‹ Le Sahara algérienChapitre 76 sur 92 · DISTRICT DE FIGUIG · texte numérisé non relu

DISTRICT DE FIGUIG

cède : sur un grand bassin plein d’eau, il place un vase conique en cuivre percé au fond par un petit trou , et qui doit se remplir en un temps connu. Quand, par une ou plusieurs immersions du vase, il a été averti qu’il doit fermer les écluses d’un côté, il annonce, en tirant un coup de fusil, qu’il va les ouvrir par l’autre. A ce signal convenu, chaque intéressé se rend à son champ, à sa plantation de dattiers, à son jardin, pour utiliser les eaux qui vont lui arriver.

Grâce à ces précautions prises dans chaque localité du district, les terres cultivables ne manquent jamais d’eau , et il est rare que des contestations s’élèvent d’individu à individu pour les droits d’arrosage. 11 n’en est pas de même de village à village; cet élément de prospérité, partout précieux, mais surtout dans le Sahara, divise fréquemment les populations, et se joint aux mille autres sujets de querelles inévitables entre voisins; il devient pour les k'sour de Figuig un principe éternel de discorde.

Mais ces raisons toutes simples des guerres qu’ils se font ne pouvaient pas suffire au besoin de merveilleux qui tourmente les imaginations arabes ; selon eux , leurs ancêtres ont été maudits par un marabouf des Sidi Cheikh, qui, pour les punir et du relâchement de leurs mœurs et de leur peu de religion, leur aurait lancé cet anathème : « Que Dieu vous rende, jusqu’au « jour du jugement dernier, comme des cardes, Tune « rongeant l’autre! »

Page 1