‹ Le Saguenay en 1851 [microforme]Chapitre 5 sur 51 · Ecoutons maintenant M. de Champlain nous · texte numérisé non relu

Ecoutons maintenant M. de Champlain nous

parler à sa façon de Tadoussac etidu Saguenay. “ Me

La:

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voilà expédié, je pars de Paris, l'an 1603, Nous

: faisons heureux voyage jusqu’à Tadoussac (2). Ta-

doussac est comme un anse à l’entrée dela rivière

du Saguenay, où il y a une marée fort estrange pour

‘ sa vitesse, où quelquefois se lèvent des vents impé-

tueux qui ameinent de grandes froidures. L’on tient que cette rivière a quarante ou cinquante lieues du

‘ port de Tadoussac jusques au premier sault (3) qui

vient du nord-nord-ouest, Ce port èst petit, et.n’y pourrait contenir qu'environ vingt vaisseaux. Ily a de l’eau assez, et est à l’abri de la rivière du Saguenay et d’une petite isle de rochers qui est presque coupée de la mer. Le reste sont montagnes hautes,

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(1) Pinkerlon, vol, 12, page 677, cité par M. A. Stuart, (2) Voyages de Champlain, vol, I, pages 52 et 155. (3) Iln’y a que 28 lieues,

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étevées, où 1l y a peu de terre, sinon rochers et sables remplis de bois, comme sapins et bouleaux. Il y a un petit estang proche du port renfermé de montagnes couvertes de bois. À l’entrée sont deux pointes, l’une du côté du surouest, contenant près d’une lieue en la mer, qui s'appelle la pointe aux Allouettes ; et de l’autre costé du nord-ouest, contenant demi-quart de lieue, qui s’appelle la pointe aux Roches. ......,,, nos so nos ssnevosoronoeeooese ee Je fus viditer quelques endroits de la rivière du Saguenay qui est une belle rivière, et d’une grande profondeur, comme de 80 à 100 brasses,. » . «es soon po 00 0 0 «6 fl y a quelques isles dedans cette rivière fort désertes, n’étant que rochers couverts de petits sapins et bruyères. Elle contient de large demi-lieue en des endroits, et un quart à son entrée, où il y a un courant si grand, qu’il est trois quarts de marée courue dedans la rivière qu’elle porte encore hors ; et en toute la terre que j’y ai vue, ce ne sent que montagnes et promontoires de rochers, la plupart couverts de sapins et bouleaux ; terre fort mal pilaisante tant d’un costé que d’autre : enfin ce sont de vrais déserts inhabitez. Allant chasser par les lieux qui me semblaient les plus plaisants, je n’y trouvais que de petits oiselets, comme arondelles et quelques oiseaux de rivière qui y viennent en esté ; autrement, iln’y en a point, pour l’excessive froidure qu’il y fait. Cette rivière vient du nord-ouest.”

17.— A Tadoussac ‘ il y avait nombre de sauvages, qui y étaient venus pour la traite de pelleteries, plu-

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sieurs desquels vinrent à notre vaisseau avec leurt “ canots qui sont de huit à neuf pas de long, et environ ‘ un pas ou pas et demi de large par le milieu, et vont ‘ en diminuant par les deux bouts, Ils sont fort subjects à tourner si on ne les sçait bien gouverner, et sont faits d’escorse de bouleaux, renforcez par de- ‘ dans de petits cercles de cèdres blancs, bien propre- ‘ ment arrangez, et sont si légers, qu’un homme en ‘ porte aisément un. Chacun peut porter la pesanteur ‘ d’une pipe. Quand ils veulent traverser la terre ‘ pour aller en quelque rivière où ils ont affaire, ils les

portent avec eux.”

18.—Ami lecteur, il vous prendra probablement enie un jour d’aller voir le Saguenay. S’il vous est possible de passer seulement une heure à Tadoussac, vous aimerez, en vous reposant sur le charmant plateau qui domine le bassin, à repasser dans votre mémoire ou même à relire si vous l’avez sous la main, la petite histoire qui suit. Elle caractérise assez bien l’inéressante tribu montagnaise dont vous aurez peut-être a bonne fortune de rencontrer encore là quelques familles. 1l s’agit d’une entrevue de M. de Champlain en 1610 avec une troupe nombreuse de cette nation (1),

19.—Le lieu où les sauvages étaient campés était la pointe aux Bouleaux qui se termine par la batture aux Ilouettes, environ un mille à l’ouest de Tadoussac. escarbot, compagnon de Champlain, appelle cet en-

(1) Sagamos de M. Bibaud, page 55.

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crite, “ Le lieu de la pointe Saint-Mathiex où il: Mit qui ‘ étaient cabanés est assez plaisant. Ils étaient au bas peurs e « d’un petit côteau plein d’arbres, sapins et cyprès. A Men qt 4 ladite pointe, il y a une petite place unie, qui dé- #SR Lors “ couvre de fort loin, et au-dessous du dit côteau est Mescar! « une terre unie contenant une lieue de long, et demic 3 Le le “ de large, ornée d’arbres. ” Le grand Sagamo des tour Montagnais était alors Anadabijou, homme remar- MBüt à d quable par son esprit, Champlain trouva en lui une Æemis ; ( politesse à laquelle il ne s’attendait pas. Le Sa- ne vis caem qui était en festin, le reçut cordialement ainsi #4 20. 1 que Marc Lescarbot qui l’accompagnait. Les guer- Mretiens riers Montagnais étaient rangés sur deux haies. Un $ d’eux (1) commença à faire sa harangue de la bonne À

héolog chose

réception qui lui avait été faite par le roi, et du bon MS quan traitement qu’il avait eu, leur assurant que le dit roi M hom leur voulait du bien, et désirait peupler leurs terres et S ques leur envoyer des guerriers pour vaincre leurs ennemis. # un se ‘ Il] leur raconta aussi les beaux châteuux, palais, À quatr “maisons et peuples qu’il avait vus, et notre manière PF est bc & de vivre.” : 0 mais

Après qu’il eut terminé sa harangue, Anadabijou fit 2 n'est passer le calumet, et lorsqu’on eut bien fumé, il pro- ff homr nonça aussi son discours “ parlant posément, s’arrêtant ÆR quels ‘ quelquefois, et puis reprenant la parole en leur disant allez « que véritablement, ils devaient être bien contents BR' notre & d’avoir sa dite Majesté pour ami”? Ils répondirent Ils pt tous d’une voix : ho! ho! ho! ce qui veut dire, oui ! MS avait oui! oui! Pour lui, continuant toujours de parler, i! [SF qui ! — ee — ———————— eaux :

(1) Qui apparemment avait fait son {our d'Europe.

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Mathiex où :l: Mit qu’il était fort aise que Sa Majesté fit la guerre à

ls étaient au bas Meurs ennemis. Enfin, il leur fit comprendre tout le ns et cyprès. A MiBien qu'ils devaient attendre du roi.

e unie, qui dé- M Lorsqu'il eut cessé de perler, M. de Champlain et 1 dit côteau est MLescarbot se retirèrent.

e iong, et derric : D Le lendemain, à la pointe du jour, Anadabijou fit id Sagamo des Mc tour de toutes les cabanes, criant à haute voix qu’on homme remar- ût à déloger pour aller à Tadoussac, où étaient les bons iva en lui une # BBrus ; car, comme les européens, les sauvages rendent

pas. Le Sa. ne visite reçue.

dialement ainsi D 20. Marc Lescarbot a écrit quelques-uns de ses en-

ait. Les guer- MBretiens avec Anadabijou ; écoutons ce sauvage parler eux haies. Un Mhéoilogie : IL y a, disait-il, un Dieu qui a fait toutes {

ue de la bonne choses. Après qu’il eut fait toutes choses, il prit roi, et du bon M quantité de flèches et les mit en terre, d’où sortirent t que le dit roi M hommes et femmes, qui ont multiplié au monde jusr leurs terres et SW ques à présent, etsont venus de cette façon. Il y a > leurs ennemis. ! un seul Dieu, un fils, une mère, et le soleil qui sont hâteuux, palais, 4 quatre. Néanmoins Dieu est par dessus tout ; le fils t notre manière PF est bon et le soleil, à cause du bien qu’ils reçoivent, M mais la mère ne vaut rien etles mange. Le père

Anadabijou fit MS n’est pas trop bon. Anciennement il y eut cinq

n fumé, il pro-| hommes qui s’en allèrent vers le soleil couchant, lesment, s’arrêtant M quels rencontrèrent Dieu, qui leur demanda : où le en leur disant #8 allez-vous? Ils répondirent : nous allons chercher » bien contents M" notre vie.—Dieu répondit: vous la trouverez ici. Ils répondirent Ils passèrent outre, sans faire état de ce qu’il leur veut dire, oui ! MF avait dit, lequal saisit une pierre, et en toucha deux rs de parler, :! SS qui furent transmués en pierres ; et il dit de rechef

ee mener à ne men:

| 4 . 1 2] 1 ra aux autres: où allez-vous? Et ils répondirent de

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“ même que la première fois. Dieu leur dit : ne pas. Muni ré “ sez plus eutre. Mais voyant qu’il ne leur venait M Dc'étai “ rien, 1ls passèrent outre. Et Dieu prit deux bâtons, « mes-l “ et en toucha les deux premiers, qui furent trans. 1 pench ‘ mués en bâtons, Puis le cinquième s'arrêta san: L. passer plus outre. Dieu lui dit: où vas-tu? Je vai: u, “ chercher ma vie.—Demeure, tu la trouveras ici. — ré Il demeura, et Dicu lui donna de la viande, qu’il 1 ‘ mangea. Après avoir fait bonne chair, il alla avec M “ les autres sauvages, et leur raconta ce que dessus.” F Une autre fois, il y avait un homme qui avai À “ beaucoup de tabac. Dieu vint à cet homme, et lui ME ‘# demanda : où est ton calumet? L’homme prit son 4 “ calumet et le donna à Dieu qui pétuna besucouy. ‘ Après avoir bien pétuné, il le rompit en plusieurs à morceaux, et l’homme lui demanda : pourquoi as-t1 M “ rompu mon calumet, tu vois bien que je n’en 4 M & point d'autre. Et Dieu prit un calumet qu’il avait, 4 ; “ et je lui offrit en lui disant: en voici un que je te À « donne. Porte-le à ton Sagamo, pour qu’il le garde M “ et s’ille garde bien, il ne manquera plus de chos:& ‘“ quelconque, ni tous ses compagnons, Le dit homme 4 ‘ prit le calumet qu’il porta au grand Sagamo, leque “ tandis qu’il l’eut, les sauvages ne manquérent jamais A (1) Sa

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“ derien, mais depuis, l’ayant perdu, c’est l’occasion À ; ne 2t “ de la grande famine qu'ils ont quelquefois parmi Les M “ eux. ” Lescarbot ayant demandé au Sagamone ne Montagnuis s’il croyait toutes ces choses, il Iui répon: À tabs dit que oui, et que c’était la vérité ! Notre chroni MMoujours.

queur qui avait le mérite de bien connaître sa religion ip” mériq +

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