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TI, Le lac Saint-Jean, en sauvage : Peakuagami
(lac » plat.)
34.-—$Si c’est par la belle rivière que vous allez au lac Saint-Jean, après quelques heures d’une descente facile en canot, vous y arriverez sans vous y attendre. À la vue de cette vaste nappe d’eau qui se déploie d’une manière si soudaine, et que l’imagination se plait à trouve: bien plus grande encore, parce que l’œil n’en aperçoit pas le bout, vous serez saisi de surprise et d’admiration. Vous croirez un instant être au bord de la mer... .illusion d’autant plus facile qu’en regardant à l’est, l’on croit apercevoir, à une certaine distance du rivage, des mâts de
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vaisseaux grands et petits. Il n’en est rien pourtant. Cette flotte dont la présence surprend si fort dans ces lieux sauvages qui n’ont jamais vu que de pauvres canots d’écorce, se compose tout simplement de quelques grands arbres, des pointes basses qui s’avancent dans le lac, et qui vus à travers le mirage en temps calme, of. frent le singulier spectacle de mâtures de vaisseaux.
Le lac Saint-Jean est situé dans une immense vallée (1). Il est le réservoir de plusieurs grandes rivières, dont que'ques-unes prennent leur source dans les hauteurs qui séparent le territoire de la Baie d'Hudson du Bas- Canada. Le trop plein de ses eaux s’échappe par le Saguenay comme on l’a vu [30]. Il est presque circulaire. Sa plus grande largeur est de 50 milles entre Métabetchouan et Périboca, et sa moindre largeur de 18 milles environ, entre la pointe Saint-David à l’est, et ia Pointe Bleue à l’ouest.
On prétend qu’il n’est pas pourtant assez profond pour la navigation des goëlettes, à cause des bancs de sable qui s'étendent au large, surtout à l'entrée des rivières. Sa profondeur varie beaucoup. Vers le milieu, on ne trouve de fond qu’à 200 pieds, tandis qu’à quelques milles plus loin, on passeraità peine en chaloupe. À Métabetchouan, et dans les environs du Poste, dans un rayon de plusieurs milles, de gros vaisseaux pourraient passer tout près du Le grand nombre des bas-fonds fait que la houle est très mauvaise au moindre vent. Il serait facile de reconnaître la place de ces bas-fonds au moyen de son-
rivage.
(1) Etnon pas au milieu d’une grande savane, selon un traité de géographie en usage dans nos colléges, page 19 D
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