‹ Le Saguenay et le bassin du Lac Saint-Jean [microforme]Chapitre 83 sur 101 · PARRY SOUND · texte numérisé non relu

PARRY SOUND

Maintenant, qu'est-ce que c'est que cette ligne du

& Parry Sound ”, dont le nom vient de paraître pour la

première fois dans le cours de cet écrit ? Il est nécessaire

ici, pour l'intelligence du lecteur, de faire un exposé et

d'entrer dans certains développements qui paraîtron:

d'abord étrangers À notre sujet et qui y sont néanmoins intimement liés désormais,

Tout le monde sait ce qu'est le lac Turon, le plus grand, après le lac Supérieur, des eiuq lacs immenses qui forment les mers intérieures du continent nord-américain, Il a deux cent soixante-dix milles de longueur et une largeur moyenne de soixante-dix ; celle-ci s'étend parfois Jusqu'à cent cinq. Sa superficie est de 23000 milles carrés, Y compris la baie Georgicnne qui n’est autre chose qu'un énorme bras du lac ITuron s’enfonçant profondément dans le nord-ouest de la province d’Ontario, À elle seule, la baie Georgienne a une longueur de cent trente milles sur une largeur moyenne de cinquante ; elle à la même profondeur et la même altitude que le lac proprement dit, Au fond d’une de ces larges échancrures Qc la baie, sortes de bras de mer qui s'étendent parfois jusqu’à une distance considérable dans les terres et que les Anglais appellent des “ Sounds ?”, se trouve un port de premier ordre auquel on a donné le nom de Parry Sound, et qui est situé à peu près en face du passage par où les bateaux propulseurs des lacs et les autres abotiers débouchent dans le lac ITuron, en venant de Chicago et de Daluth.

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Parry Sound s'élève sur le littoral de l'immense territoire du Muskoka qui, avec celui du Nipissing, forme une admirable région agricole et forestière au nord de la province d’Ontario, Cette région, à elle seule, comme celle qui entoure notre lac Saint-Jean, suffirait à former

une province et ses richesses naturelles sont incaleulables. LE TERRITOIRE DE MUSKOKA

Le district de Muskoka occupe la partie la plus élevée (les ighlands) d'Ontario et renferme quantité de lacs, dont bon nombre sont à quatre cents pieds au-dessus du lac Supérieur ; il contient, déduction faite de l’espace occupé par les eaux, six millions au moins de bonne terre arable, pouvant donner la subsistance à une population de cinq cent mille âmes. Il fait aussi partie de l'immense territoire, au nord et au nord-est d’Ontario, que le gouvernement de cette province a choisi pour y faire l’essai de la colonisation gratuite. En un quart de siècle on y à vu s'élever nombre de cités et de hameaux, et des colonies s’y fonder aussi rapidement que dans les Etats de l'Ouest. Les chemins de fer le traversent dans toute son étendue et des bateaux à vapeur sillonnent les plus grands de ses lacs. Dans toutes les directions les

communications se sont établies.

La colonisation du district de Muskoka ne date que de 1868, pas môme encorc trente ans ! C’est en effet à cette date que fut passée par la législature d'Ontario Pacte intitulé Free grants and Ioinestead Act ”?, qui ouvrait

362 LE SAGULNAY

gratuitement aux colons toutes les terres non encore concédées du nord de la Province, comprenant, outre le district de Muskoka, ceux d’Algoma et de Nipissing et toute Îà partie septentrionale des comtés de Renfrew, Frontenac, Addington, Hastings, Peterborough, Vietoria et Simcæ, une étendue en quelque sorte illimitée.

trâce à la libéralité intelligente du gouvernement

d'Ontario, la région des Free grants ?” qui, en 1868,

n'était qu'une immense forût, coupée de lacs innombrables et de quelques chaînons de montagnes ne dépassant pas une hauteur de milie à douze cents pieds, qui ne renfermait pas encore une seule habitation, qui avait le désavantage d’un climat trè< froid, l'hiver, puisque le thermomètre y est descendu jusqu'à quarante degrés centigrades, s’est néanmoins transformée au point de renfermer aujourd’hui une population de soixante-dix mille Âmes et plus de cent vingt cantons, distribués entre

la baie Georgienne et les rivages du haut Outaouais.

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