‹ Le Sahara algérienChapitre 75 sur 92 · DISTRICT DE FIGUIG · texte numérisé non relu

DISTRICT DE FIGUIG

A quelques lieues de Ich , la chaîne de montagnes qui va toujours en s’amoindrissant prend le nom de Djebel el Ma’ïz (montagne des chèvres), un peu plus loin celui de Djebel Rekna el Ka'h'ala (le coin noir), plus loin encore, de Djebel Zoubïa (montagne des ordures), et enfin de Djebel el H'alouf (montagne du sanglier). Ces quatre mamelons sont reliés entre eux par une succession de a’reg et de ravines. De Djebel Kekna el K'ah'ala descend l’Oued Zeboudj; de Djebel Zoubïa descend l’Oued Zoubïa ; de Djebel el H'alouf descend l’Oued el H'alouf, qui reçoit sur la rive gauche la rivière précédente, et va, comme l’Oued Zeboudj , se jeter, au sud, dans EOued Namous. Ce territoire, qui fait partie du Maroc, forme le district de Figuig. On donne ce nom à une agglomération de douze villages qui sont :

DISTRICT DE F1GUIG.

Ouled Sidi A’bd el Ouafi .

Béni Ounnis.

El Ma'ïz.

Ouled Seliman.

Tar'la.

El Oudar'ir.

El H'ammam el Tah'alani.

Béni A’roun.

El H'ammam el Fouk'ani.

El Abid.

El Zenaga.

El Mah'arza.

Les plus considérables de ces villages sont : Ma’ïz, qui compte huit cents maisons; El Oudar'ir, qui en compte cinq cents, et Zenaga, qui en compte douze cents. Les autres varient de cent à deux cents. Un peu plus, un peu moins éloignés les uns des autres, mais jamais à plus d’un quart de lieue, tous descendent l’Oued el H'alouf et sont reliés par des jardins plantés d’arbres fruitiers de toute espèce, de figuiers de Barbarie et de beaucoup de dattiers.

Souvent en guerre entre eux, ils ont dû se mettre à l’abri des attaques ; aussi tous sont-ils entourés de murs d’enceinte crénelés et défendus par des tourelles. Ils sont (ï ailleurs beaucoup mieux construits que ceux dont nous avons parlé plus haut; leurs maisons sont généralement à terrasses, et plusieurs à deux étages. Cha un d’eux a sa mosquée, son cheikh, son k'ad'i,

D’ALGER A INSALAH'.

son école ; F ensemble est commandé par un chef reconnu par l’empereur du Maroc.

Outre les fruits de toute espèce et les légumes, les habitants de Figuig cultivent beaucoup de garance, qui est vendue aux k'sour voisins et aux Arabes pour teinture, et du tabac. Ils récoltent également de l’orge en quantité suffisante pour leur consommation; mais le blé leur vient du T'ell.

L’Oued el FFalouf, qui féconde et jardins et terres à céréales, n’a d’eau courante, comme toutes les autres rivières , que pendant l’hiver ; mais on a paré à cet inconvénient en creusant, de distance en distance, sur son cours et dans son lit , des puits appelés taouedj , qui sont autant de citernes intarissables. La répartition de ces eaux dans les propriétés de chacun est confiée à un moul el ma (maître de l’eau), qui est chargé de veiller à ce qu’elle soit faite en toute justice. Du réservoir commun partent des canaux principaux sur lesquels, de distance en distance, sont élevées des digues pour arrêter les eaux , et qui les déversent par des rigoles sur telle ou telle portion de terrain, selon que le moul el ma ouvre telle ou telle écluse. Les divers propriétaires , moyennant une certaine somme annuelle, ont droit à tant d’heures d’arrosage. Ces heures, qui sont calculées ailleurs, ainsi que nous l’avons vu pour A’ïn Madfi, à Faide d’un sablier, sont comptées à Figuig avec une clepsydre. Le moul el ma de garde est chargé de cette opération , et voici comment il y pro-

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