LA GRANDE-ANSE
La troisième étape est la Grande-Anse, large expansion, en forme de demi-cercle, que prend le Saint-Maurice, une douzaine de milles plus haut que la Mattawin. ei, la physionomie de la rivière change complètement, et l’on se croirait transporté sur les rives du fleuve. Le Saint- Maurice a ici une largeur d’au moins un demi-mille ; sur chacune de ses rives les défrichements s'étendent à plusieurs milles au loin. Du côté de la mission, sur la rive est, il y a place pour une grande et belle paroisse ; on y trouve, à l'heure actuelle, une trentaine de colons installés comme dans les anciennes paroisses et jouissant d’un confort inusité dans ce pays primitit. De l’autre côté sont les magnifiques fermes des MM. Ilall, où l’on
aperçoit de vastes prairies et des pâturages s'étendant au
delà de l’espace que la vue peut embrasser, Tout cela donne comme une impression de soulagement et offre au regard un aspect doux et aimable dont il est avide, après avoir contemplé, pendant une longue succession de milles, des rivages inhospitaliers, barbares, où ne se voient que quelques habitations isolées, ct, çà et là, des huttes faites de troncs d’arbres, avec un toit écrasé, recouvert d’écorce et percé au centre pour laisser s'échapper la fumée du gîte.
A la Grande-Anse on a passé la partie montagneuse du
Saint-Maurice,celle qui a la physionomie la plus tranchée et la plus formidable. On a dépassé, entre autres, le mont Caribou, drapé dans ses énormes masses de granit qui ne
laissent échapper que de maigres broussailles à traversleurs fissures ; on a dépassé aussi et surtout le mont L’Oiseau, mont aussi haut que celui des Maurice, mais encore plus droit, semblable à un géant de pierre dressé dans toute sa hauteur. De grands arbres le couronnent et répandent une ombre menaçante sur ses flancs. Il est plein de mystères et de redoutables légendes. On n’ose se reposer à ses pieds, de peur d'entendre des cris d'angoisse et des froissements de chaînes. La tradition rapporte qu’il s’y fit jadis un grand massacre, dans les temps très reculés ; de là les gémissements des victimes que l’on entend encore, et les airs mystérieux dont s’enveloppe à plaisir ce mont où, sans doute, les oiscaux de nuit seuls se rencontrent et se réunissent, pour concerter d’affreux complots contre la race humaine amoureuse des légendes, ou,
cela donne e au regard après avoir milles, des voient que tes faites de d’écorce et ide du gîte.
tagnense du tranchée et res, le moni ranit qui ne traversleurs nt L'Oiseau, encore plus lans toute sa t répandent st plein de se se reposer roisse et des brte qu’il sy
rès reculés ; lon entend pe à plaisir seuls se renaffreux com-
’ égendes, ou,
du moins, interdire l’accès de leur donjeon, en semant
l'épouvante avec leurs cris de petits démons en querelle.