AMERIQUE
GUERISON INSTANTANÉE DE LA SCEUR MARIE-ADELAÏDE, DES RELIGIEUSES ThÉRESIENNES DE GUATEMALA (AMERIQUE).
(Cette lettre, adressée à Mgr l'archevêque de Guatemala, qui avait demandé le récit détaillé de cette guérison, nous a été envoyée par Sa Grandeur avec le récit de plusieurs autres faveurs remarquables).
Du couvent de Ste-Thérése de Guatemala, 17 décembre 1873.
Monseigneur,
Avec le plus grand plaisir, j'adresse à Votre Grandeur la relation qu'Elle a bien voulu me demander.
Il y a dix ans, je reçus un très mauvais coup en plein visage. Il en résulta une tumeur qui durcit comme une pierre et qui envahit bientôt le nez, la joue et l'œil droit. Quatre ans après, le médecin ayant voulu de nouveau sonder le mal, trouva que cette grosseur était formée d'une matière dure qui s'était largement étendue sur les os de la joue ; à cause de cela, il ne voulut point faire une opération dont il redoutait pour moi les terribles conséquences. Le mal s'aggrava dans ces derniers temps et devint extrême. Deux médecins l'examinèrent le 20 novembre de cette année 1873, et déclarèrent qu'il était urgent de fain une prompte opération, qui sérail dilïicile, longue et des plus douloureuses. Il ne s'agissait de rien moins que de couper UDe large partie de la joue, du nez et de l'os de la joue droite. Cette cruelle décision, qui me fut donnée le 20 novembre, à midi, me fut renouvelée plus pressante le soir du même jour, à 5 heures. A cette nouvelle, mes pauvres lilles éclatent en sanglots et demeurent inconsolables. Leur peine était pour moi un plus grand
sujet d'affliction que mes douleurs elles-mêmes, qui avaient toujours fait luire à mes yeux l'espérance d'une mort prochaine.
Ce fut alors qu'un autel fut érigé en l'honneur de Noire- Dame du Sacré-Cœur dans un petit ermitage, appelé ermitage de Nazareth, que nous avons dans notre monastère. Il fut décidé que le lendemain matin la communauté irait là commencer des prières pour obtenir ma guérison.
Le 21, je me levai de très bonne heure, mais le mal était devenu si grave que notre Père aumônier, en me donnant la sainte communion, en fut profondément affligé. La messe fut une grande consolation pour moi et pour mes pauvres filles. On me pria de faire chanter le Miserere. Je répondis à mes chères filles que je ne voulais pas chanter le Miserere, mais mon psaume chéri: Confitemini Domino, quoniam bonus: quoniam in aeternum misericordia eias.... Glorifiez le Seigneur, parce qu'il est bon, glorifiez-le, parce que sa miséricorde est éternelle (Ps. CXXXV). Nous le chantâmes tout entier, et je ne demandai nullement à Notre-Seigneur ma guérison; je n'eus pas même un seul moment la pensée qu'un pareil prodige pût avoir lieu; mes religieuses cependant le demandaient pour moi.
Seulement, je fis deux prières instantes à notre bon Maître: la première était qu'il voulût bien appeler tous les péchés de ma vie passée et leur donner rendez-vous sur ce mal épouvantable, afin qu'ils fussent exterminés à tout jamais par les douleurs que j'endurais, et par l'opération que j'allais subir; la seconde, qu'il accordât à mes filles affligées assez de force pour voir souffrir leur Mère.
La messe terminée, nous récitâmes Sexte et None et nous commençâmes immédiatement la procession â l'ermitage, moimême je récitais les litanies.
A peine étions-nous arrivées à l'autel de Notre-Dame du Sacré-Cœur et avions-nous dit les premières prières de la neuvaine, que je sentis l'air pénétrer tout d'un coup dans mes narines, depuis dix ans obstruées par la tumeur; en même temps j'éprouvais dans toutes les puissances de mon âme une allégr sse indicible, et dans tout mon corps une légèreté comme si j'étais au ciel.
Je n'osai rien dire à mes religieuses sans être bien certaine de ce qui venait de se passer; car déjà, en prévision de la mort,
j'avais réglé toutes choses pour laisser le gouvernement de la maison à une autre et toutes les affaires en règle. J'allai me renfermer dans ma cellule, je portai la main à mon visage, et, à mon grand étonnoment, je ne trouvai plus vestige du mal.
Je pris une petite image de l'enfant Jésus, encadrée sous verre, et, m'en servant comme d'une glace, (car vous savez, Monseigneur, que les filles de sainte Thérèse n'usent pas de miroir), je m'examinais attentivement, mais plus de trace du mal qui durant dix ans m'avait si cruellement fait souffrir.
Il n'y avait plus à douter, j'étais guérie.
Jo sentais que Dieu était bi^n près de moi, je le remerciai dans l'élan de mon cœur, et j'aurais passé là, toute seule, de longs moments en actions de grâces, goûtant toutes les tendresses de son amour à mon égard, si je n'avais senti le besoin d'annoncer à mes sœurs la faveur que leurs prières venaient d'obtenir. J'entrai dans la cellule de l'une d'elles et lui demandai de me regarder.... Stupéfaito, elle me répond: Ma Mère, vous n'avez plus rien.... Je me rends ainsi dans plusieurs cellules, mais la nouvelle de la guérison, marchant plus vite que moi, retentit dans tout le monastère; ce sont des cris de joie et des larmes d'émotion: c'est une allégresse générale qui éclate partout comme si le ciel était descendu dans le couvent.
Ah ! Monseigneur, quelle dette de reconnaissance j'ai contracte envers Dieu et envers Notre-Dame du Sacré-rœur!.. Je sens que mon cœur a besoin d'aimer et de servir un si bon Père. Priez-le de m'accorder la correspondance à la grâce, l'observance de mes saintes règles, la fidélité à entendre ses douces paroles, et à accomplir avec joie tout ce qu'elles me diront.
Daignez agréer, Mgr...
Marie-Adélaïde de Ste-Thérèse, Carmélite.
GUÉRISON INSTANTANÉE DE SŒUR ROSE HaYDEN, FILLE DE LA CHARITÉ
de saint Vincent de Paul, obtenue a la suite d'une neuvaine
DEVANT UNE STATUE DE NOTRE-DAME DU SaCRÉ-C(EUR d'ISSOUDUN
au Collège de l'Immaculèe-Conception, a Rio de Janeiro, province du Brésil (1).
Lettre de la R(le Sœur Sang ère, supérieure du Collège de l'Immaculèe-Conception.
Rio de Janeiro. 11 février 1875.
Monsieur et très honoré Père,
Votre bénédiction, s'il vous plaît!...
Marie, notre donne et tendre Mère, veut être honorée sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur. — Interrogée à ce sujet par la plus petite de ses enfants, qui, de son côté, osait lui l'aire des promesses en retour de sa condescendance, cette bonne Mère a daigné répondre de la manière la plus intelligible. Avec une bien juste confusion, mais avec une immense reconnaissance, j'entreprends ce récit, qui est le tribut promis à Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Ma sœur Rose, âgée de vingt-sept ans, est née au Brésil. Depuis six ans, elle appartient à la famille de saint Vincent de Paul; mais il y a plus longtemps que nous la connaissons et l'aimons, l'ayant eue au nombre de nos élèves lorsqu'elle n'avait encore que dix ans.
Cette chère petite sœur souffrait de la moelle épinière depuis plus de deux ans; mais ce ne fut que vers la fin de Tannée dernière que les médecins reconnurent la maladie. Elle commença par une ozène, qui vraisemblablement lui corrompit le sang Elle s'étendait du nez à la gorge, et, à cause de l'odeur fétide qu'elle
(1) Plusieurs confrères, qui se trouvaient à Rio de Janeiro à l'époque où a eu lieu la liuérison extraordinaire racontée dans cette lettre, nous ont assuré qu'il n'y a rien que de très véridique dans tout ce qu'elle dit. Ces confrères et toutes les personnes pieuses qui ont eu connaissance de ce fait sont unanimes à le proclamer miraculeux. Le médecin lui-même n'a pu s'empêcher de le reconnaître. Une autre guérison bien extraordinaire a eu lieu aussi dans la même Maison, il y a plusieurs années, en faveur d'une autre sœur malade, qui vit encore et se porte bien.
exhalait, cette partie lui semblait corrompue. Le mal, qui allait toujours en augmentant, avait dès lors réduit notre chère Sœur au plus triste état. Le siège du mal était dans la lèta, qui lui semblait comprimée dans un étau de fer, à partir de la nuque, et devenir parfois excessivement grosse et lourde.
Effrayé des progrès de la maladie, le médecin demanda une consultation, qui se fit en décembre et ne laissa aucnn doute sur la gravité du mal. Le premier médecin, parent de notre chère Sœur et ami de sa famille, ne put cacher qu'il ne conservait plus aucune espérance et qu'il pressentait un dénouement fatal. Le docleur consulté, qui continua ses soins à la malade, dit que, malgré la gravité du cas, il comptait sur la jeunesse de la Sœur, espérant qu'elle favoriserait le traitement. Outre les remèdes internes, des frictions, un vésicatoire, vingt-quatre ventouses cliargées furent successivement appliquées à l'épine dorsale, sans compter près de cent ventouses sèches.
Au commencement de janvier, ma Sœur Rose perdit tout-àfait l'usage de ses jambes, qui étaient presque insensibles et toujours glacées. Désormais, les deux plus fortes de nos Sœurs durent la porter à la chapelle pour la sainte communion. Elle passait ses journées à l'infirmerie, clouée sur un fauteuil, ayant devant <dle un petit banc et des coussins pour point d'appui, le mal 'empêchant, toute autre position.
A l'avant-dernière de ses visites, le médecin répondit à mes pressantes questions sur l'état de la malade: — «Je ne trouve pas le mal aggravé, continuons les remèdes et espérons. » Aux doutes que je semblais émettre à ce sujet, il me confessa ingénument que le bon Dieu seul en avait le secret; mais que, si ell j ne guérissait pas, nous aurions la douleur de la voir entièrement paralysée, et, ce qui est pire, aliénée....
C'est la triste perspective qui nous restait, lorsque mademoiselle Rose Hayden, fervente zélatrice de l'Œuvre de Notre-Dame du Sacré-Cœur, et unique sœur de notre malade (1), me propow de demander sa guérison par une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Ma réponse textuelle fut celle-ci:
(1) Bien avant d'entrer en religion, la malade dont nous rapportons la guérison extraordinaire était déjà, ainsi que sa sœur, zélatrice de l'œuvre, et avait enrôlé dans l'association de Xotre-Dame du Sacré-Cœur dTssoudun beaucoup df personnes, à la tête desquelles l'impératrice du Brésil.
- « Oui, mon enfant, oui, assurément. Et si Notre-Dame « du Sacré-Cœur guérit ma Sœur Rose, ce me sera- une preuve « qu'Elle veut être honorée sous ce titre, et je lui promets de « faire la relation du fait, d'en garantir V authenticité par ma « signature, et de l'envoyer pour être publiée clans ses Annales. »
Telle fut la proposition, je dirais presque le défi que j'osai faire à notre Mère. Elle, toujours bonne et condescendante envers ses enfants, ne se fâcha point de ma témérité; au contraire Elle daigna agréer la proposition et y répondre par un prodige'
Mademoiselle Rose, qui est toute dévouée à Notre-Dame du Sacré-Cœur, enchantée de la promesse qu'elle avait entendue de ma bouche, me dit: -«Ma mère, faites attention, je prends « note du fait. »
Nous convînmes que la neuvaine commencerait le 24 janvier et ainsi se terminerait le 1« février.
Afin d'en assurer le succès, qu'elle envisageait comme une nouvelle gloire pour notre Mère, mademoiselle Rose résolut de ne rien épargner.
1° Elle fît un appel à tous les Associés de l'Œuvre, pour qu'ils demandassent la guérison d'une personne victime d'une cruelle maladie; elle ne la nommait pas.
2° Elle écrivit sa requête, qu'elle mit dans les mains du petit Jésus, qui est debout devant la statue de Notre-Dame du Sacré- Cœur, et qui ainsi semblait la montrer â sa Mère. Il est probable que le nom de ma Sœur Rose fut inscrit dans ce document, ou il pouvait figurer sans inconvénient.
3o Enfin, le diadème de Notre-Dame fut envoyé à la malade qui le conserva sous ses yeux, à l'infirmerie, tout le temps de la neuvaine.
Chacun faisait cette neuvaine chez soi, à sa dévotion. Mademoiselle Rose, avec sa mère et une vingtaine d'enfants, auxquels elle apprend à connaître le bon Dieu, la firent dans l'oratoire quelle a fait consacrer, chez elle, à Notre-Dame du Sarê-Cœur le premier et unique, je pense, qui soit sous ce vocable au Brésil' Chez nous, les enfants firent leur neuvaine dans leurs classes respectives, et les sœurs à la chapelle.
Notre petite malade se fût estimée bienheureuse d'aller vers b bon Dieu; mais, en fille soumise, elle se résignait à la guéwon que je désirais, et répondait à celles de nos Sœurs qui
semblaient envi°r son bonheur, et déjà lui donnaient des commissions pour le Ciel: — «Ma Sœur ne veut pas que je meure « encore; elle veut que je demande ma guérison. »
Elle la demanda en effet, et dès les premiers jours de la neuvaine, elle lui semblait assurée. Déjà elle faisait ses plans; car elle voulait me surprendre, me disait-elle. Se trouvant guérie toutà-coup, elle surmonterait son émotion et n'en dirait rien; puis, se trouvant seule, elle courrait se cacher dans notre cabinet, où elle jouirait de ma surprise, pendant que nos sœurs la chercheraient dans toute la maison, etc.
Le 29 janvier, la confiance de notre chère malade commença à s'ébranler, et, le 1er février, elle avait perdu tout espoir, vi l'augmentation de ses souffrances. Pour moi, lorsque le 2 février, après la sainte communion, je vis notre chère petite sœur emportée, par ses deux charitables aides, en la manière accoutumée, je conclus que le bon Dieu voulait qu'elle se sanctifiât par h souffrance, et j'inclinai ma volonté à la sienne, toujours sainte et adorable. Lorsque j'abordai notre petite malade, elle me dit en souriant: — « Vous voyez, ma Sœur, que Notre -Seigneur ne veut « pas me guérir ; il veut que je lui fasse compagnie sur la « croix. Hé bien! de nouveau, je viens de me donner toute « à lui par les mains de Marie, suppliant cette bonne Mère de « nC obtenir de son divin Fils la grâce de bien faire sa sainte « volonté, à la vie et à la mort. »
La journée fut très douloureuse; la malade souffrit surtout de la tête et de l'estomac Elle ne mangea presque pas, et s'excusa sur ce que la mauvaise odeur qu'elle sentait ordinairement la dégoûtait de la viande, qu'elle lui faisait paraître corrompue. Le froid des parties inférieures, ordinairement glacées, montait ce jour-là jusqu'à la ceinture, malgré la sueur abondante qui lui baignait le corps, raisons pour lesquelles on coucha ma Sœur Rose plus tôt que de coutume. Depuis longtemps, elle ne s'endormait que vers 1 heure du matin et dormait fort peu. Ce soir-là, 2 février, ma chère compagne s'endort de 9 à 10 heures, pour ne se réveiller que le lendemain au son de la cloche qui réveille la communauté à 4 heures. Grand est son étonnement d'avoir si bien dormi; mais le sommeil appesantit ses yeux, et elle se rendort sans autre réflexion. A 6 heures, l'une de nos Sœurs entre à l'infirmerie; elle croit entendre gémir la malade et lui
demande si elle veut quelque chose ; celle-ci remercie et dit quelle n'a besoin que de dormir. La Sœur se retire, et ma Sœur Rose se retournant pour continuer son sommeil, est entièrement réveillée Etonnée de la facilité avec laquelle elle se meut, elle, dont la nuque et le dos étaient, selon son expression, roides comme du fer; elle recueille ses souvenirs, interroge chacune des parties malades, et ne sent plus rien, rien qu'un bien-être général. Elle se dit: - « Mon Dieu, serais-je guérie? »
Elle s'assied sur le lit, essaie de se glisser jusqu'à terre, puis sentant le plancher sous ses pieds et ses jambes fermes, elle fait deux ou trois pas sans appui. Alors, transportée de joie, elle se se met a genoux, se prosterne même sans aucune difficulté. Mais tout-a-coup, craignant de se tromper ou de faire quelque imprudence, elle se remet précipitamment au lit comme pour y cacher son bonheur, dont elle veut me faire le premier témoin
La communauté qui, dans le même moment, assistait à la sainte Messe, descendit peu après de la chapelle au réfectoire Des que ma Sœur Rose n'entend plus personne en haut, elle saute de son ht, se jette à genoux pour faire sa première prière remercier le Seigneur, lui demander sa bénédiction et s'offrir de nouveau a sa divine majesté. Puis, s'habillant en toute hâte elle court se cacher dans notre cabinet...
A peine est-elle sortie de l'infirmerie, qu'on lui apporte son déjeuner. Etonnée de ne pas la trouver, la Sœur infirmière l'appelle la cherche et vient me demander où j'ai fait placer la malade. Ne comprenant rien à cette question, je réponds quelle est a 1 infirmerie, vers laquelle je me dirige. La Sœur infirmière m assure alors que je l'y chercherais vainement, vu que même ses vêtements n y sont plus. Ce mot est pour moi un trait de lumièresaisie d émotion, je m'écrie: - «Alors elle est guérie! « Venez, mes ws, venez; elle sera clans notre cabinet. » Et nous courons Arriver, à h porte,je tremble et hésite pour l'ouvrir. N'aurai-îë pas une immense déception?... Mais voilà qu'elle s'ouvre brusquement devant moi, et ma chère petite compagne est dans mes bras, nant, sautant comme une enfant, et me répondant sur tous les iols: « Je sms gaért^ ma Sœur^ je ^ guéHem >y
Mm, pleurant et tremblant d'émotion: - « Est-ce Uen vrai* « Ne vous trompez mas pas? »
— « Oh: non, ma Sœur, voyez plutôt.»
El la gymnastique de ces jambes inertes la veille encore, et la souplesse de tout ce corps, me donnaient une réponse sans réplique. Oh! mon Dieu! Quelle joie! Je ne savais où j'en étais, et j'eusse voulu la faire partager immédiatement à tout le monde, cette joie si grande ! Que ne pouvais-je voler auprès de la bonne mère, de la pieuse sœur, de ma chère petite compagne!.... Et nos
Sœurs.... et les enfants Puis, m'adressant aux deux Sœurs qui
étaient là muettes d'émotion, partageant ma surprise: — «Je vous « en prie, au plus vite, faites monter nos Sœurs à la chambre « de communauté; toutefois, ne dites rien du prodige. »
Mais, comment contenir de telles émotions? Nos Sœurs furent fidèles à la consigne ; cependant leur air effaré, le ton pressant de l'invitation trahissait un secret que tout le monde demandait: — « Qu'y a-t-Wi Qu'est-ce qui est arrivé?... »
Moi, n'y tenant plus, je fais apparaître ma Sœur Rose, dès que cinq ou six de nos Sœurs sont là. Alors, commence une scène tout-à-fait indescriptible. A la vue de ma Sœur Rose, on rit, on pleure, on s'embrasse, on court à la chapelle remercier le bon Dieu; puis on revient encore pour jouir de la surprise de nos Sœurs qui viennent de l'extrémité de la maison et arrivent les dernières. De ce nombre est ma Sœur Geneviève, qui, douée d'une force peu eommune, avait l'avantage d'aider à porter notre petite infirme à la chapelle. En la voyant si ferme sur ses pieds, elle est d'abord interdite, puis, dans un transport irréfléchi, elle saisit ma Sœur Rose dans ses bras, l'enlève comme une plume, et la jette à genoux pour s'assurer, dit-elle, de la guérison...
Tout ceci, on le comprend, ne pouvait se faire en silence: chacune enchérissait sur les exclamations de sa voisine pour exprimer plus énergiquement son admiration. Au moment donné, il arriva que le diapason de cet étrange concert prit un développement qui jeta l'alarme parmi nos chères petites orphelines, quelques-unes l'ayant entendu de loin. Elles se demandèrent si ma Sœur Rose n'avait pas une attaque ou si elle n'était pas morte déjà.
Peu après, un coup de cloche, qui réunit en une même salle toutes les enfants de la maison, calma les alarmes et répandit l'allégresse dans tous ces jeunes cœurs. Bientôt elles sont là plus de deux cents, demandant le sujet d'une réunion si extraordi-
naire. L'apparition de notre chère et heureuse petite Sœur fut une réponse dont les chères enfants comprirent toutr> l'éloquence.
A sa vue, quel délicieux saisissement! On entonne le Magnificat, qui est chanté plus de cœur que de la voix, celle-ci se ressentant de l'émotion générale. Déjà chacune de nos Sœurs était allée à la chapelle épancher le trop plein de son cœur aux pieds de Jésus et de sa Mère immaculée. Comment lui dire notre gratitude pour ce nouveau bienfait, gage de ses maternelles complaisances ?
En ce jour d'allégresse, les enfants ne parlent plus que de ce qu'elles appellent un grand miracle. L'hymne de la reconnaissance est dans toutes les bouches, dans tous les cœurs.... Devant toutes les statues de Marie, nombreuses dans la maison, des cierges sont allumés. Bientôt une espèce de pèlerinage s'organise. 11 commence au petit ouvroir, qui possède une belle statue de Notre-Dame du Sacré-Cœur. Il fait sa seconde station à l'infirmerie, d'où Ton a immédiatement fait disparaître fauteuils, coussins, etc.. pour installer Notre-Dame du Sacré-Cœur sur un autel improvisé qui devient presque une chapelle ardente.
Le parcours de ce nouveau pèlerinage est de 100 mètres environ; nos enfants les plus jeunes et les plus légères suivent la procession avec recueillement, récitant le chapelet à haute voix.
La dernière station se fit à la chapelle, où, après le chapelet, on chanta à Marie tout ce qu'on avait en son honneur de plus beau, de plus affectueux.
C'est avec un entrain sans précédent que même les plus petites faisaient résonner la strophe suivante, dont la traduction est facile:
o coraçâo de Maria!
Fonte de divino amor, Fonte de dolce alegria; relebramos teo louvor.
J'avais une première et bien pressante dette à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Je lui avais promis que, si elle guérissait ma, chère compagne, j'irais immédiatement, avec celle-ci, m'agenouiller dans l'oratoire qu'elle possède chez madame et mademoiselle Hayden, mère et sœur de notre chère petite privilégiée. Du reste, ipouvais-je retarder plus longtemps le bonheur de la mère et de
la fille? Moi-même n'avais-je pas un immense besoin d'épancher mon âme, de publier une faveur qui me semblait comme un regard bienveillant de Marie, un gage de sa maternelle protection sur cette maison, sur cette terre que nous aimons, et qui, infestée par de mauvaises doctrines, a déjà produit des épines bien douloureuses au cœur de l'Eglise notre mère?
Ce point de vue si consolant a été saisi par des yeux plus clairvoyants que les miens. De la bouche d'un Évêque, confesseur de la Foi, j'ai entendu cette réflexion: — « Une telle grâce ri est «pas un fait simplement personnel, isolé ; non. Il est pour nous « tous une garantie que notre pauvre Brésil est encore cher à « Jésus, qui ne Va pas rejeté de son Cœur. »
Malgré les précédentes dispositions, ce fut notre maison centrale qui reçut notre première visite. Notre respectable Sœur visitatrice devait naturellement être la première à partager notre bonheur. Grande et générale fut l'allégresse dans toute la maison. Ma Sœur Rose, à qui elle rappelle de si précieux souvenirs, s'échappa un instant pour aller au séminaire se prosterner aux pieds de la statue de Marie, celle-là même qui fut témoin de ses premiers pas dans la famille de saint Vincent.
Nous arrivons enfin chez madame Hayden, femme forte et si éminemment chrétienne que, plusieurs fois déjà, elle a protesté à Notre-Seigneur être prête à tous les sacrifices qu'il pourra exiger de son amour maternel; néanmoins, après lui avoir dit: — « Mon Lieu, prenez-moi et guérissez ma fille!... »
Nous ayant vainement attendues la veille, fête de la Purification, qui, dans sa pensée et la nôtre, devait être le jour du prodige, si le Seigneur daignait l'opérer, cette grande âme, qui espère lorsque tout le monde a cessé d'espérer, va se réfugier aux [lieds de Marie, où elle demeure jusqu'à une heure du matin, lui répétant cette unique et bien simple prière, qui devait être exaucée à la lettre: — « Ma l)onne Mère, je vous demande cette « grâce; que ma pauvre fille dorme bien cette nuit et que de - « main elle se réveille guérie!... »
Cette bien chère compagne a été si spontanément et entièrement guérie que, sans l'ombre d'inconvénient, elle a marché les trois jours suivants plus peut-être qu'elle ne l'avait fait pendant les trois années précédentes.
Toute douleur a disparu à l'épine dorsale, qui a repri-
forme naturelle, à la gorge, à la tête, etc. Elle est aussi délivrée de cette odeur fétide qui l'incommodait depuis plus de deux ans. Enfin, qu'on me permette de semblables détails: hier, premier jour de carême, elle a dîné de fort bon appétit avec de la morue et des lentilles, n'ayant plus besoin que d'une portion copieuse. Au réfectoire, noire chère Sœur a repris sa semaine de lecture, ce que depuis plus de deux ans elle n'avait pu faire, etc.
En déposant ce tribut de ma reconnaissance aux pieds de notre Mère immaculée, qui a daigné descendre jusqu'à nous et marquer sa présence par un prodige, j'ose répéter:
« La bonne Marie, notre douce Mère, veut être invoquée sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur!!! »
S1' Saugère, fille de la Charité de Saint Vincent de Paul. (Annales françaises de janvier 1876),
Conversion à l'heure de la mort d'un malheureux jeune homme.
Le Cap-Haïtien, (Haïti), août 1882.
Monsieur le Directeur,
Louange et amour à Notre-Dame du Sacré-Cœur qui rient d'accorder, à la prière de ses enfants, une bonne mort à un pauvre jeune homme! Il avait loute sa vie vécu sans aucun principe de religion; nous avons prié pour lui Notre-Dame, et nous avons persévéré avec confiance dans notre prière. Lui-même a demandé à se confesser: ce qu'il a fait avec toute sa connaissance. Immédiatement après son entretien avec son confesseur, il est entré dans une douce agonie, qui a duré une heure; puis il a rendu son âme à Dieu, mourant entre les bras de la Mère de miséricorde. Notre-Dame du Sacré-Cœur, qui l'avait sauvé, et de saint Joseph, son patron.
En vous faisant part de cette grâce, M. le Directeur, j'acquitte une dette que j'avais contractée envers Notre-Dame, pour le cas où elle nous accorderait la conversion de ce pauvre jeune homme. C'est au-delà de nos espérances que nous avons été exaucés. Que Notre-Dame du Sacré-Cœur soit donc bénie, louée et exaltée à jamais !
Recevez, etc.
Dominique Arnoné, à l'évêché du Cap-Haïtien.
(Annales françaises de février i88:i).
Pour ne pas fatiguer le lecteur nous nous contenterons d'indiquer sommairement quelques autres faveurs obtenues par l'intercession de Ivoire-Dame du Sacré-Cœur.
— Guérison subite, le 31 janvier 1867, au quatrième jour d'une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, de Mlle Marie Leroy, complètement privée depuis quatorze mois de l'usage de la parole, dans la communauté des religieuses de Saint-Charles, de la paroisse Ste-Barbe Outre-Furens, à St-Etienne.
Récit de M1,e Leroy. Annales, mai 1869.
— Guérison subite au 8e jour d'une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, à Coulions (Loiret), d'une cataleptique, dont les yeux étaient paralysés depuis trente-cinq jours.
Récit de M. l'abbé Loiseau, vicaire de la paroisse, 7 avril 1869. Annales, mai 1869.
— Guérison subite, pendant une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, le jeudi dans l'octave du Très Saint Sacrement, 1809, d'une sœur qui était devenue aveugle au monastère des religieuses Bénédictines de Nantes.
Récit de la Supérieure, Annales 1869, page 178.
— Guérison subite, après une neuvaine à Notre- Dame du Sacré-Cœur, le 1er juin 1809, à Gand, Belgique, de sœur M. Innocentia, atteinte depuis sept ans d'une maladie de l'épine dorsale.
Récit de la sœur guérie. Annales 1870, p. 16.
— Guérison subite, à la suite d'une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, le 1er novembre 1869, à l'hospice de Niort, de Madeleine Gonban, estropiée du bras gauche depuis dix ans.
Récit de l'Aumùnier, Annales 1870, page 62.
— Guérison subite, à la Canouyne, après une Messe célébrée en l'honneur de Notre-Dame du Sacré-Cœur, d'une petite fille mourante.
Récit du Curé. Annales 1870, page (J7.
— Guérison d'un cas extraordinaire de folie, après un pèlerinage fait à Issoudun, le 22 juillet 1800.
Récit de la Religieuse qui a conduit la malade. Annales 1870, page 84.
— Guérison subite, le 1(5 décembre 1809, après une neuvaine et une promesse à Notre-Dame du Sacré-Cœur, de Mlle Célestine Dan, atteinte depuis quatre ans d'une cruelle maladie et d'une
paralysie des yeux, à l'orphelinat des Filles de la Charité, à Mugny-en-Vexin (Seine-et-Oise).
Récit du Curé, de l'Aumônier et de la Supérieure. Annales 1870, page 85.
— Guérison subite, au 31 mai, fête de Notre-Dame du Sacré- Cœur, de Jean Pelletier, atteint d'une maladie incurable à l'œil depuis huit ans.
Récit de M"" Alix Hurelle. Annales 1872, p. 242.
— Guérison subite, au troisième jour d'une neuvaine à Notre- Dame du Sacré-Cœur, de Mlle Albertine, atteinte d'une coxalgie réputée incurable, à l'hospice de Belleville, Paris.
Récit de M. F. Duvclleroy. Annales 1873, p. 40.
— Guérison subite d'une sœur de la Sagesse, à la Maison de la Provid nce, à Versailles, après des prières à Notre-Dame du
Récit de la Supérieure. Annales 1874, p. 42.
— Guérison subite, à Guatemala, Amérique centrale, le dernier jour d'une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, de sœur Marie Josefa, religieuse de Notre-Dame, arrivée à la troisième période de la phthisie et réputée incurable.
Attestation du docteur. Annales 1874, page 67.
— Guérison subite, après un triduum à Notre-Dame du Sacré- Cœur, le 24 mai 1874, de Mlle Anna Zan. privée depuis deux ans de l'usage de la jambe gauche, à Venise, Italie.
Récit de D. Poli, vicaire de Saint-Sébastien. Annales 1874, page 140.
— Guérison subite le 14 août 1874, à la première vue d'une statue de Notre-Dame du Sacré-Cœur de Mlle Florence Broes, atteinte d'une maladie incurable depuis trente -trois mois , à Lierre, Belgique.
Récit de M11, Florence. Annales 1874, page 260.
— Guérison subite après un pèlerinage auprès d'une statue de Notre-Dame du Sacré-Cœur , à Nivelle, Belgique, de M1,c Victoire Ladrière, paralytique depuis treize ans.
Récit des journaux Belges. Annales 1874, page 285.
— Guérison subite, après une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, de Mlle Gennotte, à Havelange, Belgique, malade depuis quatre ans d'une maladie incurable.
Récit de l'Echo de Xamur et de la Guirlande de Marie, janvier 1875. Annales 1875, page 89.
— Guérison subite, à Gênes, le 6 juillet 1875, de sœur Rose, obtenue pendant que les compagnes de la malade faisaient pour elle un pèlerinage à la chapelle de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Récit du journal Figlie di Maria, août 1875. Annales 1875, page 263.
— Guérison subite à Florence, le 2 mai 1870, après 42 mois de maladie, de mademoiselle Laura Caldini, au 2e jour d'un triduum en l'honneur de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Extrait de la Semaine religieuse de Florence du 6 mai 1870. Annales 1876, page 168.
— Guérison subite, après une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, de Mlle Zoé Rochat, atteinte depuis 4 mois d'une maladie de la moelle épinière, à Versailles.
Récit de Mlle Zoé Rochat. Annales 1873, page 89.
— Guérison subit13, à l'hôpital de Niort, 0 avril 1876, pendant une neuvaine à Notre-Dame du Sacré-Cœur, de Louise Saboureau, malade d'une paralysie.
Récit de l'Aumônier. Annales 1876, page 1S5.
— Guérison subite, à l'hôpital de Niort, le 26 octobre 1876, dans la chapelle de Notre-Dame du Sacré-Cœur , de sœur Marie Théodoret, de l'institut des Filles de la Sagesse, malade d'une tumeur blanche au genou.
Récit de l'Aumônier. Annales 1876, page 287.
— Cessation subite du choléra à Trinapoli, Italie, le 15 juin 1872, après une neuvaine publique à Notre-Dame du Sacré-Cœur. Le lendemain 10 juin on brûlait sur la place à la vue du peuple reconnaissant le char funèbre qui avait servi au transport des cadavres.
Annales 1872, page 293.
Nous renvoyons aux Annales (1), où sont relatéos un très grand nombre d'autres grâces, les personnes désireuses d'accroître leur confiance et leur amour envers Notre-Dame du Sacré-Cœur.
(1) Annales de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Dix-huit mois après la naissance de l'Association, les actions de grâces se multipliant sans cesse, et la confiance envers l'Avocate des causes désespérées augmentant de plus en plus, il fallut répondre à de nombreux désirs, en publiant les Annales de Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Ces Annales commencèrent le 1" janvier 1863; depuis, elles paraissent régulièrement tous les mois, avec l'approbation épiscopale, et vont, dans toutes les parties du monde, prêcher la dévotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur, faire con-
Ainsi que nous le disions, au commencement de ce chapitre, depuis 1864 jusqu'à ce jour, plus de trois cent quatre-vingt-dixhuit mille actions de grâces, envoyées de tous les pays, signées de tous noms, nous sont parvenues et sont conservées avec un religieux respecl dans les archives de Y Association. N'est-ce pas le plus beau panégyrique de Notre-Dame du Sacré-Cœur ? Cette source de grâces, qui coule depuis vingt ans, est d'une fécondité étonnante; chaque jour voit arriver tant à Issoudun qu'à Rome e1 aux autres principaux centres de YArcliiconfrérie, une quantité considérable de lettres, pour recommander aux prières de l'Association des affaires humainement perdues, des pécheurs dont le cœur est depuis longtemps endurci, des tentations que rien ne peut chasser, des épreuves désolantes, des maladies incura-
aaître les progrés de >on Àrchiconfrérie, les grâces nombreuses obtenues par sa puissante intercession, les sanctuaires qui s'élèvent par centaines en son honneur et l'accueil bienveillant que lui font les peuples...
Des récits d'actions de grâces très intéressants se trouvent dans la plupart des numéros; ils sont de tous les genres; car Notre-Dame du Sacré-Cœur a du baume pour toutes les plaies et des consolations pour toutes les épreuves.
Annales de Notre-Dame du Sacré-Cœur s'adressent à toutes les classes de lecteurs et de lectrices; elles tâchent de se rendre miles à toutes les âmes. Aux communautés religieuses elles offrent un aliment de zèle, en leur montrant combien dames on peut gagner au Cœur de Jésus par Marie; - aux pensionnats de jeunes filles elles fournissent une lecture pleine d'édification; - dans les séminaires et les collèges, elles attachent les cœurs au récit des missions lontaines; - dans les paroisses et dans les mains des personnes qui, par leur position ou leur ministère, peuvent faire du bien, elles sont un heureux moyen de propagande, qui est souvent récompensé par des grâces remarquables. Abbonner les pauvres et les enfants à cette petite publication, et leur procurer la joie de recevoir, eux aussi, les Annales de la Vierge, est un apostolat que Dieu bénit... Que des fois déjà, à uite de ces humbles messagères, la paix est entrée au foyer domestique et l'amour de Dieu dans les cœurs!... Comme Notre-Dame du Sacré-Cœur, dont elles son! la voix, ou tout au moins l'écho, les Annales ont pour mission de faire luire un rayon '/'espérance au sein des familles les plus désolées.
Les Annales de Aotre-Dame du Sacrë-Cicur paraissent en italien. (Rue de la Sapienee :.2. Rome, Italie) - en espagnol (Calle de Rosellon, 45, Gracia, Barcelone. Espagne} - en hollandais et. en allemand (Maison des Missionnaires du Sacré-Cour, ïilburg. Hollande), - en anglais (Maison des Missionnaires à Madeley, Shropshire, Angleterre; el à Wattertown, New- York. Etats-Unis. Amérique).
D'à aiions, étrangères à la direction des Missionnaires du Sacré-
Cœur, ii consacrées à Votre-Dame du Sacré-Cœur; ce sont: en allemand}
le Monat Rosen, chez les RR. PP. Servites à [nspruck, Tyrol, Autriche; -en hongrois, une E par le R. P. Léo Kunc/.e, à Murtiisberg, par Raab, Ho%' gri : - en "hollandais, les Annales des liâmes Ursulines de Sittard, Hollande; en espagnol, le Mensajero de Guanabacoa, à la Havane. (Antilles).
Les diverses prières ou feuilles de propagande de l'Association sont traduites lais, itaHe-i, espagnol, hollandais, allemand, hongrois. On peut se les procurer aux bureaux des Annales publiées en ces différentes langues.
blés, des difficultés de toutes sortes auxquelles la main de Dieu seule peut remédier.
Le nombre de tous ces cris de détresse, de tous ces gémissements, de toutes ces demandes arrive à plus de cent mille par mois, à plus d'un million par année....
Chaque année aussi, sur le nombre extraordinaire de grâces obtenues, il y en a beaucoup dont on nous envoie le récit détaillé. Nous ne pouvons pas toujours le publier, comme nos correspondants le désirent; mais nous conservons avec soin tous les récits édifiants qui nous parviennent: classés par numéros d'ordre et réunis en volumes, ils forment un véritable monument à la gloire de l'Avocate des causes désespérées.
Beaucoup, non contents de faire connaître les faveurs qu'ils eut reçues, ont voulu encore que les murs des sanctuaires consacrés à Notre-Dame du Sacré-Cœur portassent, en ex-voto, le témoignage public de leur reconnaissance; dans la Basilique de Notre-Dame du Sacré-Cœur (1) à Issoudun, des milliers de plaques de marbre aux plus touchantes inscriptions, racontent aux pèlerins étonnés la puissance merveilleuse de Notre-Dame du Sucré-Cœur.
Cette pratique d'exprimer sa reconnaissance par des ex-voto n'est pas une nouveauté.
Sous l'ancienne Loi, Moïse fait conserver dans le temple une urne d'or renfermant la manne; Aaron, la verge fleurie; David, l'épée avec laquelle il décapita Goliath, et Judith les armes et le rideau d'Holopherne. Ce sont des monuments, des trophées, chargés de raconter à la postérité combien le Seigneur est bon et combien aussi on conserve le souvenir à^ ses bienfaits.
Sous la Loi de Grâce, c'est-à-dire depuis que le Cœur d Jésus se fut entrouvert sous la lance du soldat, comme pour laisser écouler sur le monde une source intarissable de grâces, les té-
(1) Dans les actions de grâces la piété reconnaissante se révèle sous les formes les plus variées. A Rome les fidèles offrent le plus ordinairement en ex-voto
urs d'argent, comme pour signifier par ce touchant et expr< toute la force de leur gratitude et de leur amour, iussi la muraille de la chap lie d<- Nutie-Dame du Sacré-Cœur, dans l'église que sa Sainte''- Léon XUI Lui a dédiée au c ntre de la ville éternelle, est-elle déjà recouverte de ces cœurs d'argent de toutes (Mmensions. Vu-dessus de la statue miraculeuse on ne peut lire, sans une vive el profonde émotion, ces paroles de s. Ephrem, tracées en grands carad avec ces cœurs et qui en sont le plus éloquent commentaire: Spes desperantium, Espérance des désespérés '.
moignages de la reconnaissance ne pouvaient que se multiplier. Aussi voit-on, à toutes les époques du christianisme, d'innombrables ex-voto décorer les chapelles, les églises et les basiliques, et proclamer l'union merveilleuse du ciel et de la terre.
De là l'origine de ces riches ex-voto en marbre qui se pressent si nombreux dans l'église de Notre-Dame du Sacré-Cœur d'Jssoudun: il était naturel que là, où sous l'influence des ineffables prières de Marie surabondaient les effusions miséricordieuses du Cœur de Jésus, surabondassent aussi les symboliques souvenirs de la reconnaissance.
Ces marbres ne sont pas froids; ils parlent et avec éloquence; ils ne sont pas inertes, ils remplissent une pieuse et salutaire mission, ils rendent publique, perpétuelle, et apostolique notre gratitude nu notre affection envers Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Je dis Publique; puisque le cri de la reconnaissance ou du dévouement, gravé en caractères d'or sur le marbre, se trouve exposé à tous les regards sur les murailles de l'église, et retentit comme une éloquente prédication à tous les cœurs.
Perpétuelle; alors que nous ne pourrons plus rien dire ni rien faire ici-bas pour étendre la gloire de Marie, ces ex-voto continueront à parler encore; ils nous survivront, se confondront avec l'église, verront passer sur eux de longues années, peut-être des siècles; et ils ne failliront pas une seule minute à la mission qui leur est donnée de parler à Notre-Dame du Sacré-Cœur, au nom de ceux qui ont été ses enfants privilégiés.
Apostolique: nous pouvons dire, par l'expérience de chaque jour, que les pèlerins qui viennent visiter le béni sanctuaire d'Issoudun, sont saisis d'une émotion indicible, à la vue de ces milliers d'ex-voto, dont chacun, d'une manière différente, publie les grandeurs de Marie. Les hommes les plus insensibles et les plus éloignés des pratiques religieuses, ne peuvent refuser un regard d'admiration ; ils sont touchés de ce concert unanime de louanges que tiennent ici les pierres de la maison de Dieu... Ils s'approchent, lisent une inscription, puis une seconde, puis une troisième; ils continuent cette lecture pleine des plus nobles sentiments, et souvent une simple inscription, répondant au besoin le plus intime de leur âme, réveille tous les souvenirs d'une jeunesse pieuse et chétienne... On était entré par curiosité, on s'est laissé surprendre par la grâce; on s'agenouille, on prie, et l'Avo-
cate des causes difficiles et désespérées compte une âme de plus qui lui doit sa conversion et son retour à Dieu. T'n jour nous connaîtrons dans le ciel tous les prodiges que la grâce aura opérés d'une manière sensible par ces pierres qui parlent sans cesse, et qui à toute heure sont prêtes à exercer leur sublime apostolat.
Chacune de ces plaques de marbre a son caractère à part, sa date, son nom, son invocation à elle, et sa mission spéciale à remplir. Avec les unes, on entend les bénédictions des mères qui se reconnaissent redevables à Notre-Dame du Sacré-Cœur de la conservation de leurs enfants, les remercîments des familles qui ont obtenu la guérison d'un père ou d'une mère bienaimée, l'allégresse des âmes qui sont sorties victorieuses de mille périls; avec les autres, on retrouve l'expression de la confiance qui prie, du malheur qui pleure, de la piété qui se consacre, de l'amour filial qui voudrait tout dire et tout faire pour que le monde entier aimât Notre-Dame du Sacré-Cœur.
Ecoutons plutôt quelques inscriptions que nous prenons au hasard , en taisant quelquefois par délicatesse les signatures qu'elles portent.
— A Notre-Dame du Sacré-Cœur, la plus puissante et la plus lendre des mères, reconnaissance, amour et confiance. (Belgique).
— Oh! qu'elle est bonne Notre-Dame du Sacré-Cœur!!! Elle a guéri notre malade. (Les Sables d'Olonnes, juin 1868).
— 0 Notre-Dame du Sacré-Cœur, je suis un prodige de vos bienfaits , daignez me les continuer toujours. (Pradelle, octobre 1866).
— Merci, ma bonne Mère, de vous être servie de moi pour vous faire honorer sous le titre de Notre-Dame du Sacré-Cœur. (Arbois, 1866).
— Notre-Dame du Sacré-Cœur m'a fait triompher dans la plus désespérée des causes. (Turin, Italie, 1866).
— Pèlerin fatigué des longueurs de la route. Ici prés de ta mère, un instant pose-toi; oublie un mo:ide vain, sèche tes pleurs; écoute, Si tu n'espères plus, espère encore en moi. Au Cœur de mon Enfant je demande à toute heure: Un baume pour tes maux, pour ton âme un secours. Ce Cœur dont j'ai la clef s'ouvre à toi pour demeure, Où pourrai s-tu, mon fils, couler de meilleurs jours?
— A Notre-Dame du Sacré-Cœur. Elle a ramené notre mère au sein de l'Eglise. (Montpellier, décembre 1865).
— Pour une conversion demandée depuis 44 ans. (Flaix).
— A Notre-Dame du Sacré-Cœur. Albano, Bagnorea, Mentana. (Reconnaissance de quelques zouaves pontificaux).
— Merci, ô Notre-Dame du Sacré-Cœur. Vous m'avez ouvert les portes du Carmel. (Londres, août 1807).
— O Notre-Dame du Sacré-Cœur , Vous avez guéri mon corps et mon âme, daignez me maintenir dans mes bonnes résolutions. (Paris, 1808).
— O JSotre-Dame du Sacré-Cœur. C'est par vous que l'œuvre a pu s'établir. Faites-la prospérer pour la gloire de Dieu. (Grenoble, 1807).
— Reconnaissance sans bornes. Consécration de mes enfants et de leurs descendants à Notre-Dame du Sacré-Cœur. (Orbecen-Auge, 1808).
— Voyageur d'un jour, j'apprends ici votre titre glorieux! o Notre-Dame du Sacré Cœur de Jésus, je tombe aux pieds de votre ravissante image, et je me relève votre mis-ionnaire pour la vie !!!.... En une seconde, quelle grâce !! Quelle vocation !... Mille fois merci, ô ma Mère. (Un miss, du S.-C, 28 décembre 1804. Issu m d un).
— Mon affaire était désespérée, je dois sa décision à Notre- Dame du Sacré-Cœur. (Fonten;iy-le-Comte, 1803).
— Ilom. de recon. à N.-D. du S.-C. J'étais devenue muett . et par son intercession la parole m'a été rendue. (Aix-les-Bains, novembre 1868).
— Grande grâce obtenue le 8 mai 1809 par Notre-Dame du Sacré-Cœur. O Mère, nous t'aimerons toujours. (Un curé du D. de Fréjus).
— A Notre-Dame du Sacré-Cœur. Les associés de Québec (Canada), pour de nombreuses faveurs. Mars 186o. (Plusieurs exvoto ont été envoyé- au nom de ces associés).
— A Notre-Dame du Sacré-Cœur. Pour les faveurs dont Elle nous a comblés. Plusieurs associés de Montluçon. (Juillet 1866).
— O Notre-Dame du Sacré-Cœur. Souvenez-vous toujours de vos enfants de l'Equateur (Cuença, 1807).
— La congrégation des Sœurs de Ste-Croix rend de solennelles actions de grâces à Nuire-Dame du Sacré-Cœur Saint- Laurent. (Haut-Canada).
— Les îles Bourbon, Maurice, Madagascar et Seychelles, à Notre-Dame du Sacré-Cœur. (1844-1366).
— La congrégation des domestiques de Rennes. Hommage de reconnaissance pour la guérison inespérée de leur directeur. (Décembre 1809).
— Vous m'avez exaucé, ô N.-D. du S.-C, soyez mille fois bénie de la guérison de mon fils.
— N.-D. du S.-C, je te dois ma vocation au sacerdoce. (Léon de Bruyne, Tamise-Belgique, 3 décembre 1879).
— Hommage de reconnaissance à N.-D. du S.-C. pour la guérison de Mm0 Raynaud de Nicolaiew (Russie).
— En reconnaissance d'une gràee signalée, obtenue par l'intercession de X. -P. du S.-C. (Les Ursulines de Venray, Hollande).
— Mille actions de grâces pour une guérison désespérée. (Courtai, mai 1880, Alix).
— Reconnaissance éternelle à N.'D. du S.-C. pour une affaire temporelle dont l'issue était désespérée.
— Un rayon de ton Cœur Est parti, ô ma Mère, Et cette âme si chère A trouvé le bonheur!
(Lydla Geneste, es. de Marie).
— Reconnaissance. X.-D. du S.-C. a brisé les liens qui me retenaient dans le monde. (A. G. 1872-1880).
— Actions de grâces à N.-D. du S.-C, pour les Sacrements )tenus à un mourant. (Palerme, 14 février 1878).
— Reconnaissance à N.-D. du S.-C. pour une guérison merpileuse. (Mont-s-Marchienne. Belgique, F. Sottiaux).
— Vous m'avez miraculeusement guéri , ô N.-D. du S.-C. imour et reconnaissance. Je vous consacre notre enfant, veillez
toujours sur lui. (E. S. L. S. Reims, lei" août 1880).
— Reconnaissance à N.-D. du S.-C. Elle a sauvé la mère et l'enfant. (Juillet 1880).
— Hommage de reconnaissance et d'amour à N.-D. du S.-C. qui m'a conservé mon enfant. (Pointe à Pitre, juin 1880).
— Merci, ô Marie, vous avez rendu une mère à ses sept enfants désolés. (E. de T. V., 27 juillet 1880).
— Merci, ô N.-D. du S.-C, vous avez changé les dispositions d'un cœur éprouvé. (T. 26 novembre 1880).
— Actions de grâces à N.-D. du S-C. pour une conversion obtenue. (2 septembre 1880. E. T.).
— Oh! qu'Elle est bonne, N.-D. du S.-C.!!! Les Elèves brevetées du Bon-Sauveur d'Alby. (Tarn, 9 mars 1881).
— Merci, bonne Mère, vous avez rendu la santé à ma fille; je la dépose ainsi que toute ma famille dans le Cœur de Jésus.
— Hommage de reconnaissance des Enfants de Marie, du Sacré-Cœur de Lemberg, à N.-D. du S.-C. pour l'heureuse réussite d'une dangereuse opération subie par une de leurs sœurs.
(1« mai 1881). "
— Amour et reconnaissance à N.-D. du S.-C. pour l'établissement de mon fils. (Juillet 1881. J. M.).
— Reconnaissance à N.-D. du S.- Cl Elle m'a accordé une grande grâce que je lui avais demandée. (11 janvier 1882. S. M. V.).
— Amour et reconnaissance à N.-D. du S.-C. qui a guéri mon enfant. (J. de M., Angers, 16 juin 1882).
Fac ut ardeat cor raeum In amando Christum Deum Ut Tibi complaceam.
Nous pourrions continuer ces citations longtemps encore, si l'espace nous le permettait; qu'il nous suffise de savoir que ces milliers d'inscriptions, de prières, d'invocations, bien que différentes par la forme, se confondent et s'unissent dans un même chant de louange, de reconnaissance et d'amour à Notre-Dame du
Sacré-Cœur.
Pour clore ce long chapitre sur l'efficacité de la dévotion À Notre-Dame du Sacré-Cœur, nous nous contenterons d'ajouter: si Varbre se juge par ses fruits, on peut maintenant apprécier la Décotion à Notre-Dame du Sacré-Cœur.