‹ Le Saguenay et la vallée du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 18 sur 55 · W. PRICE · texte numérisé non relu

W. PRICE

M. William Price, père, fut un des derniers marchands anglais du vieux type. IN vint au Canada en 1810, comme représentant d'une grande maison anglaise, Christopher Idle and Coy, et il est le premier qui ait fait le commerce de bois en grand dans ces deux vallées ; il a ouvert a cette industrie non seulement la région de l'Oltawa, mais encore celle du Saint-- Maurice et le bas Saint-Laurent où ses fils possèdent: eneore de nombreuses scieries, Pour l'exploitation: de la vallée du Saint-Maurice, il s'était associé avec: Sir John Cauldwell et Peter Paterson; celui-ci. cependant, ne joignit da sociélé que plus tard.

Pendant la guerre de 1812, il reçut une commission: de major, et il s’occupa activement de lever un corps. de cavalerie et de monter une batterie de campagne: Lui et M. Goudie furent chargés par Sir George: Prevost, de transporter des dépèches de Québec à: Halifax ; ils allèrent en traîneau jusqu'à Saint-André,. trente-cinq lieues plus bas que Québec, puis conti-nuèrent leur chemin en raquette jusqu'à Saint+Jean,. Nouveau-Brunswick. Là, ils prirent un bateau pour:

traverser la baie de Fundy, et ils arrivèrent à Halifax en même temps que le vaisseau anglais Shannon y amenail comme prise le vaisseau américain Chesapeake. Lui et son compagnon assistèrent aux réjouissances qui eurent lieu à cette occasion à Halifax.

C'est M. Price qui a bâti à Tadoussac le premier moulin à scies du Saguenay, précisément à l'endroit où le gouvernement a fait installer en 1875 un bassin pour recevoir le saumon destiné à la reproduction. Plus tard, il construisit d’autres pelits moulins de même genre, mus par la vapeur comme le premier, à l'embouchure de plusieurs affluents du Saguenay, et, continuant toujours de remonter la rivière étape par étape, il finit par faire placer une scierie à la rivière du Moulin, un mille en deçà de ce qui allait être quelques années plus tard le village de Chicoutimi. C'est à la rivière du Moulin même que s’élève le manoir de la famille Price, et ce manoir n’est autre que l'ancienne boutique transformée où M. Price tenait son magasin de provisions et d'effets pour ies hommes du chantier de l'endroit.

Disons de suite que le pin du Saguenay, à cette époque, élait le plus beau bois de construction au monde. Sur cent pins, il y en avait en moyenne soixante-dix exempts de 1œuds. Aujourd’hui les pinières ont à peu près disparu ; le feu les a détruites et le pin a été remplacé par l’épinette.

Les navires qui prenaient alors des cargaisons de

bois dans le Saguenay étaient tous d’un faible jaugeage ; ils ne portaient jamais plus de trois cents tonneaux. Dès que le vent était bon pour remonter la rivière, ils mettaient à la voile, et là où se présentaient des caps avancés ou des pointes de terre difficiles à tourner, on les faisait touer par six forts chevaux tirant sur des câbles : il en était de même lorsque le temps était calme et que le navire était pressé de prendre sa cargaison ou de s’en retourner. Mais aussitôt que M. Price eût fait construire son moulin de Chicoutimi, il dut faire l'acquisition d’un bateauà-vapeur pour remorquer les navires qui allaient charger jusque dans ce port. Plus tard, en 1844 45, il bâtit un autre moulin où est la grande scierie actuelle, et où était autrefois le poste et ses dépendances. Enfin, développant toujours les opérations de son commerce, il ne tarda pas à les étendre en 1853 jusqu'aux forêts du Lac Saint-Jean; mais il ne put en tirer aucun profit jusqu'à ce que le gouvernement se füt décidé à faire construire des glissoires à la décharge du lac, ce qu’il accomplit en 1855-56.

Lorsque M. Price vint s'établir au Saguenay pour y chercher un nouveau développement à la grande industrie qu’il avait créée en quelque sorte, il y fut l'objet d'une guerre terrible que lui fil la Compagnie de la Baie d'Hudson. Cette Compagnie était nonseulemeni jalouse du maintien de ses priviléges, de

son monopole du commerce de fourrures, mais elle voulait absolument empêcher qui que ce fût de s’établir dans les vallées du Saguenay et du Lac Saint- Jean, pas plus pour « faire du bois, » chose qui était étrangère à son trafic, que pour faire de la culture, et elle ne craignaïit pas pour eela de mettre à son service les calembourgs eux-mêmes. Aïnsi elle prétendait !n’avoir pas seulement,le monopole du fur (pelleterie), mais du fr (bois), et elle s’autorisait de la prononciation des mots pour tuer dans le germe l'exploitation entreprise par M. Price.

La Compagnie de la Baie d'Hudson avait succédé à Ja Compagnie du Nord-Ouest qui, de son côté. avait remplacé les fermiers des Postes du Roi, lors de la cession du Canada à l'Angleterre.

La Compagnie du Nord-Ouest n'avait pas tardé à se voir envahie, puis réduite à l'impuissance, et enfin étouffée dans l’étreinte formidable de la Compagnie de la Baie d'Hudson qui n’avait cessé de gagner du terrain jusqu'à ce qu’elle se fût vue maîtresse de tous les territoires de chasse de l'Amérique britannique du Nord. Mais le dernier bail qu’elle tenait du gouvernement pour le territoire du Saguenay, en sa qualité de successeur des fermiers des Postes, allait expirer en 1842, et le champ allait rester libre à l’industrie de même qu’à la colonisati”.

Il se livrait des batailles épouvontabies entre les hommes au service de M. Price et «x qu'employait

la Compagnie de la Baie d'Hudson. Pour ces batailles on recrutait des bras partout La Compagnie en faisait venir de tous côtés et même, un jour, elle envoya des bandes avinées couper les billots que M. Price avait «faits» à ses scieries de Betsiamites et de la Rivière-Noire, vingt lieues plus bas que Tadoussac. Enfin, M. Price parvint à conquérir la paix, mais ce fut au prix de $7,000 qu’il dut payer à la Compagnie pour qu’elle voulut bien reconnaître son droit.

En 1867, à l’âge de 77 ans, M. Price mourait en laissant un souvenir qui durera longtemps, du moins dans le Saguenay dont on l'a appelé le «père » ; et pour tous il fut un des exemples les plus remarquables de ce que peuvent l'énergie, l'intelligence et l’activité mises ensemble au service de grandes opérations industrielles, et une stricte probité qui jamais ne fit défaut dans les affaires les plus importantes et les plus difficiles.

Nous sommes maintenant parvenus à l’automne de 1841. M. Bourret, curé de la Malbaie, vint passer neuf jours à la Grande Baie et y donna la communion à plus de six cents personnes. On voit que la colonie

s'élait remarquablement accrue en peu de temps ; il élait même question alors d'élever une pelite école ;

on l’acheva quelque temps après, et on en confia la direction à M. Israël Tremblay.

Pendant l'hiver de 1841-42, les pionniers s’en- |

nuyant de ne pas avoir de nouvelles de la Malbaie et | de la Baie Saint-Paul, leurs endroits d’origine, dépè- |

chèrent deux hommes pour aller en chercher e+ porter en même temps plusieurs lettres aux parents et amis de «chez nous». Quinze jours après seule-

ment, les deux hommes élaient déjà de retour,

chargés de lettres, de compliments, d’amitiés et de journaux pour leurs camarades restés à la Grande Baie.

L'hiver se passa comme d'habitude aux travaux des chantiers, et, la belle saison venue, M. Price envoya un homme chargé de recevoir et de coller tous les madriers qu’on mettrait à bord des bâtiments. Cet homme était M. Robert Blair, qui est resté l'agent de M. Price à Saint-Alexis et est devenu plus tard son fermier, jusqu’à sa mort arrivée au mois de septembre, 1879.

1842.-—Dans l'été de 1842, M. André Cimon, marchand de la Baie Saint-Paul, qui venait tous les ans au Saguenay avec une pacotille de marchandises, voulut que l’on mit une cloche sur la chapelle de la Grande Baie. Il donna pour cela l'argent nécessaire et la cloche fut installée peu de temps après.

Artolple, Hrritée eut dite Desert, M CAP TRINITÉ, Hautes {700 pieds

RE PE NART ee D NON

Page 1