‹ Le Sahara algérienChapitre 41 sur 92 · ROUTE DE SOUF A R'DAMÊS · texte numérisé non relu

ROUTE DE SOUF A R'DAMÊS

lieues.

Report. ... 55

8e . = . à Oudian el Kebar . 8

Ici se trouvent des arbres.

9e ... à Sebit Reguieg. . . 7

10,: . . . àZemoul el Kebar . 7

11e , . . à El Guemîr, où des poutres plantées dans les sables indiquent la route . 7

12e . . . à R'ourd el Khenech . 7

13e .. . à Zmoul Teboul . 7

1 4e . . .à R'ourd Ténia . 7

Ici sont des arbres aux branches desquels les chasseurs partis de Souf ou de R'damês déposent une partie de leurs provisions pour les soustraire aux chakals pendant la durée de leur

chasse.

15e .. . à El Fedj . 7

16e .. . à R'ourd Ah'med Ben ATi . 8

17e . . . à El Ouedj el A’reg . 8

Jusqu’ici l’on a marché à travers des mamelons , des dunes de sables mouvants ; tous les lieux que nous avons indiqués ne sont que de simples stations habituelles et connues des voyageurs; à Ouedj el A’reg on traverse les mamelons qui terminent le Djebel Batten, à l’est, et l’on entre sur la terre ferme dite H'amada.

18e ... à la Zaouïa de Sidi Mabed, en traversant un ma¬

rais salé . 8

19e ... à R'damês . 2

Total. . 138

DE SOUF A R'DAMÈS.

R'DAMÈS.

R'damès dépend de la régence de Tripoli ; c’est une ville d’un millier de maisons, entourée d’un mur d’enceinte haut de 1 2 ou \ 5 pieds , crénelé et flanqué de petits forts.

Quatre portes y donnent entrée :

Bab el Bah'ira.

Bab el Touareg.

Bab el Tedjar.

Bab Cheikh el Médina.

R'damès a deux mosquées principales , dont une est remarquable par sa grandeur; elle a aussi une k'asbali', nommée Dar el Ouacchi.

Ses environs sont plantés de jardins potagers et fruitiers où l’on cultive un peu d’orge , les légumes et les arbres que nous avons déjà nommés ailleurs. Une forêt de dattiers, qui lui fait face au nord, l’embrasse à l’est et à l’ouest; mais rien ne la protège au sud contre l’envahissement des sables qui, chassés par les vents du désert, s’amoncellent en vagues solides sur ce côté de ses murailles.

Quelques maisons ont des puits. Une source trèsabondante jaillit en dehors de la ville à côté de la porte du sud , arrive par des canaux dans chaque quartier et arrose les plantations extérieures.

A deux ou trois lieues de la ville , à l’est et au nord ,

R'DAMÈS.

s'élèvent deux petits marabout' au centre de deux k'sour à peu près en ruine.

La zone brûlante sous laquelle R'damês est située, la nécessité de se garantir et des vents du désert et des rayons incandescents du soleil, expliquent le caractère particulier de constructions qui distingue cette ville. Les maisons, couvertes enterrasses, sont toutes réunies à leur sommet, et forment ainsi une voûte continue, à travers laquelle, de distance en distance, sont ménagées des ouvertures pour donner de l'air et de la lumière aux rues intérieures ; ces rues ne sont que de véritables corridors où ne pénètre jamais le soleil.

Cette combinaison bizarre a peut-être eu pour but encore de séquestrer complètement les femmes et de mettre ainsi la jalousie musulmane à l’abri de toute inquiétude. C'est par les toits, et d’une terrasse à l’autre, que les femmes se visitent le soir sur cette immense plate-forme, sans qu’il leur soit permis de descendre dans les rues intérieures,, spécialement affectées aux hommes, aux esclaves et aux négresses. Après trois heures du soir on ne peut plus y marcher sans lanternes.

Un mur de la hauteur des maisons coupe R'damès en deux parties à peu près égales, et fait ainsi deux quartiers distincts, dont les habitants, voisins soupçonneux, jadis en guerre et presque toujours en querelle, n’ont pour communiquer ensemble que trois petites portes ménagées dans la cloison de séparation, si basses et si

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