‹ Le sacrilégeChapitre 63 sur 141 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Il est fini...

LAZARE

Il a mangé l’ogre ?...

LOUISE

Complètement...

LAZARE

C’est bien fait... Ah! voisine que vous êtes bonne... que vous êtes...

LOUISE, le suppliant.

Vous allez la réveiller...

LAZARE

C’est juste!... Allons, faut faire votre somme d’honnête fille... Bonsoir, voisine...

LOUISE, à elle-même.

Oh! cette vieille femme! ..Je devrais peut-être avertir monsieur Lazare 1

LAZARE, bêillani et prenant la Inmière.

Oh ! ma foi, je n’en peux plus... (Examinant Louise.) Je vais me coucher aussi, mais qu’est-ce que vous avez donc ? je vous trouve un drôle d’air! Est-ce que Claudine est malade?

LOUISE

Non! non ! (Remontant.) Allons I dormez bienl...

LAZARE, se dirigeant vers la chambre h conchor.

Vous aussi! bonne nuit. (Louise près de sortir s’est arrêtée. L’examinant.) Décidément! il y a quelqtlô chose...

Il pose sa Inmière sur la cheminée.

LOUISE, redescendant.

Eh bien, oui I j’ai peut-être tort de m’inquiéter, vous le verrez vous-même... mais cette idée-là vient de me revenir, et ma foi, j’aime mieux vous dire la chose.

LAZARE

Qu’est-ce que c’est donc ?

LOUISE

Il y a trois mois, le lendemain d’Asnières, comme je rentrais de porter mon ouvrage avec Claudine, je me suis rencontrée avec une espèce de vieille, laide et déplaisante, qui sortait de chez la concierge et qui, en passant devant Cfaudine, s’est mise à la regarder d’une drôle de façon.

, LAZARE

Il y a trois mois ?

LOUISE

Oui 1... mais ce matin encore, elle était en bas?

Ce matin?

LAZARE

LOUISE

Quand elle a été partie, la portière, m’ame Guillaume... m’a dit qu’elle avait demandé, chaque fois, un tas de choses sur vous, sur Claudine, disant comme ça qu’elle n’était pas votre fille.

LAZARE

C’est une commère du quartier...

LOUISE, avec hésitation.

Et si elle était envoyée parles parents de Claudine?...

LAZARE, arec un mouvement.

Les par ntsde Claudine... (Se remettant.) Sa mère se moque pas mal d'elle, je lui ai écrit dans le temps qu’elle était malade... Elle ne m’a seulement pas répondu... Et puis, est-ce qu’elle sait où je demeure maintenant ? Il n’v a rien d’inquiétant dans tout ça...

LOUISE

Vous me tranquillisez...

LAZARE

Allez reposer, ma petite Louise !

LOUISE

Bonne nuit, et à demain. .

LAZARE, la reconduisant.

A demain !...

Louise va ouvrir la porte; roulement lointain d’une voiture, Louise, effrayée, regarde Lazare qui se met h rire.

LAZARE, gaiement.

Décidément, vous êtes drôle comme tout, voisine... Diraiton pas que c’est la première fois qu’une voiture passe dans la rue Saint-Jacques au milieu do la nuit. (La voiture se rapproche, Louise prête l’oreille et se prend à trembler. Lazare après un temps la rassurant.) Qu’est-ce que ça nous fait, après tout, cette voiture? Ce n’est pas une raison parce que nous aimons Claudine, pour forcer les gens à aller à pied?

LOUISE

Ecoutez! (Lazare prête l’oreille h son tour. La voiture s’arrête devant la maison.) La voiture s’est arrêtée à la porte. J’ai peur'... (On entend frapper un coup h la porte coebère. Moment de silence. Ecoutant au fond.) On parle en bas de l’escalier... On dirait qu’on discute avec la portière... On monte!...

LAZARE

J’v suis, parbleu! depuis le quinze avril, nous avons un médecin dans la maison... au troisième .. vous ne vous rappelez donc pas : c’est pour le médecin! Pauvres gens, c’est peut-être leur petite fille qui est malade!... (On frappe h la porte de la chambre, uo coup, deux coups. Lazare et Louise se regardent et n osent pas ouvrir. Troisième coup plus violent que les autres. Mouve-

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