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216 LE SAGUENAY nitlles, en petite emlareation, jusqu'au confluent de cette dernière avec POutaouais.
Il y à done tout autour du lac Saint“Tean un vaste système de communications par eau, qui sont naturelle ment tres avantageuses à la colonisation et qui offriront un jour de grandes facilités au commerce de la vale, quoiqu'elles ne puissent avoir lieu que par des rivières accessibles seulement aux petites embarcations. Les principales de ces rivières sont, au sud du lue, Ta Méta betchouane et la Ouiatchouane. La première prend sa souree dans le lae aux Rognons, à environ quatre-vinut milles de son embouchure. Elle sort de ce lac par une succession de cascades et de rapides qui atteignent partois une hauteur de deux cents pieds, jusqu'à ce qu'elle arrive À l'endroit où les eaux qui tombent dans le Saint-Laurent par la rivière Batiscan se séparent de celles qui vont se
jeter dans le lac Saint-Jean par la Métabctehouane.
C’est à l'embouchure de cette rivière que les Jésuites avaient autrefois élevé l'établissement dont nous avons parlé en détail dans un précédent chapitre. Plus tard, l'habitation des Jésuites avait été remplacée par un poste de la Compagnie de la Baie d’Ifudson, et celui-ci, à son tour, a disparu pour faire place à une station de chemin
de fer dans Je voisinage.
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La Ouiatehouane, dont le nom indien veut dire “ vois-tu la chute ? 7 sépare les deux paroisses de Saint-Louis et “FER de Notre-Dame du Lac, celle-ci appelée communément ( Pointe-Bleue, Elle prend sa source à sept milles du lac Quaquagamaque et se décharge dans le lac Saint-Jean après un cours de soixante milles, et en se précipitant dune hauteur de 236 pieds. M. Bouchette raconte, dans son rapport sur l'expédition de 1828, qu'il se rendit au a lac Quaquagamaque en suivant nombre de rivières et de petits lacs qui y avaient conduit, à partir de la vallée du Saint-Maurice, et que, là, il monta sur une éminence rocheuse très élevée, (le mont Découverte) au pied de laquelle coulait une rivière dans une série de cascades, De cette hauteur, il embrassa vers le sud-ouest une vaste contrée d’un nivean uniforme, semblable à une mer. En redescendant, il suivit un ruisseau d'une eau tranquille qui le conduisit À la rivière Ouiatchouane, (En cet endroit, la Ouiatchouance arrose un large espace couvert dallnvion). A deux milles et demi plus bas que le mont Découverte est le lac des Commissaires ”, qui a
près d’un mille de largeur 1 où la rivière y fait son entrée.
Les bords en sont escarpés ct montagneux, boisés di sapin, de pin, d'épinette et de bouleau. Plus loin, le long du le, le paysage devient adimirable, d'une grandeur saisissante. Le lac des Commissaires à sept lieues de
longueur et une largeur moyenne d'un demi-mille,
À sa sortie du lac Ouiatchouanc, qui communique avec
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celui des Commissaires, la rivière suit un cours rapide. qui va s’élargissant au milieu d’un pays fort propre à la culture, couvert de frênes, de bouleaux, d’ormes, d'épinettes, de sapins et de quelques pins blanes ; puis viennent en succession de nombreux rapides que l'on peut franchi
Jusqu'à ce qu'on arrive À la grande chute de 236 pieds, qui n'est pas à plus d'un mille du lac Saint-Jean, ot environ 290 pieds au-dessous An niveau du lac Oniatchouaune. Du pied de la chute jusqu'au Lace, la rivière n'est qu'un rapide continuel. Autrefois on v pêchait en abondance le poisson blane, dès le commencement de l'automne, et l’on en prenait assez pour en faire commerce et pour l'exporter aux Etats-Unis, sans compter que les œens du poste de Métabetchouane et les Indiens en fai-
saient leurnourriture ordinaire jusqu'au printemps suivant,
an à
I n'va guère plus de trente ans, eest à peine sil existait un chemin entre la Grande-Baie et le Lac : dans les autres parties de ectte région encore alors aux septhuitièmes déserte, il n'y avait que des ébauches de routes, et quelques centaines de familles seulement y étaient établies. Aujourd'hui, ln colonisation, se dével hpant
ühs cesse, tend À enserrer le lae tout entier ; ‘41le s'est
avancée rapidement vers l’ouest par les eantons Nor-
mandin et Albanel ; la voilh maintenant qui envahit le
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nord. et les vallées de la Périboncea et de la Mistassini
vont déployer incessammer. pour l'hoinme toute leur
fécondite.
Le lac Saint-Jean est À trente lieu :sau nord de Québec, en ligne droite ; il est entouré d'un cadre de montagnes qui se rapprochent assez de ses rives du côté sud, et s’en éloiunent jusqu'à 30 À 85 milles du côté nord et ouest. Ces montagnes formaient l'ancien rivage du lac, ITvy a moins de neige au nor des Faurentides qu'au sud ; dès j'on a dépassé lahauteur des terres,on sent presque aussitôt la dif'rence ;le printemps v commence deux, et même trois
nes, au nord
semaines plus tôt qu'à Québez. Les montagnes, de la vallée, ue sont pas aussi hautes que eelles qui sont au nord-est ; voilà pourquoi le vent de nord-est y cs à peu près inconnu, et, quand il soute, il est toujours plus sec ot plus léwer. C'est que le vent de nord-est change de caractère en changeant de pays Ce vent, qui est Île fléau de la rive sud du Suut-Lauront, vient d'une étendue de mers dont Ja surface prolong: jusqu'au pôle le sature sus interruption d'humtlité et de froid ; mais À mesure qu'on avance dans lintérieur du pays, 11 diminuo graduellement d'intensité ; il est plutôt see qu'humide, plutôt Iéger et agréable que pesant et irritant. On dit a resulte de ce quele vent de nord-est n'arrive dans leur du pays qu'après avoir franchi un rempart de
montagnes, où 11 à pris l'excellente habitude de déposer le
plus lourd des vapeurs dont il était chargé
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L2 Le lac étant abrité ain des deux côtés, le climat v est comparativement doux. Il est aussi bien moins variable,
: que dans le reste de la province ; c’est ce qu':
plus I ol testent les observatioes météorologiques, faites à différens intervalles, et les tableaux de comparaison dressés pau arpenteurs qui en ont faitune étude spéeiale. Les chal et les pluies n’y sont pas excessives comme dans la plus grande partie du district de Québec ; en un mot, le ba du lac Saint-Jean est placé dans les circonstances elimatériques les plus favorables à Ia culture de tous les grains
qu'on récolte généralement dans nos campagnes.
La rive sud du lac est moins fertile et bien moins profonde que les rives nord et ouest; entre Métabetchouane 6t la Grande-Décharge, les cantons Métabetchouane, Caron et Signaï renferment plus de cent mille
acres de bonne terre.
Dans les conditions les plus désavantagenses, pendant la décade éco. : entre 1861 et 1871, la population du comté de Chicoutimi avait été portée de 10,478 à 17,45 âmes. Cependant il n'y avait, en 1871, dans le comte
tout entier, que 80,870 acres de terre en culture.
Dans un de ses plus anciens rapports, Pilustre géologuc sir William Logan avait déjà déclaré qu'il n'existait nulle part, dans les provinces de l'Amérique Anglaise, un sol
d'alluvion d'une aussi grande épaisseur que celut que lon
trouve au Lac Saint-Jean, ni pareil fond d'argile
recouvrant partout de li terre ealenire. Le fait est que
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la plus grande partie du fond du lac ne consiste guère
qu'en pierre calcaire et que toute la rive occidentale en
est formée.
Les argiles marines, généralement recouvertes de sable ut de gravier, se rencontrent à chaque pas entre cette rive et la Grande-Baie, de même qu'entre cette dernière et Chicoutimi.
Il est impossible de prévoir, d'imaginer même ce que deviendra un jour cette région agricole incomparable qui comprend l’est, le nord et Pouest du bassin du lac Saint- Jeau. Là, un avenir merveilleux attend nos petits-fils ; Hl'œuvre colonisatrice,qui ne fait aujourd’hui que prendre son essor et s'affranchir péniblement Ges incertit:des traditionnelles, va nous exhiber, avant la fin de notre siècle de labeur et de fer, un développement si inattendu qu'il paraîtra commie une surprise renouvelée de tous les jours, et cela aussitôt que des communications régulières pourront être assurées aux colons qui se dirigeront de ce
côté par centaines tous les ans.
L'immense étendue de pays comprise entre 1e eap à FEst,en face de la Grande-Baie, et la rivière Mistassini, qui débouche ‘u nord-ouest dt lac Saint-Jean, comprend un plateau de terre dalluvion qui n’a pas moins de quatre-
vingt-dix milles de longueur sur quinze à vingt-cinq de
largeur, en moyenne. Ce plateau est mar qjué en différents
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999 LE SAGULENAY
endroits par des dépressions plus on moins profondes, causées par le passage des eaux qui y ont formé des lies creusé des ravins et des lits de rivivres, lorsque le lac Saint-Jean, arraché violemment de ses rives primitives, plongea, diminué de plus de moitié, dans l'énorme fissure subitement eutrouverte à travers les montagnes dn
Saguenay.
Le sol qui recouvre ce plateau est en grande partie formé de dépôts de sable et de gravier mélangés d’'alluvion: il est ajouté d’une bonne couche de détritus végétaux où d’'humus à la surface, tandis que le sous-sol est composé de profondes couches de glaise, marne et argile bleue et grise, comme Île reste du bassin saguenayen. A mesure que le
plateau tend à s'ineliner vers le le, la couche de sable et de
gravier disparaît, et l'argile reste à découvert. La tortt,
qui recouvre en dernier lieu le terrain, a été en grande partie exploitée par l'industrie ; il reste néanmoins encore abondamment de bois pour les besoins des colons qui “y
établissent graduellement, d'année en année.
À l'ouest de la rivière Péribonka le plateau s étend an nord, sur une profondeur de quinze à vingt milles. jusqu'au pied des montagnes modestes qui le bornent à l'horizon ; en même temps il s'allonge vers l'ouest, coupé par des gorges vives qui donnent passage aux grandes rivières du nord-ouest, et vient se terminer aux abord<d la rivière Ouiatehouaniche, à vingt milles environ du lac
Saint-Jean.
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Eu se précipitant des hauteurs qu’elles recouvraient Lara) jadis, les eaux débordèrent sur le plateau du grand bassin 2: avec tonte Ja facilité imaginable, Comme elles n'avaient pas encore de chenal, elle roulèrent devant elles le sable et Al Fi ! l'argile comme une avalanche que rien n'arrêtait, Elles se OR répandirent ainsi en s’élargissant petit à petit, mais aussi en diminuant de volume, jusqu'à ce qu'entin elles furent toutes rassemblées dans le chenal qui avait fini par se creuser et qui était devenu assez profond pour retenir entre ses bords ces torrents livrés à leur course désordonnée, Les parties du plateau qui n’ont pas subi le passage de ces courants nouvellement formés n’ont prs reçu, en
reva.che, l'apport de sable qu'ils poussaient éperdûment
devant eax, en balayant les dépôts séculaires amoncelés sur les flancs et au fond des gorges ; l’argile n’a pas été
couverte dans ces parties échappées aux courants dévas- RIRE
tateurs ; anssi n’y voit-on pas ces couches de sable ni ces 5e
longues dunes que l’on aperçoit sur le rivage immédiat Et
desrivières qui débouchent dans le ae. de
I v a là une étude géologique des plus intéressantes et des plus attrayantes À poursuivre ; muis il ne nous
appertiont pas d'aller jusque là ; attendons : l’avenir, qui
se hâte maintenant pour cette région si longtemps à peine
mdiquée sur nos cartes géographiques, nous réserve de
nombreuses et importantes révélations sans doute ; contentons-nous de remarquer simplement en passant que
tout le territoire situé entre lu petite rivière Péribonka et
la Mistassini, vingt milles au nord du lac, est encore aujourd’hui à peu près inconnu ; la partie inférieure seulement de Ta Mistassini a été relevée, de même que son afluent, la rivière Aux Rats ; les explorations n'ont pas été poussées au delà, mais le jour est proche mainte. nant où la colonisation, devançant à pas pressés l'œuvre de lu science ou des gouvernements, va faire irrruption dans ce domaine que PIndien et le chasseur se réservent avee une discrétion obstinée, et lui arrachera des témoi. gnages qui aJouteront peut-être une page curieuse À la géologie de Amérique du nord 1.
1—£ans doute ee plateau renferme un certain nombre de ter rains marécageux, étant données les circonstanecs de sa formation, Rien ne serait plus facile pour le gouvernement que de convertir ces terrairs, aujourd'hui stériles, en terrains propres à la culture. par un ensemble de canaux d'irrigation qui coûteraient pou de
chose à établir.
Lcs marécages se rencontrent en plus grande abondance dans les cantons Taillon, Racine, Dolbeau et Pelletier ; aussi, mais o moindre quantité, dans Ics cantons Parent, Albanel et Norman.
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