VOUS AVEZ GUÉRI, DANS SA VIEILLESSE, LE PRETRE ZELE
de votre Fils, ô N.-D. du S.-C. !
Robersart (Nord), 8 décembre 1883.
Très Révérend Père7
Il y a plus de deux mois, que l'on vous écrivit de la paroisse de Robersart, diocèse de Cambrai, pour vous faire connaître que le curé du lieu, vieillard de 82 ans, se trouvait malade depuis six mois, et que sa faiblesse, au physique et au moral, l'empêchait de remplir aucun acte du saint ministère, et surtout de monter au saint autel, où il était tombé en défaillance la dernière fois qu'il avait eu le bonheur d'y offrir nos augustes Mystères.
Dans cette triste conjoncture, on songea à adresser un message à Issoudun, pour faire intervenir en faveur du malade la grande et puissante Vierge du Sacré-Cœur, honorée dans votre sanctuaire, et que l'on n'invoque jamais en vain, même dans les causes désespérées.
La sage médication d'un docteur renommé, les encouragements affectueux d'un grand nombre d'amis, les consolations, les bénédictions données au patient par le magnanime archevêque de Cambrai, qui avait daigné lui envoyer, par une lettre écrite de sa propre main, bien des faveurs précieuses: rien ne modifia la position de celui à qui l'on portait tant d'intérêt; il allait toujours dépérissant, et son arrêt de mort avait été prononcé.
Mais, chose remarquable, dès l'arrivée de votre réponse, tout change subitement dans l'état du malade: l'appétit perdu revient, le sommeil éloigné reparaît: l'ennui le plus profond, la tristesse la plus accablante, les idées noires se dissipent: les rapports interrompus avec les choses et les hommes se rétablissent; les pieux exercices et les saintes fonctions sont repris avec joie ; et lorsque la cloche annonce la première messe d'actions de grâces pour tant de bienfaits, la surprise est générale, et un cri unanime et comme instinctif se fait entendre: «C'est providentiel! C'est un prodige de la droite de Dieu, et de Notre Dame du Sacré-Cœur, qui est la ressource et la consolation des affligés. »
A de longues et pénibles souffrances ont enfin succédé le calme et le bien-être, et jamais la reconnaissance ne pourra égaler
le bienfait: une fois de plus, il sera donc vrai de répéter cet oracle divin: «J'ai espéré en vous, Seigneur, et je n'ai pas été « déçu dans ma confiance. » Et pour complément, nous ajouterons cette parole du Docteur le plus dévot à Marie: « Non, jamais l'on n'a entendu dire, ô Vierge compatissante, que vous «ayez délaissé celui qui a eu recours à Vous, imploré votre « secours et demandé votre assistance. »
Le pauvre curé guéri, c'est moi-même; et je suis heureux de vous transmettre mon action de grâces, à laquelle donnera le plus grand prix la note suivante, que je viens de recevoir à l'instant de notre pieux pontife:
« Je no vois que des avantages dans la publication à donner au récit de votre guérison vraiment extraordinaire par sa soudaineté.
« -f- Alfred, arch. de Cambrai. »
Veuillez agréer, très Révérend Père, l'hommage des sentiments les plus respectueux et les plus dévoués en Jésus et en Marie de votre très humble serviteur.
Joseph Baligand, curé vice-doyen.
(Annales françaises de janvier 1884).
Comme Saint Paul, il était au fond de la mer, et vous l'en avez retiré, ô N.-D. du S.-C. !
Beauvais, 12 décembre 1883.
Très Révérend Père,
Depuis que j'ai eu le bonheur de vous écrire, j'ai été envoyée en Afrique, où j'ai passé quelques années. Rappelée en France pour cause de santé, j'ai hàle de porter à votre connaissance, suivant ma promesse, un fait arrivé pendant que j'étais en mission, et dans lequel éclatent la maternelle bonté et la puissance de 'Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Monseigneur Duret, de pieuse et sainte mémoire, étant venu nous faire une visita, comme nous avions appris qu'il était tombé à la mer, nous lui demandâmes de vouloir bien nous raconter comment il avait été sauvé; et voici ce qu'il nous répondit:
« Nous étions arrivés à une lieue de Saint-Louis (Sénégal), « barre du fleuve, lorsque le capitaine nous déclara qu'il était « impossible de passer. Nous pouvions donc être obligés de rester « là plusieurs jours, ce qui me contrariait beaucoup, car j'avais « hâte d'être arrivé.
«Je me décidai alors à descendre dans une pirogue. Nous « avancions difficilement quand, soudain, une grosse vague ren- « verse la pirogue et nous tombons tous dans la mer. Peu à « peu, malgré mes efforts, j'arrive au fond, et je tombe la figure « dans le sable. Je n'avais plus qu'à attendre de la mort, en « recommandant mon âme à Dieu. Mais tout- à-coup je me rappelle «que Monseigneur Bessieux m'avait dit un jour: «Mon ami, si «jamais vous vous trouvez dans un cas désespéré, invoquez Notre- « Dame du Sacré-Cœur ; elle vous viendra certainement en aide. » « Dans le cas absolument désespéré où je me trouvais, j'invoquai « donc Notre-Dame du Sacré-Cœur; à peine l'avais-je fait que «je me sentis soulevé et que j'arrivai à la surface des flots, juste « à l'endroit où était la pirogue qui avait été renversée. Les noirs, « qui nagent comme des poissons, l'avaient retournée et ils conti- « nuaient leur chemin, s'inquiétant fort peu de ce que j'étais « devenu. Je leur tends la main, ils la saisissent, mais dans le « mouvement qu'ils firent pour me faire entrer dans la pirogue, « celle-ci fut encore renversée-, et me. voilà de nouveau dans la « mer. Mais Notre-Dame du Sacré-Cœur veillait sur moi, un noir « se jeta à ma recherche et me ramena à bord. J'avais perdu « connaissance. Dans la crainte d'une nouvelle chute, ils m'atta- « chèrent à l'embarcation ; et ainsi nous arrivâmes à Saint-Louis. « Là on me fit rendre l'eau dont j'étais rempli, et je revins à « moi. Certainement, je n'ai été sauvé que par Notre-Dame du « Sucré-Cœur ! » ,
Voilà, mon très Révérend Père, ce que Monseigneur nous raconta, et ce que je vous rends bien imparfaitement, mais bien exactement.
Que la divine Mère daigne aussi recevoir l'humble hommage de ma reconnaissance pour les grâces qu'Elle m'a obtenues, et pour les dangers dont Elle m'a délivrée, durant mon séjour en mission ! A doux reprises le navire qui m'emportait a manqué de faire naufrage. Une fois, entre autres, nous avons été sur un banc de sable-, nous devions tous périr.... Nous nous sommes re-
commandés à la Très Sainte Vierge, à Notre-Dame du Sacré- Cœur , nous lui avons fait un vœu, et nous avons été sauvés. Qu'Elle en soit à jamais bénie !
Sr Marie du Sacré-Cœur,
de la congrégation de Saint-Joseph de C'luny. (Annales françaises de janvier 1884).
Éclatante conversion du Père Joseph de Preturo, par Notre-Dame du Sacré-Cœur.
26 juillet 1877.
Le P. Joseph, de Preturo, prêtre Mineur observantin du couvent d'Aquilée, en Italie, aVait laissé percer quelques-unes de ses opinions dangereuses, contraires à la doctrine de l'Eglise; entraîné, d'un côté par le courant, séduit de l'autre par des lectures pernicieuses, se laissant aller chaque jour de plus en plus à l'esprit d'innovation, il en vint finalement en 1801 à renier la Foi... N'ayant pas le courage de supporter, à Aquilée, le regard de tant d'honnêtes catholiques qui, pensait-il intérieurement, lui reprocheraient son apostasie, et voulant se procurer des moyens de subsistance dans son nouvel état, il accepta à Ancône l'office de Ministre Protestant.
Là, à partir de 1864, il fit imprimer plusieurs ouvrages dans lesquels il glissa tout le poison de l'hérésie. Privé de toute lumière divine par son orgueil, il en vint à étouffer les remords de sa conscience, et, comme il l'avoua plus tard, à demeurer convaincu des erreurs qu'il enseignait aux autres.
Cela dura pendant plusieurs années; enfin, l'état de sa santé le contraignit à abandonner l'office de prédicant, pour venir respirer l'air bienfaisant du pays natal...
Que les voies de Dieu sont admirables! La Providence choisissait Aquilée pour le théâtre d'un nouveau prodige de la grâce.
C'est là que la Vierge Marie attendait le Père Joseph, pour le récompenser du peu qu'il avait fait autrefois pour Elle. Revenu donc à Aquilée, il y passa trois ans, sans rencontrer autre chose que la pitié de la part des bons, l'indifférence et le mépris de la part du plus grand nombre; le sérieux de son esprit, sa tendance vers la retraite, ses habitudes qui avaient conservé quelque chose
de religieux, avaient cependant fait naître dans quelques-uns l'espérance d'un retour possible , espérance toutefois bien incertaine.
Le premier qui osa tenter de le ramener dans le droit sentier fut le Prieur de la confrérie de Y Addolorata, mais ses bons désirs furent sans effet.
Cependant, la maladie devenait plus grave; elle résistait à toutes les ressources de l'art, et le Père Joseph s'avançait à grands pas vers la tombe!
Les protestants d'Aquilée ne s'éloignaient que rarement de la demeure d'Augustin Vittorini, pressentant peut-être ce qui devait arriver dans la suite; et les catholiques avaient les plus grands obstacles à surmonter pour arriver jusqu'à lui ; encore le trouvaient-ils souvent dans un tel état de souffrance, qu'il lui était impossible de supporter de longues discussions, de sorte que les charitables visiteurs se voyaient poliment; congédiés.
Les Allés de la Charité d'Aquilée, après avoir essuyé bien des refus, trouvèrent par une piété ingénieuse le moyen d'entourer le pauvre malade de leurs soins les plus assidus; tout en s'occupan! du corps, elles ne perdirent pas de vue l'âme à laquelle surtout elles s'intéressaient. Timides au commencement, c'est à peine si elles osaient glisser quelques mots de piété; mais le zèle doublant leur courage, elles se mirent à exercer leur apostolat sans réserve, avec une patience et une aménité incomparables. Quelque actifs que fussent leurs soins, elles n'obtinrent rien. Le malade repoussa avec dédain et avec mépris la médaille de Lourdes, ainsi que le saint scapulaire du Oarmel et celui de la bonne mort.
M. le chanoine curé de la cathédrale travaillait de concert avec les Filles de la Charité, ainsi qu'un laïque, jeune homme très connu par sa science et sa piété, à la conversion de l'apostat. Tous travaillaient... mais les tentatives étaient vaines; Augustin admirait la charité de tous, en faisait l'éloge, et demeurait impassible et dur comme un rocher...
Le curé de notre métropole, qui ne demeurait auprès du malade que par pure charité chrétienne, car il était convaincu désormais que tout effort, toute tentative étaient inutiles auprès d'Augustin, imagina néanmoins un moyen.
Depuis plusieurs années, la pieuse Association de Notre-
Dame du Sacré-Cœur est canoniquement érigée dans l'église de sainte Marie- Madeleine de cette cité: il fit donc inscrire le nom d'Augustin dans les recommandations de la pieuse Association, et par l'entremise des Filles de la Charité, il envoya une médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur à Augustin, si revêche à tout moyen de salut; celui-ci la reçut avec la même indifférence glaciale qu'auparavant. Il la fit placer ensuite je ne sais dans quel endroit de la chambre.
Le s >ize juillet, fête de N.-D. du Mont-Carmel, nouvelle tentative du curé et nouveau refus du malade. Peu après, le pieux et noble jeune homme doni nous avons parlé intervint à son tour. Il voulut lui aussi visiter le malade, et s'il fut d'abord congédié avec politesse, à force d'instances; il parvint à se faire accueillir.
Augustin Vittorini fut tellement saisi des manières affables do ce jeune homme, que le 22 juillet, il lui écrivit au crayon quelques lignes de remerciement. Dans son langage tout à-fait protestant, il le rassura sur ses obligations religieuses, déclarant qu'il suivrait, toujours la voix de sa conscience, éclairée par la révélation.
Sans se laisser décourager, ce jeune homme lui écrivit une lettre très touchante. Faisant plutôt appel au cœur qu'à l'intelligence d'Augustin Vittorini, il le conjurait de pourvoir sérieusement à l'intérêt de son àme. Il courut prier les Filles de la Charité de vouloir bien remettre cette lettre en son nom entre les mains du malade, mais il trouva ces religieuses froides, découragées et presque décidées à ne plus se rendre que rarement auprès d'Augustin, puisqu'il s'obstinait chaque jour davantage. Quand il fut certain qu'un parti si désespéré avait été pris, saisi de tristesse, il reconnut dans cette décision une ruse habilement voilée de l'esprit des ténèbres, qui voulait tenir éloignées de sa victime ces âmes angéliques.
Aux prières des particuliers et des communautés, ses anciens frères en religion eurent la pensée d'ajouter un triduum public, dans l'église de sainte Marie de Collemaggio, en l'honneur de la Mère de Dieu, sous le vocable de Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus, pour recommander à cette bonne Mère cette conversion désespérée.
Le triduum fut terminé par une messe à l'autel où se vénère
l'image de Notre-Dame du Sacré-Cœur (23 juillet, fête de sainte Marie-Magdeleine). Jusqu'à ce moment, Augustin Yittorini- avait toujours affirmé avoir la conscience tranquille au sujet de ce qu'il avait fait depuis 1864, et il le croyait; mais ce jour-là, jour de grâce, Marie, écoutant les prières de tant de saintes âmes, bouleversa l'esprit d'Augustin, qui perdit tout-à-coup son calme trompeur. Un trouble d'abord, une vague inquiétude ensuite, puis l'idée du sacrement de pénitence tinrent en suspens son esprit durant tout ce jour.
Le 26 juillet le trouble était à son comble; Augustin Vittorini ne luttait plus contre lui-même, mais contre la sainte Vierge, comme il l'a manifesté lui-même ; ce combat dura environ quatre heures. Une voix qu'il croyait entendre lui ordonnait de porter la médaille de Noire-Dame du Sacré-Cœur, qu'il avait reçue du chanoine curé de la cathédrale. Comme il s'obstinait, il entendit, ou du moins il lui parut entendre la voix plus forte, plus impérieuse qu'auparavant. Vaincu enfin, il demanda la médaille; il voulut qu'elle fut attachée à un cordon, se la passa au cou, et, ce qu'il n'avait pas fait depuis plus de 13 ans, il récita avec une vive piété la salutation angélique.
Il n'avait pas encore terminé cet Ave Maria, il n'avait pas encore placé sur sa poitrine oppressée la médaille miraculeuse, que la tempête, qui trois jours auparavant l'avait agité, revint avec plus de fureur. Ce n'était plus alors un simple trouble, mais une agitation profonde et très sensible. Ce n'était pas une vague terreur, c'était une main mystérieuse qui l'étreignait. Il voyait, il touchait le bien qui lui manquait, il voulait le posséder. « Je « n'aurai pas de repos, s'écrie-t-il, je ne fermerai pas les yeux « au sommeil, si je n'ai auparavant le bonheur de faire ma « confession. »
De sa main il écrivit au chanoine, curé de la métrople, le priant de venir en toute hâte à sa maison, et de peur que celui-ci ne tardât trop, il fit des instances pour qu'on appelât en son absence le premier prêtre qu'on rencontrerait. Il était un peu plus de deux heures après-midi. Le chanoine, pressant le pas, arriva enfin.
En un instant, le visage du malade devint calme, et sans attendre les politesses d'usage, «. vous me demandez une rétracta- « lion, dit-il, me voici prêt à vous la donner: Je crois à l'Eglise
« Catholique, Apostolique et Romaine; je crois que vous êtes un « de ses ministres, je veux me confesser, et, avant tout, je vous « déclare être prêt à vous obéir sans réserve en tout ce qu'il « vous plaira de m'imposer. »
Le spectacle est digne des Anges qui en ressentent une indicible joie!
L'apostat Augustin Vittorini est aux pieds du confesseur, il lui dévoile ses fautes en pleurant, en sanglotant ; à ses larmes, le prêtre ne p^ut retenir les siennes; il pleure de tendresse à la vue d'un si grand coupable: il pleure de joie en présence d'un prodige si étonnant. La confession entendue, le chanoine, pour donner au pénitent la facilité de se rappeler ses fautes, que les années avaient probablement fait oublier, et surtout pour se conformer aux. dispositions des saints Canons en telle circonstance, remet la grâce de l'absolution au lendemain. Quand le malade eut ainsi déposé le fardeau qui pesait sur son âme, un torrent de joie céleste inonda cette àme encore enchaînée, mais en voie de retour vers le Seigneur. Cette joie est fille de la paix et du calmp. joie non pas imaginaire ni affectée, mais réelle et sincère, parce qu'elle est le fruit de la grâce de Jésus-Christ qui peut seul la produire dans le cœur du pécheur repentant. Cette joie arriva à son comble le jour suivant, quand délivré des censures, rétabli en grâce par le saerement de la réconciliation, le malade reçut Jésus-Christ sous les espèces eucharistiques.
Le Père Joseph Augustin Vittorini de Preturo fît l'abjuration de ses erreurs, et il écrivit de sa main sa rétractation. Il obtint d'être réhabilité dans l'ordre de St-François, auquel il me semble qu'il a procuré plus de gloire par sa conversion qu'il ne lui a causé de honte par son apostasie.
La grâce acheva bientôt son œuvre. Le cher converti se tourna vers Dieu pour obtenir de sa bonté un détachement total de tout ce qu'il avait eu de plus cher, et de tout ce qui l'entourait-, et Dieu, loujours plein de miséricorde, exauça sa prière, selon qu'il l'attesta lui-même à son intime ami, et comme les faits vinrent le prouver.
Quand la grâce l'eut changé, combien de fois ne l'entendit-on pas répéter : « Si Dieu m'accordait santé et force, seulement «pendant quelques jours, je voudrais aller à travers les rues, « à travers les places publiques, prêcher la puissance de NOTRE-
« DAME DU SACRÉ-CŒUR, V aveuglement et la sottise de ceux « qui se détournent de Dieu. » Le Seigneur agréa ce désir et le rendit méritoire pour le Père Joseph, mais dans sa sagesse infinie, il n'en voulut point l'exécution.
Trent-cinq jours s'étaient écoulés depuis la merveilleuse conversion du Père Joseph Augustin Vittorini de Preturo; chacun de ces jours, le Père se confessait et communiait avec une telle ferveur, qu'il paraissait ainsi vouloir réparer le passé; il supporta avec une patience et une résignation admirables ses dernières et douloureuses souffrances, les acceptant de la main de Dieu comme une expiation de ses péchés.
Il ne cessait de remercier tous ceux qui s'étaient intéressés à son bien, et il paraissait ne pas pouvoir comprendre comment il avait pu y avoir tant de charité à Aquilée pour son humble personne.
« Si je fusse mort quinze jours avant le 26 juillet, répétait-il « souvent en parlant de la tendresse de Marie envers les pécheurs, « si Dieu n'avait eu pitié de moi, si Marie ma donne Mère n'avait «parlé au Cœur de son Fils, s'il m'avait rejeté loin de lui, « oh! que je serais malheureux, je serais éternellement perdu.»
« Oui, se plaisait-il à dire, oui, je dois le miracle de ma « conversion à NOTRE-DAME DU SACRÉ-CŒUR dont la mé- « daille, à peine placée sur ma poitrine, a été aussitôt pour « mon cœur comme un charbon ardent, qui ne m'a pas permis « de passer la nuit sans me réconcilier auparavant avec Dieu « par l'entremise de son prêtre. »
Il demeura dans ces sentiments jusqu'au 30 août, dernierjour de sa vie agitée. Assisté presque continuellement par trois prêtres, il ne faisait que prier. Les dernières paroles qui sortirent de sa bouche furent celles-ci: Priez pour nous, pauvres pécheurs.
Accablé sous l'intensité du mal, il les pronoçait encore, mais d'une voix confuse, interrompue. Après deux heures d'une dernière agonie, il s'endormit doucement dans la paix du Seigneur, sous le regard bienveillant de Notre-Dame du Sacré-Cœur. .
(Extrait du discours funèbre du Prevot II. Gualtieri). (Annales françaises de novembre 1877J.
GUERISON INSTANTANÉE DE M.LLE ELVIRA NeLLI, OBTENUE PAU L'INTERCESSION DE NOTRE-DAME DU SACRE-CŒUR.
Récit de M.lu Elvira Nelli.
Florence, Italie, mai 1875.
Le 22 novembre 1874, je fus atteinte aux poumons d'une affection grave avec de fréquents vomissements de sang, qui me causèrent une extrême faiblesse, et me faisaient éprouver au cœur des souffrances très vives.
Tous les jours le docteur me prescrivait de nouveaux remèdes, sans aucun résultat. Le mal continuait opiniâtrement. Le 6 janvier, jour de l'Epiphanie, mon état s'étant aggravé, on m'apporta le saint Viatique. J'allais chaqne jour plus mal. Le U, je reçus l 'Extrême-Onction. La douleur de ma famille était au comble. Mais Dieu ne voulut pas qu'elle s'augmentât; il nous prit en pitié. Un peu de mieux se manifesta. Après quelques jours il était sensible, tout danger disparaissait. J'en vins à pouvoir me lever dans les derniers jours du mois de mars.
Néanmoins, je sentais bien que je n'étais pas guérie, et qu'une chute très grave était prochaine. Je ne me trompais pas; le 20 avril j'étais encore alitée. Les vomissements de sang me reprenaient, j'en rendais une grande quantilé par jour; malgré tous les soins et tous les médicaments, pendant quinze jours consécutifs, on ne put les arrêter.
Quand l'hémoptysie diminua, les bras, les jambes, tout le corps, gonflèrent; puis survinrent des accidents convulsifs, et des spasmes violents au cœur; mon estomac ne pouvait supporter aucune nourriture, pas même le moindre liquide. Ma famille désirait que je reçusse de nouveau les divins sacrements; M. le curé jugea que les vomissements continuels étaient une sérieuse raison de s'en abstenir.
Je restai dans cette position douloureuse jusqu'au 24 mai- Le soir de ce jour mon état étant devenu bien plus inquiétant, le médecin pensait que je n'avais plus que quelques instants à vivre.
Voyant que tous les soins étaient inutiles, et que l'on s'attendait à tout moment à mon dernier soupir, j'appelai une de mes tantes qui ne m'avait pas quittée durant ma maladie, et la priai de porter bien vite un cierge à Notre-Dame du Sacré- Coeur. Je demandai sa sainte image, je la plaçai sur mon cœur, et je priais avec une tendre confiance. La Vierge bénie ne tarda guère à exaucer sa pauvre servante.
La nuit du 24 au 25, à trois heures, je fus prise d'évanouissement ; dans cet état de défaillance, il me sembla apercevoir près de mon lit, Notre-Dame du Sacré-Cœur avec le divin Enfant sur son bras. Elle avait une robe toute brodée d'or et un très beau manteau blanc. L'enfant Jésus était velu comme sa mère.
Elle était très jeune; son visage resplendissait comme le soleil et me parut d'une beauté telle que je n'ai jamais rien vu de comparable. Elle tenait en sa main droite une lampe et son divin fils en tenait une aussi.
Elle s'approcha de moi et me dit :
« Prends l'image que tu as sur ta poitrine et regarde Inen «. si elle me ressemble. »
Puis étendant sa main droite, elle me montrait sa lampe, et je voyais qu'il n'y avait plus d'huile et qu'elle allait s'éteindre.
« Cette lampe, me dit-elle, est l'image de ta vie; elle est en « ce moment sur le point de finir; mais je ne 1° veux pas, je « désire au contraire qu'elle devienne comme celle-ci. »
En me disant ces paroles, elle me faisait voir la lampe de son divin Fils, dont la lumière était vive, nourrie, et resplendissante.
A ce moment je me disais à moi-même; est-ce que je rêve?
« Non tu ne rêves pas, » me répondit la Vierge.
Je me touchais les bras, le corps, et je sentais que l'enflure disparaissait, partout. La Sainte Vierge ajouta:
« Lève-toi, ht es guérie, profite de la vie qu'il me plaît de « V accorder, et retire-toi quelque temps dans la solitude. »
Et elle disparût.
Ma mère était près de mon lit; elle avait entendu toutes mes paroles, mais elle croyait que j'étais dans le délire. A quatre heures je repris connaissance, je demandai à boire. Le liquide et d'autres nourritures passèrent aisément ; l'enflure avait totalement disparu; je ne ressentais plus absolument aucune douleur;
à six heures je me levai; à onze heures, je voulais aller à l'église Sainte-Marie-Majeure pour remercier la très sainte- Vierge de ce grand prodige.
Oui, vraiment, prodige bien immérité, mais si grand qu'il saisit d'étonnement tous ceux qui m'ont vue mourante sur mon lit de douleur.
Le médecin M. le docteur Ceusotti est prêt à donner une attestation des faits.
Oh ! que Marie soit glorifiée; en ces jours si tristes nous avons bien besoin de son secours. Heureux ceux qui lui sont dévoués ! Oui, dévotion, honneur et gloire à celle que l'on invoque sous le nom de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Je suis heureuse, je suis contente, je suis joyeuse, non pas tant d'avoir recouvré la vie, que de l'avoir recouvrée par une faveur signalée de cette bonne Mère. Cette faveur sera ineffaçable, éternelle dans mon esprit et dans mon cœur.
0 nuit du 24 mai, je ne t'oublierai jamais!
Ecrit de ma main.
Elvira Nelli, âgée de 19 ans, enfant de Marie.
Attestation du médecin.
Florence, 28 mai 1875.
Je soussigné, médecin-chirurgien, certifie que la jeune Elvira Nelli, de Florence, a été prise au mois de novembre 1874, d'une grave hémoptysie (crachement de sang) avec complication de convulsions qui la rendirent très malade pendant environ cinq mois. Ensuite, s'étant un peu rétablie, elle fut un mois dans un état satisfaisant; mais l'hémoptysie revint avec des formes extraordinaires, et des accès convulsifs bien plus capables de compromettre sa vie. Le mal fut attaqué avec le traitement énergique que la science prescrit. Rien n'en put vaincre ni diminuer la violence: On épuisa toutes les ressources de l'art.
Cet état désespéré dura 24 jours, durant lesquels l'œdème (l'enflure) des régions supérieures se développa dans des proportions énormes. L'affaissement et les suffocations donnaient des symptômes de mort prochaine.
Tous ces phénomènes menaçants ont disparu soudainement. La malade est revenue dans un état normal, et s'est trouvée, en un instant, capable de se lever, de sortir de sa chambre, d'aller par la ville, comme après une lente et progressive convalescence.
En foi de quoi, j'ai signé en tout honneur le présent certificat.
Doct. Alessandro Ceusotti.
Extrait d'une lettre de M. le curé de Sainte-Marie Majeure de Florence à la R. Mère Supérieure des Religieuses de Notre- Dame du Sacré-Cœur, à Issoudun.
(Paroisse de Sainte-Marie Majeure).
Florence, 25 juillet 1875.
Il est certain que mademoiselle Elvira Nelli, âgée de près de vingt ans et domiciliée dans ma paroisse, s'est recommandée à Notre-Dame du Sacré-Cœur et qu'elle a été instantanément guérie.
Je trouve moi-même ce fait vraiment merveilleux, et laissant de côté toute autre maladie grave dont Elvira Nelli était atteinte, je m'appuie principalement sur ce qu'elle a été délivrée instantanément de l'enflure, qui était si grande, que mon vicaire ne put qu'avec peine lui faire porter la main au front pour qu'elle fit le signe de la croix.
Elle s'est levée aussitôt, a marché librement, sans aide, pour aller entendre la sainte Messe et remercier Noire-Daine du Sacré- Cœur; elle s'est promenée le matin même par toute la ville. Tout ceci peut persuader quiconque douterait d'un fait aussi prodigieux.
Je pense vous envoyer l'image que la jeune fille a mise sur sa poitrine.
Je vous prie de présenter mes respects au T.-R. Père Supérieur des .Missionnaires, et de me pardonner mon retard à répondre. Je vous bénis et vous laisse avec Jésus et Marie, en vous priant de vous souvenir de moi, qui suis avec respect et estime votre tout dévoué en N.-S.
Jean-Baptiste Masselli, curé.
("Annales françaises de décembre 1875).
C'iNVERSIOX D'UN DOCTEUR EN MEDECINE RACONTÉE PAR LUI-MEME.
Tomba di Pesaro, 27 septembre 1879.
Monsieur le Curé,
Dans mon enfance, j'aimais tendrement la sainte Vierge; très souvent je baisais avec une filiale tendresse son image chère à mon cœur; j'étais heureux alors. J'avais vingt ans quand la révolution, cette fille de l'enfer, se déchaîna sur l'Italie. Ses maximes infectèrent mon àme; les paroles: liberté et peuple, me firent oublier la religion et Dieu. La lecture de mauvais livres ébranla ma foi: plein d'indifférence pour la piété, je m'éloignai de Marie. Vainement sa douce voix résonnait encore de temps en temps au fond de mon cœur et m'invitait à laisser le mensonge pour la vérité. Je fermai l'oreille à cet appel si miséricordieux et m'enfonçai dans le mal. La vie des camps s'ouvrit à moi ; la brillante position de médecin dans l'armée m'affectionna aux plaisirs mondains, aux réunions bruyantes d'une société hypocrite et impie; de l'indifférence je courus bien vite à l'athéisme.
Dépourvue du secours de la grâce que je ne voulais plus, mon àme se précipita d'abîme en abîme.
Ayant abandonné la vie militaire je vins exercer la médecine à Bologne Là, je regardai, avec la plus froide indifférence et le plus profond mépris, la religion et ses ministres. Je me moquais des miracles, des extases et des visions. La science même que je professais nourrissait en moi toutes ces erreurs. Cependant plus je m'éloignais de Dieu, plus l'agitation, l'inquiétude et la tristesse envahissaient mon pauvre cœur.
L'honneur dont je jouissais, l'estime que l'on professait pour moi, les succès que j'obtenais, rien ne pouvait me rendre la paix perdue. Tout m'ennuyait. La vie même m'était odieuse. Je haïssais jusqu'à mon existence.
Des affaires de famille m'ayant fait quitter Bologne, j'allais professer la médecine dans un pays de la Romagne. Là, je me liai avec les sectaires; je ne revais que le bouleversement social; je nourrissais une haine profonde pour la religion, ses mystères et son culte ; j'étais devenu un fougueux satellite de Satan. Ma pieuse épouse déplorant mes erreurs, me fit recommander en secret
aux prières des associés de Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus, à Issoudun; puis elle mit en secret dans mes vêtements une médaille de cotte bonne Mère, et pria ardemment pour ma conversion. Je ne tardai pas à m'apercevoir de cette pieuse industrie; je souris avec dédain; mais je n'eus pas le courage de jeter loin de moi la médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
C'en fut assez pour attirer sur moi un regard de compassion de la part de la puissante Avocate des causes difficiles et désespérés. Elle se rappela sans doute la dévotion si tendre que j'avais autrefois pour Elle, et les baisers affectueux que je prodiguais dans mon enfance à ses saintes images; Elle écouta les prières ferventes que tant d'àmes catholiques lui adressaient pour moi.
Pour convertir un impie comme moi, il fallait je l'avoue, que Marie usât de sa toute-puissante intercession auprès du Cœur de son Fils, et déversât sur mon àme coupable les trésors de miséricorde dont ce Cœur divin est rempli.
Voici maintenant comment s'est opéré mon retour à Dieu : c'est un véritable prodige.
Le mercredi saint de cette année, étant à Tomba où j'exerçais ma profession, je me sentis tout-à-coup saisi, vers le soir, d'un vif désir de me confesser et de communier; ce que je n'avais plus fait depuis de longues années.... Je ne m'expliquais pas ce mystère. Je suivis mon impulsion, et le lendemain, j'eus le bonheur de m'approcher de la sainte Table et de recevoir le Pain des Anges devant une image miraculeuse de Marie. Deux jours après, en invoquant Notre-Dame du Sacré-Cœur, je fus miraculeusement préservé d'un grand péril... Marie m'avait déjà pris par la main. La nuit du 3 mai, vers une heure du matin, plongé dans un demi sommeil, il me sembla que j'étais allé dans la cathédrale d'Urbino, m.iis devant traverser une nef tout-à-fait obscure, je reculai plein d'effroi et entrai dans la chapelle de Notre-Dame des Douleurs-, là, m'apparut sur les gradins de l'autel une belle dame, d'une Splendeur extraordinaire, vêtue de noir et priant avec toutes les marques de l'affliction.
Attiré par ses charmes indescriptibles, et pénétré à sa vue
Il d'une joie extraordinaire, je m'approchai d'elle et lui dis: — « Oh!
\\comme je désirerais être le fils ou le frère d'une Dame si bonne
et si ravissante ! » — « Hélas! Hélas! me répondit-Elle, en tour-
nant vers moi son visage plus blanc que la neige, Hélas! Hélas! V Eglise est déserte! On nous oublie. Je pleure et je prie: io piango e prego... »
En disant cela, Elle se couvrit le visage de son voile de deuil, et moi consterné je me retirai... mais au moment de sortir de l'église, une voix me cria:
« Regarde! c'est la Vierge delà Compassion, Essa è V Addolorata. »
Plein de joie et de crainte, je me réveillai alors, et tout éveillé que j'étais, il me semblait toujours la voir, toujours entendre résonner à mes oreilles ces paroles... Essa èl'Addolorata... c'est Notre-Dame des Douleurs.
Tout le jour je fus triste et abattu; je ne cessai de penser à Marie, la Mère des douleurs; ses paroles: je prie, je pleure, remplissaient mon âme d'angoisses.
J'allai trouver mon vénéré curé, Monsieur l'abbé Silvestri Bonci, qui, après avoir écouté mon récit, me donna les plus sages conseils.
Dans la nuit du 4, à la même heure que la veille, je vis encore dans mon sommeil une dame qui me dit: «Gardez le souvenir de ce qui s'est passé, et n'ouUiez jamais ce que vous avez entendu. »
Me répondant ensuite, la vision ajouta: « Vous ne portez donc rien de bénit sur cous?... (ce qui était vrai hélas!..); elle m'exhorta alors à prendre un scapulaire ou un petit chapelet avec la médaille, et me les présenta l'un et l'autre.
Le matin je demandai à ma femme la médaille de Xotre- Dame du Sacré-Cœur', et elle m'apporta à la place le petit chapelet ou petite couronne que je trouvai, à ma grande .surprise, parfaitement conforme à celle qui m'avait été offerte pendant la nuit. Je la pris, la baisai, et je la garde pour ne la plus laisser jamais.
Depuis lors, cher Monsieur le Curé, j'ai reconquis la paix de l'âme. Notre-Dame du Sacré-Cœur l'ait mes délices. Je la prie continuellement de vouloir bien m'obtenir du Cœur de son divin Fils le pardon de toutes mes fautes, m'accorder la sainte persévérance et m'accueillir un jour sous son manteau tutélaire.
Apres la faveur que je viens de décrire, et plein de reconnaissance pour ma généreuse Souveraine et ma bien-aimée Bien-
faitrice, il était naturel que j'eusse le désir de faire placer, dans cette église, pour l'exposer au culte public, la chère image de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
L'excellent archiprêtre Bonci et la pieuse famille Renelli de Tomba me prêtèrent leur bienveillante assistance pour les préparatifs d'une fête dont je suis heureux de vous transmettre la relation écrite, par M. le curé lui-même.
Je vous prie de publier cette lettre dans les Annales pour exciter de plus en plus l'amour, la confiance et la dévotion envers Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Docteur Thémistocle Santopadre,
Médecin-chirurgien à Tomba de Pesaro.
(Extrait des Annales italiennes de novembre 1879).
Grâces diverses obtenues dans la Confrérie de Notre-Dame du Sacré-Cœur, établie à Pérouse en 1875 par l'Eminentissime Cardinal Pecci, aujourd'hui Léon XIII, heureusement régnant.
Lettre d'action de grâces.
Pérouse, janvier 1880.
Mon Très Révérend Père,
Parmi les nombreuses affiliations à l'Archiconfrérie de Notre- Dame du Sacré Cœur de Jésus, se trouve, comme le sait déjà Votre Paternité, celle qui fut érigée clans mon église paroissiale de saint Fortunat à Pérouse, par les soins et le zèle incomparable de Notre Sainl-Père Léon XIII, lorsqu'il n'était encore que cardinal-évèque de cette ville. Depuis l'époque de sa fondation, en 1875, jusqu'à ce jour, le nombre des associés est allé toujours croissant, ainsi que leur confiance envers notre Protectrice, à Sause des grâces très précieuses obtenues par son intercession et dont plusieurs ont déjà été publiées.
Mais en voici deux nouvelles, communiquées par une personne très recommandable qui désirerait les faire connaître, si Votre Paternité le juge à propos, par le moyen de vos excellentes Annales.
Une pieuse fille, Anna Cacciavillani, des environs de Pérouse, élevée dans le monastère des Sœurs Clarisses, à Saint Paul, en
cette ville, a l'habitude de se retirer de temps en temps, avec la permission de l'autorité ecclésiastique, auprès de ces religieuses pour y retremper son âme dans la ferveur,
Au mois de novembre dernier, elle se trouvait de nouveau pleine de vie et de dévotion au milieu d'elles. Mais, par une permission de Dieu, elle devint la cause innocente de grands chagrins pour la Communauté; sa confiance fut mise à l'épreuve, et sa dévotion envers Notre-Dame du Sacré-Cœur remporta un éclatant triomphe. Le troisième jour de ses exercices spirituels, elle est prise d'une fièvre terrible, accompagnée d'un violent délire.
La petite vérole noire se déclare avec, tous les caractères de la plus alarmante gravité. Le médecin juge la maladie mortelle, et la déclare tout-à-fait contagieuse; il fait sortir immédiatement les élèves, interdit l'entrée de la chambre de l'infirme à toutes les religieuses; pour la soigner, il fait appeler sa mère, et lui-même s'abstint de faire ses visites à d'autres maisons et à d'autres couvents.
La terreur de l'infection, l'isolement de la chère malade, sa mort presque certaine, la sortie nécessaire des élèves, les conséquences que pouvait amener un si triste événement, avaient abattu l'àme de toutes les religieuses. Mais de quoi n'est pas capable la foi vive d'une àm - vraiment chrétienne et d'un cœur innocent qui prie avec humilité et confiance? Ces bonnes religieuses, toutes pleines de dévotion envers Notre-Dame du Sacré- Cœur et toutes inscrites à sa pieuse Archiconfrérie, se ressouvenant des grâces obtenues, se réunirent avec ferveur au pied de son Image et commencèrent un triduum de prières. S'il se fut trouvé là quelques-uns de ces soi-disant esprits forts, plus corrompus encore dans les monirs qu'impies dans leurs principes, ils rissent à l'ironie ajouté l'insulte sur la douleur de ces bonnes âmes.
Le mal est contagieux, la vie de l'infirme est désespérée, toute la famille religieuse en souffrira, cependant ces révérendes sœurs ne pensent qu'à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Et cette bonne Mère a exaucé déjà leurs prières, adouci leur amertume, consolé leur cœur, rendu évidente sa maternelle protection. Le premier jour du Triduum, cessa le délire; le jour suivant le médeein trouva l'infirme dans un état d'amélioration; le troisième, il put dire à la malade: « Votre guérison est assurée.» En effet la
jeune fille retrouve en peu de jours la santé de sa jeunesse, nouveau triomphe de la protection de Notre-Dame, et elle se rend au pied de son image où elle suspend, comme témoignage de reconnaissance, une bague on or qu'elle s'enlève du doigt.
Il y en aura beaucoup, mon Révérend Père, qui attribueront une si grande grâce à différentes causes naturelles selon leurs divers sentiments, mais il n'en est pas ainsi de ces religieuses Toutes sont pénétrées d'une vive gratitude envers notre chère Protectrice des causes difficiles et désespérées; et. elles ne font qu'accomplir leur promesse en publiant cette relation. Le médecin lui-même a reconnu ouvertement dans cette guérison le concours dune cause surnaturelle. Oh! qu'elle est bonne et bienveillante Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus! Daigne cette excellente Mère désinfecter aussi tant de pauvres cœurs malades et les guérir pour la vie éternelle!
Un enfant de dix ans appartenant à une noble famille de Pérouse. souffrait depuis quelques années d'un mal terrible à la jambe. Plusieurs fois il dut se soumettre à des soins douloureux, et se laisser conduire aux bains de mer de Viareggio, sans en rapporter jamais la moindre amélioration. Le mal prit un tel développement que l'enfant ne pouvait plus poser son pied à terre; plusieurs cautères lui avaient raidi la jambe.
Au milieu de tant de douleurs, il eût la grâce de supporter son mal avec une grande patience. Une de ses tantes, religieuse Clarisse, apercevant de si belles dispositions dans un enfant d'un âge encore si tendre, voulut allumer en lui la confiance en Notre- Dame du Sacré-Cœur et le faire inscrire dans la pieuse Confrérie. L'enfant n'obtint d'abord qu'une plus grande force de résignation; le mal devenait plus opiniâtre et ses parents crurent que le moment était venu d'employer les derniers remèdes, quelque douloureux qu'ils pussent être. La délicatesse du pauvre patient et la sensibilité qui avait suivi les soins antérieurs étaient cependant un obstacle. On eût recours à la Protectrice des causes difficiles, et l'on obtint du jeune enfant un courage supérieur à son âge. Il fut donc conduit à Florence, auprès d'un savant professeur. Toutefois on recommanda par dessus tout le succès à Notre-Dame du Sacré-Cœur, en lui confiant cette affaire pour
la plus grande gloire de Dieu et le bien spirituel de l'enfant, et lui promettant, lorsque tout serait terminé, de publier cette faveur dans les Annales.
L'opération fut faite de main de maître, avec une constance à .peine croyable de la part de l'infirme. L'inflammation que l'on redoutait, à cause de la saison d'été où l'on se trouvait alors, se fit à peine sentir. On enveloppa la jambe avec un linge qui avait touché à la sainte Image, et grâce aux prières ferventes du pieux enfant et de sa tante, la blessure se referma; l'enfant put appuyer son pied à terre et faire quelques pas, avec l'aide d'un petit bâton, jusqu'à ce que mettant de côté cet appui, il lui fut possible de marcher de lui-même, quoique assez lentement.
« Ce cher enfant, écrivait sa tante religieuse, aime tendre- « ment sa céleste Protectrice, Notre-Dame du Sacré-Cœur, à qui « il attribue le bienfait de sa guérison. Il a résolu de faire faire « une petite jambe en argent, pour la suspendre, comme don « votif, à l'Image miraculeuse. A cette fin, il se prive des amu- « sèment s innocents que lui permet son âge, pour recueillir le « prix nécessaire. Tous les cadeaux qu'il reçoit de ses parents sont « mis en réserve. Il s'en prive avec joie, au point d'exciter l'ad- « miration de tous ceux qui l'entourent. Oh ! louée soit à jamais « Notre Dame du Sacre-Cœur 7 Daigne cette céleste Mère accor- « der à mon cher petit neveu un cœur toujours droit et innocent « et que sa guérison lui soit un moyen d'entrer en Paradis. » Que Votre Paternité daigne me croire, comme je le suis,
Votre très humble serviteur
D. Quj.rico Filipponi, curé.
(Annales françaises d'avril ÎSSO).
Remarquable préservation de tous les Associés de Notre-Dame du Sacré-Cœur dans le terrible désastre de Casamicciola, 4 mars 1881.
Rome, 29 mai 1881.
Très Révérend Père,
Je viens vous faire part de la protection de Notre-Dame du Sacré-Cœur, en faveur de ses fidèles enfants de Casamicciola dTschia, à l'occasion du terrible tremblement de terre, arrivé le 4 mars dernier.
M. l'abbé Morgiva m'écrit: «Tous les associés de Notre- Dame du Sacré-Cœur, au nombre de 100, ont échappé au désastre d'une manière vraiment prodigieuse. Les pierres, qui tomb tient du haut des édifices en ruines, formaient comme de petites cabanes, qui permirent à tous les prêtres d'échapper au danger, à IVxception d'un seul qui eut les jambes fracassées. Sous ces murs écroulés, onze personnes restèrent ensevelies pendant plusieurs heures, séparées les unes des autres par un amas de pierres, sans souffrir le moindre mal; pendant tout ce temps elles ne cessaient d'invoquer Marie leur libératrice. »
Le même prêtre, dans une autre lettre, me dit que sa petite nièce, <àgée de 4 ans, s'amusait sur la terrasse au moment où s'annonça une terrible secousse. La terrasse se détache de la maison, entraînant avec elle au fond de la vallée la chère petite, qui no r ssentit pas la plus légère atteinte, et n'éprouva pas la plus petite émotion. L'enfant portait sur elle la médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
M. Sirabella commence ainsi une de ses lettres: «Notre- Dame du Saré-Cœur a montré sa puissante intercession en faveur des habitants du quartier de la marine, consacrés à cette bonne Mère-, car ceux-là ont échappé au danger, bien qu'ils aient éprouvé les mêmes secousses du tremblement de terre. Les maisons dp mes parents, situées sur la montagne même où s'écroula la ville entière, mais du côté du quartier susdit, bien qu'attenantes aux maisons tombées, sont restées debout, et tous ses habitants ont pu s'échapper et sauver leurs meubles. »
M. l'abbé Pisani nous dit aussi que les habitants de la rue Spezieria ont disparu sous les ruines de leurs maisons et des rues avoisinantes qui se sont effondrées sous leurs pieds, à l'exception d'une salle où s'était réunie toute la famille, et qui, à son tour, s'écroula, dès que ceux-ci, entraînés par la force des soldats, l'abandonnèrent.
Dans une autre lettre, M. l'abbé Morgiva me dit: « La paroisse s'est écroulée; pour le moment notre église paroissiale est celle de la marine, qui seule est restée parfaitement intacte, malgré la violence des secousses qui ont tout renversé. C'est qu'en ce lieu se trouvait l'image de Marie, honorée sous le vocable de Notre-Dame du Sacré-Cœur, et le centre de son aggrégation récemment fondée. Notre-Dame du Sacré-Cœur a voulu sauver
sa petite chapelle. En ce moment tous les offices ont lieu ici, et le curé y exerce toutes les charges de son ministère pastoral. La dévotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur va toujours croissant, et ces miracles de préservation ont accru davantage la confiance en cette bonne Mère. »
Voilà, Très Révérend Père, quelques détails sur le grand désastre de Casamicciola où Notre-Dame du Sacré-Cœur a montré plus que jamais sa maternelle miséricorde.
Je suis, Très Révérend Père, votre très humble servante.
HÉLÈNE! SODERINI CoTOGNI.
( Annales italiennes 'le juin 1881).
Guérison de Sœur Marie Hélène Caprara, capucine du monastère de Sainte Véronique Giuliani à Città di Castello.
Città di Castello, 3 juillet 1881.
J'ai honte d'avoir remis jusqu'à ce jour la relation de ma guérison, due à l'entremise de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Mais le bon Jésus et sa sainte Mère savent bien pourquoi j'ai différé si longtemps. Mes supérieurs, par une sage prudence, ont voulu attendre que la constance de la guérison confirmât le prodige. J'ai dû, en me soumettant, refouler dans mon cœur l'élan de ma reconnaissance.
Voici le fait: il a rempli mon àme d'émotion et suscité l'admiration de tous ceux qui ont connu l'état extrême où je me trouvais.
Depuis dix-neuf ans, j'étais atteinte d'une maladie de la moelle épinière: elle me rendait impossible, non seulement l'observation de nos saintes Règles, mais encore toute occupation physique et intellectuelle. En vain employa-t-on toutes les ressources de l'art; on dût bientôt cesser tous les remèdes, reconnus dès lors impuissants. Ainsi désespérée du docteur François Garasei (comme il l'atteste dans une longue et minutieuse relation que nous conservons avec le plus grand soin dans nos archives), j'attendais qu'il plût au Seigneur de m'unir à mon céleste Epoux Jésus, en mettant un terme à mes souffrances et aux fatigues que j'imposais à la charité de mes Sœurs.
C'est alors que le Confesseur de notre monastère se sentit comme inspiré d'allumer en moi l'espérance de la guérison, et
m'imposa, en vertu de la sainte obéissance, l'obbligation de demander à Notre-Dame du Sacré-Cœur de me rendre apte à l'observance.
Nous étions au 8 mai 1880. Dans le secret de mon cœur je priai avec foi ma bonne Mère. Avec la prière, il est vrai, croissait la douleur, mais je sentais les forces revenir, et à mesure qu'elles m'étaient rendues, je les employais, par obéissance, à reprendre les exercices de la communauté. Je redouble mes supplications, et je ne négligeai rien, surtout pendant la neuvaine préparatoire à la fête de Notre-Dame du Sacré-Cœur, afin d'attirer son assistance, non pas tant pour mon bien que pour la gloire qui lui reviendrait d'un prodige accompli au jour de sa bien-aiméï fêle.
Tout-à-coup je me sens délivrée de plusieurs infirmités: ma voix reprend sa clarté, mon mal de tète et mon oppression à la poitrine s'évanouissent. Ces heureux indices accroissent mon espérance, et toujours par obéissance, je continue à prier avec plus de ferveur pour que le Sacré-Cœur, par l'entremise de Marie, achève son œuvre pendant le mois qui Lui est consacré.... et la faveur arriva complète. A la fin du mois, des maux innombrables dont j'étais tourmentée, il ne me restait qu'une demi-paralysie aux entrailles et une douleur à l'épine dorsale. Mon Père spirituel me donna l'ordre de demander instamment à Notre-Dame du Sacré-Cœur la parfaite guérison pour la fête bien rapprochée du Carmel. J'obéis, et précisément dans la nuit qui précéda cette solennité, je fus entièrement et instantanément délivrée de tout mal.
Depuis lors je n'ai ressenti aucune infirmité, et, plus forte que jamais, je puis exercer n'importe quel emploi de la Communauté et suivre l'observance, ce qui m'était depuis si longtemps impossible.
Oh! qu'elle est bonne Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus! Qu'éternelle soit ma reconnaissance et qu'un jour il me soit donné de la Lui exprimer dans le ciel !
Marie Hélène Caprara capucine du monastère de Sainte Véronique.
Confesseur ordinaire des Sœurs Capucines, au couvent de Sainte Véronique Giuliani, à Città di Castello, j'ai moi-même été
"témoin de la guérison de Sœur Marie Hélène Caprara, religieuse de ce monastère. Le prodige, opéré par Notre-Dame du Sacré- Cœur, est bien plus grand qu'il n'apparait d'après la relation. La publication d'un tel bienfait ne peut que tourner à la gloire de cette auguste Reine dont j'ai reçu moi aussi d'insignes faveurs.
Savino Guidobaldi.
(Annales italiennes de mars 188?).
Guérison de Joséphine Rontina À l'hospice de Naples.
Naples, 14 août 1882.
Ma chère sœur Ildefonse,
Je suis encore toute émue de la grâce extraordinaire que vient de nous obtenir Notre-Dame du Sacré-Cœur. Joséphine Rontina a été guérie d'une tumeur viscérale, guérie en un instant et guérie par la main de Marie.
Cette chère enfant, — elle a quinze ans — avait une tumeur viscérale qui la condamnait depuis un an aux plus cruelles opérations.
Lorsque nous lui suggérâmes de commencer une neuvaine à Notre-Dfiinc du Sacré-Cœur, elle nous fit des difficultés, parce qu'une grave maladie d'yeux l'avait réduite à l'état de ne pouvoir lire. Cependant elle l'entreprit de bon gré, lorsqu'elle sut qu'il lui suffirait d'appliquer son esprit et son cœur à la lecture qui lui serait faite.
Voici comment Marie se plut à exaucer son enfant.
Dès le premier jour de la neuvaine, elle put d'elle-même lire les prières indiquées. A partir de ce jour, c'était vers le miliei du mois de mai, jusqu'à aujourd'hui, elle ne l'interrompit jamais, faisant succéder neuvaine à neuvaine, pendant l'espace de trois mois, et lisant toujours elle-même, bien que toute autre lectur< lui fut demeurée impossible. C'était là une grâce qui préludait à la faveur insigne que lui préparait Marie.
Il y a un mois et demi, Joséphine se trouva plus mal; découragée, elle abandonne la prière. Au jour suivant, aux premières heures du matin, étant tout à fait réveillée et ne voyant personne, elle entend distinctement une voix lui dire: «Joséphine, tu ne fais plus la prière et tu n'as plus de force. »
Le 12 du mois courant, à quatre heures et demie du matin, Joséphine, après une heure de veille et de crises douloureuses, (depuis trois jouis elle se trouvait très mal), s'endormit de nouveau et vit en songe une ombre blanche, majestueuse, mais à formes indécises. Effrayée et pensant à une de ses compagnes, morte depuis peu, elle lui demanda qui elle était. L'ombre répond: « Je suis Xoire-Dame. » Encouragée par cette douce et bienveillante réponse de Marie, Joséphine lui dit: « Eh bien! vous ne voulez donc pas me consoler? » — « Ecoute, reprit la voix mystérieuse qui sortait de cette ombre , tu devais mourir et demeurer pendant quinze ans en purgatoire ; cette maladie t'en a préservée. »
L'enfant, n'osant plus alors insister pour obtenir sa guérison, pensait en elle-même: « Il n'y a donc plus d'espoir, il faut me résigner à supporter ma maladie. » La voix ajouta : « Cependant je veux te consoler. » Alors l'enfant sentit s'opérer en elle la guérison; il lui sembla que Marie venait de lui enlever sa tumeur et lui disait: «Descends et raconte la chose à la Supérieure. »
Joséphine se réveille; ô prodige! elle est guérie, le mal a disparu, la douleur aussi.
Les médecins étonnés ont constaté la guérison. Joséphine n'a conservé qu'une légère fatigue, elle se porte bien et s'est remise au règlement.
Rien ne peut traduire l'effet qu'a produit sur elle une grâce si merveilleuse et si inattendue. A notre tour de répéter avec elle et avec Pie IX de sainte mémoire: « Oh! qu'elle est donne Notre-Dame du Sacré-Cœur ! »
Les personnes de la maison ne parlent que de ce prodige. Bon nombre d'étrangers (et vous savez combien ils sont ici nombreux) ne peuvent contenir leur émotion: ils crient au miracle, remercient Marie, veulent voir la jeune personne, entendre de sa bouche la relation détaillée du fait et ne se fatiguent pas de s'écrier: « O bonté et puissance de Marie! »
Il s'en est suivi un véritable enthousiasme; tous veulent être associés, avoir des médailles, des images, des exemplaires de la neuvaine faite par Joséphine, la neuvaine du Souvenez- vous.
Voyez donc, bonne Sœur ïldefonse, quelles grâces nous fait la Très Sainte Vierge. Communiquez, je vous prie, ce fait aux
Missionnaires du Sacré-Cœur, afin qu'ils l'insèrent dans les Annales, selon la promesse que notre chère Joséphine avait faite comme nous.
Votre très affectionnée,
Elisabeth Bertagna Sœur de la Charité.
(Annales italiennes de novembre 1S8-2).
Une mère rendue à sa famille.
Solmona, 13 avril 1877.
Je dois à la gloire de Dieu et de Notre-Dame du Sacré-Cœur la publication d'une guérison merveilleuse, opérée en mars dernier en faveur d'une excellente mère de famille.
Elle était atteinte depuis quelque temps d'une phthisie pulmonaire, quand il lui survint à la jambe gauche une plaie cancéreuse dont les progrès furent si rapides qu'un habile médecin déclara tout espoir perdu.
Alors que tout remède était inutile et que la mort avançait à grands pas, je fus inspiré d'apporter à la malade une médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur. En la lui présentant, je l'exhortai à mettre sa confiance dans cette bonne et puissante Avocate des causes désespérées. La moribonde prend la médaille, et faisant un suprême effort, de ses mains décharnées elle la porte avec amour à ses lèvres, et d'une voix mourante elle dit: Notre-Dame du Sacré-Cœur, priez pour moH
Cette invocation à peine terminée, elle tombe dans un profond sommeil qui dura toute la nuit. Au point du jour elle s'éveilla, et à sa grande surprise elle constate un mieux sensible et le retour de ses forces. Le mieux augmenta de jour en jour; la plaie se ferma peu à peu; les caractères de la phthisie disparurent; en un mot la malade est parfaitement guérie et elle a été la première ,i venir remercier Notre-Dame du Sacré-Cœur dont la belle image fut inaugurée ici, il y a quelques semaines.
Francesco Trippitélli prêtre.
(Annales italiennes, avril isi~).
Elle m'a rassurée sur le sort éternel de mon père. Rome. — Institution des Aveugles. 2 août 18^2.
Depuis plusieurs années je gémissais, le cœur oppressé de la plus sensible des peines : celle de voir mon père éloigné de tout secours spirituel, de toute pratique religieuse. Dieu, dans son infinie miséricorde, daigna m* appeler a l'état religieux dès l'âge de 17 ans. J'offris tout ce que j'aurais à souffrir à Dieu et à Notre- Dame, leur demandant en refour la consolation d'apprendre qu'au moins avant de quitter cet exil mon père s'était amendé, et était revenu à Dieu.
Douze ans se passèrent, pendant lesquels, plusieurs fois dans la journée au pied de Jésus-Hostie et d'un aufel consacré à Nofre-Dame, j'adressais ma prière pour la conversion de son âme. Lorsqu'un jour de cefte année je reçois un télégramme venant d'Asie, qui m'apprend la mort de mon bien-aimé père. Et ce qui me fit le plus de peine c'est que le Seigneur l'avait appelé à Lui subitement. Tout espoir était donc perdu. Je voyais mes longs et nombreux sacrifices sans acceptation devant Dieu, puisque la fin pour laquelle je les avais supportés m'était refusée.
Mon esprit se trouvait dans l'angoisse au delà de toute expression et de toute mesure. Dans ma douleur cependant, je tournai mon regard vers Celle que j'aime à appeler ma Mère très tendre et très aimée, et je déversai dans son sein le trop plein de ma douleur. Je la suppliai de me consoler Elle-même, en me faisant par quelque signe espérer pour l'éternité de mon bienaimé père.
Marie n'abandonne jamais : Elle est en effet Vespérance des désespérés, et c'est ainsi qu'Eile devait se montrer à moi dans un tel abattement. Elle m'accorda la grâce de voir en songe mon cher et bien-aimé père heureux et content d'avoir quitté cet exil. Je l'interrogeai pour savoir où il était, et j'en obtins la réponse suivante : « Sache, o ma fille, que lorsque mon corps était étendu immobile entre les bras de tes sœurs et de ton frère, et qu'autour de mon cadavre ils pleuraient et priaient, mon âme était encore présente-, j'entendais tout, mais il ne m'était plus possible de donner aucun signe de vie. Je connus toute la gravité de mon état, et voyant qu'il n'y avait alors plus de remède
pour moi, que je devais comparaître devant le tribunal suprême, j'implorai du fond du cœur la miséricorde divine; Marie pria pour moi, et le divin Juge me dit qu'il changeait ma peine éternelle en peine temporelle, en récompense des nombreuses aumônes que j'avais laites dans le cours de ma vie; mais plus encore pour plaire à sa Mère qui avait tant prié pour moi.»
Bien que ce fût un simple songe, cependant je me sentis consolée, mon esprit était soulagé et je me fis un devoir bien doux de remercier Notre-Dame du Sacré-Cœur, et aussi de redoubler mes prières.
Environ un mois après ce songe, une de mes Sœurs en religion, Maltaise de naissance, vint me trouver toute impressionnée pour me communiquer un songe qu'elle avait fait, et qui, d'après elle, devait me consoler beaucoup. Le voici:
« J'allai, me dit-elle, dans l'église de saint Laurent, et je m'y arrêtai devant la grille du maître- autel pour demander le soulagement des âmes du purgatoire, lorsque ma prière fut interrompue par la vision d'un homme de haute stature, de forte et robuste complexion, revêtu d'un habit blanc comme la neige et finement plissé. Le bras droit seul était couvert de noir et portait deux rubans de soie, l'un blanc et l'autre noir; tous deux étaient couverts d'inscriptions que je ne pouvais pas lira Tout d'un coup cet homme s'approcha de moi, et me saluant polimant il me dit: « Voudriez-vous me faire un plaisir, ou plutôt une grande faveur? — Oui, lui répondis-je aussitôt, avec grand plaisir. »
« Sachez, reprit-il, que beaucoup de vos sœurs sont passées par là, et aucune n'a voulu me rendre le service que je vous demande; «je vous serais très reconnaissant, si vous vouliez me faire plaisir. » Il m'offrit un livre en forme de Missel, et il me dit: « Donnez-le à ma fille, sœur Thérèse, en lui disant qu'elle le lise attentivement. » Alors il ouvrit le livre et je vis un grand nombre d'inscriptions, mais qui étaient illisibles comme celles des rubans. Il y avait de plus 20 feuilles blanches, et comme j'interrogeais cet homme (c'était mon père défunt), il me répondit: « Dites à ma fille qu'elle doit remplir ces pages vides avec cette oraison jaculatoire, et exclusivement avec celle-ci : Notre-Dame du Sacré-Cœur, priez pour nous. » Et en disant ces paroles, son visage changea complètement, comme si un rayon de lumière l'avait frappé, comme si une flamme l'avait illuminé; et il ajouta:
« Oh ! combien est puissante Marie invoquée sous ce titre; et ce qui nous parait impossible, ce qui nous semble folie à espérer, tout, absolument tout, est possible à Notre-Dame. » Il salua ensuite la Sœur, et comme il se retirait, le réveil sonna et la fit sortir de ce songe.
Ce fut pour moi un nouvel encouragement, un témoignage de la bonté de Marie pour moi qui l'ai tant invoquée. Je m'empressai de faire dire des messes à cet autel de Notre-Dame du Sacré-Cœur, de faire réciter sa couronne par les personnes qui me sont confiées, pour satisfaire au désir de mon pauvre père en remplissant les feuilles encore blanches.
Gloire et reconnaissance soit toujours rendue à Notre-Dame du Sacré-Cœur!
Sœur Thérèse, Supérieure.
CAnnales italiennes, septembre 1S82).
Notre-Dame du Sacré-Cœur nous a sauvés.
Eénévent, 3 juin 1883.
Le 0 novembre 1882, nous allâmes, mon père et moi, visiter une de mes sœurs, religieuse. Mon père étant incapable de faire la route à pied, à cause de sa faiblesse et de son grand âge (il avait 85 ans), nous avions pris une voiture.
Au retour, alors que nous parcourions la rue qui conduit à la gare, les chevaux entendant le sifflet de la locomotive prirent peur et s'emportèrent sans que le cocher put les retenir.
A la vue du danger je commençai à réciter le Souvenez-vous à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Quand je fus à ces paroles « Accordez-nous, nous vous en conjurons, la faveur que nous sollicitons, » nous étions précipités dans un abîme. Alors je me mis à crier de toutes mes forces: «0 Espérance des causes désespérées, il est temps de montrer votre puissante protection-, ayez pitié de vos enfants ! »
Le cas était vraiment désespéré. Dans cette chute périlleuse mon père était tombé la tète en bas sur les chevaux, et pour peu qu'ils eussent remués nous étions foulés aux pieds et écrasés. Mais, o prodige! 0 puissance de Notre-Dame du Sacré-Cœur! Les chevaux s'arrêtèrent comme retenus par une force supérieure, et
ils restèrent immobiles jusqu'à ce qu'un homme, accourant aux cris du cocher, nous sortit do la voiture brisée.
Je ne puis vous exprimer notre joie mutuelle en nous voyant sains et saufs, sans la moindre contusion, sans la plus petite égratignure, tellement qu'après quelques minutes de repos nous pûmes retourner à la maison en faisant un kilomètre à pied, ce que mon père ne croyait pouvoir faire avant l'accident.
Je désire que vous publiez ce fait dans les Annales pour montrer aux lecteurs combien est bonne et puissante Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Irène de Martini.
(Annales italiennes, août 1883).
gruérison de la superieure générale des sœurs
de Sainte Dorothke.
Rome, 2 novembre 1881.
On verra par la relation suivante combien est puissante sur Marie la prière unanime et confiante.
Il y a quelques mois, la révérende mère Pauline Frassinetti, Supérieure générale et Fondatrice de notre Institut, éprouvait à un doigt de violentes douleurs, qui résistaient à tout remède et faisaient craindre quelque grave maladie. Bientôt les médecins déclarèrent ouvertement que c'était une gangrène sèche. Le cas était des plus inquiétants, car notre Mère était très âgée et avait déjà subi deux attaques de paralysie ; cette gangrène, au dire des médecins, en était la conséquence. Malgré tous les secours de l'art, les douleurs de la malade augmentaient au point qu'elle n'avait plus un moment de repos ni jour ni nuit. Les chirurgiens nous firent comprendre qu'ils ne pouvaient plus rien faire pour la soulager, et qu'elle était condamnée à perdre la vie ail milieu d'atroces convulsions. Eux-mêmes nous montraient le ciel comme mitre seul espoir.
Recommandons-la à Notre-Dame dit Sacré-Cœur, ESPÉ- RANCE DES DESESPÉRÉS! tel fut notre cri unanime-, et voilà qu'on commence des tridui à cette auguste Vierge, non seulement ici à Rome, mais encore dans toutes les maisons de notre Congrégation. Notre-Dame du Sacré-Cœur, toujours si bonne, toujours si
miséricordieuse, entendit nos supplications et nous exauça. Arrivé a la mon. de la première phalange du doigt, le ruai s'Lèt le
z :tTesn7rent' rappétit rovint à ia maiad- et *» £*
la chair et les os gangrenés tombèrent d'eux-mêmes- maiL nant notre Mère est parfaitement rétablie (1)
Eternelle reconnaissance à Notre-Dame du Sacré-Cœur!
Une Religieuse de Sainte Dorothée.
(Annales italiennes, décembre 1881).
Notre-Da», DD SACRÉ.CœuR LV SiDyâs d,okb mi re Em.mmiB
Gubbio, 12 décembre 1881
Très Révérend Père,
de £Z T" ,f"e j dSX anS' Atfi"a Gaggi0li' de la Prisse de Saint Second a Montefoce, paissait son troupeau è quelque
d,stance de sa maison, lorsqu'elle l'ut piquée à la joue gauche par u . inwoto venimeux. Après M heures, son visage était si horriblement enfle qu'elle ne pouvait plus ouvrir les yeux. Ce fut en vain que les médecins employèrent toutes les ressources de leur a t. Sur leur déclaration, les parents affligés furent obligés de lu, faire administrer les Sacrements. .Monsieur le Curé la communia donc pour la première fois; tout espoir était perdu
Dans une telle extrémité, à qui devait-on recourir, sinon à 1 Avocate des causes difficiles et désespérées ? A peine eut-on fait prend,, a l'enfant la médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur Au elle rouvrit les yeux, l'enflure de sa jone commença à diminuer, et au grand étonnement des médecins eux-mêmes, peu de
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Si je voulais faire insérer dans les Annales toutes les fa-
< eurs prodigieuses reçues de Notre-Dame du Sacré-Cœur par moi
«.«tes leur., ombreuses 7,é£, ?" T "CS r<,1Weus.8 de Sainte Dorothée avec No,rcna„u «TZZc ... ^T ,"""""■ Pe"<"",t *•»*>«■, ««glU. de
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et par ma famille, ce ne serait pas assez d'un volume. Que cette grâce, entre tant d'autres, suffise pour prouver la puissante intercession d" Marie invoquée sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Antonio Ciuccioli.
(Annales italiennes, mars 1882).
Vous l'avez rappelée des portes du tombeau, ô Notre-Dame du Sacké-Cœur.
Castropignano, 18 juillet 1883. Très Révérend Père,
Au mois de mars, une de mes parentes fut subitement atteinte d'une terrible maladie que vint aggraver une forte hémorragie. Aux yeux même de notre habile médecin, la guérison semblait impossible. Déjà la pauvre malade s'était préparée à recevoir les derniers sacraments et à paraître devant Dieu. D'une voix mourante, elle disait un dernier adieu à son époux et à tous les siens en pleurs.
Ma mère, comme si elle eut été divinement inspirée, prend la médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur qu'elle portait , la présente à bais t à la moribonde et la lui suspend au cou.
Connaissant par expérience le pouvoir miséricordieux de Marie, je commençais, en union avec une pieuse jeune fille, un triduo en l'honneur de Notre-Dame du Sacré-Cœur, avec promesse, si la guérison était obtenue, de la faire insérer dans ses Annales.
Dès ce moment, on vit un mieux sensible; à la fin du (riduo, la guérison était assurée, et aujourd'hui ma parente jouit d'uni1 parfaite santé.
Gloire soit à jamais rendue à Notre-Dame du Sacré-Cœur!
Mariannina Maddalena.
(Annales italiennes, octobre 1883).
Protection signalée de Notre-Dame du Sacré-Cœur dans le terrible ACCIDENT DU CHEMIN DE FER DE TARRAGONE À VALENCE
(Espagne).
Couvent des religieuses de Jésus-Marie, Tarragone, 15 janvier 1873.
Les Annales espagnoles nous font connaître par les actions le grâces déjà nombreuses qu' elles ont publiées, combien la conïance envers la céleste Trésorière du Cœur de Jésus est grande. tfais il est des faveurs qui passent inaperçues pour le grand nombre, et qui nous touchent profondément. Vous me permettrez de vous citer deux traits qui se rattachent à la grande catastrophe arrivée sur le chemin de fer de Tarragone à Valence, dans la nuit du 8 septembre dernier.
La locomotive et tous les wagons de voyageurs furent précipités dans l'abime, causant la mort à 17 personnes; le nombre des blessés s'élevait à 28. Voilà, du moins, les chiffres qui ont été donnés par les journaux.
Un seul wagon, celui qui portait le courrier, resta sur le terre-plein, les trois employés qui l'occupaient sortirent sains et saufs, et purent immédiatement aller au secours des victimes. Il y avait dans ce wagon un paquet d'images de Notre-Dame du Sacré-Cœur que nous avions, ce jour-là même, confié au courrier. Ce détail eût passé probablement inaperçu, si les circonstances suivantes, toutes empreintes de la bénédiction maternelle de Notre-Dame du Sacré-Cœur, n'avaient attiré nos regards sur ce tait. Voici en effet la lettre que nous reçûmes quelques jours après, et qui a été publiée dans les Annales espagnoles de ianvier 1873.
« Un monsieur, qui, depuis quelque temps déjà, a consacré sa personne et ses affaires à Notre-Dame du Sacré-Cœur, vint a Tarragone avec l'intention de partir pour Valence dans la nuit du 8 septembre dernier, qui fut la nuit de cet épouvantable accident Ses affaires terminées plus vite qu'il ne l'avait cru, il profite des vingt-quatre heures qui lui restaient encore pour faire, entr'autres choses, un pèlerinage à notre chapelle de Notre-Damr du Sacré-Cœur. Il se prosterne avec foi et amour aux pieds de la céleste Trésorière du Cœur de Jésus; dans sa piété toute fil'aie. ,1 ne veui point quitter ce béni sanctuaire sans y laisser
un symbole de sa dévotion envers Marie, et il demande que l'on veuille bien faire brûler une lampe en son nom, pendant un mois, aux pieds de l'image de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Devant s'embarquer bientôt pour la Havane, il suppliait cette céleste étoile de la mer de veiller sur son long voyage.
Tandis qu'agenouillé il confie ainsi son avenir à l'Avocate des causas difficiles, il entend une voix intérieure qui lui dit: « Pars aujourd'hui de Tarragone, n'attends pas demain, n'attends pas demain! » Poussé par cette grâce invisible, mais puissante, il cède à cette inspiration inattendue; un secret pressentiment lui disait d'obéir à cet appel mystérieux dont il ne comprenait pas la raison. Il part; une protection des plus signalées l'accompagne tout le long de sa route jusqu'à la Havane; les périls, écrit-il, semblaient le fuir, et les malheurs dans lesquels il aurait dû périr n'arrivaient que lorsqu'il était à l'abri de tout danger; mais le plus frappant pour lui a été de se trouver délivré de ce funeste accident de chemin de fer dans lequel il se serait rencontré sans cette singulière protection de Notre-Dame du Sacré-Cœur, sans cette voix qui lui dit: «Pars aujourd'hui de Tarragone, n'attends pas demain.... »
Une autre dame de Tortosa, Madame de R., nous écrit aussi, relativement au même fait, une action de grâce à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Elle s'était consacrée d'une manière toute spéciale, comme vous le savez, elle et toute sa famille, à la Vierge du Cœur de Jésus, qui l'en a grandement récompensée. Elle nous conjure de l'aider à remercier Dieu de lui avoir conservé son mari, qui se serait trouvé infailliblement dans cette catastrophe de Valence, puisqu'il devait faire le voyage avec les deux banquiers français qui sont morts d'une manière si malheureuse. Une circonstance tout-à-fait imprévue fît avancer son départ de quelques jours. Pour nous, nous avons encore vu là une protection marquée de Notre-Dame du Sacré-Cœur, à laquelle madame de R. avait tout confié; de plus, c'est cette dame qui a donné la première aumône destinée à la nouvelle chapelle, circonstance dont elle ne se souvient peut-être pas, mais que Notre-Dame du Sacré-Cœur n'a pas oubliée....
Mère Ste-Eulalie, supérieure.
(Annales françaises de février i878).
Frappée de la foudre, elle s'est relevée saine et sauve, ses
VÊTEMENTS EN CENDRES, A L'EXCEPTION DE LA POCHE OÙ ELLE POR- TAIT LA NEUVAINE A N.-D. DU S.-C.
Alcanar, janvier 1873.
Voici un fait remarquable qui a été publié dans les annales espagnoles de Notre-Dame du Sacré-Cœur du mois de juilllet dernier.
Dans l'automne de l'année dernière, une jeune fille d'Alcanar fut frappée dp la foudre, mais elle se releva saine et sauve; sa robe était entièrement brûlée par le feu du ciel, seule la poche était demeurée intacte. Cette singulière coïncidence lui remet aussitôt en mémoire le précieux trésor qu'elle y avait renfermé, c'était la neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, modeste petite brochure qu'elle avait achetée peu de jours auparavant et dont elle avait déjà commencé la lecture avec piété, afin de se mettre entièrement sous la protection de Notre-Dame du Sacré-Cœur. ... La protection avait été visible.
. Toute tremblante et encore toute pénétrée d'effroi, la pauvre enfant reconnaît à ce signe que Notre-Dame du Sacré-Cœur vient de la soustraire à une mort imminente; elle fait monter vers sa céleste bienfaitrice le cri de sa reconnaissance, et, sa famille émue jusqu'aux larmes, s'unit à elle pour remercier l'Espérance des désespérés....
Pendant quelques jours, la protégée de Notre-Dame du Sacré- Cœur conserva une impression indicible d'étonnement d'un événement si extraordinaire, mais ce malaise dura peu, elle recouvra bientôt son premier état, et, aujourd'hui, elle exprime le désir le plus ardent d'être aidée par tous les associés pour dire mille fois merci à Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Mari an a R. de D., zélatrice.
(Extrait des Annales espagnoles, juillet 1873).
Gloire à Notre-Dame du Sacre-Cœur, consolation des affligés et santé des infirmes !
Mon Révérend Père,
Permettez-moi, au commencement de cette relation, de m'écrier avec toute l'effusion de mon aine: « Gloire soit à jamais à Notre- Dame du Sacré-Cœur, à Celle qui est la consolation des affligés et la santé des infirmes ! »
Cette bonne et tendre Mère, qui écoute toujours ceux qui l'invoquent, daigna exaucer mes supplications.
Depuis neuf mois, je souffrais d'une fistule, formée à l'articulation de la jambe gauche, et d'une tumeur scrofuleuse à la jambe droit''. Déjà l'os était carié; on en avait enlevé deux fragments; un surtout m'avait occasionné les plus grandes douleurs. Les médecins croyaient indispensable d'en venir à une opération redoutée et dont le succès était incertain.
Pendant près de doux mois je dus garder le lit, ne pouvant depuis lors faire un pas toute seule, ni rester debout sans m'évanouir.
La maladie était pénible et incurable. J'étais cependant résignée et contente de pouvoir offrir quoique chose au Cœur très doux de mon divin Epoux. Ma vénérée et bien-aimée supérieure fit faire dans la Communauté des prières spéciales à Celle qui est l'Espérance de< désespérés. On fit aussi diverses promesses, entre autres celle d'une messe solennelle d'actions de grâces à Notre- Dame du Sacré-Cœur dans sa chapelle de Tarragone.
J'eus le bonheur do visiter alors sa belle statue et d'être conduite par mes chères sœurs dans son dévot eamerino (1). Là, au milieu de mes larmes et de mes soupirs, je Lui demandai la santé, pour travailler de plus en plus à l'éducation de la jeunesse, qui est le but de notre saint Institut.
Je retournai sans avoir obtenu ma guéridon. Le mal s'était aggravé, niais de jour en jour croissaient on mon cœur la confiance et même l'assurance d'obtenir enfin la grâce tant désirée.
C'était le 13 août et la communauté déjà avait commencé,
(1) On nomme ainsi en r^spatrne la nirhe on se trouve la statue; cette niche est disposée de façon à permettre aux fidèles d'approcher afin de pouvoir satisfaire plus facilement leur dévotion.
toujours ù la même intention, le triduum préparatoire à la fête de l'Assomption.
Je passai la veille de la fête en souffrant plus que de coutume, ma conliance ne diminuait pas. Le 15, deux de mes sœurs me portèrent à la sainte messe; en descendant les gradins de la table de communion, mes jambes étaient tellement engourdies qu'à grand' peine on put me reporter à ma place.
Pendant l'action de grâces j'offris de nouveau à Notre Seigneur mon sacrifice, me résignant à tout ce qu'il voudrait décider de moi.
Essayant alors de me mettre à genoux, je le fis sans difficulté. Je crus que Notre-Dame du Sacré-Cœur allait opérer un prodige. Je me mis à presser sa chère image contre mon cœur tenant déjà la grâce pour obtenue. Tout-à-coup je sentis en moi quelque chose d'extraordinaire. — Je me levai, et marchai rapidement; ce qui mit hors d'eux-mêmes tous ceux qui me virent.
Plus grande encore fut leur surprise, lorsque, entrant avec la Communauté dans l'église pour y entendre la sainte messe, je demeurai tout le temps à genoux. Le soir j'assistai à la procession qui parcourut notre jardin pendant une heure. La grâce était évidente, il n'y avait plus à douter, et nous manifestâmes notre reconnaissance à la Reine du Ciel en entonnant avec enthousiasme le beau cantique du Magnificat.
Trois mois sont passés sans que le mal soit reparu.
Sans dilliculté aucune je marche et j'accomplis mes obligations; je suis tous les exercices de la Communauté comme si jamais je n'avais été malade.
Qu'il est grand le pouvoir de Marie!.. Plaise à Dieu que tous les cœurs s'embrasent de son amour, et attendent tout de Celle qui est l'Avocate des causes ditiiciles et la miséricordieuse Trésoiïère du Cœur de Jésus.
Je vous prie, mon Révérend Père, de publier dans les Annales, selon la promesse que j'en ai faite, une faveur si signalée.
Sœur Marie des Délaissés Religieuse de Jésus-Marie.
Saint André de Palomar. Barcelone, 19 novembre 1883. (Annales espagnoles, février 1884).
Elle crut entendre Notre-Dame du Sacré-Cœur lui dire: « Veux-tu que je te guérisse? » et elle fut guérie.
Belgique, Tournai, monastère de Ste-Claire, 1873.
Nous prenons la confiance de vous envoyer la relation d'une guérison opérée, dans une maison de notre ordre, par la puissante entremise de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Vous pouvez l'insérer dans vos intéressantes Annales.
Une de nos sœurs, religieuse de Sainte-Claire, âgée de 25 ans, avait deux tumeurs dans l'intérieur du corps; de plus, une excroissance de chair lui était venue sur l'estomac. Les cruelles souffrances qu'elle endurait la réduisirent bientôt au plus triste état. Le mal augmentait de jour en jour, et le docteur, craignant que la mort ne fût très prochaine, jugea bon de la faire administrer.
A cette nouvelle, la révérende mère abbesse, comprenant toute la perte que ferait la communauté si cette fervente Clarisse venait à mourir, dit à la pauvre malade de demander sa guérison au Sacré Cœur de Jésus, par l'intercession de sainte Lutgarde.
On sait que cette grande sainte entendit un jour Notre-Seignour lui dire: « Contemple ici ce que tu dois aimer, Lutgarde, et comment tu dois aimer, et tu trouveras en mon Cœur les délices du divin amour. » Et elle reçut l'assurance, de la bouche même de Marie, que cette précieuse grâce ne lui serait jamais enlevée... Aussi sainte Lutgarde obtenail-elle tout ce qu'elle voulait du Sacré- Cœur, les guérisons de toutes sortes de maladies, et les plus étonnantes faveurs spirituelles.
La mère abbesse, après avoir inspiré à la mourante une grande confiance envers cette sainte, se retira, et la malade, réfléchissant sur le conseil qu'elle venait de recevoir, résolut de commencer la neuvaine le 1er juin. Sur ces entrefaites, elle prend un livre de piété, elle y trouve une image de Notre-Dame du
« 0 ma bonne Mère, s'écrie-t-elle, vous avez bien plus de « pouvoir sur le Cœur de Jésus que sainte Lutgarde , je me « confie en vous, obtenez-moi la guérison, afin que je puisse « servir la communauté et suivre la règle comme mes autres « sœurs. »
Son mal était alors extrême; l'excroissance s'était étendue sur l'estomac et menaçait de grandir encore. Mais une inébranlable confiance en Notre-Dame du Sacré-Cœur venait de pénétrer dans cette àme. Elle saisit avec amour la précieuse image de la Trésorière du Cœur de Jésus, la met sur la partie malade et aussitôt toute douleur disparaît, son mal intérieur était complètement guéri. Elle applique alors la sainte image sur son mal extérieur, et elle est aussitôt comme ravie en extase.
Ce qui se passa en elle, elle-même ne sait pas le manifester. Elle croyait entendre la sainte Vierge lui adresser ces paroles: « Voulez-vous que je guérisse aussi l'estomac ? »
« Non, ma bonne Mère, répondit l'humble religieuse, puisque je ne souffre plus, je veux garder cette marque extérieure comme souvenir de mon mal et de ma guérison. » Elle sortit alors de son extase et se trouva complètement guérie; plus de douleur, plus de difiiculté à se mouvoir, tout était passé, excepté le signe qu'elle avait tenu à conserver. Elle se lève, elle marche, elle se trouve en mesure de descendre au chœur, et la communauté l'accompagnant, on chante le Te Deum en actions de grâces.
La Mère supérieure était dans la joie d'une si grande faveur; elle voulut que rien n'y manquât. Elle ordonna donc à la sœur si heureusement guérie de faire une seconde neuvaine pour obtenir que l'infirmité extérieure disparut, parce que cette espèce de boule qu'elle avait sur l'estomac était une gène pour se prosterner et pour travailler... Le septième jour de la neuvaine, tout avait disparu... Notre-Dame du Sacré-Cœur avait complété, sur la demande de la révérende Mère, ce qu'elle avait laissé inachevé pour répondre au désir de l'humble Clarisse.
Sœur Marie religieuse Clarisse.
(Annales françaises de février 1874).
Ce que peut l'innocence auprès de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Kettenburg (Hanovre).
xMon Très Révérend Père, C'était au mois d'avril, je venais de perdre mon mari; une mort subite et imprévue me l'avait enlevé et me laissait seule avec quatre petits enfants.
Ces quatre petits anges étaient une charge bien grande pour moi et l'objet de tous mes soucis; ils étaient toutefois ma seule consolation, lorsque le second d'entre eux, un petit garçon, âgé de deux ans l/2 et portant le nom de Joseph, tomba subitement malade. En quelques heures, je le vis entrer en convulsions et près d'expiver... Désespérée, je me jette au milieu de ma chambre, criant à Dieu d'avoir pitié de moi. Puis, me relevant et m'approchant du lit de mon cher petit, mes yeux tombent sur une image de la sainte Vierge. Alors l'idée me vient de m'adresser à Celle que l'Eglise appelle la « consolation de l'affligé. » Je l'invoque sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur, et lui promets, si mon enfant guérit, de publier sa guérison en la faisant insérer dans vos Annales.
Le médecin que j'avais fait appeler me laissa de suite entrevoir qu'il n'avait aucun espoir, et que je devais probablement me préparer à un nouveau sacrifice. Je remplis de mon mieux ses ordonnances; mais je n'avais d'espérance que dans le secours de notre Mère du Ciel. Douze jours et douze nuits, je veillais au chevet de mon ange mourant; puis je lis venir sept petites filles pauvres (selon l'usage de l'endroit en cas désespéré), lesquelles, sous la conduite d'une femme, se rendirent à l'église, éloignée de 20 minutes à peu près, en récitant le chapelet. Je leur avais dit, avant leur départ de la maison, priez bien Notre-Dame du Sacré-Cœur. Puis, en entendant ces innocentes voix faire monter au ciel leurs Ave Maria, je m'étais prise à sangloter, et en même temps à espérer. En rentrant dans la chambre de mon petit malade, je priais aussi de toute mon àme; puis m'approchant de lui, je le vis qui semblait vouloir s'endormir; il dormit, en effet, plusieurs heures d'un sommeil tranquille!... A partir de ce moment, le danger avait disparu... Il était d'une faiblesse fort grande, mais son état n'avait plus rien d'inquiétant.
Le médecin ne pouvait comprendre que cet enfant, d'une santé toute délicate, ait pu surmonter une telle maladie. Et moi, mon Révérend Père, je viens vous dire ce que j'ai déjà dit à bien d'autres: C'est Notre-Dame du Sacré-Cœur qui a sauvé mon enfant; c'est à Elle seule que je dois de voir aujourd'hui mon petit Joseph faire la joie de tous ceux qui le connaissent. Amour donc et reconnaissance à Notre-Dame du Sacré-Cœur! Je Lui consacre tout particulièrement cette chère existence que Sa bonté m'a
conservée, et La prie de me donner les grâces nécessaires pour bien cultiver ces jeunes cœurs que Dieu m'a confiés. Je n'ai d'autre désir que d'y faire croître, avec l'amour de Jésus, celui de Marie, Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Agréez, mon Très Révérend Père, le plus profond respect avec lequel je suis votre très humble servante.
Veuve Schustkr.
(Annales françaises, janvier 1881).
(tuérison d'une phthisie trachéale.
Stumiago (Tyrol-Autriche), Ie' décembre 1876.
Mon Révérend Père,
Un hommù de Piare, âgé de 40 ans, fut atteint d'une phthisie trachéale qui, après quatre mois de souffrances, le réduisit à une extrême faiblesse. Ne pouvant plus se tenir debout, il dut garder le lit et se résigner à une mort prochaine.
Une personne, dévouée à Notre-Dame du Sacré-Cœur, apprenant son état, accourut près de lui et l'exhorta si bien à mettre sa confiance en cette Avocate des causes désespérées qu'elle l'amena à faire une neuvaine en son honneur pour obtenir sa guérison.
Le second jour de cette neuvaine était à peine arrivé qu'un mieux sensible se fit sentir-, ce mieux augmenta durant le troisième et le quatrième jour, et au cinquième le malade avait, si bien recouvré ses forces qu'il put se lever, sortir de sa chambre et se promener au grand étoimement de ceux qui avaient vu à quelle extrémité il avait été réduit.
Il est heureux maintenant d'offrir ses plus vives actions de grâces à Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Giacomo Cœli, curé.
(Annales italiennes, avril 1887).