EFFICACITÉ DE LA DÉVOTION A NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR
Nous avons pour garantie de cette efficacité des faits nombreux, irrécusables, significatifs que nous citerons bientôt. Cette Dévotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur, nous l'avons vu, est un moyen sur d'obtenir les grâces les plus signalées. Elle nous fait connaitre la puissance étonnante de l'intercession de Marie auprès du Cœur de Jésus. Cette puissance est si grande que nous se pourrons jamais en mesurer l'étendue. Notre-Seigneur dit sans cesse à son auguste Mère ces paroles qu'il adressait autrefois sainte Gertrude: « 0 Reine, o Souveraine! tu peux très bien me « commander; j'accéderai à ta volonté et à ton désir avec plus « d'empressement que jamais un ministre n'en pourra apporter « au service de sa Souveraine (1). »
« Comme je te l'ai promis, tu posséderas les trésors de moi « Cœur, et je te permets d'en disposer, à ton gré, en faveur des « sujets disposés. N'en sois pas chiche, car ils sont infinis (2). Ti « ne manqueras de secours que lorsque mon Cœur manquera de « puissance (3). »
Si Jésus-Christ fait de pareilles promesses à de simples créatures, qui ne sont que des esclaves, que ne doit-Il pas réserver à Marie qui est sa Mère? «Non-seulement cette divine Mère,
(1) Ita, Domina regina, tu optime potes mihi imperare ; quia volvntati tuae ac dcsiclerio prompttus obtemperabo, quam unquam aliquis minister Doininae suae posait ministrare. (s. Gertrud., legatus divinae pietatis, lib. 3, c. '33, p. 196, édit. Solesm. Bened., apud oudin.).
(2) Vie de la Bienheureuse Marguerite- Marie, par ses contemporaines, t. 1, p. 155, éd. 2.
(3) Id., ibid.. p. 155 et 159.
« s'écrie saint Basile, possède la puissance de tous les Saints, « mais Elle la surpasse d'une manière suréminente (1). »
Il ne faut donc pas s'étonner si Marie, invoquée sous son titre de Notre-Dame dit Sacré-Cœur, se montre si libérale.
A peine ce nouveau Nom est-il connu qu'il inspire aussitôt la confiance la plus illimitée. Il se trouve bientôt sur toutes les lèvres. On aime à le prononcer dans la joie et dans la tristesse, dans les peines et dans les souffrances, dans les chagrins et dans les épreuves de la vie. Aussitôt des grâces abondantes et merveilleuses, des conversions nombreuses, des guérisons subites et désespérées, des faveurs spirituelles et temporelles de toutes sortes sont bientôt obtenues par la puissante intercession de Notre- Dame du Sacré-Cœur.
Depuis l'origine de cette Dévotion jusqu'à nos jours, c'està-dire pendant l'espace de dix-huit ans, nous comptons déjà plus de trois cent quatre-vingt-dix-huit mille faveurs inscrites dans les archives de l'Association.
Il nous suffira de relater ici quelques-unes de ces grâces merveilleuses, avec tous les témoignages qui en assurent l'authenticité.
(1) Quis ingentem Deiparae potentiam non miretur? Quis non miretur, quantopere superemineat, quotquot honoramus sanctos? Nam si Deus servis tantum impartitus est gratiae, ut non tactu solum aegros personarent, sed et umbrae projectu idem praestarent: « Proponebant enini in foro meclio aegros », ut Actorum Liber edocet, et umbra Pétri morbos depellebat; Pauli vero nescio quis, apprehenso linteo manuali, et corporis ipsius exterso odore, daemones ultores abigebat: qualem Matri virtutem inesse, cogitabimus? An non maiorem inulto, quam Ei subjects? Cuivis notum. Ecquid mirum si viventes virtute miraculorum polluant sancti, quando eorum potestatem non una ciim ipsis demortuis humus consepelivit? Lapides enim qui horum occulunt corpora, iis qui maie anguntur, si modo pro dignitate accesserunt, salntein dare possunt. Quod si his tam rara p rpetrare concessit, qnale nutricationis pretium Matri dederit ? Aut quibus Ipsam grotiis illustraverit? Si Petrus beatus appellatus est, clavesque regni coelorum concreditas habuit; cur non prae omnibus una beata praedicetur, cui eum datum est eniti, quem ille conlessus est? Si Paulus vas electionis cogiiominatus est. quod aupustum Christi nomen extulerit, quod ubique terrarum id evulgaverit: quale vas erit Dei Mater? Non aureae instar arcae, quae manna cepit, sed coelestem panem alvo comprehendit; panem alimenti, roborisque causa credentibus datum. Sed cavero, ne dura de ipsa plura paro dieere, parumque ex eius dignitate, mihi plus pudoris afferam. Quaie orationis vêla contraham, et in tutum silentii portum referai', iiaucaprius ad eos qui hue convenerunt, locutus. Cura multa nobis bona, quae nullius oratio possit assequi, te opéra nobis continuant, eam bene merenti vicem rependamus, quae in nos <anctissima,de qua qui cum laude»graviterque dixerit, non ille quidem a veritate aberrabit, sed pro merito haud fecerit satis; superne nos respice, esto propitia. Nnnc quidem nos in pace rege;at sub thronum indicis sine pudore adductos in ea statione nos colloca, quae est ad Filii tui dexteram, ut in sublime rapiamur. (S.Bastl. Seleuc, orat. 30, in J&inwit. Deip,, a.6,p. 417-ir>l, éd. Migne).
EVKOPE
Relation d'une guérison obtenue pendant une neuvainE À Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Paris, le 7 février 1866.
Monsieur le Directeur,
Je n'ai point oublié le pieux désir que vous avez bien voulu m'exprimer, il y a quelques mois, d'avoir la relation de la guérison opérée, en faveur d'une de nos Religieuses, par la puissante intercession de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Si j'ai tant tardé à vous satisfaire, Monsieur le Directeur, c'est que je voulais vous donner, avec le temps, des garanties suffisantes d'une vraie et complète guérison.
Je crois donc pouvoir ajourd'hui, Monsieur le Directeur, vous envoyer cette petite relation en toute sécurité; car, depuis sept mois que cette religieuse est guérie, sa santé n'a pas varié un seul instant; elle jeûne au pain et à l'eau deux fois par semaine, et fait beaucoup d'autres petites pratiques pieuses, ainsi qu'elle l'a promis à Notre-Dame du Sacré-Cœur, sans en éprouver le; moindre inconvénient.
Nous avons l'intime confiance que Notre-Dame du Sacré- Cœur continuera à lui faire ressentir les salutaires effets de sa toute-puissante protection, et^que nous aurons souvent encore à exalter ses bienfaits et son amour.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l'hommage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être, dans les divins Cœurs de Jésus et de Marie,
Votre très humble servante,
Marie de Saint-Stanislas, Supérieure générale.
En l'année 1855, une Religieuse de la Congrégation de la Mère-de-Bieu, dont le noviciat est établi à Paris, rue Picpus, n.° 45, tomba, dans cette maison, dangeureusement malade d'une fluxion de poitrine. Elle se remit difficilement. Cependant, après une pénible convalescence, elle reprit, pour quelques mois, ses occupations ordinaires. Bientôt après, une nouvelle maladie l'atteignit; la rechute fut des plus graves. La pauvre religieuse semblait devoir en mourir, et en serait certainement morte, si Bieu ne l'eût réservée à de longues souffrances pour sanctifier d'abord son àme, et pour faire éclater ensuite les merveilles de la miséricorde et de l'amour du Cœur de Jésus et de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Cette rechute ne devait pas être la dernière. Elle fut suivie de maladies diverses et de cruelles souffrances non interrompues pendant près de dix années consécutives-, de telle sorte que les médecins ne savaient ce dont ils devaient le plus s'étonner, de voir ainsi tous les maux se réunir sur une même personne, ou de voir cette personne, toujours mortellement atteinte, n'en point mourir.
Au mois de juillet 1865, les choses en étaient là, quand une brochure traitant de la dévotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur fut mise entre les mains de la pauvre malade par sa supérieure, au commencement de juillet 1865. Elle lut avec intérêt les nombreuses faveurs dont Elle comblait ceux qui l'invoqueraient ; et, dès lors, elle eut la conviction qu'elle serait guérie.
Le 6 juillet, jour spécialement destiné à honorer Notre-Dame du Sacré-Cœur, la malade se sentit vivement pressée du désir de faire une neuvaine en son honneur. Cette pensée la poursuivit tout le jour. Elle s'en ouvrit à la révérende Mère supérieure générale de la Congrégation, qui sanctionna, avec un pieux empressement, tout ce qui fut disposé pour cette neuvaine, ainsi que les promesses faites par la malade, si elle obtenait sa guérison.
Le vendredi 7, toutes les Religieuses et les élèves de la maison s'unirent dans une commune prière, et la neuvaine commença. Bès le premier jour, la malade en éprouva des effets sensibles : les membres paralysés commencèrent à se dégonfler et à agir. Mais de ce bien même sortit un mal nouveau. La Religieuse eut à endurer de cruelles douleurs le vendredi et les jours sui-
vants. Cependant sa foi et son espérance ne faiblirent pas un seul instant. Le mercredi, elle pensa mourir; elle eut comme deux heures d'agonie, et elle s'écriait: «Mon Dieu, je vais guérir ou «mourir; que votre volonté soit faite! Si vous voulez me pren- « dre, je suis à vous; si vous voulez me guérir, vous le pouvez. «Si vous voulez que je continue à porter ma croix, j'y consens; «fiât! Oui, mon Dieu, comme vous le voulez! »
C'était la dernière épreuve présentée à cette âme par le Cœur de Jésus, qui est avide de recevoir des témoignages de confiance et d'amour. Le soir, la malade se sentait beaucoup mieux, et au fond de son cœur le mot guérison était inscrit. Le samedi 15 juillet, jour de la clôture de la neuvaine, elle se leva à six heures, s'habilla sans être aidée de personne; ce qu'elle n'avait pu faire depuis plusieurs années; elle descendit à la chapelle, à la grando surprise et à la grande joie de la Communauté et des élèves de la maison. A la messe, elle eut le bonheur de faire la sainte communion, elle qui depuis si longtemps ne recevait plus la divine Eucharistie que dans son lit. Après les exercices, elle parcourut le jardin et la maison, rendant avec ses Sœurs mille actions de grâces à Notre-Seigneur et à Notre-Dame du Sacré-Cœur. A l'heure de la réfection, elle partagea le repas de la communauté, mangeant sans peine, ce qu'elle n'avait pu faire depuis de longues années. Le lendemain Dimanche, elle put assister à tous les offices sans aucune fatigue, malgré les sons de l'orgue, que précédemment elle ne pouvait supporter, même de loin. Elle a repris, depuis, le travail et tous les exercices communs de la maison. Sa santé est si florissante qu'elle peut, sans être trop fatiguée, jeûner deux fois par semaine, au pain et à l'eau, ainsi qu'elle l'avait promis, pour une année, si elle était guérie.
Le médecin de la maison ne fut pas appelé tout le temps que dura la neuvaine. La semaine suivante il montra une extrême surprise en voyant la Religieuse debout et si bien portante. Il lui demanda avec empressement ce qu'elle avait fait pour obtenir un résultat semblable. Le Religieuse, supposant que le docteur demandait les remèdes qu'elle avait employés, répondit naïvement: «Monsieur, je n'ai rien fait. — Impossible! repartit le docteur, chez qui la foi chrétienne était à la hauteur de la science et de l'expérience. Vous avez dû prier Dieu! C'est un miracle! »
Et il resta tout pénétré de la puissance infinie de Celui qui seul peut opérer de si grandes merveilles.
(Annales françaises de mars iS66j.
Maman, je te dis que je marcherai après la fête d'issoudun.
Nous reproduisons le lettre suivante, adressée à M. le rédacteur de la Semaine religieuse du Berry (1) :
Issoudun, 19 octobre 1873.
Monsieur le Rédacteur,
Voici les renseignements que nous avons recueillis sur la guérison dont vous avez entendu parler-, guérison pleine de détails édifiants et qui se rattache au pèlerinage catholique du 8 septembre à Notre-Dame du Sacré-Cœur d'Issoudun.
Permettez-nous de vous raconter le fait dans toute sa simplicité.
Jules Pichard, c'est le nom de l'enfant guéri, a eu 9 ans le 31 mars de cette année; il appartient à une honnête et chrétienne famille de cultivateurs, fermiers de M. le baron de Nègre du Clat, à Poudault, commune de Neuvy-Pailloux (Indre).
Son grand-père, son père, sa mère et sa tante, ses deux frères, Emile (6 ans), Ernest (4 ans); ses deux sœurs, Julie (6 ans), et Marie (12 ans), que nous avons pu interroger, en la compagnie de M. le curé de Neuvy-Pailloux et de M. le baron et de Madame la baronne de Nègre du Clat, sont pénétrés de la plus vive reconnaissance pour la faveur insigne dont l'enfant a été l'objet.
Ce n'est pas sans émotion et sans laisser couler de bien douces larmes, que la mère et les témoins du fait nous racontaient les divers incidents de la maladie et de la guérison.
Nous résumons ce que nous avons entendu:
Depuis le lundi 9 juin 1873, Jules Pichard ne marchait plus; cette infirmité lui était survenue tout-à-coup à la suite d'une fièvre typhoïde.
Ses jambes, comme mortes, pliaient sous lui; elles étaient comme de la laine, dit la mère: elles n'avaient aucune consi-
(1) Elle est extraite de la Semaine relUjieuse du Berry, 22 octobre 1873.
stance ; mais pour l'enfant, c'était, nous disait-il, comme si elles avaient été attachées par une corde; impossible de s'en servir... Il ne pouvait ni marcher, ni S3 tenir debout, ni imprimer à ses jambes le plus petit mouvement.
Pendant les trois longs mois que dura un état si pénible, rien ne fut oublié pour vaincre le mal; ni les soins intelligents du docteur, ni le dévouement des sœurs hospitalières de Neuvy- Pailloux, ni aucune des mille ressources que sait inventer le cœur maternel. Le mouvement ne revenait pas, et cette immobilité forcée dans un enfant do cet âge, habitué à courir au grand air, le faisait dépérir de jour en jour.... Plus de nourriture, pendant ces trois mois, si ce n'est un peu de bouillon et de sirop; plus de promenade que sur les bras de sa mère, plus de jeux ni de gaité.
En vain lui faisait-on les promesses les plus séduisantes, pour l'engager à marcher... Le pauvre enfant essayait sans obtenir, hélas! le moindre résultat.
- « Cet enfant ne marchera jamais, disaient tristement la plupart des personnes qui le voyaient... il en a pour la vie. »
Dans le courant du mois d'août, durant l'octave de l'Assomption de la Très Sainte Vierge, Madame la baronne de Nègre du Clat dit à la mère:
« Si vous essayiez de faire une neuvaine à Notre-Dame du « Sacré-Cœur pour la grande Fête du 8 septembre prochain à « Issoudun.... On obtient tant de grâces par cette dévotion. Vous « demanderez la guérison de Jules.
« — Oh! Madame, répond la mère, vous avez bien raison, «je ne demande pas mieux. »
Et le samedi suivant, 23 août, la mère entreprend courageusement le pèlerinage, emportant avec elle son pauvre petit.
Arrivée à Issoudun, elle prie avec ferveur dans le sanctuaire vénéré, et demande à parler à un missionnaire, pour bien savoir comment elle doit faire sa neuvaine.
Le R. P. Vandel, directeur de la Petite-Œuvre, reçoit la mère et l'enfant, promet qu'une messe sera dite en l'honneur de Notre- Dame du Sacré-Cœur, et propose pour prière cinq Pater et cinq Ave pendant neuf jours, et une sainte communion pour terminer, L'enfant reçoit en souvenir une livrée de Notre-Dame du Sacré- Cœur, qui lui est mise au cou et qu'il ne quittera plus.
La proposition est acceptée et l'on retourne à Neuvy-Pailloux
«- Comment ratstez-vot*s votre neuvaine 1ûema.ndioTis-nowi a la mère.
« - Oh! Monsieur Je disais ces prières-là le matin et à jeun « - El vous, mon enfant? en nous adressant à la sœur aînée
« - Moi, mon Père, Je disais le souvenez-vous à Notre-Dame
« du Sacré-Cœur. »
Le samedi 30 août, la mère terminait la neuvaine par la sainte communion,... et la guérison n'arriva pas...
« - Maman, disait Jules, je te dis que je marcherai après « la Fête d'Issoudun, quand je serai de retour du grand r>è- « lerinage. »
C'était dire qu'il voulait y venir.
Cette parole de l'enfant attira l'attention et fit naître un rayon d'espérance.
N'était-ce pas d'ailleurs le grand pèlerinage qui allait avoir lieu qui avait inspiré la pensée de s'adresser en un si beau jour a Notre-Dame du Sacré-Cœur, pour obtenir la faveur si ardemment désirée?
« Eh bien, dit la mère, je porterai mon enfant le 8 sevtem- « bre à Issoudun. »
Le projet n'était pas sans de nombreuses et d'immenses difficultés.... mais le cœur d'une mère ne connaît aucun obstacle dès qu'il s'agit de son enfant.
«-Le 8 septembre sera lundi, fait-on remarquer, et c'est « le jour où la batteuse doit venir pour battre le grain
«Nous aurons douze ouvriers d'Ambrault impossible "de
« s absenter ... »
« - Je ne permettrai pas que Von travaille ici tandis que « ma fille ira demander d Issoudun la guérison de Jules, dit le « grand-pere, je veux, moi aussi, l'accompagner, et la batteuse « et les ouvriers ne viendront que mardi. » La résolution est prise et on la tiendra. Et ce sacrifice aura sa récompense.... ce sera le mardi devant le batteuse, et devant les ouvriers que l'on a volontairement et par esprit de foi retardés d'un jour, que Jules, sous le regard emu de son père, fera son premier mouvement, et sentira la vie revenir dans ses jambes, depuis trois mois insensibles et glacées.
Mais n'anticipons pas.
Le lundi 8 septembre, le grand-père, la mère et la fille aînée, Maria, partaient en voiture de Neuvy-Pailloux. Jules était tenu sur les genoux de sa mère.
Arrivés à Issoudun, la voiture fut obligée de s'arrêter à l'entrée de la ville et l'enfant fut porté au bras.
« — Je Vai porté depuis les Minimes jusqu'à la place du « Sacré-Cœur, c'est-à-dire pendant plus de vingt minutes, nous « disait le grand père, et il ajoutait: je n'en pouvais plus. »
On ne se fera jamais l'idée, en effet, de la peine que l'on doit avoir à porter au bras un enfant de neuf ans et demi, au milieu d'une foule aussi compacte que celle du 8 septembre à Issoudun, et pendant un long espace de temps.
Ce fut cependant l'épreuve réservée à cette courageuse mère qui, prenant à son tour son pauvre Jules dans ses bras, le garda pendant plus d'une heure et demie, stationnant debout sur la place du Sacré-Cœur.
Ballottée dans tous les sens par la foule qui se pressait de plus en plus aux portes de l'église, elle attendit avec une sainte impatience qu'il fût donné aux pèlerins de Chàteauroux de pouvoir entrer dans la chapelle du Sacré-Cœur.
Accablée de lassitude et craignant à chaque minute pour son pauvre enfant, tantôt elle s'appuyait sur les marches de la porte et le tenait sur les genoux; tantôt le portant d'un bras, elle le garantissait de l'autre; heureuse un moment, elle franchit le seuil de l'église si désirée, mais la porte ne s'ouvrait que pour laisser sortir les nombreux pèlerins de Bourges; il lui fallut, emportée par le flot, revenir de nouveau sur la place et attendre.
A la fatigue vinrent se joindre d'autres difficultés.
« — Comment voulez-vous pénétrer avec cet enfant infirme? « lui disait-on-, ce que vous faites là, ma tonne dame, est plutôt « mal que liien. Vous vous exposez vous et votre enfant.... »
Mais soutenue par une force qui grandissait avec les obstacles, elle répondait: — « Il faut que Ventre; dussé-je y perdre « la vie... »
Et elle demeura ferme avec son précieux fardeau.
« — Je crois oien que ma fille a été aidée par le bon Dieu, « ce sont les expressions du grand-père ; je ne sais comment « elle a pu faire pour tenir si longtemps. »
Et la mère ajoutait : - « n me semblait que la Sainte Vierge « me soutenait les bras. . » y
Enfin, arriva le moment où les Dorfpç do i^n-i;™ • miiv nnrv^w m • portes de 1 église s ouvrirent
aux nombreux pèlerins de Châteauroux.
II était neuf heures du matin.
Les personne, qui faisaient partie de cet important pèlerinage penvent dire ce qu'il leur en a conté de peine et de persévérance pour avoir «ne place dans l'église
A la messe qui devait se dire à cette heure là, avaient été inv, es MM. les officiers de .'armée, les membres des comités catht tiques et de la société de Saint Vincent de Paul. Mgr Duque-mav eveque de Limoges, devait y prendre la paro.e.La foule élit bien tP nombreuse pour pouvoir pénétrer tout entière. Beaucoup virent leurs efforts demeurer infructueux; le grand père fut de ce nombre, malgré tout son désir, i, ,„i fut imposJle d,/ntr *
tout „wf C°mme,l;ette femrae * Pévangile qui voulait à
tout prix arriver jusqu'à notre Seigneur, la mère chargée de son enfant et smvie de sa fille Maria, perce la foule; les rangs s'ourent devant elle, elle monte dans la nef latérale du côté de 1 évangile, et s'arrête derrière la chaire.
Mais debout, fatiguée à n'en pouvoir plus, elle suppliait du regard qu'on voulut bien lui procurer une chaise, non pour 1,1e mais pour son enfant. '
Une dame assise à l'endroit où est représenté laînt-Antoine
ÎLZ T ' renrant JéSUS danS Ses *«. a"™««>e charitablement le petit infirme et le met sur ses genoux.
« - Je fus si heureuse en ce moment, raconte la mère oue « sans la connaître j'embrassai eelte dame pour la renier- « cier. » , K
Le cœur maternel se révèle tout entier dans ce trait là La prière fut bien fervente aux pieds de N.-D. du Sacré-Cœur « - Maman, dit l'enfant au sortir de la messe, je sens oue *je mangerai aujourd'hui un tout petit peu mieux
ger un peu. ^ " Premiè''e f°'S depUiS "'ois mois' U l"lt ™<™-
et „oLwiOU™,e l' PaSSa SMS inCi,lent: Jules ™ulait tout voir,
ia pTe " ^ ^ " "** " ** ^ ^ '* ^ - *
On retourne à Neuvy-Pailloux, le pauvre enfant n'était
pas guéri, mais sa mère n'avait point oublié cette parole qu'il avait dite :
« Maman, je marcherai quand je serai de retour de la fête.»
Le lendemain, mardi 9 septembre, la batteuse arriva, et avec elle les ouvriers d'Ambrault. Jules voulut voir manœuvrer la machine. Son père le porta dans le champ, et le déposa sur la paille.
« — Cet enfant ne marchera jamais, dirent en ce momentlà quelques personnes occupées à travailler... »
Cette parole attriste le pauvre père, mais n'affaiblit point sa foi, il préfère croire que l'enfant marchera et bientôt, comme l'enfant lui-même l'avait dit .. et pour l'éprouver il lui crie: « Jules, prends garde, voilà la voiture qui vient, lève-toi vite...»
Il y avait, en effet, une charrette chargée de sacs de blé qui s'avançait du côté de l'enfant... L'enfant fit un mouvement sur lui-même, et s'aidant pour la première fois de ses jambes depuis trois mois, il se détourna.
Ce fut une consolation immense pour le cœur du père. Il n'y avait pas à eu douter, la guérison de Jules commençait, la vie revenait dans ces jambes que l'on croyait mortes. Oui, Jules marchera encore, et bientôt.
On retourne à la ferme, et la grande nouvelle est annoncée. Maria veut s'assurer par elle-même si son petit frère peut de nouveau remuer les jambes.
« — Jules, lui dit-elle, essaye voir de me donner un petit « coup de pied, comme tu faisais avant ta maladie, alors que « tu étais si vif. »
« Jules sourit et lança pour s'amuser un petit coup de pied. »
La mère porte les mains aux jambes de son enfant; la chaleur est revenue, le sang circule, la guérison s'opère graduellement, mais avec rapidité.
Le lendemain, mercredi, l'enfant était assez fort pour se transporter avec sa petite chaise, à la manière des enfants quand ils commencent à marcher.
« J'ai pleuré ce jour-là, dit le grand-père, quand j'ai vu « Jules recommencer ainsi à marcher. »
Le jeudi, Jules put se tenir un moment debout.
Le vendredi malin, le maître berger lui offrit la main et Jules marcha appuyé sur la main du berger.
Le samedi, le père lui donna un bâton, et Jules marcha tout seul appuyé sur le bâton.
Le dimanche matin, 15 septembre, le bâton était inutile, Jules marchait; Jules était guéri.
Sa parole s'était vérifiée à la lettre : je marcherai quand je serai de retour de la fête.
En reconnaissance, la mère ramenait son enfant à Issoudun le samedi suivant, mais cette fois-ci Jules marchait à ses côtés, joyeux, alerte, et désireux de dire merci à Notre-Dame du Sacré- Cœur, qui avait si bien récompensé sa foi enfantine, en récompensant la foi héroïque de ses bons parents. Le 17 octobre, Jules, sa mère, son grand père et deux personnes de Neuvy-Pailloux, sont encore venus; l'enfant a couru devant nous et devant plusieurs prêtres qui se trouvaient dans le jardin du Sacré-Cœur. Sa guérison est complète. Rien ne reste dans la démarche de l'enfant qui puisse faire supposer qu'il ait été privé pendant trois mois de l'usage de ses jambes.
Le petit bâton qui lui a servi après son pèlerinage, mais qui ne lui a servi qu'un seul jour, a été déposé dans le sanctuaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Je vous ai raconté ce fait, M. le rédacteur, tel qu'il m'a été donné, et d'après les renseignements que j'ai reçus de l'honorable famille et des personnes dignes de foi qui le connaissent. Vous avez vu vous-même l'enfant courir devant nous au 17 octobre, et cela vous a rappelé ce texte de la sainte Ecriture qui s'appliquait si heureusement à la circonstance: consolidatae sunt bases eius et plantae. (Act. III.) Ses jambes et les plantes de ses pieds se sont consolidées.
Jugez vous même si ce simple récit peut être utile et agréable aux lecteurs de la Semaine religieuse et agréez d'avance tous nos remerciements au nom de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Remarquables guérisons obtenues à l'hôpital de Niort par l'intercession de Notre-Dame du Sagré-Cœur.
Hôpital de Niort, 20 avril 1880.
Amour et gloire à Notre-Dame du Sacré-Cœur ! Très révérend Père,
Au moment où Notre-Dame du Sacré-Cœur me fait la plus grande des grâces, en m'appelant près d'Elle, dans votre sainte Société qui veut bien me recevoir, vous me demandez de vous faire part des faveurs les plus récentes que cette bonne Mère nous a accordées dans son béni sanctuaire de notre hospice.
Oh! oui, de tout cœur, mon révérend Père, je paierai une fois encore à Marie la dette de la reconnaissance. Nous Lui devons trop, je Lui dois trop personnellement, pour y manquer.
I. — La première des faveurs obtenues, après celles qui ont été mentionnées dans les Annales de septembre dernier, est la guérison d'un digne ecclésiastique, M. l'abbé B..., curé dans le diocèse de la Rochelle.
Il vint à notre hospice, envoyé par les médecins, au commencement du mois d'août, pour suivre le régime des douches. Atteint d'anémie depuis plusieurs années déjà, il avait dû, devant l'aggravation de son mal, se démettre, quelques mois avant son arrivée à Niort, de la paroisse qu'il occupait. A l'anémie s'ajoutaient, en effet, la privation de sommeil, malgré l'emploi de narcotiques puissants, et aussi l'exaltation et le trouble dans les idées, accompagnés de craintes et de frayeurs perpétuelles.
Evidemment, dans cet état, notre pauvre confrère n'avait pas le bonheur de célébrer la sainte Messe. Tout au plus pouvions-nous le maintenir dans le sentiment d'une juste confiance en Dieu.
Cependant, la très sainte Vierge, pour laquelle il avait toujours eu une particulière dévotion, ne l'avait pas amené en vain dans notre maison. Il accueillit avec joie la pensée d'une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur; mais bien plus, comme il le disait, dans l'espoir que Marie terminerait sa malheureuse vie que dans celui de la guérison.
La neu vaine eut lieu du mercredi 13 août au jeudi 21, durant les belles fêtes de l'Assomption. M. l'abbé B.... en suivit très
exactement les exercices; et, toutefois, il ne cessait de répéter quil était perdu; ,. faiblesse de son corps persj >£
que 1 agon.e de son àme. Le jour de clôture de la neuvaine, ce ne fut que par obéissance qu'il se décida à monter au saint autel appuyé sur la promesse formelle qu'il y serait accompagné et J. siste durant la sainte Messe. Mais à peine en eut-fl £aW Tes
ZTll S tT*? tranSf0™é 6t ^« « mora. " Z, î T r"' 'e ** saiDt Sacrifice arec facilité et avec bonheur. Notre-Dame du Sacré-Cœur attendait à son autel on serviteur son enfant et son prêtre, pour lui accorder la faveur d une guenson vraiment désespérée.
A l'issue de la sainte Messe, notre bon confrère ne se reconnaissait plus, tellement était grand le changement qui s'était opère dans tout sou être. Et, par le fait, i, n'était plus reconnaissable: l'attitude, la physionomie, la voix, le regard surtout
pZla T'"' 7T% ^ tr°Ublé' *"""* Sm «»e -odiflcat on profonde; comme 1 intérieur lui-même, où s'étaient immédiatement répandues la confiance et la paix. Il reçut, au sortir de luX pel e, les félicitations de tous, tandis qu'il ne cessai de bénîr
œTeT:J: Sa7é-Cœur' et d'Mprimer sa ™ *™"
r:i:s t r; p~:ent prêté' dans son in~ —
M. l'abbé B tout à fait guéri, retrouva aussitôt l'aimétit
et le sommeil. Il passa quelques jours encore avec no "
z:°ciT°:^r] dans ,a chapeiie de «*-wï
Sace-Cœur et célébrer la sainte Messe à l'autel de cette bonne Meie, devant sa radieuse image; puis, peu après, il fut «placé par son Evèque, tout heureux de sa guérison dails son Linné t™6;31' grand ét°nnement 6t * Ia » *>" de tout Z
«cesMm'a !! neUVième ™0iS dePUÎS ma gUérison' «'•éerivait-il
ces jouis derniers, et jamais ma santé n'a été meilleure Gloire
« reconna.ssance et amour à Notre-Dame du Sacré-Cœur Un
l ™h76 C6tt,e il>Si8ne faVei"'' Ai -™^Z 'oui « ga ion d honorer plus que jamais cette céleste Mère Au^si ie
i z reu!, d: re occasion de "**•*«■ — ^
«2S n 7e t t T 6St qU'E'le S0« Partout ai'-e, invoquée «sous son beau titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur »
". - La deuxième faveur est la guérison d'une infirmière
de la maison, dans les circonstances que je vais vous faire connaître, pour la plus grande gloire de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Le 4 octobre dernier, avait lieu, dans une des salles du service des femmes malades, la cruelle opération d'un cancer. Après l'opération, les personnes de la salle remarquèrent le trouble, les larmes de l'infirmière. La sœur du service, avertie, demanda à Marcelline (c'est le nom de cette bonne fille) quel était le sujet de sa peine, et s'il était autre que l'émotion causée par le spectacle auquel elle avait du assister.
— C'est bien autre cbose, ma bonne sœur, répondit-elle, car bientôt on sera obligé d'en faire autant pour moi.
A la suite de cet aveu, examen fut fait par des personnes compétentes, et il fut évident qu'il était temps d'opérer, si l'on voulait pouvoir réussir. La pauvre fille avait eu grand tort de ne pas se plaindre plus tôt ; quoique le commencement de ses souffrances remontât déjà à deux années, et qu'elle fût de plus en plus embarrassée dans le mouvement du bras par la proximité d'une glande cancéreuse qui croissait toujours.
Toutefois, devant sa répugnance à l'opération, il fut convenu qu'on allait tout d'abord recourir à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Marcelline mettait avec d'autant plus de raison toute sa confiance en la très sainte Vierge que, dix ans auparavant, à la Roche-sur- Yon, elle avait été complètement guérie par cette bonne Mère, invoquée sous le nom de Notre-Dame de Lourdes, de crises d'épilepsie aussi fortes que fréquentes. Cette première grâce, accordée par Marie, en faisait aujourd'hui, dans un cas si pressant, désirer, demander et espérer une seconde.
La neuvaine eut lieu du mercredi 8 octobre au jeudi 16. Durant la neuvaine, la malade appliquait sur son mal de l'huile de l'une des lampes brûlant devant la statue de Notre-Dame du Sucré-Cœur (1). Ce fut là tout le remède qu'elle fit ; mais cela lui permit de constater que, pendant ces neuf jours, aucun des indices extérieurs de son mal ne s'était modifié. D'autre part, les souffrances augmentaient, c'était bon signe.
(1) Nous sommes heureux de constater que cette huile appliquée avec foi sur des plaies incurables, des tumeurs cancéreuses, des membres paralysés, etc. etc., a produit et produit encore de véritables merveilles. Les maux les plus invétérés, les douleurs les plus intolérables disparaissent comme par enchantement la plupart du temps. - Nous aurions des milliers de faveurs de ce genre à faire connaître.
Le jeudi 1(3, durant la sainte Messe célébrée à son intention, les douleurs s'accrurent encore jusqu'au temps de la sainte Communion. Mais aussitôt après la Communion, toute douleur disparaît; Marcelline peut ôter son voile avec aisance; elle se croit guérie, et elle l'est en effet.
La sœur pharmacienne fut à même de le constater quelques instants après. De même que la douleur, la glande, de la grosseur, d'un œuf, avait entièrement disparu au moment de la venue du divin Fils de Marie en sa servante infirme et désolée.
Inutile d'ajouter que la guérison est persistante et qu'aucune trace du mal n'a reparu.
Deux ex-voto signalent dans notre chère chapelle les guérisons de M. l'abbé B...., et de Marcelline Clet.
Deux autres, placés plus récemment encore, sont également relatifs à des guérisons : la première, d'un cancer aussi, mais avec les plus graves complications; la deuxième, d'un cas d'aliénation mentale. Il ne m'est pas possible, vu les circonstances, d'entrer dans les détails de ces dernières guérisons; j'ajouterai seulement qu'elles ont provoqué dans nos cœurs de nouveaux sentiments de reconnaissance et d'amour envers Notre-Dame du Sacré- Cœur, qui là encore, persévéramment invoquée, a tout obtenu.
Depuis le 9 juin 1875, jour de la consécration de notre chapelle, c'est-à-dire depuis cinq ans environ, elle a été ornée de 39 ex-voto. Plus de 20 d'entr'eux se rapportent à des guérisons, dont 10 ont eu lieu dans la chapelle même.
Je ne doute pas, mon très révérend Père, que d'autres faveurs ne suivent celles qui nous ont été accordées jusqu'à ce jour. Il n'y aura de changé que le secrétaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Mais vous savez qu'il ne La quitte ici que pour se rapprocher plus près d'Elle, et pour répondre à son appel maternel.
Témoin des merveilles opérées sous ses yeux, il n'en sera que plus dévoué au culte de cette tendre Mère, en même temps que, très révérend Père, votre plus fidèle et affectionné serviteur et fils dans le Sacré Cœur de Jésus.
L'abbé Bontemps,
aumônier à l'hôpital de Niort,
aujourd'hui missionnaire du Sacré-Cœur.
Conversion à l'article de la mort.
Oloron, Saiate-Marie.
Mon Révérend Père,
Je viens accomplir un devoir de reconnaissance envers Notre- Dame du Sacré-Cœur. Un de mes oncles était près de mourir. Nous ne pouvions nous faire aucune illusion sur son état; et lui-même, étant médecin, en comprenait parfaitement la gravité.
Mais il fallait le préparer à la mort et lui faire accomplir ses devoirs religieux: chose bien difficile et que nous n'osious aborder. Une bonne carmélite, à qui il avait autrefois donné ses soins, lui envoya quelques reliques et objets pieux, en lui faisant dire qu'elle prierait beaucoup pour lui. Tout cela fut bien accueilli; mais quand nous en vînmes à lui dire que, pour s'unir à ces prières, il faudrait qu'il se confessât, nous rencontrâmes un refus formel.
Cependant le mal augmentait; à une nouvelle crise qui eut lieu, je cours chercher un confesseur au Séminaire. En y arrivant, je trouvais un prêtre qui allait monter à l'autel, et j'eus la consolation de pouvoir faire offrir le saint sacrifice de la Messe pour notre pauvre malade; puis j'emmenai avec moi, à la campagne où nous habitions, le vénérable supérieur de la maison.
Quand nous entrâmes dans la chambre de mon oncle, je fis à Sotre-Dame du Sacré-Cœur la promesse que, s'il se confessait, je publierais mon action de grâces dans les Annales.
Notre pauvre moribond, touché par la grâce, fit bon accueil au prêtre. Il se confessa, reçut le saint Viatique, et durant les cérémonies de l'Extrême-Onction, il présentait lui-même ses mains pour qu'on les marquât de l'huile sainte.
Que Notre-Dame du Sacré-Cœur soit mille fois bénie et remerciée !
Veuve Dufour.
(Annales françaises d'octobre 1883J.