‹ Le SaharaChapitre 106 sur 346 · BériDger, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

BériDger, ouv. cité, p

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Lorsqu'un ancien lac a été vidé par Tévaporation, ou qu il existe simplement une cuvette où Teau de pluie s'amasse et où l'eau souterraine affleure, pour être pompée au fur et à mesure par le soleil, on rencontre un terrain salé et humide déformation particulière que l'indigène appelle sebkha; il l'appelle volontiers chott^ lorsque ce terrain est une plaine qui se perd à l'horizon *.

Une nappe de sel qui brille au soleil comme un lac glacé au milieu des terres brunes, c'est ainsi que le chott se présente d'ordinaire à la mémoire. Tous ceux qui ont traversé les plateaux au sud d'Oran et de Gonstantine se souviennent de ces blancheurs qui les ont aveuglés. Mais le chott est un Protée qui change de face selon la saison, l'évaporation, la quantité d'eau souterraine qui affleure. Souvent l'évaporation l'emporte et l'humidité est complètement absente, comme dans ces bas-fonds de Trâghen qui ont étonné Denham. Le sol fendu en tous sens laissait voir des crevasses béantes, dans lesquelles le sel s'était déposé en cristaux du blanc le plus pur*. Quelquefois le dessèchement s'est fait d'une façon inégale, et le bas-fond s'est afl^aissé sur luimême : M. Rohlfs a vu les mottes de terre salée entassées comme les glaçons d'un fleuve dans la sebkha de Tementît au Touât*. Ailleurs le sel cristallisant au milieu du sable et du gypse a produit une croûte terreuse et dure qui se boursoufle au-dessus du soi desséché. Il ne reste entre la croûte et l'argile solide qu'une poussière ténue de sel et de marne que le vent disperse sous les pas des chevaux*. C'est le cas d'une partie des chotts algériens en été. Mais vienne

i. Suivant M. Rolland, le moi chotts dans le Sahara algérien, s'applique plutôt aux bas-fonds qui restent humides : c Quand le débit de la nappe est supérieur à Tévaporation, il y a chott ; sinon, il y a sebkha. • (Ouv. cité, p. iOO.) Cette distinction n'est applicable qu'au Sahara algérien, car dans le reste du désert des bas-fonds parfaitement humides sont appelés sebkhas.

â. Voyagex et déeouv., I, p. 108-109.

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