d'après S. Alhonse de f.iouoRi, p. 93-94,

sa noble et généreuse fermeté. Son humilité, sans doute, le porte à obéir à toute autorité légitime; mais on ne le verra jamais courber le front devant César, pour en obtenir des faveurs; on n^ le verra jamais flatter la multitude pour jouir d'une vaine popularité.

Le démon, pour le tenter, lui montre du haut d'une montagne tous les royaumes de la terre, et lui dit: Je te donnerai tout cela, si tu m'adores. Cette tentation a séduit nombre d'ambitieux dans le camp libéral; mais que le Cœur de Jésus est éloigné de cette funeste ambition! Avec quelle horreur il repousse la proposition de Satan! (1).

Prêchant à Nazareth, son pays, Jésus ne craint pas d'avancer une dure vérité; ses concitoyens irrités veulent le précipiter du haut d'un rocher; mais Lui, sans s'émouvoir, se retire tranquillement (2). Mue par un sentiment contraire à celui des Nazaréens , une foule, qu'il a rassasiée dans le désert d'un pain miraculeux, veut le faire roi; incontinent il se dérobe à ses ovations (3). Si plus tard il accepte les honneurs d'une entrée triomphale à Jérusalem (1), c'est afin que sa passion devienne plus ignominieuse par un étrange contraste.

Enfin il est entre les mains de ses ennemis; Caïphe le somme de se prononcer sur sa divinité. Il sait qu'une condamnation à mort est inévitable, s'il se déclare Fils de Dieu; mais la crainte du supplice ne pourra lui fermer la bouche (5).

Bientôt Pilate lui demandera du haut de son tribunal s'il est roi, lui donnant à entendre qu'il peut le délivrer, l'arracher des mains de ses ennemis, s'il consent à renoncer à ses prétentions qui sont contraires aux lois de l'Etat (0); mais le Cœur de Jésus est inaccessible à tout sentiment de faiblesse, et le divin Sauveur confessera jusqu'au bout la vérité ; jusqu'à la fin il affirmera sa royauté, sa divinité.

3.° Enfin â l'esprit de division le Cœur de Jésus oppose son immense charité, son ardent désir de Y unité.

il) s. Matth., iv, 8-10. - S. Luc, IV, 5-8.

(2) s. Luc, IV, 1(3-31.

(3) s. ioan., VI, 15.

(4) S. Matth., XXI, 1. - S. Marc, XI, 1. - S. Luc, XIX, 29. - S. Ioan., XII, 12-

(5) s. Matth., xxyi, 64.

(Ci) yui se regem facit contradicit Caesari. (S. Ioan., XIX, 12).

Les hommes étaient séparés de Dieu, ils avaient brisé Ies liens qui es unissaient an Ciel. Qui vient ies rattacher à leur entre ç est le Sacré-Cœur, car l'Incarnation qui opère ce prodige est le Iruit de son amour.

Cet adorable Cœur ne s'est pas borné à ce premier bienfait- .1 nous a donne l'Eglise et les Sacrements, dit saint Augustin (1) comme autant de moyens ponr nous unir plus étroitement à la chante divine. Chaque jour, que dis-je ? a chaque instant du jour, ,1 nous offre la grâce dont il est Ut source; mais la «racequ est-elle? sinon le lien sacré de l'amour qui nous rattache à la Divinité.

Ce n'est pas encoie assez pour le Cœur de Jésus! Il invente un autre lien qui noue les cames dans l'unité: c'est l'Eucharistie, cette autre effusion si merveilleuse de son immense charité Non-seulement elle nous relie, mais elle nous soude et nous fond avec le Verbe incarné lui-même (2).

Par elle « la vie de Jésus est en nous, comme la vie du Père «est en Lui, et l'unité est accomplie dans le cœur, car la communion, c'est l'union des cœurs (3). »

Entendez-vous ce cri qui vient jusqu'à nous à travers dixlunt siècles? C'est le testament de l'amour, le voici: «Je veux « que tous les hommes ne fassent plus qu'un dans la charité, qu'ils « u aient qu'un cœur et qu'une àme, qu'ils ne forment plus qu'une «seule et même famille, qu'ils soient, autant que possible, unis « entre eux et avec nous, comme nous le sommes nous-mêmes « dans 1 essence divine (4). »

D'où part ce cri, d'où vient ce programme de l'amour? Du Cœur de Jésus. C'est donc l'union qu'il demande; la briser c'est lui faire la plus cruelle blessure; mais cette union ne pouvant exister que dans la vérité (5), elle devient impossible sur le ter-

Ida. u EvTÏÏ w^ Ut fiat EVa: m°ritUr Christus ut fiat Ecclesia. Dorxnienti

Vivo iara non ego, vivit vero in me Christus. (Gal., II, 20) d) Mgr Raudky, le Cœur de Jésus, p. 4, § 18, p. 39g

(■i) Sint unnm. s rut et nos. (s. Ioan., XVII, 11). — Cor ununi et anima una. (Act. IV 32)

"" s'"( et ipsi sanciificati m veritate. (id., ibid., 19).

rain des concessions et des compromis avec l'erreur. Le Maître n'en a point fait. Plein de ménagements pour les pécheurs égarés par faiblesse, il a repris avec sévérité les orgueilleux pharisiens qui résistaient à la vérité, et cachaient leurs désordres sous les dehors d'une piété mensongère (1).

Il est à croire que Pie IX voyait dans le Sacré-Cœur un remède contre le Libéralisme, quand il approuvait, pour la Consécration solennelle du 16 juin 1875, une formule dans laquelle se trouve une prière spéciale pour la conversion des catholiques libéraux-, la voici: «Je voudrais obtenir de ce divin Cœur le « réveil de ces catholiques qui, tout en se montrant tels par « beaucoup d'œuvres de charité, sont pourtant trop attachés à « leurs opinions, refusent de se soumettre aux décisions du Saint « Siège, et nourrissent des sentiments qui s'écartent de son Ma- « gistère. Puissent-ils rentrer en eux-mêmes, et oien se persuader « que quiconque n'écoute pas en tout l'Eglise, n'écoute pas Dieu « qui est avec elle. »

H n'y a donc pas à s'y méprendre: la dévotion au Sacré- Cœur est bien le moyen donné au inonde pour son salut, à notre époque malheureuse. Lp Ciel s'en est expliqué par les Saints et par le Sauveur lui-même. Tout a été confirmé et déclaré authentique par l'Eglise, dans la personne du Pontife suprême, qui a reçu mission de montrer aux hommes la voie qui conduit à la vérité et à la vie. Il est donc indispensable de recourir à cette planche de salut.

Or, la très sainte Vierge Marie, qui a pris une si grande part à la Rédemption du genre humain, sera-t-Elle étrangère à ce grand mouvement de restauration S Marie, dont la naissance fui l'aurore du salut des hommes, ne sera-t-Elle pas aussi l'aurore de la rénovation des peuples? Et par cela même, Celle qui, dans le mystère de la régénération du monde, fut saluée du titre auguste de Mère de Dieu, ne doit-Elle pms aujourd'hui, recevoi)un NOM qui exprime sa coopération à cette grande Œuvre: la résurrection des âmes et des sociétés par le Cœur de Jésus?

NOM, il nous semble que c'est celui de Notre Dame du Sacré-Cœur.

mattm . xn. 24-34.

Ce nouveau Titre donné à Marie est-il opportun ? Cette Dévotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur est-elle en harmonie avec les besoins du temps?... Nous osons le croire avec NN. SS. de Bourges, de Sens et tant d'autres Prélats aussi disting ués par leurs lumières que par leur piété (1).

Les deux grandes Dévotions de ce siècle sont la Dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et la Dévotion à Marie Immaculée. Ce siècle les a reçues directement de Dieu lui-même, qui a bien voulu à Paray-le-Monial, à Lourdes, à la Salette, les révéler, les confirmer et les consacrer. La Dévotion â Notre-Dame du Sacré- Cœur réunit, sous un seul titre, ces deux Dévotions; elle les résume; elle les développe; elle double leurs forces, en les associant. C'est un premier degré d'opportunité.

Le second vient de la situation présente, où tout semble mis en péril et désespéré. Les grands principes d'ordre moral, avonsnous dit, sont outragés et foulés aux pieds. Les défections se multiplient, de tous côtés; les caractères s'affaiblissent et disparaissent de plus en plus. L'autorité est avilie et méconnue jusqu'au sein de la famille; les ruines s'accumulent et la révolution est partout.

Aussi la société est-elle profondément ulcérée; elle chancelé sur ses bases; les passions sont liguées contre elle; l'enfer lui livre une guerre acharnée. On ne veut plus de religion; alors le mal triomphe, les abîmes se creusent et les âmes se perdent, en méprisant les mérites de Jésus-Christ... Mais la justice divine tient en main la coupe de ses vengeances... Le Ciel s'obscurcit et la tempête se forme....

Ne désespérons pas cependant; au milieu de ces nuages qui portent avec eux la foudre, un nouvel arc-en-ciel apparaît ; c'est Marie... mais Marie avec une de ses plus riches parures, un de ses diadèmes les plus brillants! Marie avec le signe de sa puis, lance et la source de ses trésors inlinis, c'est-à-dire Marie avec le Cœur dp son adorable Enfant: Notre-Dame du Sacré-Cœur, quibar sa puissante intercession, coopère au relèvement de la société.

0) Voir le- lettres de NN. SS. les Evêques a la Sn du volume.

Jusqu'ici on a pu offrir aux pécheurs, aux mourants, aux faibles, aux malheureux, à la France, au monde, Marie sous les noms si doux de Notre-Dame de Grâce, de Bon-Secours, de Bon- Remède, de Bon Conseil, de la Paix, etc., etc.-, et La voilà qui >ij présente aujourd'hui à nous, sous celui de Notre-Dame du Sacré-Cœur, dont nous avons donné dans le cours de cet ouvrage la touchante signification.

Mais, pour que ce nouveau Titre et cette nouvelle Dévotion aient leur raison d'être, il faut que le Sacré Cœur de Jésus soit, à l'heure qu'il est, notre unique espérance et notre salut. Or, nous ne saurions en douter.

Ce n'est pas sans un dessein particulier de la Providence que nous voyons aujourd'hui ce divin Cœur établir partout son règne, et le développer dans les âmes... Il est évidemment Y Astre qui brille au sein d"S ténèbres de notre siècle, et qui vient nous rassurer au milieu des tempêtes sociales dont nous sommes alarmés. « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes! » nous dit Jésus-Christ lui-même... « Il contient des grâces de sanctification et de salut, nécessaires pour les tirer de l'abîme de perdition (1).»

Les âmes de notre temps, le siècle où nous vivons ont-ils besoin des bénédictions et des miséricordes dont ce Cœur sacré est la source? Poser cette question, c'est la résoudre.

Au reste, écoutons Pie IX: il connaissait les maux de son époque-, il avait mission pour en parler et nous dire où se trouvait le remède. Voici ses mémorables paroles, que nous eûmes le bonheur d'entendre, comme nous l'avons déjà dit: «L 'Eglise et la société n'ont d'espérance que dans le Cœur de Jésus: c'est lui Qui guérira tous: nos maux. »

Qui donc viendra, par ses supplications toujours efficaces, dous ouvrir ce divin Cœur, source de la grâce et de la bénédiction,

de la lumière et de la vie? Mari-- nous l'avons vu. Elle tient

la clef de ce trésor (2): Elle peut l'ouvrir à son gré à qui Elle

(1) Vie et de la Bien) te-Marie, I 1, p. 123el I 2. p. 379 éd. 2

(2) N'.hil nos Deus habere volnit. quod ber Mariae manus non transiret. (S. Berx.. serm. III. >» vigtl. Nativ. Domini, n. 10). - Quid est Maria? Domina. Et quid dicam de Domina nostra? Nisi quod e-ratia plena, omni petenti se tribuit, in manu el potestate babens thesauro (Petbus ('ellensis. serm III, In

'., p 712, éd M

veut, quand Elle le veut, comme Elle le veut, et autant qu'Elle le veut (1).

« Oui, c'est à cette Vierge auguste, s'écrie saint Bernard, « que revient la sublime mission de parler pour nous au Cœur « de Jésus. Quis tam idoneus ut loquatur ad Cor Domininostri Jesu Christi, ut tu, felix Maria?» (S. Bern., serm. de Paneg. Virg., n. 7).

Mais la cause de notre siècle est une cause des plus difficiles, une cause presque perdue et cl moitié désespérée. Le monde court à sa perte ; les âmes s'éloignent de Dieu et ne veulent plus du salut. L'erreur et le mensonge triomphent, la corruption ne connait plus de limites, et les fléaux terribles exercent sur le monde les justes vengeances du Ciel outragé.

« N'importe, nous répond saint Éphrem, que le mal paraisse « incurable!... C'est précisément le motif pour lequel Marie pren- « dra en main cette cause, si vous la Lui remettez. Ne savez- « vous pas qu'EUe est l'espérance de ceux dont on désespère, « spes desperandorum; l'espérance de ceux qui désespèrent, spes « desperantium , et l'espérance même de ceux qui, ici-bas, ont «perdu toute espérance, spes desperatorum (2) !... » (S. Ephr., Precat. ad B. M. V.).

Pourquoi, se demande Pie IX, résumant la croyance universelle de l'Eglise, pourquoi? «Parce qu'il n'est rien que la Mère de Dieu ne puisse obtenir de son divin Fils (3). »

« Elle tient entre ses mains tous les trésors de la divine miséricorde, s'écrie saint Pierre Damien. Tout pouvoir Lui a été donné au ciel et sur la terre, et rien ne Lui est impossible, puisqu'Elle peut ramené)1 au salut ceux qui en avaient perdu l'espoir (4). »

(1) Omnia doua... quibus vult, quando vult, quomodo vult, et quantum vult, per matins Ipsius administrantur. (S. Bern. Sent., Pro Fest. V. M., s. 5, art. 1, c. 8, de Nativ. B. v.).

(2) Post mediatorem mediatrix. pons muii li totins ;id altissimum coelum nos ducens, hominum tutela, clavijs in coelum nos introducens. (s. Ephrem. orat. iv ad DeipareMn, graeco-lat., t. 3, p. 328 et 329, éd. Assemani).

(3) Nihil est quod ah Eo Lmpetrare non vnleat,. (Bulle du Jubilé 1864).

— Dabit ipsa quoque dona hominibus, siquidem nec facultas ei déesse poterit, nec voluntns. ^S. Bern., serm. 1, Assumpt., n. 2).

(4) /// manibus tins sunt thesauri niinerationum Domini. (S. Pet. Dam., serm. I, in Nativ. B. M. T., p. 710. i. 1, éd. Migne).

— Data esi tiiii i)]ini i s potestas in coelo el in terra. Nil Tibi impossibile, cui possibile est desperatos m spem beatitudinis relevare. (id.. ibid.).

Mais nos infidélités réitérées et nos crimes sans nombre, la violation publique, universelle, des lois de Dieu et de l'Église, de la justice et de la morale, toutes ces iniquités ne sont-elles pas de nature à indisposer Mario contre nous? Loin de nous secourir, ne serait-Elle pas plutôt portée à nous abandonner à la justice divine? Non, n'oublions pas la mission providentielle de Notre- Dame du Sacré-Cœur. N'est-elle pas l'avocate des causes les plus délaissées (2); V unique -espoir des désespérés (l).p Pourquoi? « Parce qu'Elle est la Reine de la miséricorde, dit Gerson, et la Maîtresse de la grâce (3). »

Voyez-vous maintenant la raison de ce cri d'espérance qui retentit au sein de l'Église et va se répétant de toute part :

NOTRE-DAME du SACRE-CŒUR, priez pour nous!

NOTRE-DAME des DESESPERES, secourez-nous?

0 Marie ! ces pages, consacrées à l'explication de votre glorieux TITRE de Notre-Dame du Sacré-Cœur, ont-elles épuisé votre louange? Le prétendre serait folie; « car votre louange est « une source qui ne tarit jamais, s'écrie un pieux auteur, et « plus on y puise, plus elle devient abondante (4). Aussi, quand bien même tous les Anges, tous les saints du ciel, toutes les créatures de la terre s'uniraient pour énumérer vos gloires, nous ne les saurions pas encore, puisque, d'après saint Bernardin de Sienne et l'immortel Pie IX, « il n'y a que Dieu seul qui en con-

(1) Spes desperautium. (s. Ephrem, de Lamentât. V. M., et serin, de Laud. B. M., graeco-lat., t. 3, p. 575, éd. Assemani).

(2) ruina spes desperatorum. (S. Ephrem., orat. ad B. M. T., ibid.. p. 577).

— Peccatorum et auxilio destitnrum unica Advocata atque Adjutrix, Refugium et Diversorium. (S. Ephrem., serm. de Laud. B. M., ibid., p. 575).

— Scala cuelestU. per quam supernus Rex humiliatus ad ima descendit; et homo, qui prostratus iacebat, ad superna exaltatus ascendit. (S. Pet. Dam., homil. de Nativ. B. M. r. . p 753).

— Citius coelum cura terra perierit, quam Ipsa aliquem serio se implorantem, sua ope destituât. (Lodov. Blosius. spec. spirit., c. 12. p. 70, éd. 1568).

— Velocior est nonnunquam salus, memorato nomine Mariae, quara invocato aomine Iesn... Filius Dominus est et Iudex;... invocato autem nomine Matris, etsi mérita invocantis ram merentnr, mérita tamen Matris intercedunt, ut exaudiatur. (S. \nsi;i.m., de Excell. Virg., <■. r,),

(3) Regina esl misericordiae, et Domina gratiae, sub cuius imperio sunl omnia iura regnorum. ( anccllar. Parisiens, tract. IV, Super Maff>tif.,t.4,p.',

(h l .tus Mariae tons est indeftciens, qui. quanto longius extenditur, tanto amplius impletur, <'t quauto amplius impletur, tanto latius dilatatur. (Ab. Franco, de Grat. Dei, lib. 7).

— Etsi omnium nostrum memhra verterentur in liniruas, eam laudare sufftceret nullus. (s ado., In issv.mpt. J:. M., n. 4, serm. 20S, in append., éd. Migne).

«naisse toute l'étendue (1). » Faut-il se taire pour cela? «Non, « réplique Richard de saint Laurent, non, car en publiant les « grandeurs de la Vierge Immaculée on s'assure le ciel pour « l'éternité (2). » « En effet, ajoute le même auteur, Elle est si « pleine de gratitude qu'Elle ne peut manquer d'honorer dans « l'autre vie ceux qui ont soin de l'honorer dans celle-ci (3). » Au reste, ô Marie, ne déclarez-Vous pas Vous-même avec l'Eglise: « Que ceux qui s'attacheront à Vous faire connaître et aimer « sur la terre jouiront du bonheur céleste (4) ? »

Un de vos plus grands serviteurs l'avait ainsi compris, quand il s'écriait: « O mon àme, réjouis-toi en Marie, car des biens « sans nombre sont réservés à ceux qui La glorifient (5). » Mais qu'ai-je fait pour Vous, ô Vierge incomparable? rien!... Aussi, je Vous supplierai, avec Thomas a Kempis, de dire à Jésus pour moi ces paroles qui toucheront son Cœur miséricordieux auprès duquel Vous exercez un si puissant crédit : « O mon Fils, aj-ez « pitié d'une àme qui voudrait m'aimer et qui a cherché à me « glorifier (6). »

O Marie, Mère de Dieu et Mère des hommes, ô Notre-Dame du Sacré Cœur! Faites que la lecture de ce livre augmente la confiance de vos enfants, porte la paix dans quelque àme troublée, jette la lumière dans les esprits indécis, fortifie quelques faibles, ranime une espérance qui s'en va, et ramène celle qui n'est déjà plus, qu'elle cicatrise une plaie saignante et guérisse un cœur ulcéré. Saint Anselme fait espérer ces faveurs, quand il dit « que ceux qui entendent raconter vos louanges y trouvent leur salut (7). »

C'est le vœu le plus cher de mon cœur.

(1) S. Bern. Sen. - Pie IX, Bul. ad def. Ira. Concept. - Vide p. 66.

(2) Honorare Mariam, thesaurizare est sibi vitam aeternam. (Rie. a S. Laur., ée Laud. B. M., lib. 2, c. 1, p. 33).

(3) Glorifirabit in futuro honorantes se in praesenti. (Rie. a S. aur., ibid.).

(4) Qui élucidant Me, Vitam aeternam habebunt. {Eccli., XXIV, 31).

(5) Exsulta, anima mea, et laetare in Illa; (plia multa bona sunt laudatoribus praeparata. (S. Bonav., Psalt. B. V., Ps. XLIII, p. 205, t. XIV, éd. Vives).

(6) Fili! miserere animae famuli tui, amatoris et laudatoris mei. (Thom. a Ke.mp., ad Nov., -erm. 21).

(7) Qui namque fieri potest ut ex memoria laudis eius salus non proveniat peccatori, cuius utérus factus est via ad sanandum peccatorem? (S. Ansel., de Excel. V, c. 1)

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