‹ Le Sahara algérienChapitre 13 sur 92 · CIRCONSCRIPTION DES BENI MZAB · texte numérisé non relu

CIRCONSCRIPTION DES BENI MZAB

de Dieu et des gens qui s’amendent). Le cheikh Baba lit sur eux le fatléa, leur donne le pardon et ils rentrent seulement alors dans la vie commune.

Comme au milieu de tous les grands centres de populations du désert, quelques juifs se sont glissés dans le pays des Béni Mzab, et là, plus qu’ ailleurs, ils trouvent une tolérante hospitalité ; à la seule condition, mais à la condition rigoureuse , de se conformer aux lois du pays et de respecter les habitudes de leurs botes, ils jouissent d’une liberté d'action complète. Ils ont leur synagogue, leurs rabbins, leurs écoles; il leur est permis de s’habiller à peu près comme les Béni Mzab, mais pour signe distinctif, ils ne portent point le l/aïk et sont forcés de se rouler un mouchoir noir autour de la tète. Ils ne peuvent pas non plus monter à cheval; comme partout ils sont marchands, cardeurs de laine, teinturiers et orfèvres.

Cette tolérance est d’autant plus inexplicable qu’elle ne s’étend point aux Arabes. L’intérêt seid est le lien qui semble unir les tribus de la tente et les Béni Mzab, et si dans le désert un Béni Mzab est respecté, c’est que s’il était insulté, les marchés de la ville seraient fermés à la tribu d’où partirait l’insulte. L’an dernier les chefs de Gardaïa ont expulsé quarante familles arabes de leur ville, en leur signifiant que, pour y acquérir le droit de bourgeoisie, elles devaient se faire Béni Mzab; et s'il arrive, ainsi que cela s’est vu quelquefois, qu’un Arabe consente à cette abjuration, il est obligé de faire une

profession de foi nouvelle entre les mains du cheikh Baba : encore n’est-il jamais considéré comme pur Mzabit ; sa postérité ne jouira même de ce privilège qu’à la quarantième génération.

Voici bien des traits caractéristiques d’une organisation gouvernementale et religieuse, curieuse à étudier. Malheureusement il nous manque, pour en tirer des conséquences, des documents précis sur l’origine de ce peuple singulier.

Le pays des Béni Mzab s’étend depuis El Guerara à l’est, jusqu’à Metlili à l’ouest, et depuis le Chebka Mta’ Béni Mzab, jusqu’à une ligne indéterminée à moitié chemin d’Ouargla à Gardaïa. Il est, dans sa partie nord, tourmenté de ravins et de montagnes rocheuses et trèsescarpées, où se trouvent, dit-on, des mines de cuivre et d’or.

Les villes principales de la confédération des Béni Mzab, sont :

Gardaïa.

Mellika.

Bou Noura.

Reni Isguen.

El A’tef.

Berrïan.

El Guerara.

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