TRIBU DES G'RAMERA
Arrivés au pays des Nayls , ils y campèrent et vécurent d’abord en bonne intelligence avec les premiers occupants. Mais, entre voisins, surtout entre voisins arabes, la guerre est toujours imminente, et la guerre les refoula dans les Ziban. La cause futile de cet événement offre un trait caractéristique de mœurs arabes : Un de leurs bergers , faisant paître son troupeau dans la plaine, eut l’imprudence de tuer un chien des Nayls qui s’était jeté sur un de ses moutons et l’avait étranglé. Aux cris du chien, le maître accourut et frappa le berger d’un coup de sabre à la tête ; cette scène se passait en vue des deux tribus. Les parents du blessé voulurent le venger, les parents du vainqueur coururent à son secours, puis vinrent les amis de chacun, si bien qu’en un instant la mêlée devint générale, et que les G'ramera perdirent quatre cents hommes.
Cette journée fatale, qu’ils appellent encore le combat des quatre cents et du chien noir, les réduisit à l’impossibilité matérielle de se maintenir plus longtemps chez les Nayls, et ils vinrent dans les Ziban, où ils se partagèrent entre chaque tribu. Ils vécurent ainsi, louant leurs services, jusqu’à ce que, devenus plus nombreux, ils pussent se reconstituer en tribu.
D’ALGER A TOUGOURT
TRIBU DES D REIDES.
Les Dreïdes n’ont conservé qu’un souvenir confus de leur origine; ils prétendent cependant venir du nord, o il leurs pères Djouala ( idolâtres ) occupaient une grande partie du Tell, et même le Sahel. Ceux que nous trouvons dans les Ziban et qui sont, disent-ils, les descendants d’une très-petite fraction de leur grande famille, se vantent d’être parvenus dans le désert à un haut degré de puissance, et d’avoir fait des expéditions jusqu’à Ct redamez. Constitués makhzenia par les Turcs, ils perdirent plus tard ce titre et les prérogatives qui y étaient attachées pour avoir refusé à leurs maîtres de leur livrer un Turc proscrit, réfugié chez eux.
Quand le premier Gannah fut élevé à la dignité de cheikh el arab, les Dreïdes, toujours attachés de cœur à leur ancien chef, subirent tant de vexations, qu’une partie de la tribu se sauva dans le Djerid de Tunis.
Nous devons d’avoir pu compléter ce chapitre à la communication toute bienveillante que S. A. R. Mgrle duc d’Aumale a daigné nous faire de ses notes sur les Ziban. Qu’il nous soit permis d’en témoigner ici notre respectueuse reconnaissance à S. A. R., et de la remercier des encouragements qu’elle a daigné donner à nos études sur le Sahara algérien.
TOUGOURT
TOUGOURT
L’occupation de Biskra nous a ouvert la route de Tougourt; d’une ville à l’autre on compte soixante-seize lieues dont voici les étapes :
lieues.
De Biskra à El Guera’ . 15
D’El Guera’ à Ouled el Malah' ou El dour. . . 12
D’Ouled el Malah' à El Mer'ier . 12
Total pour la première partie . 39
Cette première partie du voyage se fait à travers les sables; on n’y trouve que très-peu d’eau, et la route que nous indiquons n’est pas la seule qui s’offre au voyageur en sortant de Biskra ; mais, outre que toutes viennent se relier à Mer'ier, nous avons , comme dans tout le cours de cet ouvrage, suivi celle des marchands
et des caravanes. lieucs