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tiouvent mélées et qui se déposent au fond du lac où le
long des rivières dont elles émaillent les bords.
Au temps de M. Bouchette, la Mistassini n'a-ait ét
explorée que jusqu’à dix milles de son embouchure. #“ Je
suis d’avis, disait cet arpenteur, dans son rapport de 1828,
que, d’après la proximité des rivières et l’aspect général
dl: du pays, il s’y trouve une étendue considérable de terre
susceptible de culture.”
M. Bouchette ne s’était pas trompé, au contraire : il su avait même été bien modeste dans son appréciation. les ha la ] con
se Les afluents de la Mistassini sont, à l’ouest, la Ticouapre ss et la Wassiemska ; à l’est, la rivière Aux Rats et la 1. Mistassihi. titre plan X ordr à dj M
ete A la fin du siècle dernier, Michaux, célèbre naturaliste est Le français qui était venu au Canada pour étudier nos plantes, . d se rendit jusque près de la mer de Ifudson par la "peti Mistassini et la rivière Rupert. Nous avons de lui un . récit de son voyage dans un livre qu’il à fait sur les Sémin
sine plantes de l'Amérique du Nord, livre qui lui a valu à bon
droit le nom de fondateur de la botanique canadienne, 1
Après avoir remonté cent vingt milles du cours de la
Mistassini, Michaux arriva à une cascade qui tombe d’une
montagne haute de 80 pieds et découpée en amphithéâtre,
ait été Il ne craïgnit pas d’escalader les marches de cet amphi-
. “Je SO théître avec le seul objet de se procurer quelques plantes
e 1828. peut-être inconnues. Cette cascade, du haut de laquelle
rénéral on aperçoit une vaste vallée, est le terme de la navigation le terre sur Ja Mistassini.
En repartant, Michaux et ses guides traversèrent une
dl suite de petits lacs remplis d’eau stagnante. Il explora
is les bords du lac des Cygnes, et après avoir dépassé les
hauteurs qui séparaïent alors le Canada du territoire de la Baie d'Hudson, il entra dans une petite rivière qui conduit au grand lac des V'istassins, où il arriva le 4
septembre, malgré la neige et un temps très froid. couapee ——
ts et la 1—** Avant Michaux, en 1637, Cornuti avait bien fait, sous le titre Plantarum canadensium historia, une courte histoire des plantes de notre pays; mais ce n’est qu'une description sans ordre de quelques plantes peu nombreuses.
Mentionnons aussi Michel Sarrazin, médecin du roi à Québec etmembre correspondant de l'Académie des Sciences. Cet homme est le premier botaniste canadien dont le nom soit devenu célèbre par la découverte de la plante curieuse qui porte son nom, la plantes, D Surraceniu purpurea. A la campagne on appelle cette plante
uraliste
par la “ petits cochons.” En effet, secs fouilles creuses et contournées
| en cornets simulent la tête du cochon. Elle se trouve en abon-
Jui un dance dans les savanes qui avoisinent Qrébec.”— Abeille du | sur le$ Séminaire.
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Le grand lac des Mistassins est une vaste merintéricure, faite de plusieurs larges baies successives, qui occupe un
espace de plus de deux degrés, entre le 71° et le 74° degrés
de longitude ; il est situé sur le 51° de latitude ct se
décharge dans la mer de Ifudson par la rivière Rupert,
Près du lae, et sur une petite rivière qui s’y jette, se trouve
un antre de calcaire informe que les sauvages appellent la maison du grand génie ”. De l’autre côté, c’e:t-dire près de la décharge, s'élève une roche énorme et isolée qui domine le lac. Frappés de sa grosseur prodigieuse, les sauvages invoquent le manitou de cette roche : lorsqu'ils traversent le luc, ils sont saisis d’une religieuse frayeur et détournent les regards pour ne pas exciter les tempêtes. Voici ce qu’en dit le père Albanel dans la relation de son voyage à la mer de Hudson, fuit en 1672: ‘ Le 18, nous entrâmes dans le grand lac des Mistassirinins, qu’on tient être si grand qu'il faut vingt jours de beau temps pour en faire le tour ; ce lac tire son nom des roches dont il est rempli, qui sont d’une prodigieuse grosseur ; il y a quantité de très belles iles, du gibier ct du poisson de toute èspèce ; les orignaux, les ours, les caribous, le porc-épic et les castors y sont en abondance. Nous avions déjà fait six lieues au travers des iles qui l’entrecoupent quand j’aperçus comme une éminence de terre, d'aussi loin que la vuese peut étendre : je demandai À nos gens si c’était vers cet endroit qu’il nous fallait aller,
4 Tais-toi, me dit notre guide, ne le regarde point, si tu
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Listassiours de h nom igieuse ibier et urs, Îles hdance.
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ne veux périr.” Les sauvages de toutes ces contrées s'imaginent que quiconque veut traverser le lac se doit soigneusement garder de la curiosité de regarder cette roche, et principalement le lieu où l’on doit aborder ; son seul aspect, disent-ils, cause l'agitation des eaux et forme
des tempêtes qui font transir de frayeur les plus assurés.”
Voici ce que disait à son tour, en 1827, au sujet du lac Mistassini, un voyageur du nom de Jérôme St-Onge, qui avait été longtemps au service de la compagnie des Postes du roi et de celle du nord-ouest.
“ L’étendue du lac Mistassini est peu connue ; on met trois jours à le traverser dans l'endroit le plus étroit, en allant d’une ile à l’autre. La distance entre les iles et la terre ferme n’est pas de moins de trente milles, ce qui donnerait au lac une largeur de quatre-vingt-dix milles dans l'endroit où se trouvent les îles. Les sauvages mettent ordinairement tout l’été, une partie du printemps et de automne pour aller d’un bout à l’autre du lac. Ce qu'on peut dire de moius de la grandeur de ce lac, c’est
qu’elle ne le cède guère à celle du lac Supérieur.
“a rivière Rupert, qui y prend sa source, est bien plus considérable que le Saguenay ; elle a un cours d’environ soixante lieues. On va aussi du poste de Chamouchouane au lac Mistassini en marchant dans une direction nord nord-est. Ce voyage se fait en trois semaines ou environ, en comptant quatre lieues à la journée. On tra-
verse, en l’accomplissant, plusieurs lacs plus étendus que
le lac Saint-Jean lui-même. Il y a dans ce pays plus d'eau que de terre ; cette dernière est hors d'état d’être soumise à la culture, n'étant formée que de masses de rochers, de falaises et de marécages où l’on peut marcher des milles entierssans trouver d’autres arbres que quelques tamaruc, C’est là le domaine de l’orignal et du caribou qui traver. sent par bandes les vastes plaines, en ne se nourissant que
de la mousse qui croît sur les rochers.
Là à
‘ Les sauvages qui chassent dans ce misérable pays, qui cependant abonde en animaux à fourrure de diffirentes espèces, ont beaucoup diminué en nombre (1827) depuis le temps où la compagnie du Nord-Ouest tenait les lostes du Roi et surtout depuis qu’on à introduit parmi eux des liqueurs fortes, dont ils font un usage si immodéré qu’ils en meurent. Lorsque la famine attaque une famille de Montagnais, c'est l'usage parmi eux que lorsqu'i en meurt un, victime de la faim, on l’enterre sur le lieu, et les autres transportent immédiatement le cunp À un autre endroit, et ainsi de suite jusqu’au dernier survivant qui, alors, s'enfonce à l'aventure dans les bois
jusqu'à ee qu'il succombe à son tour d’inanition.
La petite vérole, apportée avec les effets et les hardes qu'on leur donne en échange de leurs pelleteries, à souvent enlevé 50 à 100 personnes en un jour. Iln'y avait en 1829 qu'environ 50 à 60 familles qui faisaient le commerce aux postes de la Compagnie, tandis que, sans ces causes destructives, on en aurait pu compter ein
cents.
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