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AFRIQUE

Notre-Dame du Sacré-Cœur et la mission de l'Afrique centrale.

Quelque temps avant sa mort, Mgr Comboni, du fond df l'Afrique centrale, nous adressait une lettre très intéressante dont nous sommes heureux de citer les passages suivants, relatifs à la dévotion de Notre-Dame du Sacré-Cœur et aux merveilles qu'Elle opère dans ces contrées idolâtres.

Vicariat apostolique de l'Afrique centrale. Djebel-Nouba, 28 mai 1881.

Mon bien révérend et très cher Père,

J'en viens maintenant à vous parler de Notre-Dame du

Sacré-Cœur. Grâce à l'aide toute-puissante de cette céleste Trésorière du Sacré Cœur de Jésus, nous avons réussi, à force de sacrifices, et au milieu des maladies et des peines, à construire à El-Obeid, ville d'environ cent mille âmes, capitale du Cordofan, l'église de Notre-Dame du Sacré-Cœur, Reine de la Nigritie, église qui est le plus beau et le plus grand temple qui ait jamais existé dans l'Afrique centrale. Elle est toute recouverte de lames de fer galvanisé, afin de pouvoir résister aux pluies torrentielles de la saison des pluies, et elle a été construite par les mains dos Missionnaires, de nos frères coadjuteurs et de nos noirs, sous la direction d'un de mes jeunes missionnaires qui en a été l'architecte. Et ce qu'il faut remarquer surtout dans cette œuvre, vraiment miraculeuse, c'est que, dans l'Afrique centrale, il n'y a presque points d'outils ni d'autres rmrvens de construction-, de sorte qu'il a fallu que tout se fasse par les mains et les doigts des missionnaires et des membres de la Mission: ce qui nous a coûté une fatigue inouïe. Joignez à cela la rareté de l'eau, que

nous étions obligés d'acheter à grand prix. Il nous a assurément fallu une protection toute spéciale de Notre-Dame du Sacré- Cœur, pour que nous ayons pu accomplir cette œuvre en son honneur.

Aussi quelle a été ma joie, après toutes les peines et fatigues endurées, d'avoir pu faire les offices de la semaine sainte, et pontifier solennellement, le jour de Pâques, dans notre belle et miraculeuse église de Notre-Dame du Sacré-Cœur! Mais nous n'y avons encore que la petite statue que vous m'avez donnée à Issoudun, et qui a été endommagée dans le désastre qui m'est arrivé sur le Nil, quand l'eau a pénétré dans notre barque de manière à tout gâter. C'est pourquoi je vous prierais, mon cher Père, de m'en choisir une grande et solide en bois, de la bénir vous même et de me l'envoyer.

De plus, dans la mission et dans toutes les stations, le

nom de Notre-Dame du Sacré-Cœur est sur toutes les lèvres-, et cela à cause des grandes grâces obtenues par son invocation. Ce culte de Notre-Dame du Sacré-Cœur est dû au zèle avec lequel le propage ma Supérieure provinviale de l'Afrique centrale, sœur Thérésa, à qui cette dévotion a toujours été chère, depuis qu'elle a eu le bonheur d'apprendre à la connaître à Osimo, en Italie.

Une des grâces les plus éclatantes que nous ayons reçues, est celle de la guérison vraiment prodigieuse de sœur Victoire, supérieure de la maison de Khartoum, qui avait été atteinte, à El-Obeid, d'un cancer dont elle devait mourir, d'après l'avis des médecins. Après un vœu de la Supérieure provinciale et des prières â Notre-Dame du Sacré-Cœur, cette sœur a pu faire le voyage de El-Obeid à Khartoum, voyage extrêmement long et fatigant, et elle est arrivée à Khartoum, d'où elle devait partir pour l'Europe, mais où elle est restée dans un très bon état de santé.

Une autre sœur qui, à El-Obeid, était réduite à la dernière extrémité, a été guérie, elle aussi, après des prières à Notre- Dame du Sacré-Cœur, il y a de cela une année; et elle continue â très bien se porter.

Je n'ai plus de force pour écrire. La chaleur, le manque

d'appétit et de sommeil, les grands voyages que j'ai faits pendant trois mois, à cheval, â chameau et â dromadaire, tout cela m'a réduit â une extrême faiblesse. Nous avons grandement souffert

de la soif au Cordofan; et il ne nous faut pas moins encore de iO à 50 francs par jour pour acheter de l'eau sale et saumàtre. A moi, comme évêque, on me donne aussi de l'eau pour me laver; mais elle me doit durer trois ou quatre fois.

Le salon d'où je vous écris cette lettre est une petite hutte de paille, où, pour me sauver de la pluie, il me faut tenir le parapluie ouvert. J'ai ma malle pour chaise, et à côté, un petit lit de missionnaire. Le jour me vient par quelques trous, toujours ouverts, en guise de fenêtres.

Eh bien! nous sommes très heureux-, et moi plus que tous... Ici j'ai mes missionnaires, et quatre sœurs de ma congrégation qui n'ont aucune peur des lions et des hyènes qui nous entourent.

Les peuples au milieu desquels nous nous trouvons sont toutà-fait barbares. Mais nous avons confiance: Notre-Dame du Sacré- Cœur fera pour eux ce que nous désirons.

C'est de ce pays barbare que j'ai écrit et daté, en 1873, ma circulaire sur la consécration du Vicariat de l'Afrique centrale à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Ici aussi, nous avons presque achevé une église qui est la merveille de ce pays : un autel sera dédié à Notre-Dame du Sacré-Cœur.

Adieu, mon très cher Père, je vous bénis, ainsi que toute votre communauté, et je me recommande à vos prières.

7 Daniel Comboni, Evèque de C'audiopolis i. p. i., vie. apost. de l'Afrique centrale. {Annales françaises de janvier 1882).

Fruits de la dévotton à Notre-Dame du Sacré-Cœur À l'Ile Bourbon.

Ile Bourbon, paroisse de N.-D. de l'Immaculée-Conception des Avirons, le 11 juillet 1881.

Très révérend et bien cher Père,

Comment faire pour dire d'une manière à peu près convenable la centième partie dos consolations que Notre-Dame du Sacré-Cœur donne, chaque jour, aux enfants privilégiés qui ont eu le bonheur d'avoir en héritage la charmante petite 'basilique virginale érigée sur le sommet d'une haute montagne de notre île?

Les Annales mensuelles ont parlé de notre magnifique cérémonie du 8 septembre 1880, jour de pris^ de possession. Depuis cette époque, nos progrès ont été inespérés sous tous les rapports

Œuvres spirituelles : 1° Depuis notre premier pèlerinage, près de trois mille personnes ont donné leurs noms pour être inscrites sur les registres de l'Archiconfrérie.

2° Tous nos pèlerinages mensuels ont été nombreux et édifiants, il y a eu, en moyenne, 1000 communions et 150 pèlerins.

3° Nous avons à taire enregistrer plus de 2,000 demandes et au moins 800 actions de grâces.

4° Grâces obtenues par l'intercession da notre puissante' Mère.

Voici deux faits, entre mille, relatés dans nos actions de grâces :

1. Veille de Noël, —jeune fille abandonnée par les médecins, se trouvant dans un état désespéré, guérie instantanément avec une médaille de Notre-Dame du Sacré-Cœur ; j'ai été témoin du fait.

2. Jour du dimanche dans l'octave de l'Ascension, un enfant de dix ans, atteint de convulsions, est guéri sur le champ averune médaille envoyée d'Issoudun.

Je cite à la hâte et sans choisir. Nous avons beaucoup d'autres faits extraordinaires, qui plus tard seront relatés dans nos petites archives.

Voilà, mon bien cher Père7 comme Notre-Dame du Sacré- Cœur sait faire les choses dans une petite paroisse qui compte environ 2,100 catholiques. J'aurais beaucoup à dire encore; le temps me manque, je dois fermer cette lettre, en me recommandant à vos saintes prières, â celles de mes frères, les bons missionnaires, et aux prières de l'Archiconfrérie. Priez pour moi, pour ma paroisse bien aimée et pour notre chère île Bourbon; elle en a grand besoin.

Adieu, cher Père, bénissez mes œuvres, et daignez recevoir la nouvelle assurance de mon profond respect, et celle de ma

sincère affection.

O. Aug. Martin, Curé de Notre-Dame des Avirons.

(Annales françaises, janvier 188?J.

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