‹ Le Saguenay et la vallée du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 28 sur 55 · PAROISSES AU SUD ET À L'OUEST DU LAC SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

PAROISSES AU SUD ET À L'OUEST DU LAC SAINT-JEAN

Nous venons de traverser, pour arriver au Lac, un pays formé de mamelons, de collines et de gorges creusées en tous sens, qui sont une histoire vivante et une explication manifeste de sa formation géologique. Le Lac, qui embrassait jadis une étendue au moins trois fois plus considérable qu'aujourd'hui, a laissé, en se précipitant dans la rivière Saguenay et en fuyant devant les torrents qui fondaient sur lui, d'énormes quantités de terre d’alluvion bizarrement et capricieusement disposées. Il y eut des endroits laissés absolument à sec, tandis qu'à côté se formaient de véritables rivières qui creusaient leur lit à des profondeurs très-variées. De nombreux monticules d'alluvion, vioiemment entassés, s'éboulent aujourd'hui lentement, ou plutôt s'émiettent petit à

petit dans les ravins et les cours d'eau ; cette terre marche toujours, même après le retrait des eaux du Lac, et le travail qui se fait en elle, visible à tous les yeux, sert merveilleusement l'intelligence de l'observateur et lui devoile le phénomène dans toute sa clarté,

Le chemin public, pratiqué à travers un pays où se multiplient les accidents de terrain, en a tout le pittoresque et les inconvénients. Il faut monter et descendre à toute heure des côtes qui n’en finissent plus, être aveuglé et étouffé à la fois par un sabie brûlant, ou bien entendre l'odieux bourdonnement de cent maringouins et sentir la cuisante piqûre de vingt moustiques allérées de sang; mais enfin, avec un bon cheval et beaucoup de résignation, il ne faut pas plus de deux heures pour aller d’'Hébertville à Saint-Jérôme, la première des paroisses situées sur le lac Saint-Jean, et dont pas une n’a encore plus de quinze ou seize ans d'existence.

C'est en 1861 que les premiers colons vinrent à Saint-Jérôme, et jusqu’en 1865, il n’y eut que quatre ou cinq familles épurses sur le rivage du Lac ; ces premiers colons s’appelaient Jean Maurice Saint- Onge, Jules Boivin, wermain Morin et Alexandre Boily. En 1865, d’autres arrivèrent, et leur nombre s'était tellement accru trois ans après que l'archevéque jugea à propos de leur donner un missionnaire. Ce missionnaire fut l’abbé N. H. Constantin qui, à

son arrivée, le 9 octobre 1868, fut obligé de demander l’hospitalité à un colon établi non loin de Ja chapelle :

« Je passai À trois semaines, écrivait-il l'année suivante, dans une maison de vingt pieds carrés, où nous élions toujours au moins quatorzà personnes, Le dernier jour d'octobre, je pus m'installer dans Ja sacristie où les planchers étaient à peu près terminés.

Je trouvai en arrivant une chanelle de 50 x 36 pieds en pièces de cèdre, avec une sacristie de 34 x 28 pieds. Cetie dernière sert de sacristie et de presbytère. Je fis construire une bâtisse de 30 x 25 pieds, qui me sert de grange et d'étable, puis une autre petite bâtisse de douze pieds carrés pour me servir de laiterie et de hangar, Dans le cours de l'hiver dernier, j» demandai une autre bâtisse de 30 x ?5 pieds, destinée à servir plus tard de hangar à grain, mais devant servir présentement tout à la fois de hangar à grain, de salle publique, da maison d'école et de logement pour le hedeau, La bâtisse a été construite dans le cours de l'été dernier, et elle remplit bien son rôle. Toutes ces constructions vous font voir de suite le courage et le zèle des pauvres colons. J'ai eu le plaisir de voir ouvrir une école dans le cours d'octobre dernier, Près de cinquante enfants la fréquentent, et grâce aux qualités de l'institutrice, cette école fera un bien immense dans la mission.»

Le printemps de 1870 avait été remarquablement beau, et dès les derniers jours d'avril, les colons de Saint-Jérôme avaient commencé le hersage. Ils avaient fait autant d'abattis que possible, et la fumée qui s’en élevait était si épaisse qu’elle obscurcissait les rayons du soleil. Depuis le 15 mai, la chaleur était intense. Tout à coup, dans l'après-midi du 18, un vent d'ouest s'élève, semblable à uncyclone des Indes, eten quelques minutes, il a embrassé la forêt qui ceinture le village naissant. Hommes, femmes et enfants combattent en vain le fléau qui dévore tout ; les maisons et les semences sont détruites en moins

de vingt-quatre heures, et chacun n’a plus qu'à chercher à se préserver soi-même du terrible élément déchaîné. L'air est plein des cris, des lamentations des victimes et des mugissements des animaux qui périssent engloutis dans les flots brûülants ; le vent tourbillonne avec fureur et la terre tremble sous ses assauts ; Ja forêt, tordue par la tempête et le torrent de flammes, gémit, craque et s'écrase avec un bruit de tonnerre ; les eaux courroucées du Lac s’élancent sur le rivage qui cède et s'ébranle ; les flammèches, détachées de cet océan de feu, remplissent l’espace comme une pluie brûlante et l'air n’est plus respi. rable; on ne peut rien voir autour de soi dans l'épaisse fumée, et les colons et les femmes, qui sont restés sur le lieu du sinistre, incapables de faire un pas, altendent la mortqui s’avance précipitée. Seules, les mères éperdues cherchent à percer la noire muraille de fumée pour courir après leurs enfants dont elles n’entendent plus les cris ; on se cherche, on s'appelle, mais c'est en vain ; toutes les voix sont étouflées, tous les échos sont assourd:3..,.... Enfin, dans Ja journée du 19, vers le soir, le vent commence à se calmer, un peu de jour se fait, et les colons, au nombre de 79, se trouvent réunis près d’une petite maison de vingt pieds dans laquelle ils cherchent refuge. Heureusement personne n’a péri, quatre enfants seulement avaient été horriblement brûlés, et l’un deux expirait quelquesheures plus tard. La chapelle, le presbytère et ses dépendances avaient été la proie

des flammes, et ilne restait dans la paroisse entière qu'une quinzaine depauvres maisons pour abriter au delà de cent cinquante familles dépourvues de tout, Cet incendie terrible laissera de longues traces dans la mémoire, non seulement des colons de Saint- Jérôme, mais encore de toute la vallée du Lac, car il porta partout ses ravages et détruisit la forêt sur une étendue d’une trentaine de lieues, de l’ouest à l'est. La compagnie de la Baie d'Hudson se hâta, la première, de porter secours aux plus nécessiteux, et des dons arrivèrent de toutes les parties du pays. En moins d’un an, la plupart des colons evaient rebâti leurs demeures, et une église de cent pieds de longeur sur cinquante de largeur était en voie de construction, Presque toutes les traces du fléau avaient disparu, et Saint-Jérôme renaissait de ses cendres plus florissant que dans une prospérité non

interrompue.

Aujourd'hui les deux-tiers de la paroisse sont dé-

frichés, quoiqu'il n’y en ait guère plus d’un tiers en culture, et ce qui reste à défricher renferme d'aussi bonnes terres que ce qui rapporte actuellement. Le sol y est propre à toute espèce de grains et les légumes mêmes viennent en abondance. Il suffit de peu de travail pour préparer la terre. Aussi voit on les colons qui se sont adonnés à la culture vivre dans une certaine aisance, tandis que ceux qui ont couru les chantiers sont presdue toujours dans le besoin.

En 1871, Saint-Jérôme donnait 3,146 minots de pois, et en 1877, 65,000, L'année 1879 promettait une abondante récolte, mais les pluies continuelles el la gelée du 25 septembre l'ont fait manquer presque entièrement, (*) C’est pourquoi nous prenons pour point de comparaison, dans le tableau suivant, l'année 1878 qui, cependant, est fort inférieure à la précédente sous le rapport de la production.

Population de la paroisse... dsoioe 1,048 | 1,665 Minots de blé récoltés ss vvoess vovses sovvee 8,775 | 10,907 Do d'avoive do ss ss Sn dun 0 000008 vo tosonse 1,716 7,868 Do d'orge do sus o00 vosooonne sncnoon0e vo0000 5,790 4,602 Do de patates AO se0000000 € CEPELELETELELELETELLTELELIL 16,000 28,000 Tounenux de foiMisssss soso ennene: sononsee o nesus sous 135 1,060 Livres de beurre sucres sosscsesonosnees suosue soso sensor 5,400 | 15,000 Tôtes A0 Détail. sous soccésneo o soooonoss soossouse esvosovsosel 1,800 |: 6000 Nouveaux colons en 1870. sus ses ssensus vonvssss lucide Et 0

A la suite de Saint-Jérôme vient la paroisse de Saint-Louis de Métabetchouane dont le nom de poste est Chambord. C’est là que se trouve l'Anse au Foin, grande étendue marécageuse où pullule le gibier de mer, et qui est renfermée entre la Pointe à la Tra-

(*) Les pluies fréquentes de l’année 1879 sont dues à ce qu’il y avait eu beaucoup de neige l'hiver précédent, et pas de gelé 8. Par suite, la neige était entrée profondément dans la terre qui en était restée toute saturée, Or, dès que le soleil d’été chauffait quelque peu, l'évaporation était intense ; les vapeurs, les nuages se formaient et la pluie tombait abondamment,

verse, à l’est, et la Pointe aux Trembles, à l’ouest, Plus loin est la Pointe aux Pins, qui s'avance considérablement dans le Lac et forme la grande baie 0 atchouane dans laquelle se jette la rivière de ce nom.

Saint-Louis manque de routes et les communications avec les nouveaux lots y sont très-difficiles : voici les statistiques que nous avons pu nous procurer pour l'année 1878 :

A —— 2 ee |

Population de la paroisse 1,200 Minots de blé récoltés, 8,600

Do d'avoine do 2,900

Do d'orge do 3,250

Do de patates do 10,400 Tonneaux de foin... 2,500 Livres de beurre . 8,600 Têtes de bétail, ss .. 4,200 Arpents de terre en culture Govesns ele 20,000 Arpents de bonne terre non L Hmeeon) … | 35,000 Nouveaux colons en 1879... ADO LOI ES 130

Après Saint-Louis de Métabetchouane vient la grande paroisse de Notre-Dame du Lac, communément appelée la Pointe-Bleue, et souvent aussi Roberval, du nom du township qu’ellerenferme. En 1871, Roberval comprenait Notre-Dame, Saint-Louis, Saint- Prime, Saint-Félicien et même une partie de Saint- Jérôme : aussi, sa population était-elle alors de neuf cents âmes de plus que l’année dernière, comme on

peut le voir par le tableau suivant qui contient en outre les statistiques comparées de la production.

Population de la paroisse,

Minots de blé récoltés... ss css sos 23,674 | 21,700 Do d’ayoine do ss sssss sonssus sonosovone vo 6,972 4,680 Do d'orge AD. sstsssse escsosdes esodos los sdoggeés 13,618 5,310 Do depatates do TS Tor 21,328 | 10,744

Tonneaux de fOÏN esse soso sos enesoes sonne e dosesde 302 950

Têtes de bétail... ess css vooone | rose seosee 3,200

Arpents de terre en culture .........,.......,,.,.... | 9,651 | 12,300

Arpents de bonne terre non défrichés......,..,.......1,,,,.., 47,700

Nouveaux colons en 1879... ms secs sers sousoe | soso covue 213

Notre-Name est une paroisse dont les habitants sont assez à l'aise. Elle renferme tout le township Roberval et celui de Charlevoix, en arrière desquels il y a de fort bonnes terres, mais qui ne sont pas encore arpentées, surtout en approchant du lac des Commissaires. Dans Roberval, ii s'est vendu une centaine de lots en 1879; et, au lac des Commissaires, il a été pris plus de cent-cinqnante lots sur des terrains non chaînés.

La Pointe Bleue renferme la « Réserve des Sauvages, » située à environ huit milles à l'ouest de la rivière Ouiatcnouane, et où les derniers des Montagnais, les 300 à 350 survivants d’une tribu jadis puissante, se sont retirés pour tâcher de faire quelque culture.

Malgré la cession faite en 1867 au gouvernement canadien de l'immense étendue de territoire qu’elle

possédait, la compagnie de la Baie d'Hudson a néanmoins conservé tous ses établissements, parmi lesquels se trouvent en première ligne les postes nombreux qui sont disséminés dans tout le Nord-Ouest brilannique. La compagnie avait autrefois un droit de chasse exclusif, de sorte que les Indiens qui parcouraient, à la poursuite des fourrures, les vastes solitudes qui s’élendent des Montagnes Rocheuses au Labrador, ne pouvaient trafiquer qu'avec elle. A

elle seule ils vendaient tous les produits de leur chasse et, en échange, ils récevaient des vêtements,

des armes, des provisions,

Mais depuis que la compagnie a perdu son monopole, tout est bien changé. Les Indiens, toutefois, en sont-ils mieux et leur liberté d'aujourd'hui leur vaut-elle le joug sous lequel ils élaient tenus autrefois ?

Les Montagnais n’ont pas encore acquis le goût de la culture, malgré que le gouvernement ait envoyé chez eux un agent des terres chargé de leur distribuer des lots et de leur apprendre à les faire produire. Fils de l’espace, libre comme le renne sauvage qui parcourt des centaines de lieux dans la forêt, l'indien, à quelque tribu dégénérée qu’il appartienne, ne peut se renfermer dans les limites d’un champ n; s’assujélir aux soins mélh)diques, calculés, de la vie agricole, La prévoyance et l'attachement à un lieu

précis lui sont étrangers. Pour lui, la terre, c'est ce

qu'il peut en mesurer dans sa course annuelle à travers la solitude, et, pour mourir, ne croit pas avoir besoin d’un foye: ou d’un tombeau.

Fataliste sans le savoir, enfant inculte de la nature, il se laisse aller à elle et n’écoute que sa voix sans songer à lui rien demander au delà de ce qu’elle offre. Aussi, lorsqu'il a épuisé le peu qu'elle lui donne, lorsqu'il a lari son sein, avare surlout sous un ciel comme le nôtre, n’a-t-il plus qu’à se résigner et à subir en silence la mort inévitable. Pour vivre il ne veut rien apprendre de ceux dont l'apparition sur le sol d'Amérique a été le signa! de la chute de ses pères et de sa propre déchéance. Il se laisse effacer,

comme s’il comprenait sa faiblesse devant l’homme.

armé des forces ingénieusement eréées de la civilisalion.

I n’y a pas plus d’un siècle encore, il se battait avec d'autres enfants de la forêt, sauvages comme lui, el qui se d fendaient avec les mêmes armes grossières, la hache et le javelot, et ecla dans un espace illimité dont toutes les tribus réunies n’occupaient qu’une infime portion, comme autrefois nos ancêtres, à nous tous, s'égorgeaient pour la possession des cavernes les mieux à l'abri du mammouth et d} rhinocéros velu. (*) L'Indien de nos jours, n'ayant plus à lutter, à longueur de bras, avec des hommes

(*) Les tribus sauvages qui habitaient jadis le territoire du Saguenay et Plogonagemious, los Ohamonchonanistes at des NokDubemiere. Plus aa norS

étaient les petits et les grands Mistassins. Toutes ces tribus diverses n’6taient que des membres de la grande famille des Montagnais,

aussi faibles que lui, se laisse détruire en paix par la civilisation qui l’envahit et le circonserit de toutes parts, dont il prend rapidement tous les vices sans pouvoir acquérir une seule de ses vertus; il ne lui reste que la dignité ou la résignation du silence. Partout il succombe, laissant le blanc seul debout. Ainsi, rien ne peut arrêter la diminution et la mort des races faibles, condamnées d'avance à cause de leur heine d'une demeure fixe, de leur répugnance pour la vie d'ambition et de travail, ou de leur infécondité devenue de pius en plus sensible,

En face de la Pointe-Bleue se trouvent quelques iles, entre autres la fameuse ile aux Couleuvres où la légende voulait que ces reptiles inoffensifs se tinssent en grand nombre, souvent entrelacés et roulés ensemble comme des festons ; mais, après bien des recherches faites par de hardis voyageurs, on n'y a trouvé qu'une vieille peau de cet animal qui, depuis lors, a perdu tout son prestige et ne compte plus aux yeux des Robervalois. Il y a encore la Grosse Ile qui a environ un mille de longueur et de largeur, et qui contient une excellente ferme, la propriété de M. Horace Dumais, le célèbre arpenteur qui nous a révélé la région du Lac Saint-Jean, qui l'a explorée dans tous les sens, plus loin qu'aucun arpenteur moderne ne l’a tenté, et qui a fait à ce sujet de trèsbeaux travaux qui nous ont été, à nous particulièrement, d’une grande utilité.

Il y a encore d’autres petites iles dans les environs de celle que nous venons de signaler, mais il n’est pas nécessaire d'en faire mention.

En quittant ia Réserve des Sauvages, on perd petit à petit le Lac de vue, les défrichements deviennent de plus en plus rares et le chemin passe parfois en pleine forêt ; on traverse la rivière des Iroquois où ont été trouvées d'anciennes marmites, des chaudières de cuivre, des haches à tête ronde, des lances, et enfin des fusils à long calibre, des batte-feu, des silex, etc., puis l’on arrive sur les hauteurs de Saint-Prime d’où un immense panorama se déploie subitement sous le regard : c’est le Lac avee toute sa vallée, l'immense plaine de trente milles de largeur qui le borde du côté nord, et la chaîne des Périboncas dont la ligne bleue ondule par delà la plaine.

Au bas de ces hauteurs, là ou la rivière Chamouchouane vient déboucher, s'étend la jeune paroisse de Saint-Prime qui compte ses quinze années d’existence par autant de cinquantaines d'habitants. On la traverse rapidement et l’on arrive à Saint-Félicien qui n’est encore qu'une mission où le curé de Saint- Prime va dire la messe tous les mois dans une pauvre chapelle de bois, mais qui n’en renferme pas moins près de cent cinquante familles de colons. La paroisse et la mission réunies donnaient en 4879 les statistiques suivantes :

amuse 1879 | Population ss see sers sons sonssssees sovoosee RIRES 1,300 Minots de blé récoltés... ss ss. sosvesososssonosesss sooee 3,500 Do d'avoine do RP TT cs 3,475 Do d'orge A0, Hrercrsrssessrecscss cn iroresee Se de spaosde 1,890 Do depatatesdo ......,,,,..,,,...,,.., ol 3,600 Bottes de foin... ..............., sons dooooanne rove0008 sonovee à 32,900 Livres de beurre... D sense vo 0060000 00000 d00008 0000 000000 v0000 ! 19,880 Têtes de bétail... sous senssesee sovssosoe vecu vovesemonoessocsecses 4,000 Minots de pois so... ss esse sers conne srosee sonne overrsns | 2,600 Arpents de terre en culture... | 24,750 Arpents de bonne terre non défrichés...….. re sonores 0e | 40,750

Pendant cette même année 1879, il arrivait à Saint- Félicien soixante familles nouvelles de colons, sans compter un bon nombre de jeunes gens et d’autres chefs de famille qui étaient venus seuls, mais qui se proposaient d’aller chercher leurs femmes et leurs enfants pour les établir sur les nouvelles terres.

Les commencements de Saint-Prime et de Saint- Félicien, qui furent colonisés en même temps, sont à peu près les mêmes que ceux des autres établissements nouveaux. (Cinq ou six pionniers courageux frayèrent le chemin vers 1865 ; et seulement quatre ou cinq ans plus tard, lorsqu'il se fut établi des communications, bon nombre d'autres familles allèrent se fixer dans le fertile canton de Chamouchouane. C'est de cette époque que date le commencement véritable de Saint-Prime. En 1871, il y avait dans Saint-Prime quarante-cinq familles ; l’année suivante il y en avait seize de plus, et la population était portée en un an de 188 à 345 âmes.

Dans Saint-Félicien, il y avait vingt-deux familles en 1871, et l’année suivante en comptait quarantecinq, avee une augmentation de 88 âmes dans la population. Dès cette époqne, la paroisse et la mission réunies renfermaient une population totale de 583 ämes, laquelle s’est accrue de sept cents âmes depuis lors, comme l'indique le tableau ci-dessus ; mais celte augmentation est bien peu de chose en comparaison de ce qui va avoir lieu dorénavant, grâce à l'impulsion vigoureuse que donne et donnera encore pendant plusieurs années l'établissement des town. ships Normandin et Albanel.

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