METLILI
ger les environs. Mais les guerriers de la tribu, prévenus par un courrier du danger que couraient leurs frères, revinrent tout à coup, cavaliers et fantassins, et tombèrent à F improviste sur les Béni Mzab, en firent un si horrible carnage, que l’on dit encore proverbialement dans le pays : « L’année des Béni Mzab. »
Si nous en croyons la chronique , Fissue de ce combat décisif aurait été un moment incertaine; mais un saint marabout', nommé Sidi Bou K'acem, prit une poignée de sable et la jeta sur les Béni Mzab, en invoquant le nom de Dieu. Aussitôt un oiseau énorme, gros comme une autruche, parut en l’air, fondit à toute volée sur eux et les mit en fuite. Ce Bou K'acem est l’ancêtre du charnbi qui nous fait ce conte ; le brave homme croit fermement au miracle, ainsi que tous ses compatriotes.
Metlili est un centre de commerce qui s’approvisionne chez les Béni Mzab, le plus ordinairement, quelquefois à Tougourt, et même à Tunis, selon l’esprit d’aventure de ses marchands voyageurs.
Les jardins environnants sont peuplés de pigeons, de tourterelles, d’étourneaux, de moineaux, de cigognes, d’une espèce d’oiseau jaune dont nous n’avons pu savoir le nom, d’une autre encore que les Arabes appellent bou djerada, le père de la sauterelle, et qui semble avoir quelque rapport avec le corbeau.
On trouve dans le pays des gazelles , des lapins, des lièvres, des chacals, des porcs-épics , un animal qu’ils appellent deb et que nous n’avons pu reconnaître, el
GUELÉA.
aroui, le beguar el ouach ; point de lion, point de tigre ; il est remarquable au reste , contrairement à F opinion reçue, qu’on n’en trouve jamais dans le désert; ils ne quittent point le T'ell.
licui'à
1er jour, en quittant Metlili, pour aller à Timimoun, on s’arrête sur l’Oued Mesk , au puits de Bel
Guerinat . 4
2e . . . sur l’Oued Demeran . I l
3° ... à Cha’bet Fat'ma, simple lieu de station . 0
4e . . . sur l’Oued Djedid . 8
5e ... on rejoint les a’reg qui viennent de Gardaïa à un
mamelon appelé Gara el Beïd'a . 8
6r . . . on suit les a’reg jusqu’à Gueléa . , . 9
GUELÉA.
Gueléa est située sur une montagne élevée, rocheuse, de forme conique très-prononcée; elle est construite tout entière de pierres taillées que les indigènes assurent être les débris d’une ville romaine. Aussi est-elle beaucoup mieux bâtie que les autres ldsour du Sahara. Elle compte deux cents maisons, à peu près, entourées par une muraille d’enceinte très-élevée, très-épaisse, très-solide, en larges pierres et crénelée. Elle n’a qu’une porte, ouverte du côté de l’ouest, et qui semble être celle de l’ancienne ville; une énorme pierre taillée, que vingt hommes ne pourraient pas remuer, git au-
GUELÉA.
près ; nous n’avons pu savoir si on y voyait quelques inscriptions.
Un puits immense, d’une grande profondeur et bien bâti du baut en bas, fournit de l’eau en abondance aux habitants. On ne connaît point l’époque de sa construction. C’était évidemment là une station romaine.
La tradition raconte que Gueléa était autrefois habitée par des gens de sang mêlé, comme ceux du Touat, et qui parlaient le zenatïa. Ils s’appelaient Khefian ; ils en ont été chassés , sans doute , par les nouveaux venus, qui sont les Cbambet el Mad'i.
Les uns vivent dans la ville , les autres campés dans les environs, sous la tente. Comme ceux de Metlili et de Ouargla , ils sont riches en troupeaux de moutons , de chameaux et de chèvres; les chefs seuls ont des chevaux. Comme eux encore ils se sont faits les intermédiaires du commerce entre les points les plus éloignés.
D’immenses plantations de dattiers, des jardins et des vergers cerclent Gueléa, et sont arrosées par l’eau de puits nombreux , peu profonds , faciles à creuser et intarissables. C’est là une fortune territoriale que se partagent et les habitants de la ville et les habitants des tentes ; les uns et les autres sont propriétaires.
On prétend que Gueléa a été assiégée pendant sept ans par les Touareg, qui s’entêtaient à vouloir la prendre par la famine. Les provisions commençaient en effet à s’épuiser; mais une ruse sauva les assiégés. Un matin les Touareg virent les murailles de la place tapissées de
GUELÉA. 319
bernous blancs, fraîchement lavés, qui séchaient au soleil; donc elle ne manquait pas d’eau. La nuit suivante de grands feux allumés sur divers points l’éclairaient tout entière; donc elle ne manquait pas de bois. Le lendemain ils trouvèrent sous les murailles, et presque aux portes de leur camp , des galettes de belle farine, des dattes, du kouskoucou, dernières ressources que les assiégés avaient sacrifiées pour faire croire à leur abondance ; les Touareg y crurent, et se relirèrent. Il y a sans doute exagération dans ce conte symbolique, dont le véritable sens doit se réduire à ce fait, que, par sa position et les provisions qu elle peut faire, Gueléa est imprenable pour des Arabes.
lieurs.
7e jour, de Gueléa on se rend à Si Moh'ammed ou ATlel ,
mamelon de sable . 6
8e ... à A’reg Sedra . 9
9e . . . au puits appelé Jekna . 9
19e .. . au puits de Si Moh'ammed Moul el Gandouz. . . 12
11* . . .au puits dit H'assi el H'amar . 12
12e ... à Timimoun . 12
Total. ....... 60
Report de Metlili à Gueléa . 49
Total de Metlili à Timimoun.
ROUTE DE GUELÉA A INSALAH'.
ROUTE DE GUELÉA A INSALAH',